Les Druzes forment, selon Wikipédia, une communauté religieuse née en Égypte fatimide au XIe siècle autour du calife al-Hakim et du prédicateur Hamza ibn Ali. Leur foi est décrite comme un monothéisme ésotérique, qui croit à l’unité de Dieu et à la réincarnation des âmes.
Ce sujet touche à un mot qui revient souvent dans les recherches sur les livres cachés : le secret. Chez les Druzes, une partie des pratiques est réservée à des initiés, et c’est donc un cas utile pour comprendre ce qu’on peut vraiment dire d’une tradition qui garde ses textes pour elle.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée aux Druzes, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la science des lettres. Je n’invente donc aucun lien, et je signale à chaque fois ce que la page dit et ce qu’elle laisse en suspens.
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Qui sont les Druzes ?
Une communauté religieuse du Proche-Orient, selon la page. Elle se désigne elle-même par le mot arabe Muwahhidun, qui évoque l’unicité de Dieu, et elle est décrite comme monothéiste, syncrétique et ethnique.
Voici les trois traits que la page met en avant :
- Une foi née au XIe siècle. Elle apparaît dans l’Égypte des Fatimides ;
- Un caractère ésotérique. Certaines pratiques et certains enseignements sont réservés à des initiés ;
- Une communauté fermée. Elle n’accepte plus de nouveaux membres depuis le XIe siècle.
La page donne des chiffres de population très variables, entre 800 000 et un à deux millions selon les sources. Je ne retiens aucun chiffre précis, car la page elle-même donne des valeurs différentes pour un même pays, par exemple environ 20 000 ou 32 000 en Jordanie, selon que l’on lit l’encadré ou le texte.
Pour replacer le contexte politique, Fatimides : le califat ismaélien, Le Caire, al-Azhar et la chute de 1171 présente le califat dans lequel cette foi est née, d’après une autre page.
Comment la foi druze est-elle née ?
Autour de 1017, selon la page, à l’époque du calife fatimide al-Hakim. Hamza ibn Ali, un mystique ismaélien venu du Khorasan, arrive au Caire en 1014 ou 1016 et commence à prêcher une doctrine d’unité divine.
La page donne plusieurs repères, avec des écarts que je laisse tels quels :
- L’arrivée de Hamza. 1014 ou 1016, selon le passage ;
- L’appel. Il est daté de 1017, avec une date précise du 30 mai 1017 ;
- Le soutien du calife. Al-Hakim, sixième calife fatimide, devient une figure centrale de la foi ;
- Un rival. Al-Darazi, prédicateur aux thèses jugées excessives, aurait été exécuté en 1018.
Le nom même des Druzes viendrait d’al-Darazi, selon l’une des hypothèses citées, mais la page en propose d’autres. Elle précise que le nom aurait pu être imposé par des adversaires, ce qui est une manière de dire que son origine n’est pas tranchée.
Pour comprendre le courant dont Hamza est issu, Ismaélisme : origine, doctrine du sens caché, Fatimides et branches actuelles fait le point d’après la page correspondante.
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Qui était al-Hakim, et que disent les Druzes de sa disparition ?
Le calife qui aurait disparu en 1021, selon la page. Elle évoque un possible assassinat, peut-être ordonné par sa sœur Sitt al-Mulk, mais elle précise aussi que les Druzes croient qu’il est entré en occultation avec Hamza et trois autres prédicateurs.
Je distingue donc deux niveaux :
- L’histoire. La disparition d’un calife, dont la cause reste discutée ;
- La croyance. Une occultation, c’est-à-dire un retrait hors de la vue, que la communauté tient pour vraie ;
- Un point faible de la page. L’affirmation sur l’occultation porte une mention « citation needed » ;
- La suite. Al-Muqtana Baha al-Din prend la direction du mouvement.
La page décrit ensuite une période de persécutions sous le calife al-Zahir, après 1021, qu’elle appelle la mihna, c’est-à-dire l’épreuve. Les dates exactes varient selon les passages, avec des périodes comme 1018-1019 puis 1021-1026, et je ne les harmonise pas.
