Le maraboutage désigne, dans l’usage courant, des pratiques attribuées à un marabout. La page de Wikipédia sur le Shams al-Maarif ne parle pas de maraboutage, et les savants divergent sur ces pratiques. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Le mot « maraboutage » est chargé. Il évoque des histoires de sort, de jalousie ou de peur, et il attire aussi des gens qui profitent de cette peur. Je reste prudent : je ne donne ici aucune formule, aucune méthode et aucune promesse de protection ou d’effet.
Je suis maître marabout et je propose aussi ce livre sur ce site : les secrets dont je parle s’y trouvent. Je m’appuie sur trois pages de Wikipédia lues en anglais et sur une réponse ministérielle française, et je signale ce qu’elles ne disent pas.
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Qu’est-ce qu’un marabout, d’après les sources ?
Un chef religieux et un enseignant, d’après la page « Marabout » de Wikipédia. Le mot vient de l’arabe murābiṭ, glosé comme « celui qui est en garnison », et il désignait à l’origine des étudiants en religion et des volontaires militaires qui tenaient les ribats lors de la conquête musulmane du Maghreb. En berbère, il peut aussi vouloir dire « saint », ou désigner le tombeau d’une personne vénérée.
La page décrit des rôles très différents selon les régions :
- Au Maghreb et au Sahara. Les marabouts ont servi d’aumôniers dans les armées ;
- En Afrique de l’Ouest. Ils peuvent être des érudits, des maîtres d’école coranique, des hommes saints itinérants vivant d’aumônes, ou des guides spirituels de communautés soufies ;
- Dans la société wolof. Ils ont exercé comme commerçants, juges, conseillers ou secrétaires de chefs de village depuis l’arrivée des confréries soufies, au XVe siècle selon la page ;
- Au XIXe siècle. La page évoque des « marabouts guerriers » qui cherchaient à fonder des États théocratiques.
Le mot recouvre donc d’abord un statut religieux et social, pas un métier de « sorts ». C’est une première raison de ne pas confondre le marabout, le maraboutage et un livre.
Que dit la page sur les marabouts guérisseurs et devins ?
Elle dit que beaucoup de marabouts sont des guérisseurs et des devins qui mêlent l’islam à des croyances locales, ce qu’elle appelle un « islam populaire ». Elle rapproche certaines pratiques du getba, une divination où des versets remplacent les cauris, et précise que les marabouts sont censés prévoir l’avenir mais pas le contrôler.
Elle ajoute un point qui compte beaucoup : de nombreuses personnes se présentent comme marabouts ou guides sans l’être, et les musulmans orthodoxes comme les confréries soufies rejettent ces usages. Voici ce que cela implique :
- Le titre ne prouve rien. N’importe qui peut s’en réclamer, et la page le dit ;
- La divination est contestée. L’orthodoxie désapprouve en général la divination et la voyance, selon la page ;
- Le lien avec les confréries se vérifie. Un vrai guide de confrérie est connu de sa communauté.
Pour la figure historique, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne le cadre des confréries.
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Que dit la page du livre sur le maraboutage ?
Rien, d’après ma lecture. La page de Wikipédia sur le Shams al-Maarif le décrit comme un grimoire attribué à Ahmad al-Būnī, dont l’attribution est discutée, avec des chapitres qui introduisent les carrés magiques et les combinaisons de nombres et de lettres. Elle ne mentionne ni marabout, ni maraboutage, ni Afrique de l’Ouest.
Cela veut dire plusieurs choses que je tiens à dire clairement :
- Aucun lien documenté. La page ne relie pas le livre à des pratiques de marabouts ;
- Une absence n’est pas une preuve. Elle ne prouve pas que des marabouts n’ont jamais lu ou cité le livre, seulement que cette page ne le dit pas ;
- Je n’invente rien. Je ne te dirai pas que le livre contient « de quoi faire du maraboutage » ou de quoi s’en défendre.
