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Shams al-Maʿārif

Al-Farabi : le Second Maître, la cité vertueuse et sa défense d’une alchimie raisonnable

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 11 min de lecture
Al-Farabi Couverture de l'article

Al-Farabi est un philosophe né vers 870 en Asie centrale et mort à Damas entre décembre 950 et janvier 951. Selon Wikipédia, on le surnomme le Second Maître, après Aristote, et il est l’auteur de la Cité vertueuse, d’un grand Livre de la musique et d’une épître sur la nécessité de l’alchimie.

Son nom croise le sujet de ce site à cause d’un titre de la liste de ses œuvres : un Livre des lettres. On pourrait y voir un lien avec la science des lettres. La page que j’ai lue ne donne que ce titre, sans rien dire de son contenu, et elle ne mentionne ni talismans, ni magie, ni al-Būnī.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Al-Farabi, lue en anglais. Elle ne cite pas le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je le redis là où la question se pose.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Qui était Al-Farabi ?

Un philosophe dont on connaît mal les débuts. Selon la page, il est né vers 870, ou vers 872 selon Henry Corbin, et la date est incertaine. Il est mort à Damas entre le 14 décembre 950 et le 12 janvier 951, d’après al-Mas’udi.

Son lieu de naissance est discuté. La page dit qu’il pourrait s’agir de plusieurs endroits d’Asie centrale, alors dans le Khorassan, tous nommés avec le mot persan farab, « terre irriguée ». Elle cite Otrar, un village près d’Amul (Türkmenabat) et Faryab en Afghanistan.

Voici les repères qu’elle donne :

PointCe que dit la page
NaissanceVers 870 (ou 872 selon Corbin), lieu discuté
Origine familialeTurque selon Ibn Khallikan ; persane selon Ibn Abi Usaybi’a et Fakhry ; peut-être sogdienne
FormationÀ Bagdad, la logique avec le clerc nestorien Yuhanna ibn Haylan
TravailParmi des savants chrétiens syriaques à Bagdad
943Termine la Cité vertueuse à Damas
948 à 949Visite l’Égypte, où il écrit un résumé de ce livre
MortÀ Damas, sous le souverain hamdanide Sayf al-Dawla

La page précise que les premiers détails biographiques sont minces et que des biographes plus tardifs ont comblé les vides par des suppositions et des histoires inventées. Elle dit aussi que la religion d’al-Farabi est discutée : certains le disent sunnite, d’autres voient une influence chiite.

Les origines turque, persane ou sogdienne sont débattues, et la page critique l’une de ces versions comme une tentative de le rattacher à un héritage turc. Je donne les trois sans choisir. Pour un autre savant dont la biographie reste incertaine, Al-Kindi : le philosophe des Arabes, des lettres chiffrées et de l’astrologie montre un cas voisin.

Quels sont ses livres principaux ?

La page lui attribue plus de cent œuvres. Voici les plus citées :

  1. La Cité vertueuse (Ara ahl al-madina al-fadila). Son œuvre politique la plus connue, parfois traduite comme l’État parfait ou l’État idéal ;
  2. Le Recensement des sciences (Ihsa al-ulum). Connu en latin sous le titre De scientiis ;
  3. Le Grand Livre de la musique (Kitab al-musiqi al-kabir). Un traité sur la philosophie de la musique, que la page juge d’une importance capitale pour le Moyen-Orient ;
  4. L’Épître sur l’intellect (Risalah fi’l-aql). Un texte sur la théorie de l’intellect ;
  5. Sur le vide. Un court traité sur l’existence du vide ;
  6. La Nécessité de l’art de l’élixir. Aussi appelé Épître sur la nécessité de l’alchimie ;
  7. Des commentaires d’Aristote. Sur les Premiers Analytiques, De l’interprétation et l’Éthique à Nicomaque, ce dernier étant perdu.

La page signale un point d’attribution : l’Harmonisation des deux sages est un texte dont l’attribution à al-Farabi est aujourd’hui débattue. Elle liste aussi un Kitab al-Huruf, le Livre des lettres, uniquement comme titre dans la bibliographie, sans rien dire de son contenu.

