Aller au contenu
SecretMystiquee
Shams al-Maʿārif

Hermès Trismégiste : identité, Hermetica et lien avec Idris

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Hermès Trismégiste Couverture de l'article

Hermès Trismégiste est une figure légendaire de l’époque hellénistique, née de la fusion du dieu grec Hermès et du dieu égyptien Thot. Son nom signifie « Hermès le trois fois très grand ». On lui attribue les Hermetica, des textes de philosophie, d’astrologie et d’alchimie, que la tradition arabe a aussi repris, en l’identifiant à Idris.

Son nom revient dès qu’on parle des sciences cachées, y compris dans les lectures autour du Shams al-Maarif. Pourtant, c’est un personnage que l’on connaît surtout par des textes tardifs, écrits par des auteurs inconnus. Et la page de Wikipédia que j’ai lue sur lui ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif.

Je te propose un portrait prudent, fondé sur cette page : l’origine du nom, les textes, leur datation débattue, la tradition arabe, et ce qu’on peut dire sans rien inventer. Je signale les endroits où les sources se contredisent, et je ne donne aucune pratique.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Qui est Hermès Trismégiste, et d’où vient son nom ?

Une figure de synthèse entre deux dieux. Selon Wikipédia, les Grecs de l’Égypte ptolémaïque ont identifié Thot à Hermès par ce qu’on appelle l’interpretatio graeca, et les deux étaient vénérés comme un seul dieu dans l’ancien temple de Thot à Khemenu (Hermopolis).

Le nom est un mot grec qui signifie « Hermès le trois fois très grand ». La page fait remonter ce titre à une épithète de Thot au temple d’Esna, traduite par « Thot le grand, le grand, le grand ». Elle cite aussi Cicéron, qui, dans le De natura deorum (III, 56), énumère plusieurs « Hermès » : l’un est un « fils du Nil », selon la vue égyptienne, un autre est venu d’Arcadie en Égypte, selon la vue grecque.

Hermès Trismégiste n’est pas une personne historique identifiée. La page le décrit comme un personnage légendaire, et elle présente les Hermetica comme des écrits d’auteurs inconnus.

Pour les repères sur ce que les mots « grimoire » ou « traité » recouvrent, Qu’est-ce qu’un grimoire ? Définition, exemples et cas du Shams al-Maarif donne le vocabulaire et les précautions de lecture.

Que sont les Hermetica, et de quand datent-ils ?

Un ensemble de textes anciens et médiévaux attribués à Hermès, dont la date est discutée. Selon Wikipédia, l’expression désigne un groupe divers de textes de ce qu’on appelle la pseudépigraphie, c’est-à-dire écrits sous un nom prestigieux. On les divise souvent en deux familles :

FamilleContenu cité par la page
Hermetica philosophiquesPhilosophie, cosmologie
Hermetica techniquesMagie, potions, alchimie

La page cite les chercheurs Copenhaver et Fowden sur l’origine : des auteurs inconnus, probablement grecs, qui mêlent platonisme et stoïcisme, avec quelques influences juives et probablement perses.

Sur la date, la page rapporte deux avis qui ne concordent pas :

  1. Fowden. Les premiers emplois datables de l’épithète « trois fois très grand » se trouvent chez Athénagore (Legatio) et dans un fragment de Philon de Byblos, vers 64-141 de notre ère ;
  2. Copenhaver. L’épithète apparaîtrait déjà dans le procès-verbal d’une réunion du culte de l’ibis, en 172 avant notre ère, près de Memphis.

La page n’explique pas cet écart, et je ne le tranche pas. Elle dit seulement que les plus anciens matériaux sur Trismégiste datent des « premiers siècles de notre ère ».

Elle ajoute un épisode de la réception moderne : à la Renaissance, des penseurs comme Ficin, Pic de la Mirandole, Campanella ou Bruno voyaient en Hermès un prophète païen annonçant le christianisme, dans le cadre de la prisca theologia. En 1614, Isaac Casaubon a démontré que les écrits hermétiques étaient postérieurs au christianisme, ce qui, selon la page, a fait s’effondrer l’hermétisme de la Renaissance.

Je n’ai lu aucun texte hermétique. Tout ce que je rapporte vient du résumé de Wikipédia, qui ne cite pas de passages. Je ne peux donc rien t’affirmer sur leur contenu détaillé.

Pour un autre auteur dont l’œuvre circule sous un nom prestigieux, Jabir ibn Hayyan : qui est l’alchimiste arabe derrière le nom Geber ? pose la même question de l’attribution.

Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.

Comment la tradition arabe voit-elle Hermès ?

Elle l’identifie à Idris et lui prête plusieurs visages. Selon Wikipédia, des chroniqueurs musulmans ont identifié Hermès à Idris, un personnage cité dans le Coran (sourates 19, verset 57, et 21, verset 85), lui-même identifié à Hénoch. Je rapporte cette identification comme un fait de tradition, sans en discuter la valeur religieuse.

La page donne ensuite plusieurs repères :

  • Abu Ma’shar al-Balkhi (787-886). Il décrit un Hermès en trois figures : un héros civilisateur comparable à Thot, l’initiateur de Pythagore à Babylone, et le premier maître de l’alchimie ;
  • Les Sabéens de Harran. Ils affirmaient que leur doctrine descendait d’Hermès ;
  • Les textes arabes. Au moins vingt Hermetica arabes ont survécu, dont certains traduits du grec ou du moyen-perse, et d’autres écrits en arabe ;
  • Jābir ibn Ḥayyān (mort vers 806-816). Il cite une version ancienne de la Table d’émeraude dans son Kitāb Usṭuqus al-uss ;
  • Ibn Umayl (vers 900-960). Il a écrit un commentaire sur la Table d’émeraude.

