Jalal al-Din al-Suyuti est, selon Wikipédia, un savant né au Caire vers 1445 et mort dans la même ville le 18 octobre 1505. Il est connu pour le Tafsir al-Jalalayn, un commentaire coranique écrit avec son maître al-Mahalli, et pour un nombre d’œuvres que la page chiffre de façons très différentes.
Son nom revient quand on parle de la culture savante du Caire à la fin du Moyen Âge, et parfois quand on cherche l’auteur d’un traité sur un sujet insolite. Il faut donc faire attention : une bibliographie énorme attire facilement des attributions. La page que j’ai lue donne ses repères, ses titres connus et des désaccords que je rapporte tels quels.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à al-Suyuti, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif, et elle ne parle ni de magie ni de science des lettres. Je n’invente donc aucun lien, et je te dis plus bas ce que la page contient à la place.
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Qui est al-Suyuti selon la page ?
Un savant né au Caire, sous le sultanat mamelouk, vers 1445 (1er Rajab 849 de l’hégire), mort au Caire le 18 octobre 1505, à environ 62 ans. Sa famille est d’origine persane, et ses ancêtres viennent, selon lui, de Bagdad. Elle s’installe à Asyut, d’où le nom « al-Suyuti ».
Voici les repères que la page donne sur sa jeunesse :
- Son père. Professeur de droit chafiite, il meurt quand il a 5 ou 6 ans ;
- Son enfance. Il grandit dans un orphelinat au Caire ;
- À 8 ans. Il est hafiz du Coran ;
- À 18 ans. Il enseigne le droit chafiite dans la mosquée de son père.
La date de naissance est contradictoire dans la page : l’infobox indique le 11 octobre 1445, le texte le 3 octobre. Je garde donc « vers 1445 » et je ne choisis pas entre les deux jours.
Pour situer un grand nom du soufisme qu’il a défendu, Ibn Arabi : vie, œuvres et réception du Cheikh al-Akbar présente l’auteur dont la page parle plus bas. Le sultanat mamelouk lui-même n’est pas détaillé dans la page, et je ne le décris pas non plus.
Comment s’est faite sa formation ?
Par un très grand nombre de matières et de maîtres, selon la page. Il étudie le fiqh chafiite et hanafite, le hadith, le tafsir, la théologie, l’histoire, la rhétorique, la philologie, l’arithmétique, le miqat et la médecine. Il aurait suivi environ 150 cheikhs.
La page cite aussi des voyages en Syrie, au Hedjaz, au Yémen, en Irak, en Inde, en Tunisie, au Maroc et au Mali, ainsi que dans des centres d’études égyptiens. Elle ne dit pas lesquels de ces voyages sont documentés et lesquels sont rapportés.
Voici comment je classe ces informations :
- Les matières. Une liste précise, cohérente avec un parcours de savant de son époque ;
- Le nombre de maîtres. « Environ 150 », donc un ordre de grandeur ;
- Les voyages. Une longue liste, sans détail sur les sources ;
- La première œuvre. Datée de 866 de l’hégire, à 17 ans, mais marquée comme non sourcée.
Un chiffre vient aussi d’un élève : al-Dawudi rapporte qu’il aurait mémorisé 200 000 hadiths.Je suis maître marabout et je propose aussi ce livre sur ce site : les secrets dont je parle s’y trouvent.
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Pourquoi s’est-il retiré de la vie publique ?
À la suite de conflits, selon la page. Devenu responsable du hadith à la Shaykhuniyya, il est nommé en 1486 à la tête du khanqah de Baybars II par le sultan Qaitbay, mais il est révoqué après des protestations de savants qu’il avait remplacés. Il abandonne alors l’enseignement.
Il se retire progressivement après une dispute avec des soufis du Baybarsiyya. La page donne deux âges pour ce retrait : « fin de la quarantaine » et « quarante ans ». Selon Ibn Iyas, il serait parti dans un jardin au bord du Nil. Elle ajoute qu’il refuse les cadeaux et les convocations des puissants.
