Aller au contenu
SecretMystiquee
Shams al-Maʿārif

Al-Biruni : l’Inde, la mesure de la Terre et sa critique de l’astrologie

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Al-Biruni Couverture de l'article

Al-Biruni est un savant né vers 973 à Kath, dans le Khwarezm, et mort vers 1050 à Ghazni. Selon Wikipédia, c’est un polymathe de l’âge d’or de l’islam, auteur d’ouvrages sur l’astronomie, la géographie, les pierres, les médicaments et l’Inde, et critique de l’astrologie de prédiction.

Son nom apparaît dès qu’on parle d’astres, de calendriers et de mesures. On pourrait croire qu’un savant qui écrit sur les étoiles a aussi écrit sur les talismans ou sur la science des lettres. La page que j’ai lue décrit tout autre chose : un observateur, un mesureur et un comparatiste. Elle ne mentionne ni talismans, ni magie des lettres, ni alchimie.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Al-Biruni, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je le redis là où la question se pose.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Qui était Al-Biruni ?

C’était un savant itinérant, au service de plusieurs princes. Selon la page, il est né vers 973 à Kath, au Khwarezm (aujourd’hui Beruniy, au Karakalpakstan, en Ouzbékistan), dans une famille d’origine iranienne. Sa langue maternelle était le khwarezmien, et il connaissait aussi le persan, l’arabe, le sanskrit, le grec, l’hébreu et le syriaque.

Voici les étapes de sa vie, d’après la page :

PériodeCe que dit la page
Jusqu’à 25 ans environÉtudes au Khwarezm : droit, théologie, grammaire, mathématiques, astronomie, médecine, philosophie
Après 995Départ à Boukhara, à la cour samanide, après la chute des Afrighides ; correspondance avec Avicenne
998Cour de l’émir ziyaride Qabus, où il écrit sa première grande œuvre
1017Pris à Ghazni après la prise de Rey par Mahmud ; devient astrologue de cour
Vers 1030Fin de son étude de l’Inde, après avoir suivi Mahmud dans ses expéditions
Vers 1050Mort à Ghazni, aujourd’hui en Afghanistan

Il dédie le Canon mas’oudien à Mas’ud, fils de Mahmud, et son manuel sur les pierres à Mawdud, fils de Mas’ud. La page ne donne pas les circonstances de sa mort.

Les dates sont données avec « vers » par la page, et je n’ai pas recoupé cette chronologie avec d’autres sources. Pour le contexte d’une autre figure du même milieu savant, Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie rassemble ce qu’une page dit de son correspondant.

Quels sont ses ouvrages principaux ?

La page en cite six, qu’elle décrit ainsi :

  1. Les Traces des siècles passés. Une étude comparée des calendriers et des ères historiques, probablement commencée vers l’an 1000 ;
  2. L’Inde (Taḥqīq mā li-l-Hind). Une étude encyclopédique de la religion, de la philosophie, des coutumes, des sciences et de la géographie indiennes ;
  3. Le Canon mas’oudien. Une encyclopédie d’astronomie, de géographie et d’ingénierie ;
  4. La Pharmacie (Kitab al-saydala). Une pharmacopée qui donne les noms des médicaments dans plusieurs langues ;
  5. Les Gemmes (Kitab al-Jamahir). Un manuel de géologie sur les minéraux et les pierres précieuses ;
  6. L’Instruction sur les éléments de l’astrologie (Kitab al-tafhim). Un texte en questions-réponses sur les mathématiques et l’astronomie, rédigé en arabe et en persan.

La page ajoute que de ses 146 livres, 95 portent sur l’astronomie, les mathématiques et des sujets voisins. Elle signale aussi des œuvres perdues, comme un traité sur l’astrolabe et la Clé de l’astronomie, ainsi qu’une histoire du Khwarezm connue seulement par des citations.

