Al-Ghazali est un juriste, théologien et mystique né vers 1058 à Tabaran, près de Tus, et mort le 19 décembre 1111 à Tus. Selon Wikipédia, il est l’auteur de l’Ihya ʿulum al-din, l’un des textes les plus lus de la tradition sunnite, et il a critiqué les philosophes dans l’Incohérence des philosophes.
Son nom circule beaucoup dans les livres de dévotion et de talismans, ce qui peut donner l’impression qu’il a écrit sur ces sujets. La page que j’ai lue décrit un juriste chafiite, un théologien ashʿarite, un critique de la philosophie et un défenseur du soufisme. Elle ne mentionne ni talismans, ni magie, ni astrologie.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Al-Ghazali, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je le redis là où la question se pose. Elle parle en revanche de livres qui lui sont attribués à tort, et c’est utile à connaître.
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Qui était Al-Ghazali ?
C’était un grand enseignant devenu ascète. Selon la page, il est né vers 1058 à Tabaran, dans le district de Tus, au Khorassan, d’ascendance persane. Il portait les titres honorifiques de Hujjat al-Islam, « la preuve de l’islam », et de Zayn al-Din. Certains le considèrent comme le renouveleur de la foi du XIe siècle, une idée que la page attribue à William Montgomery Watt.
Voici les repères que la page donne :
| Période | Ce que dit la page |
|---|---|
| Vers 1058 | Naissance à Tabaran, près de Tus |
| Jusqu’en 1085 | Études de droit, notamment auprès d’al-Juwayni à Nishapur |
| Après 1085 | Entre à la cour du vizir seldjoukide Nizam al-Mulk |
| Juillet 1091 | Nommé à la Nizamiyya de Bagdad, le poste d’enseignement le plus prestigieux |
| 1095 | Quitte Bagdad, prétexte d’un pèlerinage, distribue ses biens, mène une vie ascétique |
| 1096 | Se rend à Médine et à La Mecque, après Damas et Jérusalem |
| 1106 | Reprend à contrecœur un poste à la Nizamiyya de Nishapur |
| 19 décembre 1111 | Mort à Tus, où il est enterré |
La page précise qu’à Damas, il aurait travaillé comme balayeur de mosquée et vécu dans un minaret. Il a ensuite passé des années de retraite à Tus, en enseignant dans sa propre zaouïa et sa propre khanqah. Il a refusé en 1110 une invitation à retourner à Bagdad. Il a eu plusieurs filles et aucun fils, selon ʿAbd al-Ghafir al-Farisi.
Ces repères viennent d’une seule page encyclopédique. L’épisode de la crise de 1095 est raconté dans son autobiographie, que je n’ai pas lue, et je ne tire aucune conclusion sur ses raisons profondes.
Pour le cadre général de ce courant spirituel, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne les repères, avec ses limites.
Quels sont ses livres les plus connus ?
La page en cite plusieurs, dont quatre dominent :
- L’Ihya ʿulum al-din (Revivification des sciences de la religion). Son œuvre majeure, en quatre parties, qui traite du droit, de la théologie et du soufisme. La page dit qu’il est devenu le texte islamique le plus récité après le Coran et les hadiths ;
- L’Incohérence des philosophes (Tahafut al-falasifa). Une critique d’Avicenne, d’al-Farabi et d’autres philosophes, à laquelle Ibn Rushd a répondu dans l’Incohérence de l’incohérence ;
- Le Sauveur de l’erreur (al-Munqidh min al-dalal). Son autobiographie, écrite tard dans sa vie ;
- L’Alchimie du bonheur (Kimiya-yi saʿadat). Une version persane plus courte de l’Ihya.
La page nomme d’autres titres, comme Les Buts des philosophes, Le Juste Milieu en matière de croyance, Le Critère de distinction, Les Infamies des ésotéristes et Mishkat al-anwar. Elle estime qu’une soixantaine d’œuvres sont authentiques selon l’Encyclopaedia Iranica, alors que lui-même en revendiquait environ soixante-dix.
Un détail de vocabulaire mérite d’être noté. Le titre « L’Alchimie du bonheur » contient le mot alchimie, mais la page le présente seulement comme une version persane plus courte de l’Ihya, et elle ne décrit aucune pratique d’alchimie des métaux. Pour ce sujet, Alchimie arabe : origines, grandes figures et limites des sources rassemble ce que dit une autre page.
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Que pensait-il de la philosophie ?
Il l’a attaquée sur deux points précis. Selon la page, dans l’Incohérence, il critique les falasifa surtout sur l’éternité du monde et sur la causalité. Il soutient que les causes apparentes dans la nature, comme le feu qui brûle le coton, sont des actes immédiats de la volonté de Dieu. La page nomme cette position occasionnalisme théologique et l’oppose à celle d’Ibn Rushd, pour qui Dieu a créé des lois naturelles que les humains peuvent décrire.
La page rapporte aussi que :
- Il divise la philosophie en six branches. Mathématique, logique, physique, métaphysique, politique et morale ;
- Il défend les sciences mathématiques. Il soutient que religion et mathématiques portent sur des objets différents, contre ceux qui les rejettent au nom de la religion ;
- Il juge que les livres des philosophes devraient être interdits. C’est la position que la page lui attribue, sans détailler ses raisons ;
- Il condamne les ismaéliens batiniyya. La page dit qu’il les a déclarés mécréants.
Ces points touchent à la théologie et à la politique religieuse. Je les rapporte comme les positions d’un penseur médiéval, sans en juger la valeur. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Pour voir ce penseur critiqué par al-Ghazali, Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie résume ce que la page d’Avicenne dit de ses critiques.