Pour ce que la page dit réellement du livre, Shams al Maarif histoire : d’al-Būnī aux éditions imprimées, repères et incertitudes donne les repères avec leurs contradictions.
Que disent les savants de la magie et du sihr ?
Qu’ils ne sont pas d’accord, d’après la page « Islam and magic » de Wikipédia. Le mot traduit par « magie » dans le Coran est siḥr, dont le sens varie selon les époques et les auteurs. Voici quelques positions qu’elle rapporte :
- Licite et illicite. Selon Tobias Nünlist, les auteurs distinguent surtout une magie licite et une magie illicite, et la magie de guérison est tolérée tant qu’elle n’implique pas le shirk ;
- Un effet contesté. Certains, comme des mutazilites, y voient une illusion, et al-Jaṣṣāṣ une escroquerie ;
- Miracle et sihr. Ṭabarī, Ibn al-Nadīm et Ibn Khaldūn séparent les miracles des saints du sihr, jugé illicite ;
- Une rigueur moderne. La page cite Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb et al-Albānī parmi les voix les plus sévères.
Elle rappelle aussi que presque tous les savants permettent les talismans qui invoquent Dieu, alors qu’il est interdit de s’adresser aux djinns ou aux démons. Je ne tranche pas entre ces avis. Si ta question est religieuse, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition, car ce site n’est pas une autorité.
Pour approfondir, Sihr en islam : magie, miracle et débats des savants rassemble ces positions, et Shams al Maarif haram ou halal : ce que disent les savants, sans trancher traite la question du livre.
Peut-on parler de maraboutage comme d’un fait établi ?
Non, pas sur la base de ces pages. Elles décrivent des croyances et des pratiques, mais elles ne démontrent pas qu’un « maraboutage » produit un effet sur une personne, et je ne l’affirme pas. Ce que l’on peut dire sans risque est plus modeste :
- Des gens y croient. C’est un fait social, que décrit la page « Marabout » pour la diaspora ouest-africaine ;
- Des gens en vivent. La même page note que des marabouts font de la publicité à la télévision ou tiennent des lignes téléphoniques ;
- Des gens en souffrent. La peur, l’isolement et la dépendance sont réels, quelle que soit l’explication que l’on retient ;
- Aucun effet n’est démontré. Aucune des pages lues ne démontre qu’un sort agit.
Cette distinction compte, parce que la peur d’un sort peut pousser à dépenser beaucoup, à s’isoler ou à renoncer à se soigner. Une personne qui se sent mal, de manière durable, gagne à voir un professionnel de santé, quelles que soient ses croyances.
Comment éviter les abus liés aux marabouts et aux voyants ?
En France, d’après une réponse ministérielle publiée au Journal officiel le 27 juin 2023, la voyance est une activité légale. Elle relève du code de la consommation et du code pénal, sans dispositions qui lui soient propres. La DGCCRF contrôle et sanctionne la publicité mensongère et les pratiques commerciales douteuses, et en cas de suspicion d’escroquerie, on peut saisir le procureur de la République.
La question écrite qui précède cite, d’après l’INAD, environ 100 000 personnes exerçant, et une étude de l’IFOP de décembre 2020 selon laquelle un Français sur quatre a déjà consulté un voyant. Ces chiffres viennent de la question d’un député, pas d’une enquête que j’ai vérifiée. Voici des signes qui doivent t’alerter :
- Une promesse de résultat. Aucune source sérieuse ne démontre qu’un résultat est assuré ;
- Une pression pour agir tout de suite. C’est un classique des abus ;
- Une demande répétée d’argent. Chaque nouvelle étape coûte de plus en plus ;
- Un isolement. On te demande de ne rien dire à ta famille ou à ton médecin ;
- Une peur entretenue. Le discours aggrave ton inquiétude au lieu de la calmer.
La réponse ministérielle renvoie aussi à la Miviludes, qui ne juge pas les croyances mais s’intéresse aux atteintes à la liberté et à l’intégrité des personnes, notamment l’emprise mentale. En cas de doute, tu peux en parler à un proche de confiance, à un professionnel de santé ou à une association d’aide aux victimes.
