L’histoire du Shams al-Maarif commence, selon Wikipédia, avec Ahmad al-Būnī, un savant soufi né à Bône, aujourd’hui Annaba en Algérie, mort en 1225. Le livre tel qu’on le lit aujourd’hui est pourtant une compilation, enrichie après lui, et son attribution est discutée.
Quand on cherche l’histoire de ce livre, on trouve souvent un récit lisse : un grand maître, un grand livre, des siècles de secret. Les sources que j’ai lues montrent quelque chose de plus mêlé, avec des dates qui hésitent, un texte qui a changé de forme et des éditions modernes qui datent du XXe siècle. Je te donne ici les repères, dans l’ordre, et je signale à chaque fois ce que la source ne permet pas d’affirmer.
Je m’appuie sur deux pages de Wikipédia, lues en anglais : celle du Shams al-Maarif et celle d’Ahmad al-Būnī. Elles ne s’accordent pas sur tous les points, et je te montre où.
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Qui est à l’origine du livre ?
Ahmad al-Būnī, selon les deux pages, mais avec des réserves. Il est présenté comme mathématicien, philosophe et soufi, né à Bône sous le califat almohade, ayant vécu en Égypte sous les Ayyoubides et mort en 1225.
Voici ce que la page d’al-Būnī retient, et ce qu’elle ne dit pas :
- Peu de certitudes. La page précise que l’on sait très peu de choses sur lui ;
- Pas de date de naissance. Seule sa mort, en 1225, est indiquée ;
- Des maîtres sans noms. Elle dit qu’il a appris auprès de nombreux maîtres soufis, sans en citer aucun ;
- Une contemporanéité. Elle le présente comme contemporain d’Ibn Arabi.
La page du Shams al-Maarif donne sa date de façon un peu différente, en parlant tantôt du XIIIe siècle, tantôt de la fin du XIIe ou du début du XIIIe. Cela fait deux formulations pour le même homme, et je les garde toutes les deux.
Pour la personne elle-même, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce que l’on sait de lui, d’après d’autres sources.
Le livre actuel date-t-il d’al-Būnī ?
Pas tel quel, selon la page du livre. Elle dit que la Kubra, la grande version, est une compilation de plusieurs auteurs, avec des textes authentiques d’al-Būnī, des écrits d’al-Bisṭāmī et d’autres traités ésotériques.
Voici ce que la page apporte sur la formation du texte :
| Étape | Ce que dit la page | Ma réserve |
|---|---|---|
| Avant l’imprimerie | Trois volumes indépendants, de longueurs différentes | Pas de texte unique |
| Ajouts | Écrits d’al-Bisṭāmī, savant ottoman du XVe siècle | Date approximative |
| Copie ancienne | Un manuscrit du début du XVIIe siècle, en image | Aucun détail |
| Forme imprimée | Deux volumes, Kubra et Sughra | Chapitres non numérotés, jusqu’à 40 |
La page ajoute que Jean-Charles Coulon, en 2022 selon la page d’al-Būnī, a remis en question l’attribution du livre, y voyant des anachronismes et un corpus faussement attribué. Je n’ai pas lu son travail, et je te donne seulement ce que la page en rapporte.
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Que sait-on des manuscrits ?
Très peu, d’après ce que j’ai lu. La page du livre ne dresse pas de liste de manuscrits, et elle ne mentionne qu’une copie du début du XVIIe siècle sous forme d’image, ainsi qu’un manuscrit conservé à Damas.
Ce manuscrit de Damas pose un petit problème d’histoire, selon la page :
- Même titre. Il s’appelle aussi Shams al-Maarif ;
- Autre contenu. Son contenu est cosmologique et non magique ;
- Une hypothèse. On « suggère » qu’il serait authentiquement d’al-Būnī ;
- Une conséquence. Un titre ne suffit pas à identifier un texte.
La page d’al-Būnī cite aussi d’autres manuscrits attribués à son nom, par exemple un manuscrit à l’université de Durham et un traité dans la collection Khalili. Je les mentionne pour montrer que le corpus qui lui est attribué ne se limite pas à un seul livre, sans vouloir dire qu’ils sont tous authentiques.
Pour l’une des questions les plus débattues, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre pourquoi les dates restent fragiles.
Quand le livre a-t-il été imprimé ?
Au XXe siècle, selon les deux pages, mais elles ne disent pas la même chose. La page du livre indique que la première édition moderne a paru à Beyrouth en 1985, alors que la page d’al-Būnī cite, dans une référence, une édition de 1928 qui renvoie au Caire.
Voici les éditions que les pages mentionnent :
- 1928. Une édition citée par la page d’al-Būnī, sans autre détail ;
- 1978. Karachi, en ourdou ;
- 1979. Istanbul, en turc ;
- 1985. Beyrouth, présentée comme la première édition moderne par la page du livre ;
- 2005 et 2006. Beyrouth, Al Nour Library, la Sughra puis la Kubra.
Je ne tranche pas entre 1928 et 1985. L’écart peut venir d’une édition plus ancienne que la page du livre ignore, ou d’un sens différent donné à « première édition moderne ». Ce que je retiens, c’est qu’il ne faut pas recopier une date sans vérifier la source.
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Comment le livre a-t-il été reçu au fil du temps ?
De façon très contrastée, selon la page. Elle décrit le livre comme supprimé et interdit pendant une grande partie de l’histoire islamique, tout en continuant d’être lu et étudié.