Voici ce que je retiens :
- Le déclencheur. Une révocation de poste en 1486 ;
- Le conflit. Une dispute avec des soufis du Baybarsiyya ;
- La retraite. Un jardin au bord du Nil, d’après Ibn Iyas ;
- Le refus. Aucun cadeau, aucune convocation.
La retraite ne l’empêche pas d’écrire. La page dit qu’il continue à publier jusqu’à sa mort et cite Ibn al-Imad, selon qui la plupart de ses œuvres étaient célèbres de son vivant. Je ne conclus rien sur sa personnalité, la page ne le permettant pas.
Combien d’œuvres a-t-il écrites ?
La page donne plusieurs chiffres incompatibles. Voici ce qu’elle cite :
| Source | Chiffre |
|---|---|
| Introduction de la page | Environ un millier |
| Dalil Makhtutat al-Suyuti | Plus de 700 sujets |
| Enquête de 1995 | Entre 500 et 981 |
| Husn al-Muhadarah | 283 œuvres listées |
| Ibn Iyas | 600 livres et traités |
La page précise que ces totaux incluent de courts opuscules et des avis juridiques. Un livre complet et une page de consultation ne pèsent pas la même chose, et c’est la raison la plus simple de l’écart.
Mon avis, qui est le mien, est qu’il faut donc retenir un ordre de grandeur, quelques centaines, et se méfier des chiffres ronds. Quand une bibliographie est très longue, on lui prête aussi des textes qui ne sont pas de lui. Je n’ai pas de preuve d’une attribution erronée précise, et la page ne cite pas de cas.
Pour une autre figure à qui l’on prête des livres qu’il n’a pas écrits, Al-Ghazali : l’Ihya, la crise spirituelle et les livres qu’on lui attribue à tort montre le phénomène sur un autre auteur.
Quels sont ses ouvrages les plus cités ?
La page en cite une dizaine. Voici les principaux :
| Ouvrage | Ce que dit la page |
|---|---|
| Tafsir al-Jalalayn | Commentaire coranique, écrit avec son maître Jalal al-Din al-Mahalli |
| Tarikh al-Khulafa | Histoire des califes ; traduction partielle des quatre premiers califes et de Hasan ibn Ali |
| Al-Itqan | Traduit en anglais sous le titre The Perfect Guide to the Sciences of the Qur’an |
| Al-Tibb al-Nabawi | Médecine prophétique |
| Al-Wishah fi Fawa’id al-Nikah | Traité sur le mariage, présenté comme le plus important de ce groupe |
| Dur al-Manthur | Tafsir fondé sur la transmission |
Elle cite aussi Al-Jami’ al-Saghir, Al-Ashbah wa-l-Nazair, Tabaqat al-Huffaz et Al-Khasais al-Kubra. Pour Al-Itqan, elle ne donne aucun détail sur le contenu. Pour Al-Kawakib as-Sayyira, la mention est marquée comme à vérifier.
Sur la médecine prophétique, la page affirme qu’il écrit presque exclusivement dans ce cadre, avec régime et remèdes naturels pour des maux comme la rage, la variole, les maux de tête et les saignements de nez. Je ne reprends aucun remède. Pour toute question de santé, un professionnel de santé est la bonne personne à consulter.
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Quelle place a le soufisme dans sa vie ?
Une place réelle, mais nuancée, selon la page. Il est présenté comme soufi de l’ordre chadhilite, avec une chaîne remontant à Abd al-Qadir al-Jilani. Il défend les soufis authentiques dans Tashyid al-Haqiqa al-Aliyya, mais s’oppose à ceux du Baybarsiyya, qu’il juge non conformes à la voie des saints.
Dans Tanbih al-Ghabi fi Takhti’at Ibn ‘Arabi, il défend Ibn Arabi comme wali, contre Burhan al-Din al-Biqa’i. Voici comment je lis ces éléments :
- Une appartenance. L’ordre chadhilite, par une chaîne de transmission ;
- Une défense. Les soufis authentiques, selon son critère ;
- Un désaccord. Avec les soufis du Baybarsiyya ;
- Un débat. La défense d’Ibn Arabi face à un adversaire précis.
