Selon les sources que j’ai lues, le Shams al-Maarif traite des noms de Dieu, des lettres arabes et de leurs valeurs numériques, de carrés magiques, de talismans et de contacts avec les êtres invisibles. Son contenu varie selon la version : la grande version imprimée n’est pas le texte médiéval.
Si tu cherches « Que contient le Shams al-Maarif ? », tu veux probablement savoir de quoi parle vraiment ce livre dont on entend tant de choses. La réponse dépend de l’édition que tu tiens, et c’est ce qui rend les descriptions en ligne si contradictoires.
Certaines pages le présentent comme un recueil de formules, d’autres comme un traité spirituel sur les noms divins. Les deux descriptions contiennent une part de vrai, mais aucune ne suffit seule.
Dans cet article, je décris le contenu tel que le rapportent Wikipédia, un article de Middle East Eye et les travaux de Noah Gardiner. Je ne donne aucune formule ni aucun mode d’emploi : je décris, je ne prescris pas. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
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Que contient le Shams al-Maarif, thème par thème ?
Les sources décrivent cinq grands thèmes : les noms de Dieu, la science des lettres, les nombres et les carrés magiques, les talismans, et les relations avec les êtres invisibles. Les proportions varient selon l’édition.
Voici ces thèmes tels que les sources les présentent :
- Les noms de Dieu. Selon Middle East Eye, le livre traite des propriétés des 99 noms divins, en expliquant que leur récitation répétée serait liée à une connaissance ou à une protection. C’est la description de l’article, que je rapporte sans la reprendre à mon compte ;
- La science des lettres. Le même article cite l’ʿilm al-ḥurūf, l’étude des lettres arabes, auxquelles l’auteur attribue des valeurs numériques ;
- Les nombres et les carrés magiques. Selon Wikipédia, les premiers chapitres portent sur des carrés magiques et des combinaisons de nombres et de lettres, que le texte présente comme efficaces ;
- Les talismans et les amulettes. Middle East Eye parle de guides pour en fabriquer, avec des tableaux liés aux positions des planètes ;
- Les êtres invisibles. Wikipédia indique que l’auteur présente ces combinaisons comme l’unique moyen de communiquer avec les djinns, les anges et les esprits.
Cette liste donne l’idée générale, mais elle ne dit pas comment les thèmes s’articulent. Pour la science des lettres, retiens simplement que, dans la tradition arabe, chaque lettre a une valeur chiffrée. Pour les carrés, tu peux lire Qu’est-ce qu’un carré magique ? Définition, exemples et histoire, qui montre les calculs et l’histoire sans rien promettre.
Les carrés magiques dont parle le livre sont des tableaux de nombres ou de lettres. Leur propriété mathématique est exacte et vérifiable. Les effets que la tradition leur attribue relèvent, eux, de la croyance.
Un mot sur la nature du livre. Wikipédia le décrit comme un grimoire, c’est-à-dire un manuel de pratiques occultes, qui serait « présenté comme un manuel pour atteindre une spiritualité ésotérique ». Cette formule signale que le texte se donne lui-même une visée spirituelle. Elle ne prouve ni l’efficacité de ses procédés, ni la sincérité de tous ses lecteurs.
Aucune des pages lues ne détaille un rituel complet, et je n’en donnerai pas. Wikipédia mentionne seulement un rituel appelé Birhatiya, très repris dans les publications, sans en décrire le contenu. La prudence est justifiée : un résumé sérieux décrit la structure et les idées, pas des instructions à reproduire.
Comment le contenu du Shams al-Maarif est-il organisé ?
Selon Wikipédia, la forme contemporaine comprend deux volumes, la Kubrā (la plus grande) et la Ṣughrā (la plus petite). La table des matières imprimée donne des chapitres, ou faṣl, qui ne sont pas numérotés et qui vont jusqu’à 40.
