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Shams al-Maʿārif

Talisman en islam : ce que disent les sources sur les amulettes

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
talisman en islam Couverture de l'article

En islam, un talisman est le plus souvent une amulette portant des versets du Coran, des prières ou des noms divins, appelée taʿwīdh. Les savants ne sont pas d’accord : certains l’interdisent comme shirk, d’autres distinguent les contenus permis des invocations étrangères à la tradition. Aucun effet n’est démontré.

Le mot « talisman » éveille tout de suite des images : objets mystérieux, pouvoirs cachés, histoires de protection ou de malédiction. Quand on parle du Shams al-Maarif, il revient presque à chaque ligne. Pourtant, derrière le mot, on trouve des objets très concrets, un débat religieux ancien et des usages qui varient selon les régions.

Cet article remet les choses à plat. Je regarde ce que sont ces objets, comment les savants les jugent et quel rapport ils ont avec le livre d’al-Būnī. Je m’appuie sur Wikipédia (Taʿwīz, Talismanic shirt), sur Middle East Eye et sur l’étude de Noah Gardiner.

Je ne donne aucune formule et aucun mode de fabrication. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

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Qu’est-ce qu’un talisman ou un taʿwīdh en islam ?

Un taʿwīdh, appelé aussi taʿwīz en ourdou ou muska en turc, est une amulette ou un pendentif. Selon Wikipédia, il contient en général des versets du Coran ou des prières, parfois des symboles. Il peut aussi prendre la forme d’une plaque gravée ou d’une prière encadrée.

Voici les repères donnés par cette source :

  • La forme courante. Un petit papier inscrit de versets ou de prières, à l’encre ou à la pâte de safran, plié plusieurs fois et cousu dans une petite pochette de tissu ou de cuir, souvent noire, portée au bout d’un fil ;
  • D’autres supports. Des plaques de métal portant des prières ou des versets, des pendentifs, des gravures ;
  • Le sens du mot. L’arabe taʿwīdh dérive du verbe ʿawwadha, qui signifie protéger quelqu’un au moyen d’une amulette ou d’une incantation, d’après le dictionnaire de Hans Wehr cité par la page ;
  • L’usage annoncé. Selon l’article, on le porte pour écarter un mal attribué à la magie noire, pour se protéger ou pour avoir de la chance ;
  • Les porteurs. Certains musulmans, dont de nombreux soufis, en portent. La page note que le port est courant dans la guérison soufie, mais cette phrase n’est pas sourcée.

Taʿwīdh (ou taʿwīz) : amulette islamique, généralement un papier portant des versets coraniques ou des prières, porté sur soi dans un but de protection selon la croyance.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le talisman islamique n’est pas un objet unique. C’est une famille de pratiques, avec des formes, des contenus et des intentions très divers. Le mot peut recouvrir une simple prière pliée dans une poche comme un objet bien plus élaboré.

Une autre précision s’impose. Wikipédia décrit l’usage annoncé, c’est-à-dire ce que les porteurs en attendent. Elle ne dit pas que cet usage fonctionne. Entre « on le porte pour se protéger » et « il protège », il y a un pas que les sources ne franchissent pas.

Selon la page consacrée au taʿwīz, les noms utilisés varient : taʿwīz en ourdou, তাবিজ en bengali, muska en turc. L’objet est présent dans plusieurs régions du monde musulman, sous des formes proches.

Les savants jugent-ils les talismans permis ou interdits ?

Ils ne sont pas d’accord. Selon Wikipédia, les savants sunnites divergent sur la question. Ceux d’orientation salafie et wahhabite jugent la pratique illicite, comme du shirk, c’est-à-dire l’association d’autres que Dieu à Dieu. D’autres avis, plus nuancés, existent dans les quatre écoles.

Voici les positions rapportées :

PositionCe que dit la source
InterdictionDes savants salafis et wahhabites y voient du shirk
DistinctionLa plupart des savants des quatre écoles sunnites distinguent les amulettes à contenu coranique permis de celles qui portent des invocations absentes de la tradition islamique
DéfenseDes partisans affirment que la pratique entre dans le cadre des quatre écoles et qu’elle relèverait d’une sunna du Prophète

Trois remarques pour lire ce tableau sans le déformer :

  1. Le contenu compte. Pour beaucoup de savants, le critère n’est pas l’objet lui-même, mais ce qui y est écrit. Des versets ne sont pas traités comme des signes étrangers ;
  2. Le désaccord est réel. La page indique que les avis divergent, sans trancher. Je ne le tranche pas non plus ;
  3. La page est brève. Elle ne discute pas les hadiths sur les amulettes (les tamāʾim) en détail. Je ne peux donc pas t’en dire plus sans source.

Middle East Eye ajoute un élément utile. Il cite un hadith invoqué par des critiques de la magie : trois catégories de personnes n’entrent pas au paradis, dont celui qui croit à la magie. Ce texte est cité par des contempteurs du Shams al-Maarif, pas spécifiquement des amulettes.

Si ce sujet te concerne personnellement, la démarche la plus sage est de demander l’avis d’un savant de ta tradition. Je ne suis ni juriste ni théologien, et je ne rends pas de décision religieuse. Je rapporte des positions et je laisse chacun les situer dans sa propre pratique.

Pour mesurer ce que le livre dit des talismans sans promesse, Shams al Ma’arif talisman : ce que le livre dit des talismans, sans promesse reste la lecture la plus directe.

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Qu’est-ce qu’une chemise talismanique ?

C’est un vêtement inscrit de versets, de noms divins ou de nombres, porté pour se protéger, surtout au combat. Selon Wikipédia, ces chemises se trouvent dans tout le monde musulman, avec quatre types : ottoman, séfévide, moghol et ouest-africain. Les plus anciens exemplaires conservés datent du XVe siècle ou de peu avant.

