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Shams al-Maʿārif

Qu’est-ce qu’un grimoire ? Définition, exemples et cas du Shams al-Maarif

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
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Un grimoire est un manuel de magie. Il décrit la fabrication d’objets magiques comme les talismans et les amulettes, des sorts, des charmes, des divinations, et l’invocation d’entités surnaturelles. Souvent, le livre lui-même est censé posséder des pouvoirs. Le Shams al-Maarif est parfois rangé parmi les grimoires, mais les spécialistes en débattent.

Le mot « grimoire » fait peur ou fait rêver, selon qui l’emploie. Dans la fantasy et les jeux de rôle, c’est un accessoire courant. Dans la réalité, c’est une catégorie historique précise, avec des exemples datés, des interdictions, et des auteurs qui n’étaient pas ceux que la couverture annonçait.

Pour qui s’intéresse au Shams al-Maarif, la question est pratique : est-ce un grimoire, au sens où on l’entend en Europe ? La réponse demande de comprendre d’abord ce que le mot recouvre. Elle demande aussi de ne pas coller sur un livre arabe une étiquette qui vient d’une autre histoire.

Dans cet article, je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée au grimoire et sur Noah Gardiner. Je donne la définition, quelques exemples datés, ce que dit la page sur le Shams al-Maarif, et ce que les sources ne tranchent pas.

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Que veut dire le mot grimoire et d’où vient-il ?

Selon Wikipédia, le mot viendrait probablement du vieux français grammaire, qui désignait d’abord tout livre écrit en latin. Au XVIIIe siècle, en France, il a pris le sens de livre de magie, sans doute parce que beaucoup de ces ouvrages circulaient en latin. Il est ensuite devenu, en français, une expression signifiant « difficile à comprendre ».

Voici les points que retient la page :

  • Une définition large. Un manuel de magie : fabrication de talismans et d’amulettes, sorts, charmes, divinations, invocation d’anges, d’esprits ou de démons ;
  • Un livre doté de pouvoirs. Dans beaucoup de traditions, l’ouvrage lui-même passe pour posséder des pouvoirs magiques ;
  • Un mot tardif en anglais. Il est entré dans l’usage au XIXe siècle, après The Magus de Francis Barrett, publié en 1801 ;
  • Des usagers variés. Les grimoires étaient utilisés par les magiciens cérémoniels et par les cunning folk, les guérisseurs et praticiens de la magie populaire ;
  • Un effet de l’imprimerie. Après son invention, ils se sont diffusés plus largement, y compris auprès des classes populaires et des femmes, même si les manuscrits restaient très prisés.

Le mot grimoire est une catégorie européenne, formée en français puis reprise en anglais. Appliqué à un livre arabe, il sert de raccourci, mais il ne correspond pas à un terme que l’auteur ou ses lecteurs auraient employé.

Cette remarque a une conséquence pratique. Quand on lit que le Shams al-Maarif est « un grimoire », il faut se demander qui l’écrit et pour quoi faire. Wikipédia le décrit comme un grimoire, mais la page sur ce mot ne le mentionne que dans une liste finale, sans autre précision.

Pour les bases du livre, Qu’est-ce que Shams al maarif ? Le livre expliqué simplement donne le point de vue général. Et pour le contenu, Que contient le Shams al-Maarif ? Le contenu du livre expliqué place les noms divins, les lettres et les carrés parmi cinq thèmes.

Quels sont les grimoires les plus connus, et à quelles dates ?

La page de Wikipédia cite quatre exemples avec leurs dates. Ils montrent que la catégorie couvre des textes très différents, écrits dans des langues et à des époques variées.

GrimoireÉpoque et origine selon la pageÀ retenir
Clavicule de Salomon (Key of Solomon)Écrite en grec au XVe siècle, traduite en latin et en italien au XVIePlacée dans l’Index des livres interdits de 1599
Picatrix (Ghāyat al-Ḥakīm)Grimoire arabe d’astromagie, daté du Xe siècleTraduit en latin et diffusé en Europe au XIIIe siècle
Sworn Book of HonoriusXIIIe siècleFondé sur des enseignements attribués à Salomon, avec un cercle rituel
Grand GrimoireFin du XVIIIe ou début du XIXe siècleDécrit un pacte avec un ministre du diable

Trois remarques pour lire ce tableau :

  1. L’autorité est souvent empruntée. La page signale que des grimoires étaient attribués à des papes ou à des figures antiques comme Virgile ou Aristote, ce qui leur conférait une fausse autorité. Certains humanistes, comme Roger Bacon, dénonçaient ces attributions frauduleuses ;
  2. Les traductions circulent. Le Picatrix en est l’exemple : écrit en arabe, il est passé en latin et a circulé en Europe. Shams al-Maarif ou Picatrix : lequel lire et pourquoi ? compare ce texte avec le Shams ;
  3. Les dates sont des repères. Elles viennent d’une page de synthèse, et les spécialistes discutent parfois la datation de chaque ouvrage.

Pour une idée de ce qu’est un talisman dans la tradition islamique, qui est l’un des objets décrits par les grimoires, Talisman en islam : ce que disent les sources sur les amulettes rapporte les avis des savants.

Je n’ai pas vérifié ces dates dans les éditions savantes de chaque ouvrage. Je les rapporte telles que la page de Wikipédia les donne, avec cette réserve.

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Comment l’Église et les savants ont-ils jugé les grimoires ?

Avec méfiance, et de façon nuancée. La page distingue deux catégories que l’Église ne traitait pas de la même façon : la « magie naturelle », qui était tolérée, et la « magie démoniaque », qui était condamnée.