Ce détail compte pour la lecture. Une œuvre vaste dont une partie est perdue laisse la porte ouverte à des attributions douteuses. La page ne signale pas de faux dans son cas, et je n’en invente pas. Pour un cas où le nom d’un auteur attire des textes incertains, Ibn Wahshiyya : l’Agriculture nabatéenne et un auteur plein de questions montre comment les sources se contredisent.

Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.

Que pensait-il de l’astrologie ?

Il la distinguait de l’astronomie, et il la critiquait. Selon la page, il traitait l’astrologie comme une discipline construite sur l’astronomie et les mathématiques. Dans son Instruction, il critique la prédiction astrologique, et dans une œuvre plus tardive, il la réfute tout en soutenant fortement l’astronomie comme science légitime.

La page cite deux explications proposées par des spécialistes pour cette critique :

  • Le manque d’empirisme. L’astrologie reposerait sur de la pseudoscience plutôt que sur l’observation ;
  • Le conflit avec les théologiens. Elle heurterait des théologiens sunnites orthodoxes.

Je rapporte ces deux explications comme des hypothèses de chercheurs, pas comme des certitudes. La page elle-même ne les tranche pas.

Il y a une nuance qui peut surprendre : la page dit aussi qu’après la prise de Rey par Mahmud, il devient astrologue de cour à Ghazni. Elle ne dit pas comment il conciliait ce poste et sa critique. Je ne comble pas ce vide.

Pour le débat plus large sur cette discipline en islam, Astrologie en islam : origines, savants et débat sur sa légitimité donne les positions que la page correspondante cite.

Les positions sur l’astrologie rapportées ici sont celles d’un savant médiéval, pas un avis religieux. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Qu’a-t-il mesuré et observé ?

Beaucoup de choses, avec une méthode que la page décrit comme expérimentale. Voici les points principaux :

  • La densité. Il développe des méthodes expérimentales avec une balance hydrostatique et mesure la densité de métaux, de pierres précieuses et de l’air ;
  • Le rayon de la Terre. Il mesure la hauteur d’une montagne à Nandana (aujourd’hui au Pakistan) et l’abaissement de l’horizon. La page cite un résultat environ 2 % au-dessus de la valeur moderne, mais précise que cela dépend de la longueur de la coudée, et que sa méthode ne tenait pas compte de la réfraction, ce qui limitait la précision à environ 20 % ;
  • L’apogée du Soleil. Dans le Canon mas’oudien, il trouve que l’apogée solaire se déplace, contredisant Ptolémée ;
  • Les éclipses. Ses données ont été utilisées en 1749 par Dunthorne pour étudier l’accélération de la Lune ;
  • Une terre au-delà de l’océan. En 1037, il suppose une masse de terre inconnue entre l’Asie et l’Europe, que la page identifie avec les Amériques ;
  • Les pierres. Il les classe selon leurs propriétés physiques, comme la densité et la dureté, plutôt que selon la couleur, comme c’était l’usage.

Sur la rotation de la Terre, la page dit qu’il l’a discutée dans la Clé de l’astronomie, aujourd’hui perdue, en soutenant qu’elle ne remettait pas en cause l’astronomie, tout en jugeant qu’elle était impossible pour d’autres raisons. Ce passage est mal documenté, puisque l’œuvre est perdue.

Je n’ai lu aucune de ces œuvres. Les chiffres, comme l’écart de 2 % ou la précision de 20 %, viennent de la page et de sources qu’elle cite. Pour juger la qualité des mesures, il faut lire les historiens des sciences.

Découvre les secrets des marabouts et des érudits africains, expliqués dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Que dit-il de l’Inde et des religions ?

Il a étudié l’Inde de l’intérieur, dans une démarche que la page juge remarquablement objective. Selon la page, il a appris le sanskrit, étudié avec des savants hindous et traduit en arabe les Yoga Sutras de Patanjali. Il a mis au point une méthode pour convertir les dates du calendrier hindou en dates grecques, arabes et persanes.

