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Shams al-Maʿārif

Qu’est-ce que la baraka ? Sens du mot, saints, lieux et lien avec al-Buni

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 11 min de lecture
qu'est-ce que la baraka Couverture de l'article

La baraka est un mot arabe qui signifie « bénédiction ». Dans la pensée islamique, il désigne une influence bénéfique qui vient de Dieu et qui passerait par des prophètes, des saints, des lieux ou des textes. Dans la langue de tous les jours, « avoir la baraka » veut dire avoir de la chance.

Tu as sans doute déjà entendu ce mot dans une conversation, dans une chanson ou sur une enseigne de magasin. Il a donc au moins deux vies : un sens religieux précis, et un sens familier très étalé. Beaucoup de confusions viennent de là.

Pour qui lit autour du Shams al-Maarif, le mot revient souvent. On parle de la baraka d’un maître, d’un lieu de pèlerinage, ou d’un livre censé en porter. Il vaut la peine de savoir ce que les sources disent, et ce qu’elles laissent en blanc.

Dans cet article, je m’appuie sur Wikipédia (articles Baraka et Barakah) et sur Noah Gardiner pour ce qui touche à al-Būnī. Je donne le sens du mot, le rôle attribué aux saints et aux lieux, et les limites de ce que j’ai pu vérifier.

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Que veut dire le mot baraka dans la langue arabe et en français ?

Il vient de l’arabe بركة et signifie « bénédiction » ou « influence spirituelle », selon la page française de Wikipédia. L’article anglais Barakah le traduit simplement par « blessing ». Les deux pages s’accordent sur l’essentiel : c’est un mot de bénédiction.

En français, l’usage courant a élargi le sens. Selon la page française, on l’emploie pour parler d’une abondance de biens, d’une famille nombreuse, d’un rang social élevé ou d’une profession lucrative. L’expression « avoir la baraka » signifie avoir de la chance.

Voici comment distinguer les sens :

  • Le sens religieux. Une bénédiction qui vient de Dieu, et qu’on dit transmise par certains êtres ou certains lieux ;
  • Le sens courant. La chance, ou l’abondance, sans référence particulière à la religion ;
  • Le sens de nom propre. Le mot sert aussi de prénom ou de nom de famille, d’après la page française, et de nom à des lieux dans plusieurs pays ;
  • L’équivalent hébreu. La page française rapproche le mot de la berakha, la bénédiction en hébreu.

Baraka : mot arabe qui signifie « bénédiction ». Dans un cadre religieux, il désigne une grâce qui vient de Dieu. Dans la langue courante, il désigne la chance ou l’abondance.

Cette double vie pose un problème simple. Quand quelqu’un te dit qu’une personne « a la baraka », il peut vouloir dire qu’elle a de la chance, ou qu’elle est tenue pour proche de Dieu. Le contexte décide, et il faut le demander quand il n’est pas clair.

La page française de Wikipédia n’établit pas elle-même l’usage religieux du mot. Elle donne le sens, des noms dérivés et des toponymes, sans source primaire pour la définition. Pour le cadre religieux, je m’appuie sur l’article anglais Barakah.

Si tu veux situer ce vocabulaire dans la voie soufie, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne le cadre général, avec ses réserves.

Comment la baraka passe-t-elle par les saints, les lieux et les textes ?

Selon l’article Barakah, elle commence avec Dieu et se transmet à travers ceux qui sont proches de lui. La page décrit une continuité de présence spirituelle et de révélation. Elle ne cite pas de verset précis, mais elle rapporte, d’après G. S. Colin (2012), que le Coran est lui-même chargé de baraka.

