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Shams al-Maʿārif

Grand livre des secrets mystiques : ce que veut dire « grand », « secret » et « mystique » dans les sources

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 9 min de lecture
grand livre des secrets mystiques Couverture de l'article

Un « grand livre des secrets mystiques » n’est pas un titre unique. Les pages lues ne citent aucun ouvrage portant ce nom, et le mot « secret » y a plusieurs sens. Le Shams al-Maarif existe en une version « Kubra », grande en arabe. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Quand on cherche un « grand livre », on espère souvent tomber sur l’ouvrage qui contiendrait tout, ou le texte que l’on cache aux autres. Je comprends l’attrait de cette idée, et je préfère te dire ce que les sources disent vraiment. Je ne donne ici aucune formule, aucune méthode et aucune promesse.

Je suis maître marabout et je propose aussi ce livre sur ce site : les secrets dont je parle s’y trouvent. Je m’appuie sur trois pages de Wikipédia lues en anglais, et je signale ce qu’elles ne disent pas.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Que veut dire « grand livre des secrets mystiques » ?

Chaque mot compte, et aucun ne désigne un titre précis. Aucune des pages lues ne cite un « Grand livre des secrets mystiques », et je ne t’en indique aucun. Voici comment je lis l’expression :

  • « Grand ». Il peut vouloir dire célèbre, volumineux ou central dans une tradition, ce qui n’est pas la même chose ;
  • « Secrets ». Il évoque un savoir réservé à quelques-uns, ou un simple argument de présentation ;
  • « Mystiques ». Il renvoie à une expérience spirituelle, souvent liée au soufisme, ou à des pratiques que l’on dit magiques, ce qui n’est pas pareil ;
  • Un titre commercial. Une expression aussi large peut très bien être une formule de vendeur plutôt qu’un vrai titre.

Pour la partie spirituelle, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne le cadre sans promesse.

Que dit la page sur l’ésotérisme et le savoir caché ?

Que le mot « ésotérique » ne veut pas d’abord dire « secret ». D’après la page « Western esotericism » de Wikipédia, il vient du grec esôterikós, « qui appartient à un cercle intérieur », attesté chez Lucien au IIe siècle. Il décrivait au départ des structures d’enseignement, pas forcément un secret.

La page présente trois grandes définitions de l’ésotérisme :

  1. Une tradition intérieure. Une dimension spirituelle cachée derrière toutes les religions, défendue par des auteurs comme A. E. Waite, Mircea Eliade ou Henry Corbin ;
  2. Une vision enchantée du monde. Une réponse au désenchantement qui suit la révolution scientifique, associée à Frances Yates et Antoine Faivre ;
  3. Un savoir rejeté. Les idées écartées par la science et la religion dominantes, selon Wouter Hanegraaff.

Elle précise aussi que, d’après Hanegraaff, beaucoup de courants aujourd’hui qualifiés d’ésotériques n’ont jamais caché leurs enseignements. Le « secret » est donc souvent une idée, pas une réalité.

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Existe-t-il un « grand livre » dans les traditions décrites ?

Les sources citent plusieurs textes fondateurs, mais aucun n’est présenté comme « le » grand livre. La page « Western esotericism » nomme notamment le Corpus Hermeticum, De occulta philosophia d’Agrippa, les manifestes rosicruciens ou, pour la période moderne, les ouvrages de Helena Blavatsky. Elle décrit aussi la transmission médiévale passée par des intermédiaires juifs et arabes, ainsi que par des grimoires.

Voici ce que cela montre :

  • Plusieurs fondations. Chaque courant a ses textes de référence, et ils ne se recoupent pas ;
  • Des époques différentes. Entre l’Antiquité tardive et le XXe siècle, les textes ne parlent pas des mêmes choses ;
  • Aucun livre universel. La page ne désigne pas un ouvrage qui réunirait l’ensemble.

Pour les traditions arabes, Picatrix : origine, auteur débattu et contenu du livre et Hermès Trismégiste : identité, Hermetica et lien avec Idris donnent des repères.

Et le Shams al-Maarif, est-il un « grand livre » ?

Le mot arabe kubra signifie « grande », et c’est le nom d’une des deux versions du Shams al-Maarif. Cette précision vient de la langue arabe, pas de la page de Wikipédia, qui parle simplement de la Kubra et de la Sughra. Elle ne dit pas que le livre soit « le grand livre » d’une tradition.

La page de Wikipédia sur le livre le décrit comme un grimoire attribué à Ahmad al-Būnī, dont l’attribution est discutée. Elle ajoute des repères qui comptent :

  • Deux volumes aujourd’hui. La Kubra et la Sughra, alors que trois volumes indépendants circulaient avant l’imprimerie ;
  • Une Kubra composite. Elle regroupe plusieurs auteurs, dont al-Bisṭāmī ;
  • Des chapitres de départ. Les premiers chapitres introduisent les carrés magiques et les combinaisons de nombres et de lettres ;
  • Une impression moderne en 1985. À Beyrouth, suivie d’une interdiction en Arabie saoudite dont la page ne donne pas la date.

« Grand » ne veut donc rien dire de plus ici qu’une taille ou un nom de version. Cela ne fait pas du livre un texte qui détiendrait tout, et je ne le présente pas ainsi. Pour les éditions, Shams al Maarif version intégrale : intégrale, abrégée ou en extraits, comment faire la différence détaille les critères.

