Le courant dominant en Algérie est l’islam sunnite, et le rite juridique le plus répandu est le malékisme. Selon Wikipédia, c’est la quasi-seule école pratiquée dans le pays. Les ibadites forment une minorité, surtout dans le M’zab, et les confréries soufies ont reculé sans disparaître.
Si tu cherches « Quel est le courant islamique dominant en Algérie ? », tu as sans doute croisé ce sujet en lisant sur al-Būnī, l’auteur du Shams al-Maarif, dont le nom renvoie à Būna, l’actuelle Annaba. La question paraît simple, mais les mots employés (courant, rite, école, confrérie) ne désignent pas la même chose.
Un courant renvoie à une grande orientation religieuse, comme le sunnisme. Un rite, ou madhhab, est une école de droit à l’intérieur de cette orientation. Une confrérie est un ordre spirituel rassemblé autour d’un maître. Mélanger ces trois niveaux conduit à des phrases fausses, du type « les Algériens sont tous soufis » ou « tous malékites ».
Dans cet article, je m’appuie surtout sur Wikipédia (articles en anglais sur l’islam en Algérie, le malékisme et l’ibadisme). Je distingue ce que ces sources affirment de ce qu’elles ne chiffrent pas, et je ne donne aucun avis religieux : ce sont des repères d’information.
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Quel est le courant islamique dominant en Algérie ?
Le courant dominant est le sunnisme, dans son rite malékite. Selon Wikipédia, l’islam est la religion majoritaire et la religion d’État, la grande majorité des musulmans du pays est sunnite, et le malékisme est présenté comme quasiment le seul rite pratiqué.
Voici ce que disent les sources, et ce qu’elles ne disent pas :
- l’islam est religion d’État : l’article 2 de la constitution de 1996, cité par Wikipédia, le prévoit ;
- la grande majorité des musulmans est sunnite ;
- le rite dominant est le malékite, que Wikipédia décrit comme « virtually the only rite practised » ;
- aucun pourcentage précis n’est donné par la page que j’ai lue, et je n’en invente pas.
Le malékisme prend son nom de Mālik ibn Anas, né vers 711 et mort en 795 à Médine. Selon Wikipédia, sa méthode s’appuie sur la pratique des habitants de Médine, qu’il considérait comme le prolongement vivant de l’époque du Prophète. Son recueil le plus connu, al-Muwaṭṭaʾ, est un livre de hadiths et de droit.
Comment cette école est-elle arrivée au Maghreb ? Selon Wikipédia, ʿAlī ibn Ziyād, mort en 799, a introduit al-Muwaṭṭaʾ en Ifrīqiya, la région de l’actuelle Tunisie. Saḥnūn, qui a vécu de 776 à 854, a rédigé la Mudawwana, un ouvrage central de l’école. Le malékisme est aujourd’hui dominant en Afrique du Nord et de l’Ouest, et Wikipédia le range parmi les grandes écoles sunnites, avec un chiffre souvent cité d’environ 500 millions de fidèles dans le monde, soit à peu près un quart des musulmans.
Un point d’histoire aide à comprendre la situation actuelle. Selon Wikipédia, sous la Régence ottomane d’Alger, les Algériens d’origine ottomane suivaient le rite hanafite, tandis que la masse de la population suivait le rite malékite. Une minorité hanafite subsiste, parmi des familles d’origine turque. Le malékisme est donc plus ancien et plus enraciné dans la société.
Quels courants minoritaires existent à côté du courant dominant en Algérie ?
Le principal courant minoritaire est l’ibadisme, présent surtout dans la vallée du M’zab, autour de Ghardaïa. Selon Wikipédia, il existe aussi une petite minorité hanafite. Le soufisme et le salafisme ne sont pas des rites, mais des sensibilités qui traversent le sunnisme.
Voici un tableau pour ne pas tout mélanger :
| Terme | Ce que c’est | Où le trouve-t-on |
|---|---|---|
| Sunnisme malékite | Courant et rite majoritaires | Dans tout le pays |
| Ibadisme | Branche distincte, ni sunnite ni chiite | Surtout la vallée du M’zab |
| Hanafisme | Autre école sunnite | Familles d’origine turque, selon Wikipédia |
| Soufisme | Dimension spirituelle, confréries | Zaouïas, selon les régions |
| Salafisme | Courant de retour aux premières générations | Mouvements suivis par l’administration |
Que sont les ibadites ? Selon Wikipédia, l’ibadisme est la troisième grande branche de l’islam, souvent décrite comme modérée. Ses fidèles se nomment eux-mêmes « gens de la vérité et de l’intégrité ». Son origine remonte à un courant modéré issu des kharidjites, après les événements de Siffin en 657 et de Nahrawan en 658. Les ibadites contemporains contestent parfois l’étiquette de « kharidjites », et c’est un point que je signale sans trancher.
