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Rêves et interprétations traditionnelles

Interprétation des rêves en Islam : vision, songe confus et ce que disent le Coran et la Sunna

Par Secret mystiquePublié le 6 min de lecture
Arc de mihrab doré avec un croissant de lune sur fond bleu nuit, pour l'article interprétation des rêves en Islam

En Islam, l’interprétation des rêves (ta’bir) part d’un principe donné par la Sunna : la bonne vision vient de Dieu, le rêve qui effraie vient de Satan, et une partie des rêves n’est que ce que l’âme se raconte. Seule la première se prête à une interprétation, et son sens dernier appartient à Dieu.

Tu as fait un rêve qui te travaille et tu veux savoir ce qu’en dit la religion. Je vais te donner les textes, pas des impressions : ce que rapportent le Coran et les grands recueils de hadiths sur les songes, la façon dont les savants ont classé les rêves, et la conduite que le Prophète a enseignée après un beau rêve ou un cauchemar. Je te parlerai aussi d’Ibn Sirin, dont le nom revient partout, et de ce que l’on sait vraiment de lui.

Je suis maître marabout. Pour ton rêve à toi, je te propose la fonctionnalité « Rêve » de mon site SecretDivin.

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Que dit le Coran sur les rêves ?

Le Coran raconte plusieurs songes, et la sourate Yusuf en est le cœur. Le jeune Yusuf voit onze astres, le soleil et la lune se prosterner devant lui, et son père lui conseille de ne pas raconter ce rêve à ses frères (12:4-5). Plus tard, en prison, Yusuf interprète les rêves de deux compagnons de cellule, puis celui du roi qui voit sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres (12:36-49). Les conseillers du roi répondent qu’il s’agit d’« un amas de songes confus » (adghâth ahlâm, 12:44), et c’est Yusuf qui en donne le sens : sept années d’abondance suivies de sept années de disette.

Deux choses ressortent de ce récit. D’abord, l’interprétation est présentée comme un savoir que Dieu enseigne : Yusuf dit que c’est son Seigneur qui le lui a appris (12:37). Ensuite, le Coran distingue déjà le songe porteur de sens et le songe confus. D’autres passages évoquent des rêves de prophètes, comme celui d’Ibrahim (37:102) ou le rêve du Prophète avant l’entrée à La Mecque (48:27).

Quelles sont les trois sortes de rêves selon la Sunna ?

Un hadith rapporté par Muslim, d’après Abu Hurayra, dit en substance que le rêve est de trois sortes : la bonne vision, qui est une annonce venant de Dieu ; le rêve qui attriste, qui vient de Satan ; et ce que l’homme se dit à lui-même pendant la journée et retrouve la nuit. Un autre hadith, rapporté par al-Bukhari et Muslim d’après Abu Qatada, fait la distinction de vocabulaire que les savants reprennent encore : la ru’ya, la vision, vient de Dieu, le hulm, le rêve troublant, vient de Satan.

Cette classification change tout dans la pratique. Elle veut dire qu’un rêve n’est pas un message du seul fait qu’il est frappant. Le rêve de la troisième sorte, celui qui reprend tes soucis de la veille, n’a rien à interpréter. Les savants musulmans du Moyen Âge ont prolongé cette idée, et Wikipédia rappelle qu’ils distinguaient des rêves faux, des rêves liés au corps et des rêves vrais. Le même hadith de Muslim ajoute que les plus véridiques dans leurs rêves sont les plus véridiques dans leur parole.

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Que faire après un beau rêve ou un mauvais rêve ?

Les hadiths donnent une conduite précise, et je te la résume sans rien y ajouter. Après un rêve que tu aimes, rapporté par al-Bukhari d’après Abu Sa’id al-Khudri, tu loues Dieu et tu peux le raconter, de préférence à quelqu’un que tu aimes. Après un rêve que tu détestes, tu demandes la protection de Dieu contre son mal, tu souffles légèrement trois fois vers ta gauche, tu ne le racontes à personne, et il ne te nuira pas. Muslim rapporte aussi, d’après Jabir, le conseil de changer de côté, et, dans le hadith d’Abu Hurayra, celui de se lever pour prier.

