Dans les sources que j’ai lues, « invocation » renvoie d’abord à la du’ā’, la prière personnelle adressée à Dieu. La page de Wikipédia sur le Shams al-Maarif ne détaille aucune invocation, et les avis de savants sur l’intercession diffèrent. Je ne donne aucune formule, et le résultat vient de Dieu.
Quand on cherche « invocation » avec le nom de ce livre, on trouve souvent des textes à réciter promettant un effet. Je n’en publierai aucun. Je ne suis pas savant, je ne rends aucune fatwa, et je te montre seulement ce que les sources rapportent, qui le dit et ce qu’elles ne disent pas.
Je m’appuie sur les pages de Wikipédia consacrées au Shams al-Maarif, à la du’ā’ et au tawassul, lues en anglais. Aucune ne te dit comment invoquer quoi que ce soit, et cet article non plus.
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Que dit la page du livre sur les invocations ?
Très peu, d’après ma lecture. Elle présente le Shams al-Maarif comme un grimoire attribué à Ahmad al-Būnī, dont les premiers chapitres portent sur les carrés magiques et les combinaisons de nombres et de lettres, présentées comme un moyen de communiquer avec les djinns, les anges et les esprits. Elle évoque aussi des rituels, dont le Birhatiya.
Voici ce qu’elle ne fait pas :
- Elle ne cite aucune formule. Aucun texte d’invocation n’y figure ;
- Elle ne décrit pas les noms divins ou angéliques. Elle n’entre pas dans ce détail ;
- Elle ne juge pas l’efficacité. Elle rapporte la réputation du livre, pas des résultats ;
- Elle ne tranche pas sur la licéité. Elle mentionne des critiques et une interdiction, sans les analyser.
Cela ne veut pas dire que le livre ne contient aucune invocation. Cela veut dire que cette page ne permet pas d’en parler, et que je ne vais pas inventer ce qu’elle ne dit pas. Pour les noms de Dieu et le livre, Asma ul Husna et Shams al Maarif : les 99 noms de Dieu, ce que disent les sources et ce qu’elles ne disent pas reste prudent sur le même point.
Qu’est-ce que la du’ā’, d’après les sources ?
C’est une prière personnelle et informelle, adressée à Dieu. D’après la page de Wikipédia, la du’ā’ est considérée comme un canal direct de communication avec Dieu, à la fois acte d’adoration et demande spontanée. Elle remplit trois fonctions : la louange, la demande et l’intercession.
La page la distingue de deux autres notions :
- La salat. C’est la prière rituelle obligatoire, cinq fois par jour, soumise à des règles strictes ;
- La du’ā’. Elle est plus souple, peut se dire dans n’importe quelle langue et sans exigence de posture ;
- Le dhikr. La page ne le définit pas, elle indique seulement qu’il est encouragé avant le sommeil.
Pour le dhikr, Qu’est-ce que le dhikr ? Sens, formes et formules courantes rassemble ce que dit une autre page. Ces distinctions montrent que « invocation » n’a pas un seul sens : l’invocation adressée à Dieu, décrite par la page, n’est pas celle de formules adressées à d’autres êtres.
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Que disent les savants cités sur les conditions de la du’ā’ ?
La page rapporte des conditions attribuées aux juristes et aux soufis classiques, et des désaccords sur la réponse divine. Voici ce qu’elle indique, sans que j’y ajoute rien :
- Des conditions. Ne consommer que des aliments licites, prier avec la conviction d’être exaucé, rester concentré, ne pas demander ce qui servirait au péché ou à la rupture des liens familiaux ;
- Un paradoxe. Les versets 2:186 et 40:60 disent que Dieu répond aux appels, alors que beaucoup de prières restent sans réponse apparente ;
- Des exégètes. Al-Ṭabarī, al-Rāzī et al-Qurṭubī se sont penchés sur ce problème, selon la page ;
- Une lecture de la réponse. Un hadith, « la du’ā’ est adoration », permet d’interpréter la réponse divine comme l’acceptation plutôt que l’exaucement.
La page cite aussi al-Jīlānī, al-Qurṭubī et al-Ghazālī : une bonne conduite morale et la repentance sont nécessaires. Pour les soufis, dont Rumi, le fait même d’invoquer Dieu est la plus grande récompense. La page précise que les réponses possibles sont l’exaucement, le report dans l’au-delà, une récompense supérieure ou l’éloignement d’un malheur.
Ces éléments décrivent une manière de comprendre la prière, pas un mode d’emploi. Ils ne garantissent rien, et la page elle-même signale un paradoxe sans le résoudre.
Que dit le tawassul, l’invocation par un intermédiaire ?
C’est le point où les avis divergent le plus. D’après la page de Wikipédia sur le tawassul, le mot vient de l’arabe wasīlah, un moyen de s’approcher, et désigne le recours à un moyen pour obtenir la faveur de Dieu. Elle décrit plusieurs formes.