Où vivent-ils ? Wikipédia cite des communautés à Oman, où elles sont les plus nombreuses, en Algérie (le M’zab), en Libye (les monts Nafusa), en Tunisie (Djerba) et à Zanzibar. Le chiffre mondial indiqué est d’environ 2,72 millions de personnes. En Algérie, l’article rattache le M’zab à des réfugiés qui y ont fondé des communautés après la chute de l’État rostémide de Tahart (Tiaret), ibadite, renversé par les Fatimides en 909. Les sources que j’ai lues ne donnent pas la même date de fondation de cet État, 761 ou 776 : je ne retiens donc que la chute de 909.
Pour les autres courants, l’honnêteté est d’écrire que les sources sont plus minces. Wikipédia mentionne que des musulmans salafistes et wahhabites jugent la vénération des saints comme un shirk, une faute grave contre l’unicité de Dieu, et que le salafisme fait partie des mouvements qui préoccupent le ministère des Affaires religieuses. Elle ne donne aucun effectif, et je n’en avance aucun.
Si un site te donne un pourcentage exact pour les ibadites ou les salafistes sans citer d’étude, traite-le comme une estimation non vérifiée. Pour le lien entre l’Algérie et le livre d’al-Būnī, lis aussi Shams al-Maarif Algérie.
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Où en sont le soufisme et les zaouïas dans le courant islamique dominant en Algérie ?
Le soufisme a reculé, mais il reste présent. Wikipédia écrit que les confréries ont « considérablement reculé » tout en subsistant dans certaines régions. Le culte local des saints reste visible : les villes d’Alger, d’Oran et de Tlemcen ont chacune un saint patron.
Voici les saints patrons cités par Wikipédia :
- Sīdī ʿAbd al-Raḥmān al-Thaʿālibī, pour Alger ;
- Sīdī el-Houari, pour Oran ;
- Sīdī Boumédiène, pour Tlemcen.
Qu’est-ce qu’une zaouïa ? C’est un lieu qui réunit une communauté autour d’un maître : enseignement, récitations, hospitalité. Si tu veux comprendre ce vocabulaire, Qu’est-ce qu’un maître soufi ? Rôle, voie et disciples détaille les mots murshid, tarīqa, silsila et zāwiya.
Le soufisme n’est pas un rite concurrent du malékisme. C’est une dimension spirituelle qui s’est souvent vécue à l’intérieur de ce rite. Wikipédia le dit à propos du malékisme : les malékites ont d’abord été hostiles à certaines pratiques mystiques, puis ont appris de la pratique soufie, et beaucoup de musulmans suivent aujourd’hui des ordres soufis malékites. Dans le cas de l’Algérie, la page sur l’islam dans le pays le confirme à sa manière en citant des confréries encore actives dans certaines zones.
Cette cohabitation n’est pas sans tension. Selon Wikipédia, des salafistes et des wahhabites considèrent la vénération des saints comme un shirk. D’autres musulmans, au contraire, y voient une forme d’attachement respectueux à des figures pieuses. Il s’agit d’un désaccord religieux réel, que je ne tranche pas, et qui explique une partie des débats publics sur les zaouïas.
Pour les fidèles des confréries, la tombe d’un saint est un lieu de prière et de demande. C’est une croyance de tradition. Aucune des sources lues ne la présente comme un fait mesurable.
Que vient faire al-Būnī dans cette histoire ? Il est présenté, selon Noah Gardiner, comme un maître soufi respecté du XIIIe siècle, et son nom signale Būna, aujourd’hui Annaba, dans l’est de l’Algérie. Son parcours le relie donc à un monde maghrébin à la fois malékite et soufi, même si la tradition qui l’entoure a ensuite beaucoup grandi. Pour son portrait, lis Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende.
Enfin, parler de pratiques ne revient jamais à promettre quoi que ce soit. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Un lieu saint, une formule ou un talisman ne remplacent ni la médecine ni le droit, et celui qui te dit le contraire te vend autre chose qu’une tradition.
Comment l’État encadre-t-il le courant islamique dominant en Algérie ?