Voici ce que la page documente :

  • Le contenu. Versets coraniques, noms d’Allah et de prophètes, nombres, parfois des images ou des symboles, dont des symboles astrologiques ;
  • L’usage. Les noms inscrits étaient censés protéger et guider. Même si ces chemises pouvaient écarter plusieurs maux, la plupart semblent avoir été pensées comme des boucliers de bataille ;
  • Une référence coranique. La sourate 12, verset 93, évoque la chemise de Joseph qui guérit la cécité de Jacob ;
  • Un exemple célèbre. Soliman le Magnifique en aurait reçu une de son épouse Hürrem Sultan, qui lui aurait dit que ses inscriptions le protégeraient des balles ;
  • Des collections. On en voit dans plusieurs musées, dont le musée des arts turcs et islamiques d’Istanbul, le palais de Topkapı, le Metropolitan Museum de New York, le Victoria and Albert Museum de Londres, et les collections Khalili.

Le récit sur Hürrem Sultan et la protection contre les balles est rapporté par la page, mais elle ne le présente pas comme une preuve d’efficacité. Rien ne démontre qu’une chemise ait protégé qui que ce soit.

Un point mérite d’être souligné. Ces chemises sont conservées dans des musées, et les spécialistes les étudient comme des objets d’histoire religieuse et artistique. La page cite plusieurs travaux universitaires, mais n’en résume pas le contenu. Je ne les ai donc pas lus.

Ce regard muséal est une bonne manière d’aborder le sujet. On y voit un objet fabriqué, daté, localisé, avec des inscriptions précises, plutôt qu’une promesse. C’est ce qu’un lecteur curieux peut vérifier : où il est conservé, de quelle époque il date, ce qui y est écrit.

La page ne mentionne ni al-Būnī, ni les carrés magiques, ni les quatre-vingt-dix-neuf noms. Il serait donc faux de dire qu’elle relie ces chemises au Shams al-Maarif. Ce lien existe seulement dans d’autres sources, comme on le voit plus bas.

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Quel rapport entre les talismans et le Shams al-Maarif ?

Le livre est associé aux talismans, mais les sources sont prudentes. Middle East Eye affirme que le Shams al-Maarif contient des guides de talismans et des charmes pour les récoltes, la richesse ou l’amour. Il ajoute que les carrés d’al-Būnī ont été copiés sur des chemises de soldats en Inde.

Voici comment situer ces éléments :

  • Une source journalistique. Les affirmations sur les chemises de soldats viennent de Middle East Eye. Je ne les ai pas retrouvées dans l’article de Wikipédia sur les chemises talismaniques ;
  • Une réputation ancienne. Selon l’article, ces idées étaient populaires chez les soufis au XVe siècle. La date coïncide avec celle des plus anciennes chemises conservées, mais aucune source lue ne démontre un lien direct ;
  • Un usage actuel. Toujours selon Middle East Eye, au Pakistan et en Inde, les tableaux d’al-Būnī apparaissent dans des vitrines et ses mots sont gravés sur des bols. Des guides soufis proposent des charmes liés à son nom ;
  • Une absence de preuve. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.

Pour les carrés dont il est question, Qu’est-ce qu’un carré magique ? Définition, exemples et histoire explique la partie mathématique. Et pour les lettres et leurs valeurs, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? donne les bases du calcul.

Il y a un dernier point d’honnêteté. Je n’ai pas pu vérifier le détail des passages du livre qui parlent de talismans, et je ne les décris donc pas. Je m’en tiens à ce que disent les sources secondaires : le livre en parle, la tradition populaire s’en est emparée, et aucun résultat n’est établi.

Si tu veux comprendre ce que le livre contient réellement, Que contient le Shams al-Maarif ? Le contenu du livre expliqué en donne un panorama prudent. Pour la question de la crainte qu’il suscite, Shams al-Maarif craint : pourquoi ce livre fait-il peur au Moyen-Orient ? sépare ce qui est documenté de ce qui est rumeur.

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En résumé

Un talisman islamique, ou taʿwīdh, est le plus souvent un papier portant des versets ou des prières, plié dans une pochette et porté sur soi. Les savants divergent : certains y voient du shirk, d’autres distinguent les contenus permis de ceux qui sortent de la tradition.

Les chemises talismaniques, attestées dès le XVe siècle, portaient des versets, des noms divins et des nombres, surtout pour se protéger au combat. Elles sont aujourd’hui étudiées dans les musées.

Le lien avec le Shams al-Maarif repose surtout sur Middle East Eye. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article Taʿwīz sur Wikipédia (en anglais) ; article Talismanic shirt sur Wikipédia (en anglais) ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? » ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012.

Questions fréquentes

Les talismans sont-ils permis en islam ?

Les savants divergent. Selon Wikipédia, des savants salafis et wahhabites les jugent illicites, comme du shirk, tandis que la plupart de ceux des quatre écoles sunnites distinguent les contenus coraniques permis des invocations étrangères à la tradition.

Que contient un taʿwīdh ?

Le plus souvent un petit papier portant des versets du Coran ou des prières, à l’encre ou à la pâte de safran, plié et cousu dans une pochette. D’autres sont des plaques de métal gravées.

Un talisman protège-t-il vraiment ?

Aucune source lue ne le démontre. Les pages décrivent ce que les porteurs en attendent, pas un résultat établi. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Qu’est-ce qu’une chemise talismanique ?

Un vêtement inscrit de versets, de noms divins ou de nombres, porté surtout pour se protéger au combat. Les plus anciens exemplaires conservés remontent au XVe siècle ou à peu avant.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.