Ces positions sont celles d’al-Ghazali, telles que la page les décrit. Elles ne résument pas ce que pensent toutes les écoles de l’islam, et la page elle-même signale des débats sur son influence réelle.
Quelle place a-t-il donnée au soufisme ?
Une place centrale dans l’islam sunnite courant. Selon la page, il est crédité d’avoir intégré le soufisme à la charia sunnite classique et d’en avoir donné la première description formelle dans ses œuvres. Elle ajoute qu’il cherchait une voie moyenne, un équilibre de l’âme.
Voici ce que cela veut dire, d’après la page :
- Un soufisme encadré. Il le rattache au droit et à la théologie plutôt que de le laisser à part ;
- Une tolérance limitée. Il soutient que les pratiquants de bonne foi des diverses traditions musulmanes ne doivent pas être traités d’hérétiques, tout en maintenant qu’un standard de l’islam est plus correct que les autres ;
- Une réception disputée. L’Ihya a été brûlé dans l’Espagne almoravide en 1109 et en 1143, en partie pour sa critique des juristes et son soutien au soufisme.
Cette réception montre que le soufisme n’était pas accepté de la même façon partout. La page ajoute que sa postérité est jugée très diversement : al-Subki aurait dit que s’il y avait eu un prophète après Muhammad, ce serait al-Ghazali, et al-Nawawi aurait jugé que l’Ihya suffirait à remplacer tous les livres islamiques perdus. Ce sont des éloges rapportés, pas des faits mesurables.
Pour une figure soufie d’une autre époque, Ibn Arabi : vie, œuvres et réception du Cheikh al-Akbar montre un autre type de réception, avec ses propres controverses.
Quels livres lui attribue-t-on à tort ?
Plusieurs, selon la page, et c’est un cas d’école. Elle donne trois exemples :
- Ayy farzand (« Ô enfant ! »). La page le décrit comme une falsification littéraire faite une ou deux générations après sa mort, à partir de vraies lettres ;
- Ayyuha al-walad. C’est la traduction arabe de ce texte, très répandue, dont les plus anciens manuscrits arabes datent des XVIe et XVIIe siècles ;
- Pand-nama (« Livre de conseils »). Une compilation tardive faussement attribuée, qui puise dans L’Alchimie du bonheur.
Elle note aussi qu’on lui attribue environ 300 titres, dont beaucoup sont des doublons sous des noms différents, et que les attributions ont augmenté au XIIIe siècle, après la diffusion des œuvres d’Ibn Arabi. La bibliographie de Badawi classe les œuvres en certaines, douteuses et presque sûrement non authentiques.
Ce qu’il faut retenir pour ce site : un grand nom attire des textes qu’il n’a pas écrits. C’est le cas ici, avec des documents qui circulent sous son nom depuis des siècles. Pour un autre exemple de textes qui se contredisent sur l’identité d’un auteur, Picatrix : origine, auteur débattu et contenu du livre pose la même question.
Je n’ai pas lu ces textes ni la bibliographie de Badawi. Je rapporte la classification de la page, et seul un spécialiste peut dire de façon sûre quel texte est authentique.
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Al-Ghazali a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?
Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les talismans, ni des textes de magie. Elle ne parle pas non plus d’astrologie. Les lettres n’y apparaissent que dans le contexte de ses lettres de cour et des falsifications faites à partir de vraies lettres.
Voici ce qu’on peut dire sans inventer :
- Un silence complet sur ces sujets. Rien dans la page ne les relie à lui ;
- Une époque proche. Il meurt en 1111. Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
- Un nom souvent cité. Cela ne prouve rien sur ce qu’il a écrit lui-même ;
- Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à al-Ghazali.
Pour comprendre ce que recouvre la science des lettres, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions sans y rattacher ce penseur.
Cet article présente un penseur et ses idées. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Comment lire un grand nom sans lui faire dire ce qu’il n’a pas dit ?
En vérifiant d’abord l’attribution. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Demande qui a écrit le texte. Pour al-Ghazali, la page distingue des œuvres authentiques, douteuses et fausses ;
- Regarde la date des manuscrits. Le plus ancien manuscrit arabe d’Ayyuha al-walad date des XVIe et XVIIe siècles, soit des siècles après sa mort ;
- Note les silences. Ici, la page ne dit rien des talismans ni de l’astrologie ;
- Méfie-toi des éloges. Les phrases d’al-Subki ou d’al-Nawawi sont des jugements, pas des preuves ;
- Garde la prudence. Une citation qui circule sous un grand nom reste à vérifier.
Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Al-Ghazali est un juriste, théologien et mystique né vers 1058 près de Tus et mort en 1111. Il est l’auteur de l’Ihya ʿulum al-din et de l’Incohérence des philosophes, il a intégré le soufisme à la tradition sunnite classique, et plusieurs textes qui circulent sous son nom ne sont pas de lui, selon la page.
La page lue ne mentionne ni talismans, ni astrologie, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Al-Ghazali » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui était Al-Ghazali ?
Un juriste, théologien et mystique né vers 1058 près de Tus et mort le 19 décembre 1111, auteur de l’Ihya ʿulum al-din, selon Wikipédia.
Pourquoi a-t-il quitté Bagdad ?
La page dit qu’en 1095 il a quitté Bagdad en prenant le prétexte d’un pèlerinage, distribué ses biens et adopté une vie ascétique. Elle ne détaille pas ses raisons profondes.
Quels livres sont attribués à tort à Al-Ghazali ?
Selon la page, Ayy farzand, sa traduction arabe Ayyuha al-walad et le Pand-nama sont des textes tardifs faussement attribués.
Al-Ghazali est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