Par un ministère dédié. Selon Wikipédia, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs contrôle les mosquées publiques, forme, nomme et rémunère les imams, et publie la khutba du vendredi. Ce cadre explique pourquoi le courant dominant est aussi un courant officiel.
Voici les éléments que donne la page, sans les arrondir :
- vers le milieu des années 1980, le ministère contrôlait environ 5 000 mosquées publiques ;
- les imams sont formés, nommés et payés par l’État ;
- le ministère diffuse le texte du sermon du vendredi ;
- l’islam est religion d’État depuis l’article 2 de la constitution de 1996.
Cette organisation a une histoire politique lourde, que je résume sans la commenter. Selon Wikipédia, le Front islamique du salut (FIS) a remporté les élections de 1991, puis l’armée a annulé le processus et interdit le parti. Le conflit qui a suivi a duré environ dix ans et fait, selon la page, quelque 100 000 morts. En 2002, les partis islamistes légaux ont obtenu environ 20 % des sièges de l’Assemblée nationale, contre 50 % pour le FIS en 1991.
Que retenir pour ta question ? Que « courant dominant » a deux sens. Au sens sociologique, c’est le sunnisme malékite de la majorité. Au sens institutionnel, c’est la ligne religieuse que l’État soutient et diffuse. Les deux se recoupent, mais ils ne sont pas identiques.
Les responsables parlent aussi de « référence religieuse nationale ». Dans un discours rapporté par Algérie 360 le 14 juin 2016, le ministre de l’époque, Mohamed Aïssa, a présenté cette référence comme conforme à la Sunna authentique, comme une terre du « juste milieu et de la modération », et comme un « bouclier » contre la discorde. C’est une position officielle, citée telle qu’elle a été rapportée. Je ne lui ajoute pas de contenu doctrinal que l’article ne donne pas.
Quel rapport avec le livre qui t’intéresse ? Un seul, et il est modeste : le contexte. Le Shams al-Maarif circule dans un monde où le rite malékite, les zaouïas et l’encadrement officiel de la religion coexistent. Ce que les sources lues ne disent pas, c’est comment ce monde juge le livre aujourd’hui, et je ne le devine pas. Pour l’histoire du texte lui-même, lis Quelle est l’origine de Shams al-Ma’arif ? Auteur, époque et histoire du texte.
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En résumé
Le courant islamique dominant en Algérie est le sunnisme, dans son rite malékite. Selon Wikipédia, c’est la quasi-seule école pratiquée, héritée d’une longue présence au Maghreb. Aucune source lue ne donne un pourcentage précis, et je n’en avance pas.
À côté, la vallée du M’zab abrite une minorité ibadite, une branche distincte ni sunnite ni chiite. Une petite minorité hanafite subsiste chez des familles d’origine turque. Le soufisme a reculé mais demeure, notamment par le culte des saints patrons d’Alger, d’Oran et de Tlemcen, que le salafisme critique.
L’État encadre ce paysage : ministère des Affaires religieuses, mosquées publiques, imams nommés et sermon du vendredi, avec l’islam comme religion d’État. Les sources parlent d’une histoire politique marquée par la décennie de conflit des années 1990.
Pour al-Būnī, retiens que son nom le relie à Būna, aujourd’hui Annaba, et à un monde malékite et soufi. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article Islam in Algeria sur Wikipédia (en anglais) ; article Maliki sur Wikipédia (en anglais) ; article Ibadi Islam sur Wikipédia (en anglais) ; Algérie 360, 14 juin 2016, discours de Mohamed Aïssa.
Questions fréquentes
Tous les Algériens sont-ils malékites ?
Non, pas au sens strict. Selon Wikipédia, le malékisme est quasiment le seul rite pratiqué, mais il existe une minorité ibadite et une petite minorité hanafite. Aucun chiffre précis n’est donné par les sources que j’ai lues.
Les ibadites sont-ils des sunnites ?
Non. Selon Wikipédia, l’ibadisme est une branche distincte de l’islam, ni sunnite ni chiite, souvent décrite comme modérée. En Algérie, il est surtout présent dans la vallée du M’zab.
Le soufisme est-il un courant ou un rite ?
Ni l’un ni l’autre au sens strict. C’est une dimension spirituelle de l’islam, vécue dans des confréries et des zaouïas, souvent à l’intérieur du rite malékite en Algérie.
Le Shams al-Maarif est-il approuvé par le courant dominant ?
Les sources lues ne permettent pas de l’affirmer. Elles décrivent al-Būnī comme un maître soufi médiéval lié à Būna, mais ne mesurent pas l’accueil du livre aujourd’hui. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.