Voici comment les sources décrivent la structure :
- Avant l’imprimerie, trois volumes indépendants circulaient, de longueurs différentes, selon Wikipédia ;
- Dans la forme imprimée, les premiers chapitres portent sur les carrés magiques et les combinaisons de nombres et de lettres ;
- La version longue atteint 40 chapitres, d’après Middle East Eye, avec du matériel venu d’auteurs anonymes ;
- Un texte compagnon, Manbaʿ uṣūl al-ḥikma, est présenté par Wikipédia comme lié au livre, mais cette indication est signalée comme ayant besoin d’une source.
Qu’en conclure ? Que parler d’« un » contenu du livre est trompeur. Le texte a grandi par couches. Une édition peut mettre l’accent sur les noms divins, une autre sur les tableaux et les talismans, selon ce que ses éditeurs ont retenu.
Autre point utile : l’ordre des chapitres n’est pas un plan pédagogique. Le livre ne ressemble pas à un manuel moderne avec une progression du simple au complexe. Un lecteur qui l’ouvre au hasard peut tomber sur un tableau sans explication, sur un commentaire ou sur une suite de formules, sans comprendre le fil général.
Pour la lecture pratique des deux volumes, y compris le choix d’une édition, Shams al Maarif livre : comment le lire et quelle version choisir donne des repères.
Selon Middle East Eye, citant Noah Gardiner, le livre était destiné à circuler au sein d’une communauté fermée de soufis savants. Ce n’était pas un ouvrage grand public.
Cette remarque de Gardiner change la lecture. Un livre destiné à un cercle restreint, avec un maître, une formation et un vocabulaire partagé, ne se lit pas comme un livre de recettes. Le sortir de son cadre revient à perdre une grande partie du sens.
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Le contenu de la grande version est-il celui du texte médiéval ?
Non, pas entièrement. Selon Noah Gardiner, le Shams al-maʿārif médiéval est un texte distinct de la grande version imprimée, qu’il date en grande partie du début du XVIIe siècle. Le contenu que tu lis aujourd’hui vient donc surtout de cette version tardive.
Voici ce que disent les sources sur l’histoire du texte :
- Gardiner compte le Shams al-maʿārif médiéval parmi les cinq livres les mieux attribués à al-Būnī, mort vers 1225 ;
- la Kubrā est, selon lui, un produit du début du XVIIe siècle, et deux des lignées de maîtres qu’elle cite ont été reprises à al-Bisṭāmī ;
- Wikipédia cite al-Bisṭāmī comme un commentateur ottoman du XVe siècle, dont les commentaires sur les amulettes et les talismans ont renforcé la réputation magique du livre ;
- selon Wikipédia, un autre Shams al-maʿārif conservé à Damas, plus tourné vers la cosmologie que vers la magie, serait un candidat à l’authenticité ;
- Jean-Charles Coulon, cité par Wikipédia, juge le texte pseudépigraphe en raison d’anachronismes.
Les datations de Wikipédia ne sont pas parfaitement cohérentes : la page parle du XIIIe siècle dans l’introduction et de la fin du XIIe ou du début du XIIIe dans le corps du texte. Je m’en tiens à la date de mort de 1225, que donnent aussi Gardiner et Middle East Eye.
Pour toi, cela signifie qu’il ne faut pas attribuer à un maître soufi du XIIIe siècle tout ce que contient une édition moderne. Une partie du matériel talismanique, selon cette lecture, vient de compilateurs plus tardifs.
Pour retrouver les autres livres de l’auteur, consulte Quels sont les livres écrits par Ahmad al-Buni ? Liste prudente. Pour la différence entre petite et grande versions, lis Shams al-Maarif al-Kubra : qu’est-ce que la grande version du livre ?.
La réception du livre est elle-même ancienne. Selon Wikipédia, Ibn Taymiyya a critiqué al-Būnī sévèrement, et Middle East Eye ajoute qu’Ibn Khaldun et lui l’ont condamné comme praticien de la magie. Le livre a pourtant continué d’être copié et lu jusqu’au XIXe siècle, d’après Gardiner.