Pour l’ordre lui-même, Chadhiliyya : al-Shadhili, al-Mursi, Ibn Ata Allah et la voie shadhilite présente la confrérie d’après d’autres pages. Je rappelle que les deux articles reposent sur des pages différentes, et que la chaîne qui relie al-Suyuti à cette voie n’est pas détaillée dans la page.
Pour le cadre général, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne les définitions de base.
Quelles controverses la page rapporte-t-elle ?
Plusieurs, surtout autour de son assurance. La plus connue concerne l’ijtihad : il se dit mujtahid, puis précise qu’il est un « mujtahid muntasib », c’est-à-dire affilié à une école. Il affirme aussi avoir atteint l’ijtihad absolu, sans contredire al-Shafi’i, et se croit plus savant que quiconque en hadith et en arabe, à l’exception d’al-Khidr et de quelques saints.
Ses contemporains le jugent arrogant, selon la page. Voici les autres points :
- Le mujaddid. La page le présente comme le rénovateur du Xe siècle de l’hégire, sans source ni explication ;
- Le plagiat. Il en est accusé, comme Ibn al-Jawzi et Ibn Taymiyya, mais les accusations sont abandonnées ;
- La théologie. Il est hostile au kalam et à la logique, tout en acceptant la position conservatrice d’al-Ghazali, et se dit ash’arite ;
- Le hadith. Il soutient que Hasan al-Basri a reçu des transmissions directes d’Ali, ce qui contredit l’avis majoritaire des spécialistes.
Pour un savant avec qui les comparaisons de plagiat ont été faites, Ibn Taymiyya : le juriste de Damas, ses procès et sa place dans le débat sur le soufisme présente un autre parcours, d’après une autre page.
La page contient aussi des éloges d’admirateurs, comme la diffusion de ses écrits jusqu’en Inde et des « signes miraculeux ». Je les classe comme des éloges, pas comme des faits vérifiés.
Y a-t-il un lien avec le Shams al-Maarif ?
Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page sur al-Suyuti ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Elle ne parle ni de magie, ni de science des lettres, ni d’occultisme. Seules la médecine prophétique et les traités sur le mariage sont évoqués dans ce voisinage.
Pourquoi alors son nom apparaît-il autour de ces sujets ? C’est mon hypothèse, et la page ne la confirme pas : un auteur qui a écrit sur tout se voit facilement attribuer des livres sur tout. Une attribution n’est pas une preuve, et c’est pourquoi je ne lui prête aucun traité sur ce thème.
Pour replacer l’auteur du livre de ce site, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Comment lire une bibliographie énorme sans se tromper ?
En vérifiant ce qui est attribué à qui. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Compare les chiffres. 283, 500, 600, 700 ou 1 000 : l’écart est un signal ;
- Distingue le livre de l’opuscule. Les totaux incluent des avis juridiques ;
- Méfie-toi des éloges. Un élève ou un admirateur n’est pas un témoin neutre ;
- Note ce qui manque. La page ne dit rien d’al-Būnī ni de magie ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Al-Suyuti (vers 1445 – 1505) est un savant du Caire, auteur du Tafsir al-Jalalayn avec al-Mahalli, d’une œuvre dont le nombre varie de 283 à environ mille titres selon les sources, et d’ouvrages sur l’histoire, le hadith, la médecine prophétique et le mariage. La page rapporte aussi ses controverses sur l’ijtihad.
La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Al-Suyuti » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui est al-Suyuti ?
Selon Wikipédia, un savant né au Caire vers 1445 et mort le 18 octobre 1505, auteur du Tafsir al-Jalalayn avec al-Mahalli.
Combien de livres a-t-il écrits ?
La page donne des chiffres incompatibles, de 283 œuvres listées à environ mille, car les totaux incluent de courts opuscules.
Était-il soufi ?
Selon la page, oui, de l’ordre chadhilite, avec une chaîne remontant à Abd al-Qadir al-Jilani.
Al-Suyuti est-il lié au Shams al-Maarif ?
La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


