Le Shams al Maarif a été écrit en arabe classique, et toutes les éditions imprimées courantes sont en arabe. Son titre original est شمس المعارف الكبرى pour la grande version. Le texte est difficile, même pour un arabophone, à cause de son vocabulaire technique, de ses tableaux et du calcul des lettres.
Quand on s’intéresse au Shams al Maarif, on finit presque toujours par se poser la question de la langue. Faut-il le lire en arabe, dans sa langue d’origine, pour être sûr de ne rien perdre ? Ou une traduction suffit-elle ? Et si on veut l’arabe, quelle édition choisir ?
Ces questions sont légitimes. Beaucoup de lecteurs ont l’impression qu’une traduction trahit forcément le texte, et que seul l’original permet d’en saisir le sens. C’est en partie vrai. Mais lire ce livre en arabe pose aussi des difficultés que l’on sous-estime souvent, même quand on parle la langue.
Dans cet article, je t’explique ce qu’est le Shams al Maarif en arabe, quelles éditions existent, pourquoi le texte original est si exigeant, et comment choisir entre l’arabe et une traduction selon ton niveau et ce que tu cherches.
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Qu’est-ce que le Shams al Maarif en arabe original ?
Le Shams al Maarif en arabe original est un texte en arabe classique, et non en arabe dialectal. Sa grande version s’intitule شمس المعارف الكبرى, Shams al-Maʿārif al-Kubrā. Il mêle prose, invocations, tableaux de lettres et de chiffres, et vocabulaire technique de l’ésotérisme.
Le titre complet de l’ouvrage est Shams al-Maʿārif wa-Laṭāʾif al-ʿAwārif. On le traduit souvent par « Le Soleil des connaissances et les subtilités des savoirs ». La forme courte, شمس المعارف, est celle que l’on voit le plus souvent sur les couvertures et dans les recherches en ligne.
Voici ce qui caractérise le texte arabe :
- une langue classique, proche de celle des traités savants du Moyen Âge, et non de l’arabe parlé aujourd’hui ;
- un vocabulaire technique, propre à la science des lettres, appelée ʿilm al-ḥurūf ;
- des tableaux nombreux, remplis de lettres et de chiffres, appelés wafq ;
- des invocations, souvent construites autour des noms de Dieu ;
- des renvois implicites à d’autres textes et à une tradition que l’auteur suppose connue du lecteur ;
- des variantes d’une édition à l’autre.
Un wafq est un carré divisé en cases, rempli de lettres ou de chiffres disposés selon des règles précises. C’est l’un des éléments les plus reconnaissables du Shams al Maarif, et l’un des plus difficiles à reproduire sans erreur.
Le dernier point de la liste est important. La chercheuse Liana Saif, qui a étudié la réputation du livre, écrit que son contenu est « instable » et que des variations se repèrent facilement d’une édition imprimée à l’autre. Lire « le » Shams al Maarif en arabe, c’est donc toujours lire une édition précise.
Elle rappelle aussi que les éditions populaires reprennent une compilation du XVIIe siècle de pratiques dans la lignée d’al-Būnī, peut-être réalisée par des disciples plus tardifs. Le texte arabe que l’on achète aujourd’hui n’est donc pas une copie directe de ce qu’al-Būnī a écrit au XIIIe siècle.
Pour mieux comprendre l’histoire du livre et de son auteur, tu peux lire l’article Qu’est-ce que Shams al maarif ? Le livre expliqué simplement.
Quelles éditions du Shams al Maarif en arabe existent ?
Il existe plusieurs éditions imprimées du Shams al Maarif en arabe, surtout publiées au Caire et à Beyrouth au XXe siècle, ainsi que des manuscrits conservés dans des bibliothèques. Toutes ne contiennent pas exactement le même texte.