Voici les épisodes cités :

  • Les premiers chrétiens. Dès l’époque chrétienne primitive, des livres de magie ont été brûlés, notamment à Éphèse, selon les Actes des Apôtres ;
  • L’Inquisition. Pendant la période moderne, elle a détruit les grimoires saisis chez les personnes jugées hérétiques ;
  • L’Index de 1599. L’Index des livres interdits a placé plusieurs grimoires à l’index, dont la Clavicule de Salomon ;
  • La critique des fausses attributions. Des humanistes comme Roger Bacon dénonçaient les textes mis sous un nom prestigieux.

Il y a un parallèle avec ce que Gardiner rapporte du monde islamique. Ibn Taymiyya accuse al-Būnī et ses semblables d’adorer les astres et d’être sous l’emprise des démons, et Ibn Khaldūn assimile la science des lettres à la magie, contraire à la loi divine. Dans les deux cas, la méfiance porte sur la frontière entre un savoir toléré et un savoir condamné. Pour les avis des savants musulmans, Sihr en islam : magie, miracle et débats des savants en donne le détail.

Les deux situations ne sont pourtant pas identiques. L’Index est une décision d’institution chrétienne, alors que les critiques d’Ibn Taymiyya et d’Ibn Khaldūn sont des avis de savants à titre individuel, sans organe central équivalent. Je ne cherche donc pas à les fondre en une seule histoire.

Enfin, une remarque sur les lecteurs actuels. Que des livres aient été interdits ne dit rien de leur efficacité. Cela montre seulement qu’ils étaient pris au sérieux par des autorités qui craignaient leur diffusion. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Le mot a connu une seconde vie récente. Selon la page, à la fin du XIXe siècle, des organisations comme l’Ordre hermétique de l’Aube dorée et l’Ordo Templi Orientis ont repris des textes comme le Livre d’Abramelin et la Clavicule de Salomon. Le Necronomicon de H. P. Lovecraft, ouvrage fictif, a inspiré à son tour un Simon Necronomicon. Gerald Gardner a introduit le Book of Shadows comme grimoire wiccan dans les années 1940, et le terme est aujourd’hui courant dans la fantasy et les jeux de rôle.

Cette histoire moderne mélange le réel et la fiction, ce qui explique en partie la confusion actuelle. Un livre inventé, un texte médiéval et un recueil contemporain peuvent tous être appelés « grimoire » sans avoir grand-chose en commun. Quand une vidéo ou une page présente un livre comme « le grimoire ultime », il vaut mieux demander de quel texte précis elle parle, de quelle date et dans quelle langue.

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Le Shams al-Maarif est-il vraiment un grimoire ?

Cela dépend de la définition retenue. Wikipédia le range parmi les grimoires, et un chercheur comme Davies, cité par Gardiner, le qualifie de livre de magie le plus influent de la culture populaire arabe. Mais Gardiner montre aussi que le texte médiéval est un ensemble relativement stable d’environ 120 folios, qui mêle lettres, noms divins, anges, djinns et pratiques spirituelles.

Voici les éléments qui plaident pour et contre l’étiquette :

ArgumentPour le terme « grimoire »Contre ou nuance
ContenuTableaux (awfāq), noms de djinns, talismansAussi des noms divins, du jeûne, de la prière
Statut du livreRéputé redoutable et puissant dans la culture populaireTexte à l’origine transmis dans un cadre savant
RéceptionCritiqué comme proche de la magie par Ibn Taymiyya et Ibn KhaldūnVénéré par d’autres, sa tombe étant un lieu de dévotion
MotCatégorie facile à comprendreTerme européen, absent du vocabulaire du texte

Ce tableau ne tranche pas, et c’est voulu. Gardiner juge d’ailleurs artificielle la séparation entre contenus « occultes » et contenus « soufis » dans ces écrits. Autrement dit, le mot grimoire éclaire une partie du livre sans le résumer.

Dans la culture populaire, le livre passe pour dangereux ou puissant. Les sources que j’ai lues décrivent cette réputation, sans établir qu’elle repose sur un effet réel.

Pour approfondir la réputation du livre, Shams al-Maarif craint : pourquoi ce livre fait-il peur au Moyen-Orient ? en donne les raisons rapportées par la presse. Et pour savoir comment le lire sans se laisser impressionner, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une méthode simple.

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En résumé

Un grimoire est un manuel de magie qui décrit des talismans, des sorts, des divinations et l’invocation d’entités. Le mot vient probablement du vieux français grammaire, et la page de Wikipédia cite comme exemples la Clavicule de Salomon, le Picatrix, le Sworn Book of Honorius et le Grand Grimoire.

L’Église condamnait la magie démoniaque et a placé plusieurs grimoires à l’Index en 1599. Le Shams al-Maarif est souvent rangé dans cette catégorie, mais c’est un terme européen qui n’en résume pas le contenu. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article Grimoire sur Wikipédia (en anglais) ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012 ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? ».

Questions fréquentes

D’où vient le mot grimoire ?

Probablement du vieux français grammaire, qui désignait d’abord tout livre écrit en latin. Au XVIIIe siècle, il a pris en France le sens de livre de magie, selon Wikipédia.

Le Picatrix est-il un grimoire arabe ?

Oui, selon Wikipédia : c’est un grimoire d’astromagie, Ghāyat al-Ḥakīm, daté du Xe siècle, traduit en latin et diffusé en Europe au XIIIe siècle.

Le Shams al-Maarif est-il un grimoire ?

Il est souvent rangé dans cette catégorie, mais Gardiner montre un contenu mêlé de lettres, de noms divins et de pratiques spirituelles. Le mot est un terme européen qui n’en résume pas le contenu.

Un grimoire a-t-il un pouvoir réel ?

Les sources lues décrivent des livres réputés puissants, sans établir d’effet. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.