Voici ce que la page affirme, point par point :

  1. Les prophètes et les saints. Dieu peut accorder la baraka à des prophètes et à des saints, et ces personnes, vivantes ou mortes, peuvent la transmettre à des gens ordinaires ;
  2. Muhammad et ses descendants. La page les dit particulièrement dotés de baraka ;
  3. Les lieux sacrés. Selon la page, ils contiendraient de la baraka et écarteraient des forces spirituelles mauvaises, ce qui explique que des monastères et des lieux soufis soient visités pour se protéger ;
  4. La création et la fertilité. La page décrit aussi la baraka comme une force de création, dont l’effet serait de faire multiplier miraculeusement les céréales.
Source possible de barakaCe que dit l’articleÀ retenir
Un prophèteElle lui est accordée par DieuLa chaîne part de Dieu
Un saintIl peut la transmettre, vivant ou mortFonde les visites de tombes
Un lieu sacréIl en contiendrait et protégeraitFonde les pèlerinages
Le CoranIl en est chargé, selon Colin (2012)Le texte lui-même est vénéré

Ces affirmations décrivent ce que des croyants admettent. Elles ne sont pas des faits mesurables, et elles ne sont pas partagées par tous les musulmans : la place faite aux saints et aux tombes est un point débattu entre savants.

Ce dernier point est important. La page Barakah présente la baraka comme une idée répandue, mais elle ne dit pas que tous les courants la reçoivent de la même manière. Je n’ai pas trouvé, dans les pages que j’ai lues, de synthèse des désaccords entre écoles sur ce sujet. Je préfère donc le dire plutôt que de faire croire à un consensus.

Pour un exemple de débat voisin sur la valeur des objets et des écrits, Talisman en islam : ce que disent les sources sur les amulettes rapporte des avis de savants, avec leurs réserves.

Un autre mot revient souvent près de celui-ci : le maître. Qu’est-ce qu’un maître soufi ? Rôle, voie et disciples explique comment cette figure est décrite dans la tradition.

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La notion de baraka existe-t-elle aussi chez les chrétiens arabophones ?

Oui, d’après l’article Barakah. Il signale que les chrétiens arabophones, notamment l’Église copte orthodoxe d’Égypte, emploient aussi le concept. Pour eux, il désigne une puissance sacrée associée à des saints, à des lieux et à des reliques.

La page ajoute que, pour les coptes, les bienfaits de cette puissance s’étendent aux musulmans et aux autres chrétiens. C’est une indication utile : le mot appartient à une culture arabe de la bénédiction, plus large qu’une seule religion.

Cette remarque t’évite un raccourci. Il arrive qu’on présente la baraka comme une idée « propre au soufisme », ou comme une superstition. La page montre qu’elle circule dans plusieurs communautés, avec des formes proches.

Voici ce que je retiens, et ce que je ne retiens pas :

  • Je retiens que l’article décrit un usage chrétien en Égypte, chez les coptes ;
  • Je ne retiens pas de détails sur la manière dont les fidèles la pratiquent, parce que la page n’en donne pas ;
  • Je ne retiens pas de comparaison entre les usages, puisque ce serait ma déduction et non celle de la source.

Quand une source se tait, mieux vaut marquer le silence que combler le vide.

Parmi les références que cite l’article Barakah, on trouve Annemarie Schimmel (1994), Seyyed Hossein Nasr (1972), G. S. Colin (2012), Nikola Pantić (2023), Angie Heo (2018), C. Coulon et d’autres (1988), J. W. Meri (1999), L. N. Takim (2006) et P. Werbner et d’autres (1998). Je n’ai pas lu ces ouvrages en entier. Je cite seulement leurs noms, tels que la page les donne, pour te montrer où chercher.

Quel lien y a-t-il entre la baraka et al-Būnī ou le Shams al-Maarif ?

Le lien le plus net que je peux sourcer concerne la tombe d’al-Būnī. Selon Noah Gardiner, le savant Ibn al-Zayyāt décrit, dans un ouvrage consacré aux tombes de la Qarāfa au Caire, le tombeau d’al-Būnī comme un lieu de dévotion. Pour Gardiner, cela montre qu’il était vénéré par certains.

Je n’ai pas lu, dans les passages que j’ai consultés, de phrase où Gardiner emploie le mot baraka à ce propos. Il faut donc être précis : ce que la source établit, c’est la vénération d’un lieu. Que les visiteurs y cherchent de la baraka est une inférence plausible, mais c’est la mienne, et je la marque comme telle.

Je n’ai pas vu de texte qui dise que le Shams al-Maarif « transmet de la baraka » en tant que livre. Si tu en rencontres une affirmation, demande la source, la page et l’édition.

