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Shams al-Maʿārif

Al-Kindi : le philosophe des Arabes, des lettres chiffrées et de l’astrologie

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 11 min de lecture
Al-Kindi Couverture de l'article

Al-Kindi est un savant né vers 801 à Kufa et mort vers 873 à Bagdad, souvent appelé le père de la philosophie arabe. Selon Wikipédia, il a écrit sur la philosophie, les mathématiques, la médecine, la musique et l’astrologie, et il a décrit l’analyse des fréquences des lettres pour déchiffrer des messages.

Son nom croise souvent le sujet des lettres, des chiffres et des astres, ce qui peut donner l’impression qu’il a écrit sur les talismans ou sur la science des lettres au sens d’al-Būnī. La page que j’ai lue ne dit rien de tel. Elle décrit un philosophe aristotélicien, un mathématicien, un médecin et un auteur d’astrologie.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Al-Kindi, lue en anglais. Elle ne mentionne ni talismans, ni magie, ni la science des lettres, ni al-Būnī. Je n’invente donc aucun lien avec le Shams al-Maarif, et je le répète là où la question se pose.

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Qui était Al-Kindi ?

C’était un aristocrate de la tribu de Kinda devenu savant de cour à Bagdad. Selon la page, il est né vers 801 à Kufa et mort vers 873 à Bagdad, avec des dates approximatives. Il descendait du chef Al-Ash’ath ibn Qays. Son père Ishaq était gouverneur de Basra, où il a fait ses premières études, avant de poursuivre à Bagdad.

Voici les repères que la page donne :

PointCe que dit la page
NaissanceVers 801, à Kufa (approximatif)
MortVers 873, à Bagdad (approximatif)
FamilleAristocratie de la tribu de Kinda ; père gouverneur de Basra
ProtecteursLes califes abbassides al-Ma’mun et al-Mu’tasim
FonctionNommé à la Maison de la sagesse par al-Ma’mun, où il supervise des traductions du grec
Autre talentCalligraphe réputé, employé comme tel par al-Mutawakkil

La page raconte ensuite un déclin. Sous al-Mu’tasim, il est précepteur du fils du calife, mais sa position baisse sous al-Wathiq, puis surtout sous al-Mutawakkil. Elle donne plusieurs explications : des rivalités à la Maison de la sagesse, et la persécution par al-Mutawakkil de musulmans non orthodoxes et de non-musulmans. À un moment, il aurait été battu et sa bibliothèque confisquée temporairement. Henry Corbin dit qu’il est mort « solitaire ».

Les dates de naissance et de mort sont approximatives, et le titre de « père de la philosophie arabe » vient de sources secondaires, pas d’une désignation de son époque. Je garde ces nuances.

Pour le cadre général de ces centres de savoir et de traduction, Thabit ibn Qurra : mathématicien de Harran et traducteur à Bagdad donne un autre portrait de la même ville et de la même époque.

Que dit sa philosophie ?

Elle unit Aristote et le néoplatonisme, avec un souci de connaître Dieu. Selon la page, il est le premier philosophe péripatéticien de l’islam, et sa pensée mêle des idées aristotéliciennes et néoplatoniciennes, sous l’influence de Proclus, Plotin et Jean Philopon.

La page résume sa pensée en plusieurs points :

  1. La métaphysique. Elle vise la connaissance de Dieu, et il ne sépare pas nettement philosophie et théologie, ce que ses successeurs al-Farabi et Avicenne contesteront ;
  2. L’unicité de Dieu. Dieu est absolument un, sans multiplicité, et agit comme cause finale et efficiente par des intermédiaires ;
  3. Le Premier Intellect. Il le pose comme ce qui actualise la saisie des universaux par l’intellect humain ;
  4. Prophétie et philosophie. Elles atteignent la même vérité, la prophétie étant supérieure par sa facilité et par la manière dont la vérité est présentée ;
  5. Les visions prophétiques. Il en donne une explication naturaliste, par l’imagination, qu’al-Ghazali critiquera plus tard ;
  6. La révélation. Il la tient pour une source de savoir supérieure à la raison sur les questions de foi.

