Le bektachisme est, selon Wikipédia, un ordre soufi né en Anatolie occidentale au XIIIe siècle et répandu dans l’Empire ottoman. Il tire son nom du saint Haji Bektash Veli. La page lui attribue un rôle auprès des janissaires, une interdiction en 1826, puis un siège à Tirana après 1925.
Ce nom attire des récits très contrastés : ordre secret pour les uns, voie de tolérance pour les autres. La page que j’ai lue ne choisit aucun de ces portraits. Elle donne des dates qui ne s’accordent pas, des mentions « vérification échouée » et un curieux silence sur plusieurs pratiques souvent citées. Je rapporte donc ce qu’elle dit, et ce qu’elle ne dit pas.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée au bektachisme, lue en anglais. Elle cite le hurufisme, mais elle ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la science des lettres en tant que telle. Je n’invente donc aucun lien, et je te dis plus bas pourquoi cette nuance compte.
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Qu’est-ce que le bektachisme ?
Un ordre soufi né en Anatolie occidentale au XIIIe siècle, selon la page. Sa hiérarchie compte le dedebaba, rang suprême, puis le halifebaba, puis le baba. Les lieux de réunion s’appellent des tekke.
La page précise qu’il s’est répandu dans l’Empire ottoman, qu’il a adopté au XVIe siècle des éléments chiites et qu’il a eu une grande présence dans les Balkans. Voici ce que j’en retiens, avec la nuance de la page :
- Un ordre soufi. Il se rattache à la tradition des voies spirituelles de l’islam ;
- Une influence chiite. Vénération d’Ali et des douze imams, adoptée au XVIe siècle ;
- Une origine sunnite. L’ordre est décrit comme né dans le sunnisme, puis ayant adopté des éléments chiites ;
- Un ancrage balkanique. Les tekke se répandent en Anatolie et dans les Balkans.
La page décrit donc un mélange, ce qui demande une lecture nuancée. Pour le cadre général du soufisme, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres pose les définitions de base, d’après une autre page.
Qui est Haji Bektash Veli ?
Un saint dont la tombe se trouve à Hacıbektaş, en Anatolie centrale, selon la page. Elle affirme qu’il a étudié auprès d’Ahmad Yasawi, né à Sayram, dans l’actuel Kazakhstan, sans préciser la chronologie de cette relation.
Ses dates sont données de deux façons dans la même page :
| Source dans la page | Dates de Haji Bektash |
|---|---|
| Liste des dedebabas | 1282 à 1341 |
| Liste des figures notables | 1248 à 1337 |
Je ne peux donc pas te donner de dates sûres. La page ne dit pas laquelle est la bonne, et un écart de plus de trente ans sur la naissance est trop grand pour être un détail.
Elle signale aussi que l’attribution du Makalat à Haji Bektash lui-même est contestée par certains chercheurs. Voici comment je range ce qu’on sait :
- La tombe. À Hacıbektaş, en Anatolie centrale ;
- Le maître. Ahmad Yasawi, sans chronologie précise ;
- L’œuvre. Le Makalat lui est attribué, mais l’attribution est discutée ;
- Les dates. Deux jeux contradictoires.
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Quel lien avec les janissaires ?
L’ordre serait devenu l’ordre officiel des janissaires, selon la page. Elle ajoute que l’origine majoritairement balkanique de ces soldats, anciens convertis orthodoxes, porte la mention « failed verification », c’est-à-dire que la vérification a échoué.
En 1826, le sultan Mahmud II interdit l’ordre, en raison de ses liens avec le corps des janissaires. Voici comment je classe ces informations :
- Le rôle officiel. Présenté sans date précise ;
- L’origine des soldats. Marquée comme non vérifiée par la page ;
- L’interdiction de 1826. Datée, avec une raison donnée ;
- Les liens réels. Non détaillés par la page.
Je m’en tiens à ces points. La page ne décrit pas le fonctionnement concret de ce lien, et je ne le complète pas avec ce que je crois savoir. Un lien politique entre une confrérie et un corps armé est un sujet où les récits populaires débordent vite des sources.
Un point de lecture : la page associe deux idées qu’il faut séparer, l’ordre officiel des janissaires et l’interdiction de 1826. La première est un état de fait décrit sans date, la seconde est un événement daté. Quand une source mêle les deux, on perd la chronologie, et c’est pourquoi je garde 1826 comme seul repère solide de cette section.
Que croient les bektachis selon la page ?
Un ensemble de croyances que la page décrit sans les expliquer en profondeur. Au XVIe siècle, l’ordre adopte des éléments chiites : vénération d’Ali, des douze imams et des Quatorze Infaillibles, que la page appelle aussi les Quatorze Innocents.
Voici les autres éléments qu’elle cite :
- Les compagnons du Prophète. Ils sont respectés, Ali étant considéré comme le plus grand ;
- Le wahdat al-wujud. Cette idée, attribuée à Ibn Arabi, occupe une place importante ;
- Les soixante-douze nations en un œil. Un principe cité tel quel ;
- Le batin avant le zahir. Le sens intérieur prime sur le sens extérieur ;
- Les quatre Livres. Torah, Psaumes, Évangile et Coran sont officiellement reconnus ;
- Les quatre portes. Charia, tariqa, ma’rifa et haqiqa structurent la voie.
Pour l’auteur dont l’idée du wahdat al-wujud est rapprochée, Ibn Arabi : vie, œuvres et réception du Cheikh al-Akbar présente son parcours d’après une autre page. Je ne développe pas la doctrine, car la page ne le fait pas.
