Kalila et Dimna est, selon Wikipédia, un recueil de fables animalières emboîtées, qui mêlent enseignement moral, leçons politiques et divertissement. L’œuvre dérive du Panchatantra indien, aurait été traduite en moyen-perse vers 570, puis en arabe par Ibn al-Muqaffa, une traduction que la page date de 750.
Ce livre n’a rien d’un traité de lettres ni de pratiques, et c’est justement pourquoi il est utile. Il montre comment un texte voyage, change de langue, reçoit des chapitres nouveaux et finit par ressembler à plusieurs livres à la fois. La page que j’ai lue en donne les étapes, avec ses légendes et ses incertitudes, et je les garde telles quelles.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Kalila et Dimna, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la magie. Je n’invente donc aucun lien, et je te dis plus bas pourquoi ce détour par les fables n’est pas hors sujet.
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Qu’est-ce que Kalila et Dimna ?
Un recueil de fables dans lequel les animaux parlent, selon la page. Son titre vient des noms de deux chacals, Kalila et Dimna, qui sont à la fois narrateurs et protagonistes. En persan, il s’écrit Kelileh o Demneh.
Voici les trois traits que la page met en avant :
- Des fables emboîtées. Un récit en contient un autre, comme des poupées russes ;
- Un enseignement politique. Le pouvoir, la justice et les rapports entre un roi et ses conseillers ;
- Un statut de modèle. Le livre est décrit comme un texte fondateur du genre des miroirs des princes.
La page dit aussi qu’il est devenu un chef-d’œuvre de la littérature arabe et mondiale, et qu’il sert à l’enseignement de l’arabe classique. Je rapporte cette phrase comme une évaluation, pas comme un fait mesurable.
Pour le monde savant où ces traductions se sont multipliées, Maison de la Sagesse de Bagdad : réalité, savants et mouvement de traduction présente un autre cadre, d’après une autre page. La page de Kalila et Dimna, elle, ne cite pas cette institution.
D’où vient le texte ?
De l’Inde, selon la page. Le livre dérive du Panchatantra, daté du IVe au VIe siècle de notre ère, et la tradition l’attribue au philosophe Bidpai, conseiller du roi indien Dabshalim. Le texte aurait été transmis à l’Iran sassanide par le médecin Burzuya, qui l’aurait obtenu et traduit.
La page présente elle-même ce récit comme en partie légendaire. Voici ce qu’elle dit des étapes :
- Le Panchatantra. Source indienne, du IVe au VIe siècle ;
- Bidpai et Dabshalim. Un philosophe et un roi, dans un cadre de récit ;
- Burzuya. Il aurait traduit le texte en moyen-perse vers 570 ;
- Des ajouts. Le texte moyen-perse aurait ajouté trois récits du Mahabharata et quatre ou cinq autres contes indiens.
Les versions sanskrite et moyen-perse sont perdues, et la version syriaque ancienne est jugée peu fiable. C’est un point important : on connaît donc la suite par des traductions, pas par les originaux. Je ne peux pas te dire ce que contenait exactement le texte de Burzuya.
La page signale aussi des variantes de noms : Dabshalim ou Dabschelim, Burzuya, Borzuya ou Barzueh, selon les sources. Je garde une orthographe, mais l’hésitation montre bien que le texte a voyagé.
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Qu’a fait Ibn al-Muqaffa ?
Il en a donné la traduction arabe, selon la page. Elle la date de 750 de notre ère, mais cette précision n’est pas sourcée, et la légende d’un manuscrit situe sa mort en 756 ou 759. Les deux restent compatibles avec le VIIIe siècle, et je garde donc « VIIIe siècle ».
Il y aurait ajouté un chapitre sur le procès de Dimna et une introduction. Voici comment je range ces informations :
- La langue. Un texte moyen-perse devient un texte arabe ;
- L’ajout. Le procès de Dimna ;
- Une introduction. Elle est aussi attribuée à Ibn al-Muqaffa ;
- La date. 750, mais sans source, et un VIIIe siècle plus sûr.
Cette traduction est présentée comme le point de départ de la fortune arabe du livre. La page ne dit pas combien de copies ont circulé ni comment elles ont été reçues, et je ne le complète pas.
Un point de méthode. Quand un livre est connu par une seule traduction, on lit en réalité le travail du traducteur autant que l’œuvre. Ici, l’ajout du procès de Dimna montre que le texte n’est pas une copie mot à mot. Cette remarque est la mienne, la page ne la formule pas ainsi.
Pour un autre texte transmis de langue en langue, Ibn Wahshiyya : l’Agriculture nabatéenne et un auteur plein de questions présente un cas où l’auteur lui-même fait débat.
Comment les fables sont-elles construites ?
Comme des poupées russes, selon la page. Le roi Dabshalim demande des récits au philosophe Bidpai, qui les raconte, et chacun de ces récits en contient d’autres. La page décrit une quinzaine de récits-cadres principaux.
Elle dit pourtant ailleurs que Bidpai a écrit quatorze chapitres. C’est une incohérence interne, et je ne la tranche pas. Voici ce que j’en retiens :
- Un cadre. Un roi et un philosophe ;
- Des récits-cadres. Une quinzaine, selon la page ;
- Des récits à l’intérieur. Chaque histoire en porte d’autres ;
- Un décompte flou. Quatorze ou quinze, selon le passage.
Cette construction explique pourquoi le livre se laisse lire par morceaux et pourquoi des chapitres ont pu être ajoutés. Un récit qui en contient d’autres accepte facilement une histoire supplémentaire, ce qui est une remarque de lecture et non un fait de la page.