Ce qui est établi par Gardiner, c’est que la réception du livre est partagée :

  • Des critiques. Ibn Taymiyya accuse al-Būnī et ses semblables d’adorer les astres et d’être sous l’emprise des démons, et Ibn Khaldūn assimile la science des lettres à la magie ;
  • Des admirateurs. Pour d’autres, le maître reste un modèle, et sa tombe un lieu de dévotion ;
  • Une interdiction interne. Le texte déclare illicite de montrer le livre aux indignes, selon les pages 103 et 104 de l’étude.

Pour la figure d’al-Būnī elle-même, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende reprend les éléments vérifiés. Et pour la date de sa mort, qui reste discutée, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? expose les chiffres.

La réputation du livre, de son côté, relève plus de la peur que de la bénédiction. Shams al-Maarif craint : pourquoi ce livre fait-il peur au Moyen-Orient ? rapporte les raisons données par la presse.

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Comment lire un discours sur la baraka sans te laisser embarquer ?

En posant quelques questions simples, comme tu le ferais pour n’importe quelle affirmation. Une idée de bénédiction est une croyance, et une croyance mérite le respect. Mais quand quelqu’un en tire une promesse, ou une vente, il faut regarder de plus près.

Voici cinq questions à te poser :

  1. De quel sens parle-t-on ? Religieux, ou simplement la chance ? Beaucoup de pages passent de l’un à l’autre sans prévenir ;
  2. Qui est la source ? Un texte de tradition, un chercheur, un vendeur ? Une page commerciale n’est pas une étude ;
  3. Que prétend-on mesurer ? La baraka n’a pas d’unité. Si on te chiffre un effet, on te vend un récit, pas un résultat ;
  4. Qui y gagne ? Quand un lieu, un objet ou une personne est présenté comme porteur de baraka contre de l’argent, la prudence s’impose ;
  5. Où est la nuance ? Les savants musulmans ne s’accordent pas tous sur les saints et les tombes. Un discours qui n’en parle pas est incomplet.

Je ne suis pas une autorité religieuse, et cet article ne tranche pas ce qui est permis ou non. Pour une question de pratique, demande à une personne compétente de ta tradition.

Sur le fond, la même règle vaut pour tout ce blog : ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Parler de baraka, c’est parler d’une conviction qui donne du sens à des gestes, des visites et des mots. Ce n’est pas un moyen de garantir de la richesse, de l’amour ou de la protection, et personne n’a le droit de te le promettre.

Un dernier mot sur le Shams al-Maarif. Si le livre t’intéresse, le plus sûr est de lire le texte, de le comparer à des études, et de garder une distance critique. Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une méthode pour cela.

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En résumé

La baraka est un mot arabe qui signifie « bénédiction ». En contexte religieux, elle est décrite comme venant de Dieu et passant par des prophètes, des saints, des lieux sacrés et le Coran, selon l’article Barakah. En français courant, « avoir la baraka » veut dire avoir de la chance.

Les chrétiens arabophones, comme les coptes d’Égypte, emploient aussi le concept. Pour al-Būnī, la source la plus solide parle de la vénération de sa tombe, non de baraka au sens strict. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

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Sources : article Baraka sur Wikipédia ; article Barakah sur Wikipédia (en anglais) ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012.

Questions fréquentes

Que veut dire baraka ?

C’est un mot arabe qui signifie « bénédiction », selon Wikipédia. Dans la langue courante, « avoir la baraka » veut dire avoir de la chance.

Qui peut transmettre la baraka ?

Selon l’article Barakah, des prophètes et des saints, vivants ou morts, peuvent la transmettre. Il s’agit d’une croyance, que tous les musulmans ne partagent pas de la même façon.

La baraka existe-t-elle chez les chrétiens ?

L’article Barakah signale que les chrétiens arabophones, notamment les coptes d’Égypte, emploient le concept pour la puissance sacrée associée à des saints, des lieux et des reliques.

Le Shams al-Maarif donne-t-il de la baraka ?

Je n’ai trouvé aucune source qui l’affirme. Ce que Gardiner établit, c’est la vénération de la tombe d’al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.