L’histoire des éditions imprimées est mal connue, et il faut rester prudent. Voici ce que l’on peut dire à partir des sources disponibles :
| Édition ou support | Ce que l’on en sait |
|---|---|
| Édition attribuée à al-Azhar, vers 1900 | Selon Liana Saif, on dit qu’elle serait la plus ancienne, aujourd’hui perdue. Ce n’est pas confirmé. |
| Édition du Caire, 1928 | Wikipédia mentionne une impression de la grande version au Caire en 1928. |
| Édition de Beyrouth, 1985 | Publiée au Liban par al-Maktaba al-Shaʿbiyya, selon Liana Saif. Elle est souvent citée. |
| Rééditions récentes | Nombreuses, souvent reprises des éditions précédentes, de qualité variable. |
| Manuscrits | Conservés dans des bibliothèques, avec des versions de longueurs différentes. |
L’existence d’une édition d’al-Azhar vers 1900 relève de ce que « l’on dit », selon la chercheuse elle-même. Les dates et les éditeurs de ce tableau sont ceux donnés par les sources citées, et d’autres éditions existent sans doute.
Ces éditions ont un point commun : elles reproduisent surtout la grande version, al-Kubrā. Si tu cherches la petite version, al-Ṣughrā, ou un texte plus proche de ce qu’al-Būnī a pu écrire, il faut chercher du côté des manuscrits ou des travaux universitaires. Je reviens sur la différence entre les versions dans Shams al-Maarif al-Kubra : qu’est-ce que la grande version du livre ?.
La qualité matérielle varie beaucoup. Certaines éditions sont soignées, avec des tableaux nets. D’autres sont des réimpressions de réimpressions, où les cases des carrés deviennent difficiles à lire. Or, dans ce livre, une seule lettre mal imprimée peut changer le sens d’un tableau entier.
Il faut aussi se méfier des scans qui circulent en ligne sous le nom de « Shams al Maarif en arabe ». Beaucoup ne précisent ni l’éditeur ni l’année. Je t’explique comment faire le tri dans l’article Shams al Maarif PDF : ce qu’il faut savoir avant de télécharger un fichier.
Avant d’acheter ou de télécharger une édition arabe, vérifie au minimum le nom de l’éditeur, la ville, l’année et la version du texte. Si ces informations manquent, tu ne sais pas vraiment ce que tu as entre les mains.
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Pourquoi le Shams al Maarif en arabe est-il si difficile à lire ?
Le Shams al Maarif en arabe est difficile à lire parce qu’il suppose de connaître le calcul des lettres, un vocabulaire ésotérique très spécialisé et de nombreuses références implicites. Même un bon arabophone peut s’y perdre sans explications.
La première difficulté vient du calcul des lettres, appelé ḥisāb al-jummal ou système abjad. Selon Wikipédia, dans ce système, chacune des 28 lettres de l’alphabet arabe reçoit une valeur numérique. Le livre utilise ces valeurs en permanence pour passer des mots aux nombres, et des nombres aux tableaux.
Voici quelques exemples de valeurs, selon Wikipédia :
- alif (ا) vaut 1 ;
- bāʾ (ب) vaut 2 ;
- jīm (ج) vaut 3 ;
- dāl (د) vaut 4 ;
- yāʾ (ي) vaut 10 ;
- qāf (ق) vaut 100 ;
- ghayn (غ) vaut 1 000.
Selon Wikipédia, il existe deux ordres de l’abjad : l’ordre oriental (mashriqī), le plus courant, et l’ordre occidental (maghribī). Dans ces deux systèmes, les lettres sīn, shīn, ṣād et ḍād n’ont pas les mêmes valeurs. Un calcul juste dans un système peut donc être faux dans l’autre.
Ce dernier point a une conséquence concrète. Al-Būnī était originaire du Maghreb, mais son livre a circulé dans tout le monde musulman. Un lecteur qui ne sait pas quel système utilise un passage peut mal interpréter un tableau, même en lisant parfaitement l’arabe.
La deuxième difficulté est le vocabulaire. Le texte emploie des mots courants dans un sens technique, et des termes propres à la science des lettres. Un dictionnaire général ne suffit pas toujours pour les comprendre.
La troisième difficulté est le contexte. L’auteur s’adresse à des lecteurs qui connaissent déjà la tradition soufie, les noms divins et les sciences de son époque. Beaucoup de choses ne sont pas expliquées, parce qu’elles allaient de soi pour ses premiers lecteurs.
Enfin, il y a la question des croyances. Le livre affirme que ces calculs ont des effets dans le monde invisible. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Lire l’arabe permet de comprendre ce que dit le texte, pas de vérifier ce qu’il affirme.
Faut-il lire le Shams al Maarif en arabe ou en traduction ?