Je ne prétends donc pas savoir ce que contient ce livre. Pour les termes de la science des lettres au sens de la tradition, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions, sans que je puisse y rattacher ce titre.

Je n’ai lu aucun de ces livres. Le titre « Livre des lettres » ne dit rien, à lui seul, de son sujet, et seul un spécialiste peut dire de quoi il traite.

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Quelle est sa philosophie ?

Une synthèse d’Aristote, du néoplatonisme et de Ptolémée. Selon la page, il a fondé l’alfarabisme, une école ensuite éclipsée par l’avicennisme. Voici les idées que la page présente :

  • La métaphysique. Elle étudie l’être en tant qu’être, et non Dieu directement, ce qui diffère de la vue d’al-Kindi. Avicenne aurait dit n’avoir compris la Métaphysique d’Aristote qu’après avoir lu l’introduction d’al-Farabi ;
  • La cosmologie. L’univers est une série d’émanations à partir d’une Cause première, à travers dix intellects. Cette émanation suit la nécessité plutôt que la volonté, une vue qu’al-Ghazali critiquera plus tard ;
  • Une théologie négative. La Cause première ne peut être définie par un genre ou une différence, car cela la rendrait dépendante d’autre chose ;
  • L’intellect. Il distingue l’intellect potentiel, actuel et acquis, liés à un Intellect agent, le dixième. Le bonheur humain tient à la contemplation ;
  • L’âme. Elle a quatre facultés : appétitive, sensitive, imaginative et rationnelle. Seule la rationnelle survit à la mort, et seulement si elle a atteint la perfection ;
  • La prophétie. Un prophète a une forte imagination qui rend les vérités intelligibles sous forme de symboles et d’images accessibles aux gens ordinaires.

Ces points touchent à la théologie. Je les rapporte comme les positions d’un penseur médiéval, sans en juger la valeur. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Ces idées sont celles d’al-Farabi, telles que la page les décrit. Elles ne résument pas ce que pensent toutes les écoles de l’islam, et al-Ghazali en a critiqué certaines.

Pour voir comment son héritage a été repris, Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie présente l’un de ceux qui l’ont lu.

Que dit-il de la politique et de la musique ?

Il a bâti un modèle de cité idéale et un traité de musique. Pour la politique, la page dit que sa cité est dirigée par un Premier Chef, « Prophète-Imam », en partie d’après la République de Platon. Elle précise qu’il n’a jamais nommé explicitement Muhammad ou Médine comme cet idéal.

Voici ce qu’elle rapporte :

  1. Sans chef idéal. Il juge la démocratie la plus proche de l’idéal ;
  2. Une lecture de l’histoire. Il voit le califat des Rashidun comme républicain, et son déclin en monarchie sous les Omeyyades et les Abbassides comme un signe d’imperfection ;
  3. Une image du philosophe. Il le compare à un médecin qui soigne la société ;
  4. Des sociétés imparfaites. Il les classe en ignorantes, perverses ou égarées ;
  5. Un débat entre chercheurs. Corbin y lit une « philosophie prophétique » ; Butterworth et Parens la lisent avec plus de scepticisme.

Pour la musique, la page dit que son grand livre traite de la philosophie de la musique, de ses qualités cosmiques et de ses effets thérapeutiques sur l’âme. Il y décrit les maqams de son époque, et soutient que l’exécution et l’écoute peuvent juger la validité de thèses théoriques, même en cas de conflit avec le calcul mathématique.

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Que pensait-il de l’alchimie ?

Qu’elle peut être une vraie science, sous conditions. Selon la page, il défendait l’alchimie comme science réelle si elle est guidée par des principes solides et ne prétend pas faire l’impossible. Il rejetait l’idée qu’on puisse fabriquer de l’or et de l’argent à partir de pierre ordinaire, et soutenait que la philosophie et la minéralogie doivent passer avant.

La page lui attribue aussi deux idées sur la matière : les métaux précieux fondent plutôt qu’ils ne brûlent, et les différences entre substances d’une même sorte viennent d’accidents.