La page ajoute qu’une influence du mutazilisme est possible, mais qu’il s’agit d’une vue minoritaire dont elle ne donne pas les détails.

Ces points touchent à la théologie. Je les rapporte comme les positions d’un penseur médiéval, et je ne tranche pas leur valeur religieuse. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Ces positions sont celles d’Al-Kindi, telles que la page les décrit. Elles ne résument pas ce que pensent toutes les écoles de l’islam, et plusieurs penseurs postérieurs, comme al-Ghazali, les ont critiquées.

Pour un panorama des courants spirituels de l’époque, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne les repères, avec ses limites.

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Comment a-t-il décrit le déchiffrement de messages codés ?

Par l’analyse de la fréquence des lettres. Selon la page, son Manuscrit sur le déchiffrement des messages cryptographiques décrit l’analyse des fréquences, qu’elle présente comme la base de la cryptanalyse. Il s’appuie aussi sur les travaux plus anciens d’al-Khalil sur les permutations.

La page ajoute une affirmation plus forte : ce travail serait le plus ancien usage connu de l’inférence statistique. Elle cite une source pour cela, sans l’expliquer en détail. Je la rapporte avec cette réserve.

Voici l’idée, en termes simples, sans prétendre décrire son texte :

  1. Le constat. Dans une langue, certaines lettres reviennent plus souvent que d’autres ;
  2. L’usage. Si un message est chiffré par substitution, les symboles les plus fréquents correspondent probablement aux lettres les plus fréquentes de la langue ;
  3. La limite. Cette méthode demande un texte assez long pour que les fréquences se stabilisent.

La différence est importante. L’analyse des fréquences traite les lettres comme des éléments d’une langue, mesurables. La science des lettres de la tradition dont parle ce site leur attribue un sens symbolique. Ce sont deux approches distinctes, et la page ne les relie pas. Pour la seconde, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions.

Je n’ai lu ni le manuscrit d’Al-Kindi, ni les travaux d’al-Khalil. Ma présentation de l’analyse des fréquences est une explication générale, pas un résumé du texte. Pour juger l’apport exact, il faut lire les spécialistes de la cryptologie arabe.

Qu’a-t-il écrit en mathématiques, médecine, musique et optique ?

Il a écrit dans presque tous les domaines de son époque, selon la page. Elle les présente ainsi :

  • Mathématiques. Il a contribué à introduire les chiffres indo-arabes dans le monde islamique, avec al-Khwarizmi, et a écrit quatre volumes sur leur usage. Il a aussi travaillé sur l’arithmétique, la géométrie et les proportions, et soutenu que l’infini actuel est absurde ;
  • Médecine. Plus de trente traités, surtout inspirés de Galien. Dans De gradibus, il applique les mathématiques à la médecine, avec une échelle de force des médicaments et un système de phases lunaires pour prédire les jours critiques d’une maladie ;
  • Musique. Premier théoricien de la musique du monde arabo-islamique dont les œuvres survivent. Il adapte le système tonal grec au luth et ajoute une cinquième corde à l’oud ;
  • Optique. Premier grand auteur d’optique depuis l’Antiquité ; Roger Bacon le place juste après Ptolémée. Il compare les théories de la vision d’Aristote et d’Euclide et choisit le modèle euclidien ;
  • Parfums. Un ouvrage qui lui est attribué, le Kitāb al-Taraffuq, décrit la distillation des huiles de rose et donne 107 recettes de parfums, mais l’attribution n’est pas donnée comme certaine.

La page note aussi deux points de prudence. Le De radiis (« Des rayons ») est jugé apocryphe, probablement écrit par un auteur latin vers le milieu du XIIIe siècle. Et sur les 260 livres au moins que lui attribue Ibn al-Nadim, dont 32 de géométrie, la plupart sont perdus.

Je rapporte cette longue liste pour une raison : un savant aussi polyvalent est vite récupéré, après sa mort, par des textes qui prennent son nom. La page le montre elle-même avec un ouvrage apocryphe. Pour d’autres cas de noms célèbres qui attirent des livres douteux, Ibn Wahshiyya : l’Agriculture nabatéenne et un auteur plein de questions pose les mêmes questions.