Si tu lis couramment l’arabe classique, l’original reste la référence, idéalement accompagné d’explications. Si tu ne le lis pas, une traduction complète et sourcée est plus utile qu’une édition arabe que tu ne pourras pas comprendre.
Il n’y a pas de bonne réponse unique. Tout dépend de ton niveau en arabe, de ce que tu cherches et du temps que tu veux y consacrer. Voici un tableau pour t’aider à choisir :
| Ta situation | Le choix le plus adapté |
|---|---|
| Tu ne lis pas l’arabe | Une traduction complète, qui précise sa source. |
| Tu lis l’arabe moderne, mais pas l’arabe classique | Une traduction, avec l’arabe à côté pour les termes clés. |
| Tu lis bien l’arabe classique | L’édition arabe, avec une traduction pour les passages techniques. |
| Tu fais une recherche universitaire | Les manuscrits et les études spécialisées, en plus des éditions. |
| Tu veux simplement découvrir le livre | Une traduction claire, plutôt qu’un scan en arabe. |
Pour un lecteur francophone qui ne lit pas l’arabe, acheter une édition arabe ou télécharger un scan revient souvent à posséder un livre sans pouvoir l’ouvrir vraiment. Les tableaux restent muets, les invocations aussi, et on finit par chercher des explications sur des forums peu fiables.
Une traduction n’a de valeur que si elle est sérieuse. Avant d’en choisir une, vérifie les points suivants :
- Elle précise de quelle édition arabe elle part.
- Elle indique s’il s’agit de la grande ou de la petite version.
- Elle est complète, et pas limitée à quelques chapitres.
- Elle conserve les termes arabes importants, avec leur explication.
- Elle reproduit les tableaux de façon lisible.
Une bonne traduction ne remplace pas l’arabe pour un spécialiste. Mais pour la plupart des lecteurs, elle permet enfin de comprendre ce que dit le livre, au lieu de le contempler. Je compare les options disponibles dans Le livre Shams al Maarif en français : quelle version choisir ?.
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En résumé
Le Shams al Maarif a été écrit en arabe classique, et sa grande version s’intitule شمس المعارف الكبرى, Shams al-Maʿārif al-Kubrā. Le texte mêle prose, invocations, noms divins et tableaux de lettres et de chiffres appelés wafq. Selon la chercheuse Liana Saif, son contenu varie d’une édition à l’autre, et les éditions populaires reprennent une compilation du XVIIe siècle.
Plusieurs éditions arabes existent. On parle d’une édition d’al-Azhar vers 1900, sans confirmation. Wikipédia mentionne une impression au Caire en 1928, et Liana Saif cite une édition de Beyrouth publiée en 1985 par al-Maktaba al-Shaʿbiyya. La qualité des réimpressions et des scans en ligne est très variable.
Le texte arabe est difficile à lire, même pour un arabophone. Il repose sur le calcul abjad, où chaque lettre a une valeur numérique, et il existe deux ordres de l’abjad qui ne donnent pas les mêmes valeurs à certaines lettres. Il emploie aussi un vocabulaire technique et suppose une tradition que le lecteur moderne ne connaît pas toujours.
Si tu lis bien l’arabe classique, l’original reste la référence. Sinon, une traduction complète, sourcée et expliquée est le choix le plus utile. Dans tous les cas, ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article de Liana Saif sur le Leiden Islam Blog, 2022 (en anglais) ; article Abjad numerals sur Wikipédia (en anglais) ; article Ahmad al-Buni sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Comment s’écrit Shams al Maarif en arabe ?
Le titre s’écrit شمس المعارف. La grande version s’intitule شمس المعارف الكبرى, Shams al-Maʿārif al-Kubrā.
Le Shams al Maarif en arabe est-il en arabe classique ?
Oui. Le texte est en arabe classique, avec un vocabulaire technique propre à la science des lettres. Il est difficile à lire, même pour un arabophone.
Quelle est la meilleure édition arabe du Shams al Maarif ?
Aucune édition ne fait l’unanimité. L’édition de Beyrouth de 1985 est souvent citée. Vérifie toujours l’éditeur, l’année, la version du texte et la lisibilité des tableaux.
Peut-on comprendre le Shams al Maarif sans lire l’arabe ?
Oui, avec une traduction complète et sérieuse, qui précise sa source et explique les termes techniques. Un scan en arabe sera peu utile si tu ne lis pas la langue.