Une dernière remarque sur les sciences associées au livre : si la notion de lettres et de nombres t’intrigue, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? en explique le cadre, et Abjad : la numération par les lettres arabes, ses ordres et ses limites en donne la logique, sans rien promettre.

Découvre les secrets des marabouts et des érudits africains, expliqués dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Un livre peut-il détenir des secrets qui produisent un effet ?

Aucune des pages lues ne le démontre. Elles décrivent des textes, des sciences et des pratiques de tradition, et la page sur l’ésotérisme rappelle même que l’idée d’une réalité cachée est une hypothèse que certains chercheurs, comme Hanegraaff, jugent invérifiable.

Voici ce que je retiens :

  1. Un livre décrit, il ne prouve pas. Il rapporte des croyances et des pratiques ;
  2. La rareté attire. L’idée d’un livre « caché » fait vendre, ce qui n’a rien à voir avec son contenu ;
  3. Aucun effet n’est démontré. Aucune source lue n’établit qu’une formule ou un talisman agit ;
  4. La lecture reste utile. Comprendre une tradition ne demande pas de la pratiquer.

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Que disent les savants de ces savoirs « cachés » ?

Qu’ils ne sont pas d’accord, d’après la page « Islam and magic » de Wikipédia. Elle rappelle que le mot traduit par « magie » dans le Coran est siḥr, dont le sens varie. Voici des positions qu’elle rapporte :

  • Licite et illicite. Selon Tobias Nünlist, les auteurs distinguent surtout une magie licite et une magie illicite ;
  • Un effet contesté. Certains, comme des mutazilites, y voient une illusion, et al-Jaṣṣāṣ une escroquerie ;
  • Une rigueur moderne. La page cite Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb et al-Albānī parmi les voix les plus sévères.

Je ne tranche pas entre ces avis. Si ta question est religieuse, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition, car ce site n’est pas une autorité. Pour approfondir, Sihr en islam : magie, miracle et débats des savants et Shams al Maarif haram ou halal : ce que disent les savants, sans trancher exposent ces positions avec leurs sources.

Comment repérer un « grand livre » trompeur ?

Par des signes simples, jamais par une certitude. Les voici :

  • Un titre trop large. Un nom qui promet « tous les secrets » ne décrit aucun texte précis ;
  • Aucun auteur ni édition. Tu ne peux rien comparer ni vérifier ;
  • Une promesse de résultat. Aucune des pages lues ne démontre un effet ;
  • Une pression pour acheter. Un message qui te presse d’agir tout de suite ;
  • Un « interdit » mis en avant. La rareté et l’interdit sont des arguments de vente.

Ces signes valent pour tous les vendeurs, y compris moi. Je préfère que tu me les appliques que de me croire sur parole. Pour les œuvres attribuées à al-Būnī, Quels sont les livres écrits par Ahmad al-Buni ? Liste prudente aide à ne pas tout mélanger.

Que ne disent pas ces pages ?

Plusieurs choses. La page « Western esotericism » ne distingue pas clairement ésotérisme et occultisme, et ne parle pratiquement pas des traditions arabes. La page du Shams al-Maarif ne cite aucun « grand livre des secrets mystiques ». Aucune page lue n’établit qu’un texte ait un pouvoir.

Elles contiennent aussi des tensions. La page sur l’ésotérisme date la naissance de la catégorie de la fin du XVIIe siècle, puis de la fin du XVIIIe, sans réconcilier les deux, et signale elle-même qu’une section « manque de focus » et demande l’attention d’un spécialiste. Je les signale pour que tu lises ces pages comme des repères, pas comme des vérités fermes.

Quelles précautions prendre ?

Lire n’engage à aucune pratique, et je te conseille de rester dans la lecture. Voici mes précautions :

  1. Lis avant de croire. Un livre décrit des traditions ; ce que tu en fais t’appartient ;
  2. Ne cherche pas de garantie. Aucune source lue ne démontre qu’un effet est produit ;
  3. Écarte les conseils médicaux. Pour la santé, adresse-toi à un professionnel de santé ;
  4. Demande conseil. Pour toute pratique, consulte une personne compétente de ta tradition ;
  5. Garde un regard critique. Méfie-toi de ceux qui te promettent la richesse, l’amour ou la protection, ou qui jouent sur la peur.

Les pratiques décrites sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Pour une lecture sans pratique, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une méthode.

En résumé

« Grand livre des secrets mystiques » ne désigne pas un livre précis. Selon les pages de Wikipédia lues, « ésotérique » ne veut pas d’abord dire « secret », il n’existe pas de livre unique pour toutes les traditions, et le Shams al-Maarif n’est pas présenté comme un « grand livre » au-delà du nom de sa version Kubra.

Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Compare, vérifie les titres et prends ton temps avant de décider.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Western esotericism » sur Wikipédia (en anglais), article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), article « Islam and magic » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Existe-t-il un grand livre des secrets mystiques ?

Aucune des pages lues ne cite un ouvrage portant ce titre. L’expression est large et peut désigner des textes très différents.

Que veut dire « ésotérique » ?

Selon la page « Western esotericism », le mot vient du grec et signifie « qui appartient à un cercle intérieur ». Il ne veut pas d’abord dire « secret ».

Le Shams al-Maarif est-il le grand livre de la mystique ?

La page de Wikipédia ne le présente pas ainsi. Elle distingue deux versions, la Kubra et la Sughra, et décrit un grimoire dont l’attribution est discutée.

Un grand livre garantit-il un résultat ?

Non. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.