Voici comment je les range, avec les réserves de la page :
| Forme | Ce que la page rapporte | Ce qu’elle ne précise pas |
|---|---|---|
| Par de bonnes actions | Se rapprocher de Dieu par la prière, le jeûne, la récitation du Coran | Les avis de savants sur cette forme |
| Par le Prophète | Invoquer Dieu par ses mérites, ou demander son intercession | Les arguments des opposants |
| Par des saints | Pratique soufie et populaire | Les avis de savants nommés qui s’y opposent |
| Chez les chiites | Invoquer le Prophète et les Ahl al-Bayt, visiter les tombes | Le détail des prières |
Sur les avis, la page rapporte que les juristes de plusieurs écoles seraient « unanimes » sur la licéité du tawassul, tout en citant l’opposition des Deobandis et de ceux qu’elle appelle « Wahabis ». Elle ne développe pas la position de ceux qui le qualifient de shirk. Ce passage est une contradiction interne de la page, et je la signale au lieu de choisir.
La page cite aussi des fondements : le verset 5:35, le verset 4:64 et un hadith dit de l’aveugle, rapporté par plusieurs recueils. Elle porte des mentions « citation needed » et un bandeau signalant plusieurs problèmes. Je la prends donc avec précaution.
Où se situe la limite, d’après les sources ?
Les sources lues la placent dans ce que l’on invoque. D’après la page de Wikipédia sur l’islam et la magie, la plupart des savants permettent les talismans qui invoquent Dieu et interdisent ceux qui invoquent les djinns ou les démons. Elle cite aussi Remke Kruk : demander aux djinns de l’aide pour guérir est jugé shirk par certains conservateurs.
Voici ce que cela veut dire pour le mot « invocation » :
- Invoquer Dieu. C’est la du’ā’, décrite par la page comme un canal direct de communication ;
- Invoquer par un intermédiaire. C’est le tawassul, débattu entre savants ;
- Invoquer des êtres autres que Dieu. C’est ce que certains conservateurs jugent shirk, d’après la page ;
- Une distinction qui n’est pas la mienne. Je rapporte, je ne classe aucune pratique comme permise ou non.
Je ne peux pas dire à ta place de quel côté se trouve une pratique. Une personne compétente de ta tradition le peut, et c’est elle qu’il faut interroger. Pour le cadre général de la magie en islam, Sihr en islam : magie, miracle et débats des savants rassemble les avis d’une autre page.
Que ne disent pas ces pages ?
Plusieurs choses, et il vaut mieux le savoir. La page sur la du’ā’ ne mentionne ni le Shams al-Maarif ni al-Būnī, annonce « neuf conditions préalables » sans les énumérer, et ne traite pas explicitement de l’invocation d’autres que Dieu. La page sur le tawassul n’expose pas les arguments de ses opposants.
La page du livre, elle, ne donne aucune formule et ne dit pas ce que contiennent les rituels qu’elle cite. Quand une source se tait, je ne remplis pas le vide.
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Pourquoi les promesses d’invocation en ligne sont-elles à éviter ?
Parce qu’elles prétendent tenir ce que les sources lues ne démontrent pas. La page sur la du’ā’ le montre elle-même : une de ses notes renvoie à un site commercial de sorts, ce qui n’est pas une source religieuse, et la section sur les récompenses mêle adoration et promesses de protection.
Voici les signaux d’alerte :
- Un texte à réciter avec un résultat annoncé. Je n’en donne pas, et je me méfie de ceux qui en vendent ;
- Un nombre de répétitions précis. Aucune des pages lues n’en donne ;
- Aucune source. Pas de nom de savant, de livre ni de page vérifiable ;
- Une pression. Un message qui te presse d’agir ou de payer tout de suite ;
- Un avis religieux sans nom. « Les savants disent » sans dire lesquels.
Si tu traverses une épreuve, une peur ou une détresse, une invocation ne remplace ni un avis médical ni un soutien humain. Parle à un professionnel de santé ou à une personne de confiance.
Comment lire un texte sur les invocations sans te tromper ?
En gardant chaque affirmation attachée à sa source. Voici une méthode simple :
- Note la source. Une page, un savant nommé, un recueil ;
- Sépare les niveaux. Ce que dit le Coran, ce que commentent les savants, ce que disent les pratiques populaires ;
- Repère les désaccords. Un sujet qui divise les savants ne se résume pas en une phrase ;
- Repère les silences. Une page peut ne pas parler du livre, comme celles lues ici ;
- Ne promets rien. Le résultat vient de Dieu.
Pour lire le livre sans te lancer dans des pratiques, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une démarche étape par étape, et Shams al Maarif vrai ou faux : ce que l’on peut vérifier et ce qui reste discuté rassemble ce que l’on peut vérifier.
En résumé
Dans les sources lues, l’invocation renvoie d’abord à la du’ā’, prière personnelle adressée à Dieu, que la page décrit sans promettre de résultat. La page du livre ne cite aucune formule, et les avis sur le tawassul et sur l’invocation d’autres êtres que Dieu diffèrent d’un savant à l’autre.
Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour toute question religieuse, une personne compétente de ta tradition est mieux placée que ce site.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), article « Dua » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une invocation en islam ?
D’après la page de Wikipédia, la du’ā’ est une prière personnelle et informelle adressée à Dieu, qui peut être louange, demande ou intercession.
Le Shams al-Maarif contient-il des invocations ?
La page de Wikipédia sur le livre ne cite aucune formule et ne détaille pas ses rituels. Je ne peux donc pas répondre au-delà de ce que la page dit.
Les savants sont-ils d’accord sur le tawassul ?
Non. La page rapporte une licéité admise par plusieurs écoles, et l’opposition des Deobandis et de ceux qu’elle appelle « Wahabis ». Elle se contredit sur ce point.
Une invocation garantit-elle un résultat ?
Non. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.