Voici ce que cela donne en bref :

  • Une défense encadrée. Il parle de science, pas de secret réservé ;
  • Une limite nette. Il refuse l’idée de faire de l’or avec n’importe quoi ;
  • Un ordre des savoirs. La philosophie et la minéralogie d’abord.

Je ne donne aucune manipulation. Le sujet est traité comme histoire des idées. Pour comparer avec un autre portrait, Alchimie arabe : origines, grandes figures et limites des sources rassemble ce que dit une autre page, et Jabir ibn Hayyan : qui est l’alchimiste arabe derrière le nom Geber ? pose les questions d’attribution d’un corpus voisin.

Cet article présente un penseur et ses idées. Il ne donne aucune méthode d’alchimie ni aucune pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

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Pourquoi l’appelle-t-on le Second Maître ?

Parce qu’Aristote est le Premier Maître. La page donne le titre al-Muʿallim al-thani, « le Second Maître », et ajoute deux autres appellations : père du néoplatonisme islamique et fondateur de la philosophie politique islamique.

Elle cite ensuite plusieurs penseurs qu’il aurait influencés : Yahya ibn Adi, Avicenne, Suhrawardi, Averroès, Maïmonide et Albert le Grand. Elle dit qu’il a joué un rôle dans la transmission d’Aristote vers l’Occident latin. Au Kazakhstan, l’université nationale al-Farabi, des monuments, des rues et l’astéroïde 7057 portent son nom. Ces titres disent l’estime qu’on lui porte, pas un fait vérifiable.

Al-Farabi a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?

Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les talismans, ni l’usage occulte des lettres. Elle ne décrit pas non plus al-Farabi comme astrologue : la cosmologie de Ptolémée n’y apparaît que comme élément de sa vision de l’univers. Elle ne dit pas s’il avait des pratiques ésotériques au-delà de ses idées philosophiques.

Voici ce qu’on peut dire sans inventer :

  • Un titre sans contenu connu. Le Livre des lettres figure dans la bibliographie, sans description ;
  • Une époque antérieure. Il meurt vers 950. Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
  • Une alchimie raisonnée. Sa défense de l’alchimie est décrite comme conditionnée par la philosophie et la minéralogie ;
  • Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à al-Farabi.

Pour la personne qui lit le Shams al-Maarif, la leçon est simple : un titre qui contient le mot « lettres » ne suffit pas pour établir un lien.

Comment lire un titre sans en deviner le contenu ?

En le traitant comme une piste, pas comme une preuve. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Repère les homonymes. Un « livre des lettres » peut traiter de grammaire, de logique ou d’autre chose ;
  2. Cherche la description. Ici, la page ne donne aucun contenu pour ce titre ;
  3. Note les silences. La page ne parle ni de talismans ni d’astrologie, et je ne comble pas ce vide ;
  4. Garde les débats ouverts. Origine turque, persane ou sogdienne : la page ne tranche pas ;
  5. Demande qui attribue. Certaines œuvres, comme l’Harmonisation des deux sages, sont d’attribution discutée.

Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Al-Farabi est un philosophe né vers 870 en Asie centrale et mort à Damas vers 950. Il est l’auteur de la Cité vertueuse et d’un grand traité de musique, il défendait une alchimie guidée par la philosophie et refusait l’idée de faire de l’or avec n’importe quoi, selon la page.

La page lue ne mentionne ni talismans, ni science des lettres, ni al-Būnī, et ne donne que le titre d’un Livre des lettres. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Al-Farabi » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui était Al-Farabi ?

Un philosophe né vers 870 en Asie centrale et mort à Damas entre décembre 950 et janvier 951, surnommé le Second Maître, selon Wikipédia.

Pourquoi l’appelle-t-on le Second Maître ?

Parce qu’Aristote est considéré comme le Premier Maître, selon la page. C’est un titre d’estime, pas une mesure.

Que pensait Al-Farabi de l’alchimie ?

Selon la page, il la défendait comme science réelle si elle reste guidée par des principes solides, et rejetait l’idée de faire de l’or à partir de pierre ordinaire.

Al-Farabi est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.