Que croient les Druzes ?
Une unité absolue de Dieu, la réincarnation et l’éternité de l’âme, selon la page. Les âmes rejoindraient à terme l’Intellect cosmique, notion que la page écrit al-ʿaql al-kullī.
Voici comment je range les points de doctrine qu’elle cite :
| Point | Ce que dit la page | Ma réserve |
|---|---|---|
| Unité de Dieu | Dieu est transcendant et sans attributs séparés de son essence | Notion technique, peu détaillée |
| Réincarnation | Les âmes renaissent jusqu’à rejoindre l’Intellect cosmique | Croyance, non démontrable |
| Théophanie | Une manifestation de Dieu, distincte d’une incarnation | Nuance délicate |
| Influences | Christianisme, gnosticisme, néoplatonisme, zoroastrisme, manichéisme, pythagorisme | Liste donnée sans détail |
| Figures vénérées | Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus, Mahomet, Shuayb, Salman le Persan, al-Khidr, Job | Liste partielle |
La page note que les références sur ces points techniques sont souvent marquées « page needed », ce qui signifie que la source exacte n’est pas indiquée. Je lis donc ce tableau comme un résumé de la page, pas comme un exposé de la foi par ses propres fidèles.
Un point de vocabulaire : la page parle de théophanie, tajalli en arabe, et la distingue de l’incarnation. Cette nuance compte, car une partie des critiques adressées aux Druzes portent justement sur l’idée d’une incarnation d’al-Hakim, que la communauté, selon la page, ne formule pas ainsi.
Quels sont leurs textes ?
Les Épîtres de la Sagesse, selon la page, en arabe Rasaʾil al-Hikma. Elles sont présentées comme le texte fondateur de la foi, et Hamza y rejette notamment l’usage de l’épée pour propager la religion.
Ce que je retiens de ce point :
- Un corpus central. Les Épîtres de la Sagesse ;
- Un auteur principal. Hamza ibn Ali, selon la page ;
- Un message cité. Le refus de l’épée pour convertir ;
- Un accès limité. Une partie de l’enseignement est réservée à des initiés.
Je ne cite aucun passage de ces épîtres, car je ne les ai pas lues dans une édition fiable. Le résumé que j’en donne vient seulement de la page, et il ne remplace pas une lecture du texte.
Pour une autre tradition qui distingue un sens visible et un sens caché, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? présente un domaine différent, qui ne doit pas être confondu avec la foi druze.
Que savons-nous des pratiques ?
Peu de choses, car elles sont en grande partie secrètes, selon la page. Elle distingue les initiés, appelés uqqal, qui détiennent les secrets, et les non-initiés, appelés juhhal.
Voici ce qu’elle dit des pratiques visibles :
- Les réunions. Elles ont lieu le jeudi, dans des lieux appelés khalwat, et non le vendredi à la mosquée ;
- Le ton de l’appel. L’appel de 1017 aurait mis en avant la prière, la lecture et la vie sociale plutôt que des rites contraignants ;
- Les mariages. Les unions hors de la communauté sont rares et fortement déconseillées ;
- Le secret. Les détails des enseignements ne sont pas rendus publics.
Ce secret a une conséquence pour toi, lecteur. Quand tu lis un texte sur les Druzes écrit par quelqu’un d’extérieur, tu lis un point de vue extérieur. La page elle-même est écrite de l’extérieur, et je ne prétends pas décrire la foi telle que ses fidèles la vivent.
Je ne donne pas de détail sur les rites, d’abord parce que la page n’en donne pas, ensuite parce que ce n’est pas à moi de révéler ce qu’une communauté garde pour elle.
Pourquoi ne reçoit-elle plus de nouveaux membres ?
Parce que la communauté s’est fermée au XIe siècle, selon la page. Elle date l’interdiction du prosélytisme de 1043, quand Baha al-Din al-Muqtana annonce qu’on n’accepte plus de nouveaux adhérents, et elle donne aussi la date de 1046 pour la fermeture aux convertis.
