L’abjad, aussi appelé hisab al-jummal, est un système qui donne une valeur numérique à chacune des 28 lettres de l’alphabet arabe. Selon Wikipédia, il est utilisé dans le monde arabophone depuis avant le VIIIe siècle, et son nom vient des quatre premières lettres de l’alphabet sémitique.
Ce sujet est central pour qui s’intéresse aux livres de lettres, parce qu’il pose une question simple : qu’est-ce qu’une lettre qui vaut un nombre ? La page que j’ai lue y répond de façon sèche, comme pour un système de numérotation. Elle ne parle ni de magie, ni de divination. Cela permet de séparer le calcul, qui est un outil, de ce qu’on a pu en faire dans certaines traditions.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée aux numéraux abjad, lue en anglais. Elle porte des bandeaux de maintenance, et certaines sources y sont signalées comme douteuses. Elle ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien.
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Qu’est-ce que l’abjad ?
Un système numérique décimal où chaque lettre vaut un nombre. Selon la page, les 28 lettres de l’alphabet arabe reçoivent une valeur, des unités aux milliers. Le mot abjadiyya désigne aujourd’hui, en arabe moderne, l’alphabet en général.
Voici le principe des valeurs, tel que la page le donne :
| Groupe | Lettres et valeurs |
|---|---|
| Unités | alif 1, ba 2, jim 3, dal 4, ha 5, waw 6, zay 7, ha emphatique 8, ta emphatique 9 |
| Dizaines | ya 10, kaf 20, lam 30, mim 40, nun 50, puis d’autres lettres selon l’ordre retenu |
| Centaines | qaf 100, ra 200, shin 300, ta 400, tha 500, kha 600, dhal 700, dad 800, za emphatique 900 |
| Fin de série | ghayn 1000 |
Je ne détaille pas les dizaines de 60 à 90, car la page les donne selon plusieurs variantes, et je préfère ne pas en choisir une sans vérifier.
La page précise qu’il n’existe ni zéro ni fractions. Les nombres s’écrivent du plus grand au plus petit, de droite à gauche. Elle donne un exemple : les deux lettres ba et ghayn dans un sens valent 2000, et dans l’autre sens 1002. Elle compare ce principe aux chiffres romains, où l’inversion signifie une soustraction.
Les valeurs viennent d’une seule page encyclopédique et de sa lecture en anglais. Pour tout calcul précis, une table de référence imprimée ou un spécialiste de la langue reste la bonne source. Pour un autre exemple où la source doit être regardée de près, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre le même problème.
D’où vient le mot et le système ?
Des alphabets sémitiques plus anciens, selon la page. Le nom abjad vient des quatre premières lettres, A-B-G-D. La page cite les alphabets araméen, hébreu et phénicien, qui comptaient 22 lettres et s’arrêtaient au taw, valant 400.
Voici ce qu’elle ajoute sur le passage à l’arabe :
- Une suite prolongée. L’arabe continue la série avec des lettres propres, à partir de tha, qui vaut 500 ;
- Un ordre qui diffère. L’ordre arabe ne reprend pas simplement l’ordre nord-sémitique. La lettre qui correspond au samekh a disparu ;
- Une case comblée. Son emplacement a été rempli par le dédoublement d’une autre lettre, ce qui donne les variantes décrites plus bas ;
- Une ancienneté. Les abjad sont utilisés « depuis avant le VIIIe siècle », date à laquelle les chiffres positionnels dits arabes ont été adoptés.
La page ne donne pas de date plus précise pour l’invention du système. Je ne comble pas ce vide.
Quelles sont les variantes d’ordre ?
Trois ordres principaux, selon la page. Ils expliquent pourquoi une même lettre peut avoir une valeur différente selon la source.
Voici ce qu’elle présente :
- L’ordre oriental, dit mashriqi. Le plus courant. Le chin sémitique se scinde en shin et sin, qui occupent la place du samekh ;
- L’ordre maghrébin. La page le décrit comme celui des sources les plus anciennes, tout en signalant que la source citée est jugée peu fiable. Le sadé sémitique s’y scinde en dad et sad ;
- L’ordre alphabétique moderne. Dit hija’i, il regroupe les lettres par ressemblance de forme. La page précise qu’il n’est jamais utilisé comme numération ;
- L’ordre d’al-Hamdani. Elle donne aussi la séquence de l’encyclopédie Kitab al-Iklil d’Abu Muhammad al-Hasan al-Hamdani.
Pour le persan, quatre lettres ont des valeurs propres : pe vaut 2, che 3, zhe 7 et gaf 20.
Ces variantes montrent un point utile : il n’existe pas une seule table universelle. Quand quelqu’un te donne le « nombre » d’un mot, la première question à poser est : dans quel ordre, et selon quelle source ?
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À quoi servait-il, et à quoi sert-il aujourd’hui ?
Au calcul, avant l’adoption des chiffres positionnels, puis à la numérotation. Selon la page, avant le système indo-arabe, les abjad servaient à tous les usages mathématiques. Elle mentionne aussi la numérologie, appelée isopséphie, appliquée aux mots arabes.