Le contenu ne suffit donc pas à juger l’ouvrage : son histoire, ses éditions et ses lecteurs comptent autant que les thèmes. Pour le débat sur la réputation, lis Shams al Maarif danger : le livre est-il vraiment dangereux ?.
Que faire de ce contenu quand on lit le Shams al-Maarif ?
Le lire comme un document d’histoire et de pensée, pas comme une promesse. Vérifie l’édition, repère les thèmes, et garde un regard critique sur les effets annoncés. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Voici une méthode de lecture simple :
- Identifie la version. Une édition qui précise son origine vaut mieux qu’un fichier sans source ;
- Repère le thème de chaque chapitre. Nom divin, lettre, tableau ou commentaire ;
- Distingue la description et la promesse. Un passage qui annonce un effet ne le démontre pas ;
- Garde une distance critique. Les récits de succès en ligne ne prouvent rien, car on n’entend jamais ceux qui n’ont rien obtenu ;
- Ne remplace jamais un avis médical ou juridique. Aucune source sérieuse ne permet de le faire.
Middle East Eye rapporte des récits sur des tableaux utilisés pour le commerce ou la guérison, et sur des guérisseurs qui diffusent des charmes associés au livre. L’article ne donne pour ces récits aucune preuve, et plusieurs sont présentés comme des histoires répétées sur des forums. Je les cite comme des croyances populaires, pas comme des faits établis.
Les histoires de jinns, de mariages avec des êtres invisibles ou de guérisons par l’eau d’un bol de divination, répétées sur Internet, ne sont appuyées par aucune source vérifiable dans les textes lus.
Que retenir de l’ensemble ? Le livre contient bien des tableaux, des lettres, des noms divins et des procédés talismaniques, mais la plus grande part de ce qu’on en raconte relève de la réputation. Pour le détail de ce que le livre dit des talismans sans rien promettre, lis Shams al Ma’arif talisman : ce que le livre dit des talismans, sans promesse.
Si tu veux aller plus loin, choisis une version complète, qui indique son édition et sa traduction. Un lecteur informé comprend mieux ce qu’il tient entre les mains, et il évite les extraits tronqués qui donnent une image fausse du tout.
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En résumé
Le Shams al-Maarif traite, selon les sources lues, des noms de Dieu, de la science des lettres, des nombres et des carrés magiques, des talismans et des êtres invisibles. Wikipédia le décrit comme un grimoire présenté comme un manuel de spiritualité ésotérique.
Sa forme actuelle compte deux volumes et des chapitres non numérotés qui vont jusqu’à 40. Avant l’imprimerie, trois volumes de longueurs différentes circulaient. Les premiers chapitres portent sur les carrés magiques et les combinaisons de lettres et de nombres.
Selon Noah Gardiner, la grande version est en grande partie un produit du début du XVIIe siècle, distinct du texte médiéval attribué à al-Būnī, mort vers 1225. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Pour le lire avec recul, identifie la version, sépare description et promesse, et méfie-toi des récits de succès.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article Shams al-Ma’arif sur Wikipédia (en anglais) ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? » ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012.
Questions fréquentes
Le Shams al-Maarif contient-il des formules à réciter ?
Les sources décrivent des invocations et des procédés, mais je n’en reproduis aucun. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Combien de chapitres compte le livre ?
Selon Wikipédia, la table des matières imprimée liste des chapitres non numérotés qui vont jusqu’à 40. Middle East Eye parle aussi de 40 chapitres pour la version longue.
Le livre parle-t-il seulement de magie ?
Non. Les sources mentionnent aussi les noms divins et la science des lettres, et Gardiner souligne que les thèmes soufis et occultes sont mêlés.
Le contenu est-il le même dans toutes les éditions ?
Non. Le texte a circulé en plusieurs volumes de longueurs différentes, et la grande version imprimée diffère du texte médiéval, d’après Wikipédia et Gardiner.