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Un livre peut-il remplacer un marabout ?
Non, et je ne le présente pas ainsi. Un livre se lit, se compare et se discute. Il ne connaît pas ta situation, il ne te promet rien et il ne remplace ni un médecin, ni un conseiller, ni une personne compétente de ta tradition.
Lire te laisse ton jugement : tu lis à ton rythme, tu relis, tu compares avec d’autres sources, et personne ne te demande de revenir.
Il y a aussi une limite, que je reconnais. Lire un livre ne règle pas une peur, et si une inquiétude te dépasse, parle-en à quelqu’un. Pour une lecture sans pratique, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une méthode.
Que ne disent pas ces pages ?
Plusieurs choses. La page « Marabout » ne définit pas les amulettes, ne décrit pas ce qu’elle appelle « islam populaire » et ne donne aucune statistique. La page « Islam and magic » ne parle pas du terme « maraboutage ». La page « Gris-gris » de Wikipédia n’est qu’une page d’homonymie, sans information utile.
Elles contiennent aussi des tensions. La page « Marabout » place la diffusion du rôle de marabout en Afrique subsaharienne entre le VIIIe et le XIIIe siècle, mais date l’arrivée des confréries chez les Wolof au XVe siècle. Elle décrit les marabouts comme admirés pour leur renoncement au pouvoir politique, tout en détaillant leur rôle politique important. Je les signale pour que tu lises ces pages comme des repères, pas comme des vérités fermes.
Quelles précautions prendre ?
Lire n’engage à aucune pratique, et je te conseille de rester dans la lecture. Voici mes précautions :
- Lis avant de croire. Le livre décrit des traditions ; ce que tu en fais t’appartient ;
- Ne cherche pas de garantie. Aucune source lue ne démontre qu’un effet est produit ;
- Écarte les conseils médicaux. Pour la santé, adresse-toi à un professionnel de santé ;
- Demande conseil. Pour toute pratique, consulte une personne compétente de ta tradition ;
- Garde un regard critique. Méfie-toi de ceux qui te promettent la richesse, l’amour ou la protection, et de ceux qui te font peur.
Les pratiques décrites sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Pour les talismans, Talisman en islam : ce que disent les sources sur les amulettes et Shams al Maarif protection : ce que disent les sources sur les talismans protecteurs, sans promesse donnent les repères.
En résumé
Le marabout est d’abord, selon la page de Wikipédia, un chef religieux et un enseignant, et le mot recouvre des réalités très différentes. La page du Shams al-Maarif ne mentionne pas le maraboutage, les savants divergent sur la magie, et aucune des pages lues ne démontre l’effet d’un sort ou d’un talisman.
Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Compare, protège-toi des abus et prends ton temps avant de décider.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Marabout » sur Wikipédia (en anglais), article « Islam and magic » sur Wikipédia (en anglais), article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), question écrite n° 6608 et réponse ministérielle, Assemblée nationale.
Questions fréquentes
Que veut dire maraboutage ?
C’est un mot d’usage courant pour des pratiques attribuées à un marabout. Selon la page « Marabout », le terme désigne d’abord un chef religieux et un enseignant, et beaucoup de personnes s’en réclament sans l’être.
Le Shams al-Maarif parle-t-il du maraboutage ?
La page de Wikipédia sur le livre ne le mentionne pas. Elle ne détaille pas le contenu des chapitres, donc je n’affirme rien de plus.
Le maraboutage est-il permis en islam ?
Les savants divergent. Selon la page « Islam and magic », beaucoup distinguent une magie licite et une magie illicite, d’autres la jugent illusoire ou très grave.
Comment savoir si un marabout est sérieux ou s’il s’agit d’une arnaque ?
Méfie-toi d’une promesse de résultat, d’une pression, de demandes d’argent répétées et d’un isolement. En France, la DGCCRF et le procureur de la République peuvent être saisis en cas de suspicion.