Un hadith rapporté par Abu Dawud et at-Tirmidhi compare le rêve à quelque chose posé sur la patte d’un oiseau tant qu’il n’est pas interprété, et conseille de ne le confier qu’à une personne qui t’aime ou à une personne de jugement. C’est pour cela que la tradition se méfie de celui qui interprète au hasard, et c’est pour cela aussi qu’on choisit avec soin à qui l’on raconte ses songes.

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Qui était Ibn Sirin et peut-on se fier à son livre ?

Muhammad Ibn Sirin est un savant de Bassora, mort en 110 de l’Hégire (vers 728), connu de ses contemporains pour sa piété. Son nom est attaché à l’art d’interpréter les rêves, et plusieurs livres circulent sous son nom, dont le Muntakhab al-kalam fi tafsir al-ahlam, imprimé à Bulaq en 1284 de l’Hégire. Mais Wikipédia rappelle que d’autres chercheurs considèrent ces livres comme faussement attribués. Le « dictionnaire d’Ibn Sirin » que tu trouves en ligne est donc une tradition placée sous son autorité, pas un texte dont l’authenticité est établie.

La tradition rapporte aussi un principe qui revient chez tous les interprètes sérieux : le sens d’un même symbole change selon la personne. Ibn Shahin, cité par Wikipédia, explique que voir des menottes est un mauvais signe, sauf chez une personne pieuse, où cela peut signifier que ses mains sont retenues du mal. C’est la raison pour laquelle aucun dictionnaire ne remplace l’examen de ta situation. J’en parle plus longuement dans l’article sur l’interprétation des rêves de A à Z en Islam.

En résumé

L’Islam ne rejette pas l’interprétation des rêves, il la cadre. Le Coran montre Yusuf interprétant des songes par un savoir reçu de Dieu et distingue les songes confus. La Sunna classe les rêves en trois sortes, réserve l’interprétation à la vision qui vient de Dieu et enseigne une conduite après un mauvais rêve : demander protection, souffler à gauche, ne pas le raconter. Les livres attribués à Ibn Sirin sont une tradition précieuse, mais leur attribution est discutée. Et un même symbole ne se lit pas de la même façon pour tout le monde.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. L’interprétation des songes fait partie de ce métier en Afrique de l’Ouest, comme l’a décrit le philosophe Djibril Samb. Mais le sens véritable d’un rêve appartient à Dieu : une interprétation reste une lecture, jamais une certitude, et je ne te promets rien d’autre que ma lecture.

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Sources : Coran, sourate Yusuf (12:4-49), sourate as-Saffat (37:102), sourate al-Fath (48:27) ; Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim, livres des rêves ; Sunan Abi Dawud et Jami’ at-Tirmidhi ; Wikipédia, « Ibn Sirin » ; Wikipédia, « Dream interpretation ».

Questions fréquentes

Est-ce haram d’interpréter ses rêves ?

Non, d’après les textes cités : Yusuf interprète des rêves dans le Coran et la Sunna donne une conduite à tenir. La réserve porte sur le mauvais rêve, qu’on ne raconte pas, et sur l’interprétation faite sans savoir.

Voir le Prophète en rêve, qu’est-ce que cela veut dire ?

Un hadith rapporté par al-Bukhari dit que celui qui l’a vu en rêve l’a réellement vu, car Satan ne peut pas prendre son apparence. Les savants discutent des conditions de cette vision.

Faut-il raconter un mauvais rêve ?

Non. Le hadith d’Abu Sa’id conseille de demander la protection de Dieu et de ne le raconter à personne.

Un rêve peut-il annoncer l’avenir en Islam ?

Un hadith d’al-Bukhari dit que la vision du croyant est une part sur quarante-six de la prophétie. Cela ne veut pas dire que chaque rêve annonce quelque chose : seule la vision vraie a cette valeur, et Dieu seul la connaît.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.