Sur la Table d’émeraude, la page précise que Jābir attribue sa version à « Balīnās le Sage », c’est-à-dire un pseudo-Apollonios de Tyane. Cette version diffère légèrement d’une version plus ancienne, dans le Sirr al-khalīqa (« Le secret de la création ») attribué au même pseudo-Apollonios. La page n’affirme pas l’origine arabe du texte, même si la transmission qu’elle décrit passe par l’arabe.

Trois remarques :

  1. Les dates de Jābir sont un intervalle. La page donne « vers 806-816 », ce qui rappelle que ces biographies sont approximatives ;
  2. Les datations d’Abu Ma’shar varient. La page cite une source qui place sa biographie vers 840-860, alors que les dates de naissance et de mort données par la page vont de 787 à 886 ;
  3. Je ne cite pas le texte de la Table. La page ne le reproduit pas, et je ne le recopie donc pas.

Pour l’astrologue qui décrit cet Hermès, Abu Ma’shar al-Balkhi : l’astrologue de Bagdad et ses livres rassemble les repères. Et pour un grand traité arabe où l’hermétisme est cité parmi les sources, Picatrix : origine, auteur débattu et contenu du livre précise ce que la page lue sur ce livre en dit.

L’identification d’Hermès à Idris est une tradition de croyance et d’érudition. Ce sont des pratiques de tradition quand on en tire des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Découvre les secrets des marabouts et des érudits africains, expliqués dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Hermès Trismégiste a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?

Aucun lien que je puisse documenter. La page sur Hermès Trismégiste ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif, et je n’ai trouvé aucune source qui dise qu’al-Būnī cite Hermès ou s’en inspire. Voici ce que l’on peut dire sans inventer :

  1. Le cadre est commun. La tradition arabe de l’alchimie, de l’astrologie et des talismans cite Hermès comme une autorité. Ce cadre existait avant al-Būnī ;
  2. Le voisinage n’est pas une filiation. Parler des mêmes sujets ne prouve pas qu’on a lu les mêmes livres ;
  3. Le nom Hermès circule largement. On le trouve chez des alchimistes, des astrologues et des auteurs de traités variés. Dire « il cite Hermès » ne prouve donc pas grand-chose sans passage précis.

Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? explique les incertitudes. Pour la figure d’al-Būnī elle-même, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende rassemble les repères.

Si tu lis un site qui affirme que le Shams al-Maarif « vient » d’Hermès, demande-toi quel passage le prouve. Une phrase de ce type, sans citation, est une opinion, pas un résultat de recherche.

Cet article présente un personnage légendaire et des textes anciens, il ne donne aucune pratique. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.

Comment lire les traditions hermétiques sans se tromper ?

En distinguant ce qui est légendaire de ce qui est documenté. Voici cinq réflexes simples, qui sont les miens :

  1. Sépare le personnage et les textes. Hermès est une figure légendaire, mais les Hermetica sont des textes réels, écrits par des auteurs que l’on ne connaît pas ;
  2. Repère les désaccords de datation. La page donne deux avis opposés sur l’origine de l’épithète. Un site qui donne une seule date sans nuance simplifie ;
  3. Vérifie les identifications. Hermès, Thot, Idris et Hénoch sont rapprochés par des traditions. Ce sont des équivalences de tradition, pas des égalités démontrées ;
  4. Distingue érudits et vendeurs. Un discours qui promet un pouvoir caché au nom d’Hermès mérite plus de prudence qu’une étude universitaire ;
  5. Garde la distance critique. Comprendre une tradition n’oblige pas à l’adopter.

La page signale aussi une confusion courante : on mélange souvent l’hermétisme avec le gnosticisme, alors qu’elle les présente comme distincts. C’est un exemple de ce que nos étiquettes modernes rendent difficile. Quand un texte est rangé dans une catégorie, vérifie ce que cette catégorie veut dire avant d’en tirer des conclusions.

Enfin, l’alchimie a laissé un mot dans la langue courante : selon la page, la procédure du « sceau d’Hermès », qui consistait à chauffer un récipient de verre pendant 30 à 40 jours, est à l’origine de l’expression « hermétiquement fermé ». C’est un bon rappel que les traditions anciennes laissent des traces dans le langage de tous les jours, sans qu’il faille y voir un secret.

Pour une méthode de lecture appliquée au livre arabe de ton sujet, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une approche pas à pas.

En résumé

Hermès Trismégiste est une figure légendaire née de la fusion d’Hermès et de Thot, à qui on attribue les Hermetica, des textes philosophiques et techniques d’auteurs inconnus. Leur datation est débattue. La tradition arabe l’identifie à Idris, et des auteurs comme Abu Ma’shar et Jābir ibn Ḥayyān parlent de lui ou citent la Table d’émeraude.

La page de Wikipédia ne le relie ni à al-Būnī ni au Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Hermes Trismegistus » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Que veut dire Trismégiste ?

« Le trois fois très grand » en grec. La page de Wikipédia rapproche ce titre d’une épithète de Thot au temple d’Esna.

Qui est Idris dans la tradition arabe ?

Selon Wikipédia, des chroniqueurs musulmans ont identifié Hermès à Idris, cité dans le Coran, lui-même identifié à Hénoch.

Où se trouve la Table d’émeraude ?

La page de Wikipédia mentionne une version citée par Jābir ibn Ḥayyān et une version plus ancienne dans le Sirr al-khalīqa. Elle ne reproduit pas le texte.

Hermès Trismégiste est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.