Les deux dates sont à distinguer :
- 1043. L’annonce de la fin du prosélytisme ;
- 1046. La fermeture de la religion aux convertis, selon un autre passage ;
- Aujourd’hui. On naît druze, on ne le devient pas, selon la page ;
- La conséquence. Une communauté dont les effectifs dépendent des naissances.
Je ne sais pas expliquer l’écart de trois ans entre les deux dates.
Cette fermeture explique aussi pourquoi la communauté est qualifiée d’ethnique par la page : l’appartenance passe par la naissance.
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Où vivent-ils et quelles controverses les touchent ?
Surtout en Syrie, au Liban, en Israël et en Jordanie, selon la page, avec une diaspora au Venezuela, aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Europe et en Afrique de l’Ouest. Elle cite le Jabal al-Druze, autour de Suwayda, comme une région à plus de 90 % druze en Syrie.
Côté controverses, elle mentionne plusieurs éléments :
- Le statut religieux. Les Druzes ne se considèrent plus comme musulmans, mais la page rapporte qu’Al-Azhar les a reconnus en 1959 comme secte islamique, pour des raisons politiques ;
- Ibn Taymiyya. Il les déclare infidèles et apostats, ce qui a servi à justifier des campagnes mameloukes ;
- Les conflits locaux. Ceux du Liban au XIXe siècle, entre 1840 et 1860, avec une affirmation sur leur nature non religieuse qui porte la mention « citation needed » ;
- Les persécutions récentes. La page évoque le XXe siècle, notamment en Syrie.
Pour situer le juriste cité, Ibn Taymiyya : le juriste de Damas, ses procès et sa place dans le débat sur le soufisme présente sa position d’après une autre page.
La page donne enfin des chiffres de population qui se contredisent. Pour Israël, elle indique 152 000 dans l’encadré et 143 000 fin 2018 dans le texte, et pour le Liban, 5,2 % ou 5,5 % selon le passage. Ces écarts rappellent qu’un chiffre isolé est fragile.
Y a-t-il un lien avec le Shams al-Maarif ?
Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page sur les Druzes ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la science des lettres.
Ce qui rapproche les sujets est un point de méthode, pas un fait. Dans les deux cas, on parle de textes dont le sens est dit caché, et dans les deux cas il faut séparer ce qu’une tradition croit de ce qu’on peut établir. Cette remarque est la mienne, la page ne la formule pas.
Pour replacer l’auteur du livre, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Comment lire un sujet où tout n’est pas public ?
En acceptant de ne pas tout savoir. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Repère qui parle. Une page extérieure décrit une communauté qui garde ses textes ;
- Sépare croyance et histoire. L’occultation d’al-Hakim est une croyance, sa disparition est un événement ;
- Compare les chiffres. Les écarts de population montrent la fragilité des données ;
- Note ce qui manque. La page ne dit rien d’al-Būnī ni de lettres ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Les Druzes sont une communauté née en Égypte fatimide autour d’al-Hakim et de Hamza ibn Ali, qui professe l’unité divine et la réincarnation, garde une partie de ses pratiques secrète et ne reçoit plus de nouveaux membres depuis le XIe siècle. Plusieurs dates et plusieurs chiffres de la page se contredisent, et certains points portent la mention « citation needed ».
La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Druze » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui sont les Druzes ?
Selon Wikipédia, une communauté née en Égypte fatimide au XIe siècle, autour du calife al-Hakim et de Hamza ibn Ali.
Peut-on devenir druze ?
Non, selon la page : le prosélytisme est interdit depuis le XIe siècle, avec 1043 ou 1046 selon le passage.
Quel est leur texte principal ?
Les Épîtres de la Sagesse, présentées comme le texte fondateur, sans que j’en cite aucun passage.
Les Druzes sont-ils liés au Shams al-Maarif ?
La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