Voici les exemples qu’elle donne :
- La basmala. La formule bismillah ar-rahman ar-rahim vaudrait 786 ;
- Le nom Allah. Il vaudrait 66 ;
- La numérotation moderne. Aujourd’hui, les abjad servent surtout à numéroter des plans, des listes et des points d’information, comme « A., B., C. » en français ;
- L’ordre des lettres. Dans ces listes, les lettres se suivent dans l’ordre abjad, et non dans l’ordre moderne des dictionnaires.
Je rapporte ces nombres tels que la page les donne. Un nombre associé à un mot est un résultat de calcul, pas une propriété du mot. Il change si l’on change d’ordre, d’orthographe ou de variante.
Pour une présentation plus large du sujet, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? situe le calcul des lettres dans l’ensemble des savoirs sur les lettres, avec ses limites.
Quel lien avec la gématrie et l’isopséphie ?
Un système équivalent, selon la page. Elle rapproche les abjad de la gématrie hébraïque, qui leur est équivalente jusqu’à 400, et de l’isopséphie grecque. Elle note que les chiffres grecs diffèrent sur plusieurs points, par exemple l’absence d’équivalent pour le sad.
Voici ce qu’elle ajoute :
- En hébreu. La gématrie est utilisée dans des textes kabbalistiques ;
- En grec. L’alphabet grec de 27 lettres sert encore à numéroter des listes ;
- En arabe. Le système prolonge la série au-delà de 400 grâce aux lettres propres à l’arabe.
Ces parallèles montrent que l’idée de donner un nombre aux lettres est ancienne et partagée par plusieurs langues. Elle n’appartient pas à une seule tradition religieuse, et elle n’implique pas, à elle seule, une pratique particulière.
Associer un sens spirituel à la valeur d’un mot relève de la croyance de certaines traditions. La page décrit le système comme une numération, sans développer ce sens. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Que ne dit pas cette page ?
Beaucoup de choses qu’on lui prête parfois. La page lue ne parle pas de chronogrammes, ni d’usages en poésie ou en astrologie. Elle n’évoque ni magie ni divination, et elle ne date pas l’ordre maghrébin ni la série d’al-Hamdani.
Voici les points à garder en tête :
- Pas de chronogrammes. Je ne peux pas affirmer ici leur usage, faute de source dans la page ;
- Pas de pratiques occultes. La page parle de numération et de numérologie sur des mots, sans mode d’emploi ;
- Pas de noms de personnes. Elle n’évoque pas l’usage des noms de personnes au-delà de certains mots cités ;
- Pas de dates précises. Hormis « avant le VIIIe siècle », elle donne peu de repères chronologiques.
La page porte aussi des bandeaux de maintenance, et certaines de ses sources sont signalées comme douteuses. Cela impose une prudence supplémentaire.
Je n’ai pas recoupé les valeurs ni les ordres avec un manuel de référence. Pour un usage précis, vérifie dans une source spécialisée.
Abjad et Shams al-Maarif : y a-t-il un lien ?
Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Elle ne décrit pas de carrés magiques, de talismans ni de rituels fondés sur les nombres.
Voici ce qu’on peut dire sans inventer :
- Un outil de calcul, avant tout. La page présente l’abjad comme un système de numération ;
- Un thème qui croise la science des lettres. Le calcul des lettres est un sujet que traitent d’autres articles de ce site, mais la page ne les relie pas ;
- Une base commune, pas une preuve. Savoir que les lettres ont des valeurs ne dit rien de ce que contient le livre ;
- Pas de filiation prouvée. Pour situer al-Būnī, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende donne les repères et les débats. Aucune source lue ne dit comment il employait l’abjad.
Pour un philosophe qui écrivait déjà sur les lettres chiffrées, Al-Kindi : le philosophe des Arabes, des lettres chiffrées et de l’astrologie montre un usage de la cryptographie qui n’est pas celui des talismans.
Cet article présente un système de numération et son histoire. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
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Comment lire un nombre associé à un mot sans lui prêter un pouvoir ?
En vérifiant d’abord le calcul. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Demande l’ordre. Oriental, maghrébin ou autre : la valeur change selon la table ;
- Demande l’orthographe. Une lettre de plus ou de moins change le total ;
- Distingue le calcul de la croyance. Additionner des lettres est un fait de langue. Y voir un sens caché est une interprétation ;
- Note ce qui manque. La page ne cite ni al-Būnī, ni magie, ni rituels ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
L’abjad est un système où les 28 lettres arabes valent des nombres, de 1 à 1000. Selon la page, il est utilisé depuis avant le VIIIe siècle, il existe en plusieurs ordres, il a des équivalents en hébreu et en grec et il sert aujourd’hui surtout à numéroter des listes.
La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Abjad numerals » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’abjad ?
Selon Wikipédia, un système numérique où chacune des 28 lettres arabes reçoit une valeur, appelé aussi hisab al-jummal.
Pourquoi y a-t-il plusieurs ordres ?
Selon la page, l’ordre arabe diffère de l’ordre nord-sémitique : une lettre a disparu et sa place a été comblée par le dédoublement d’une autre, de façons différentes à l’Est et au Maghreb.
L’abjad est-il la même chose que la gématrie ?
Selon la page, la gématrie hébraïque lui est équivalente jusqu’à 400, et l’isopséphie grecque est un système voisin avec des différences.
L’abjad est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