Qui sont les personnages et quels sont les thèmes ?
Deux chacals, un lion et un roi, selon la page. Dimna est ambitieux et intrigant, Kalila plus satisfait de son sort. Le lion, roi des animaux, tient le rôle du souverain, et la page le nomme Bankala.
Voici les thèmes qu’elle cite :
- Le pouvoir et la justice. Ce que doit un roi à ses sujets ;
- Les conseillers. La relation entre le souverain et ceux qui l’entourent ;
- La trahison. Le jeu des intrigues ;
- L’amitié. Les liens que l’ambition met en danger ;
- La prudence. Face aux ennemis ;
- La fidélité. À sa tradition.
Ces thèmes expliquent le rattachement du livre au genre des miroirs des princes. La page ne détaille pas ce rattachement, et je le garde sous la forme qu’elle lui donne.
Un détail de lecture : les animaux permettent de dire des choses que l’on n’oserait pas dire d’un vrai roi. C’est un ressort classique de la fable, et la page ne l’affirme pas pour ce livre. Je le donne comme une observation personnelle.
Le nom Bankala, donné au lion par la page, n’est vérifié nulle part ailleurs dans ce que j’ai lu, et je le signale donc comme venant de cette seule source. Les noms propres changent d’une version à l’autre, comme ceux des auteurs et des traducteurs, et je garde seulement Kalila, Dimna et le lion.
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Quelles versions et quels manuscrits existent ?
Beaucoup, selon la page. Voici les principaux repères :
| Version ou manuscrit | Ce que dit la page | Ma réserve |
|---|---|---|
| Moyen-perse | Traduction par Burzuya, vers 570 | Version perdue |
| Arabe | Traduction d’Ibn al-Muqaffa, 750 | Date non sourcée |
| Persane | Nasrallah ibn Abd al-Hamid, milieu du XIIe siècle ; Husayn Kashifi, 1504 | Plusieurs versions |
| Manuscrit arabe BnF 3465 | Vers 1220, le plus ancien manuscrit arabe illustré connu | Selon la page |
| Manuscrit persan Topkapı H.363 | 1265 à 1280 dans le texte, 1300 dans le titre | Deux datations |
| Traduction française | Raymond de Béziers, 1313, BnF Latin 8504 | Aucune |
La page cite aussi des versions géorgiennes, par le roi David Ier de Kakheti, puis par Vakhtang VI au XVIIIe siècle, revue par Sulkhan-Saba Orbeliani, et une version allemande imprimée par Anton von Pforr. Pour cette dernière, elle donne une attribution à Gutenberg que je ne reprends pas, car elle n’est pas vérifiée dans ce que j’ai lu.
Elle liste en outre des manuscrits de Rabat, Munich, Oxford, Cambridge, Istanbul et Riyadh. Je les mentionne pour montrer l’ampleur de la circulation, sans prétendre les avoir comparés.
Quelle influence la page lui attribue-t-elle ?
Large, selon la page. Elle cite l’influence sur Les Mille et Une Nuits, sur La Fontaine, qui évoque « le sage indien Pilpay », sur des pièces de théâtre, des dessins animés et des commentaires.
Elle mentionne aussi l’usage pédagogique du livre pour l’enseignement de l’arabe classique. Voici comment je classe ces éléments :
- Les Mille et Une Nuits. Une influence citée, sans détail ;
- La Fontaine. Une mention précise, avec le nom de Pilpay ;
- Les adaptations modernes. Théâtre et dessins animés ;
- L’enseignement. Un usage pour l’arabe classique.
La page ne démontre pas chaque influence. Une liste de reprises n’est pas une preuve de filiation précise, et je la lis comme un signe de rayonnement général. C’est la même prudence qu’ailleurs sur ce site.
Y a-t-il un lien avec le Shams al-Maarif ?
Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page de Kalila et Dimna ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la magie. Il s’agit d’un livre de fables, sans pratique ni formule.
Pourquoi alors le lire pour mieux comprendre ce livre ? Parce qu’il montre un cas où la transmission d’un texte entre langues, avec ajouts, légendes d’origine et manuscrits multiples, est bien documentée. C’est une observation personnelle : elle aide à poser les bonnes questions sur n’importe quel livre ancien, y compris celui de ce site.
Pour replacer l’auteur du livre, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Comment lire un livre traduit plusieurs fois ?
En se demandant ce qui vient de qui. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Cherche l’original. Ici, les versions sanskrite et moyen-perse sont perdues ;
- Repère les ajouts. Le procès de Dimna est attribué au traducteur ;
- Compare les dates. 750, 756, 759 : les écarts sont des signaux ;
- Note ce qui manque. La page ne dit rien d’al-Būnī ni de magie ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Kalila et Dimna est un recueil de fables emboîtées, dérivé du Panchatantra indien, traduit en moyen-perse vers 570, puis en arabe par Ibn al-Muqaffa au VIIIe siècle, avec des versions persanes, géorgiennes, françaises et allemandes. Son origine est en partie légendaire, et plusieurs dates sont discutées.
La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Kalila wa Dimna » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Kalila et Dimna ?
Selon Wikipédia, un recueil de fables animalières emboîtées, dérivé du Panchatantra indien.
Qui l’a traduit en arabe ?
Ibn al-Muqaffa, au VIIIe siècle, avec une date de 750 donnée par la page sans source.
Pourquoi l’origine est-elle qualifiée de légendaire ?
Parce que la page présente le récit de Bidpai et de Burzuya comme un mélange de faits et de fiction.
Kalila et Dimna est-il lié au Shams al-Maarif ?
La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