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Que pensait-il de l’astrologie et de l’alchimie ?

La page donne des éléments clairs pour l’astrologie, et un seul pour l’alchimie. Pour l’astrologie, elle dit qu’il adopte le modèle géocentrique de Ptolémée et décrit les corps célestes comme des entités rationnelles dont le mouvement circulaire adore Dieu et dont l’influence agit comme providence divine. Il reste ambigu sur le mécanisme de l’influence, en présentant à la fois une vue par contact (aristotélicienne) et une action à distance. Il a écrit de nombreux ouvrages d’astrologie, dont Les Quarante Chapitres et un traité sur la « domination des Arabes et sa durée ».

Pour l’alchimie, la page dit qu’il niait que les métaux vils puissent être transmutés en or ou en argent, et qu’al-Razi a attaqué plus tard cette position. Elle ne donne pas son raisonnement.

Voici ce que cela change pour toi :

  1. L’astrologie dans un cadre religieux. Pour lui, les astres adorent Dieu et leur influence est providence. C’est un cadre théologique, pas une pratique populaire ;
  2. Un refus de la transmutation. Selon la page, il doutait de l’alchimie des métaux. Pour le tableau général, Alchimie arabe : origines, grandes figures et limites des sources rassemble ce que dit une autre page ;
  3. Un silence sur les talismans. La page ne dit rien de ses éventuelles pratiques magiques ;
  4. Une ambiguïté assumée. La page elle-même parle d’ambiguïté sur le mécanisme des influences célestes. Je ne la lève pas.

Pour le débat plus large sur la légitimité de l’astrologie, Astrologie en islam : origines, savants et débat sur sa légitimité donne les critiques que la page correspondante cite.

Cet article présente un savant et ses idées. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Al-Kindi a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?

Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne parle pas de talismans, de magie, de science des lettres ni d’al-Būnī. Elle ne dit donc rien de ses éventuelles vues sur ces sujets. Voici ce qu’on peut dire sans inventer :

  • Des siècles d’écart probables. Al-Kindi est mort vers 873. Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
  • Des sujets voisins, pas identiques. Astres, chiffres et lettres apparaissent chez lui, mais sous forme d’astrologie, de mathématiques et de cryptanalyse ;
  • Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à Al-Kindi.

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Comment lire un grand nom sans lui faire dire ce qu’il n’a pas dit ?

En relisant ce que la source affirme, et rien d’autre. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Cherche ce que la page dit vraiment. Ici : philosophie, mathématiques, médecine, musique, optique, astrologie ;
  2. Note ce qu’elle ne dit pas. Ici : talismans, magie, science des lettres ;
  3. Repère les attributions fragiles. Le De radiis est apocryphe, et le texte sur les parfums n’est pas certain ;
  4. Sépare les deux usages des lettres. L’analyse des fréquences est une technique de déchiffrement ; la mystique des lettres est une tradition symbolique ;
  5. Évite les raccourcis. « Père de la philosophie arabe » est un titre moderne, pas un fait mesurable.

Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Al-Kindi est un savant de Bagdad, mort vers 873, philosophe aristotélicien et néoplatonicien, mathématicien, médecin, théoricien de la musique et auteur d’astrologie. Il a décrit l’analyse des fréquences des lettres pour déchiffrer des messages, et il niait la transmutation des métaux, selon la page.

La page lue ne mentionne ni talismans, ni magie, ni science des lettres, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Al-Kindi » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui était Al-Kindi ?

Un savant né vers 801 à Kufa et mort vers 873 à Bagdad, philosophe, mathématicien et médecin, protégé par les califes al-Ma’mun et al-Mu’tasim, selon Wikipédia.

Qu’est-ce que l’analyse des fréquences chez Al-Kindi ?

Selon la page, son manuscrit sur le déchiffrement des messages cryptographiques décrit l’analyse de la fréquence des lettres, présentée comme la base de la cryptanalyse.

Que pensait Al-Kindi de l’alchimie ?

La page dit qu’il niait que les métaux vils puissent être transmutés en or ou en argent, et qu’al-Razi a attaqué cette position. Elle ne donne pas son raisonnement.

Al-Kindi est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.