Son but, d’après la page, était de décrire la société indienne par sa culture, sa science et sa religion plutôt que par l’histoire militaire. Eduard Sachau a loué cette œuvre comme une « île magique » de recherche impartiale.

Sur la religion, la page note plusieurs éléments :

  1. Une étude comparée. Il a étudié le zoroastrisme, le judaïsme, l’hindouisme, le christianisme, le bouddhisme et l’islam ;
  2. Une position claire. Il écrit que l’islam est supérieur, tout en respectant d’autres traditions et en citant leurs textes sacrés ;
  3. Un esprit critique. Il se montre sceptique envers des hadiths qui contredisent la science, comme un hadith sur le jeûne d’Achoura ;
  4. Des alliances théologiques. Il défend les mutazilites et critique le soufisme, d’après la page ;
  5. Une phrase sur la Trinité. Il rejette la Trinité chrétienne tout en notant des usages métaphoriques de « père » et « fils ».

Ces points touchent à la religion. Je les rapporte comme les positions d’un savant médiéval, sans en juger la valeur. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Un point mérite d’être noté pour ce site : la page dit qu’il critiquait le soufisme. Pour une présentation de ce courant, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne les repères, avec ses limites.

Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.

Al-Biruni a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?

Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les talismans, ni l’usage occulte des lettres. Elle mentionne des échanges de lettres avec Avicenne et une épître, mais rien sur une magie des lettres. Elle ne parle pas non plus d’alchimie.

Voici ce qu’on peut dire sans inventer :

  • Un silence complet sur ces sujets. Rien dans la page ne les relie à lui ;
  • Une critique de l’astrologie. Elle va plutôt à l’opposé d’une tradition qui attribue une influence aux astres, même si elle ne parle pas de cette tradition ;
  • Une date proche d’une période débattue. Pour la période d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
  • Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à Al-Biruni.

Pour savoir ce que recouvre la science des lettres, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions, sans prétendre y rattacher ce savant.

Cet article présente un savant et ses idées. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Comment lire un savant observateur à côté d’un livre de tradition ?

En gardant en tête la différence de méthode. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Note la méthode de chacun. Al-Biruni mesure, compare et cite ; un livre de tradition transmet des pratiques sans les mesurer ;
  2. Regarde ce qui est vérifiable. Une mesure du rayon de la Terre se discute avec des chiffres ; une promesse n’est pas mesurable ;
  3. Distingue les silences. Ici, la page ne dit rien des talismans, et je ne le remplis pas ;
  4. Relève les limites que la page donne. Longueur de la coudée, réfraction : un bon savant a lui aussi des marges d’erreur ;
  5. Évite le portrait idéal. « Le Maître » est un surnom, pas une garantie d’infaillibilité.

Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Al-Biruni est un savant né vers 973 au Khwarezm et mort vers 1050 à Ghazni, auteur de la Pharmacie, des Gemmes, du Canon mas’oudien et d’une étude de l’Inde. Selon la page, il critiquait la prédiction astrologique tout en soutenant l’astronomie, et il a mesuré densités, éclipses et rayon de la Terre.

La page lue ne mentionne ni talismans, ni science des lettres, ni alchimie, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Al-Biruni » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui était Al-Biruni ?

Un savant né vers 973 à Kath, au Khwarezm, et mort vers 1050 à Ghazni, polymathe de l’âge d’or de l’islam, selon Wikipédia.

Qu’a écrit Al-Biruni sur l’Inde ?

Selon la page, une étude encyclopédique de la religion, de la philosophie, des coutumes, des sciences et de la géographie indiennes, après qu’il a appris le sanskrit.

Al-Biruni croyait-il à l’astrologie ?

La page dit qu’il a critiqué la prédiction astrologique et, dans une œuvre plus tardive, réfuté l’astrologie tout en soutenant l’astronomie.

Al-Biruni est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.