Quelles pratiques la page cite-t-elle ?
Une série de rites et de grades, sans les détailler. Les grades sont aşık, mühip, derviche, baba, halife-baba et dedebaba. La page dit que le nombre de rangs est douze, alors qu’elle en liste environ neuf, ce qui est une petite incohérence interne.
Voici les pratiques qu’elle mentionne :
- Le repas rituel. Appelé muhabbet ;
- La confession annuelle. Des péchés, à un baba, appelée magfirat-i zunub ;
- Deux prières supplémentaires. À l’aube et au crépuscule ;
- Un usage sacramentel. Du rakia, appelé dem, selon la page ;
- Un pèlerinage. Au türbe d’Abbas, à Tomorr, du 20 au 25 août.
La page évoque aussi la consommation de vin et la danse lors de cérémonies, sans les nommer. Elle ne mentionne pas l’ayin-i jem ni la muhasebe, que d’autres sources citent. Je n’en parle donc pas, pour ne pas mélanger les sources.
Ces pratiques sont présentées comme une liste, sans source détaillée pour chacune. Je les cite pour que tu saches ce que la page affirme, pas pour t’en servir de guide. Pour comprendre un rite précis, la bonne démarche est de demander à une personne compétente de la tradition concernée.
Je ne donne aucune instruction sur ces rites. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
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Quel rôle a joué le hurufisme ?
Une influence au début du XVe siècle, selon la page. Elle cite Fazlallah Astarabadi, fondateur de la religion hurufie, son successeur ʿAlī al-Aʿlā et le poète Nesîmî. Elle ne détaille pas ce que ce courant enseigne, et elle ne le relie pas à la science des lettres en tant que telle.
C’est la nuance dont je parlais. Le nom du hurufisme évoque les lettres, et l’on est tenté d’y voir un lien avec les livres de lettres. Mais la page ne dit rien de tel, et je ne le dis pas à sa place. Pour le cadre de ce savoir dans l’islam, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? en donne la définition.
Voici ce que je peux affirmer :
- L’influence est citée. Le hurufisme a influencé l’ordre au début du XVe siècle ;
- Trois noms sont donnés. Fazlallah Astarabadi, ʿAlī al-Aʿlā et Nesîmî ;
- Le contenu manque. La page ne l’explique pas ;
- Le lien avec al-Būnī manque aussi. Aucune mention.
Comment l’ordre a-t-il traversé les interdictions ?
Avec un déplacement de siège, selon la page. Balım Sultan codifie les rites au XVIe siècle, avec des dates variables selon les passages : 1457-1517, 1509-1516 ou « c. 1517/1519 ». En 1925, Atatürk ferme les lodges et le siège passe en Albanie, à Tirana.
Salih Nijazi est élu dedebaba en Albanie le 20 mars 1930, mais la liste des dedebabas le place en Turquie de 1913 à 1925, ce qui crée une incohérence. Le siège de Tirana est achevé en 1941 et Nijazi est assassiné la même année.
Voici la suite, telle que la page la donne :
- 1967. Enver Hoxha interdit toute pratique religieuse ;
- 1990. L’interdiction est levée ;
- 2011. Baba Mondi est présenté comme le huitième dedebaba ;
- Un désaccord. Les bektachis turcs contestent la légitimité de la lignée albanaise ;
- 2024. Un projet de micro-État souverain à Tirana est présenté comme « rapporté », sans confirmation officielle.
La page donne enfin des chiffres de population très variables, de 7 millions en 2005 à 20 millions dans des estimations récentes. Je ne reprends aucun de ces chiffres comme un fait.
Y a-t-il un lien avec le Shams al-Maarif ?
Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Elle cite le hurufisme sans parler de science des lettres.
Pourquoi alors le sujet apparaît-il autour de ces recherches ? C’est mon hypothèse, et la page ne la confirme pas : les ordres soufis, les lettres et le sens caché sont souvent regroupés dans les mêmes recherches. Cette proximité ne prouve aucun rapport historique.
Pour replacer l’auteur du livre de ce site, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Comment lire un récit sur un ordre soufi controversé ?
En vérifiant les dates, les mentions et les silences. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Compare les dates. 1282-1341 ou 1248-1337 : l’écart se voit tout de suite ;
- Repère les mentions de vérification. « Failed verification » signale une affirmation fragile ;
- Distingue le portrait du fait. « Ordre secret » ou « voie de tolérance » sont des portraits ;
- Note ce qui manque. La page ne dit rien de la science des lettres ni d’al-Būnī ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Le bektachisme est un ordre soufi né en Anatolie au XIIIe siècle, lié à Haji Bektash Veli, aux janissaires, à des influences chiites et hurufies, interdit en 1826 et en 1925, puis installé à Tirana. La page donne des dates contradictoires et signale plusieurs affirmations non vérifiées.
La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Bektashism » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le bektachisme ?
Selon Wikipédia, un ordre soufi né en Anatolie occidentale au XIIIe siècle, du nom du saint Haji Bektash Veli.
Pourquoi a-t-il été interdit en 1826 ?
Selon la page, en raison de ses liens avec le corps des janissaires, sous le sultan Mahmud II.
Où se trouve son siège aujourd’hui ?
À Tirana, en Albanie, après la fermeture des lodges turcs en 1925, selon la page.
Le bektachisme est-il lié au Shams al-Maarif ?
La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