Voici les moments de réception que la page relève :
- Une critique ancienne. Ibn Taymiyya a critiqué le livre et al-Būnī, d’après la page ;
- Une interdiction. Après l’édition de 1985, le gouvernement saoudien l’a interdit ;
- Une fatwa. Ibn Jibrin a émis un avis interdisant certains livres, dont celui-ci, sans que la page donne la date ;
- Une lecture soufie nuancée. Certains ordres, comme la Naqshbandi-Haqqani, y reconnaissent parfois une valeur spirituelle, à condition de le comprendre ;
- Une presse récente. Des articles de presse indonésienne, en 2023, se demandent s’il s’agit du livre le plus dangereux.
Pour le juriste cité, Ibn Taymiyya : le juriste de Damas, ses procès et sa place dans le débat sur le soufisme présente sa place dans le débat sur le soufisme, d’après une autre page.
Quelle influence la page attribue-t-elle au livre ?
Une influence large, mais peu documentée, selon les pages. La page d’al-Būnī affirme que la plupart des livres de mujarrabat sur la magie dans le monde musulman sont des extraits simplifiés du Shams al-Maarif. Elle présente le livre comme une source majeure sur la théurgie, c’est-à-dire les pratiques qui prétendent agir par des puissances spirituelles.
Voici comment je classe les affirmations d’influence qu’elle donne :
- Les recueils de mujarrabat. Une affirmation de la page, sans détail de sources dans le résumé que j’ai lu ;
- Les hurufis et la New Lettrist International. La page le signale, mais avec la mention « citation needed » ;
- Le mouvement babi. Denis MacEoin suggère, en 1985, une influence indirecte, parce que ses adeptes ont largement utilisé les talismans et les lettres magiques ;
- Les cercles occultes modernes. La page du livre cite l’Ordre des Neuf Angles, qu’elle qualifie d’organisation terroriste et satanique.
Je rapporte ces lignes comme des affirmations de pages, pas comme des faits démontrés. Une influence supposée n’est pas une influence prouvée, et celle-ci demanderait des sources que je n’ai pas lues.
Quelles questions l’histoire du livre laisse-t-elle ouvertes ?
Plusieurs, et c’est utile de les connaître avant de lire. Voici celles qui reviennent le plus :
- Qui a écrit quoi ? La part exacte d’al-Būnī, d’al-Bisṭāmī et des autres auteurs n’est pas établie dans les pages lues ;
- Quel texte de départ ? Trois volumes indépendants avant l’imprimerie, puis deux volumes imprimés ;
- Quelle première édition ? 1928 ou 1985, selon la source ;
- Quelle date pour l’auteur ? Fin du XIIe ou XIIIe siècle selon les formulations, et 1225 pour sa mort ;
- Quelle valeur lui donner ? Les avis vont de l’interdiction à la reconnaissance d’une valeur spirituelle potentielle.
Cela peut décevoir si tu attendais une histoire claire. Je préfère te dire que ces points restent ouverts plutôt que de les trancher par une phrase qui sonne bien.
Y a-t-il des traductions modernes ?
Oui, dans plusieurs langues, selon la page. Elle cite une traduction partielle en anglais par Amina Inloes en 2022, une traduction en anglais centrée sur les talismans et les carrés magiques par Johann Voldemont en 2023, et une première édition comparative partielle en espagnol, par Jaime Coullaut Cordero.
Pour le français, la page ne mentionne rien. Pour savoir ce que « complète » veut dire quand on parle de traduction, Shams al Maarif traduction française complète : ce que veut dire « complète » et comment la lire détaille les questions à poser avant de lire.
Que retenir de cette histoire ?
Que le livre est un objet en couches, selon les pages lues. Voici comment je les range :
- Un auteur central. Al-Būnī, mort en 1225, dont on sait peu de choses ;
- Un texte composite. Plusieurs auteurs, dont al-Bisṭāmī, au XVe siècle ;
- Des copies tardives. Une copie du début du XVIIe siècle est citée ;
- Des éditions du XXe siècle. Entre 1928 et 1985 selon la source ;
- Des débats. Attribution, interdiction, lecture soufie nuancée.
Aucune des pages lues ne démontre qu’une pratique décrite dans ce livre produit un effet. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Je ne te conseille pas de les essayer, et si le sujet te touche de près, demande l’avis d’une personne compétente de ta tradition.
Comment lire cette histoire sans te laisser tromper ?
En gardant quelques réflexes. Voici ceux que je te propose :
- Compare deux sources. Ici, les pages ne donnent pas la même date d’édition ;
- Sépare le livre et le nom. Un titre peut recouvrir plusieurs textes ;
- Note les « citation needed ». La page signale elle-même ce qui n’est pas sourcé ;
- Méfie-toi des récits trop beaux. Un secret millénaire est rarement documenté ;
- Ne promets rien. Un texte ancien ne garantit aucun résultat.
Pour lire le livre sans te lancer dans des pratiques, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
Pour retrouver le contexte plus général du texte, Quelle est l’origine de Shams al-Ma’arif ? Auteur, époque et histoire du texte complète ces repères.
En résumé
Le Shams al-Maarif est attribué à Ahmad al-Būnī, mort en 1225, mais la forme actuelle du livre est une compilation, enrichie après lui, et son attribution est discutée. Les éditions imprimées datent du XXe siècle, avec une date de départ qui varie entre 1928 et 1985 selon la source, et le livre a été critiqué et interdit à plusieurs reprises.
Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Connaître l’histoire du texte te permet de le lire avec plus de recul.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), article « Ahmad al-Buni » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui a écrit le Shams al-Maarif ?
On l’attribue à Ahmad al-Būnī, mort en 1225, mais cette attribution est discutée, et la forme actuelle du livre est une compilation de plusieurs auteurs.
Quand le Shams al-Maarif a-t-il été imprimé ?
Selon la page du livre, la première édition moderne date de 1985 à Beyrouth, alors que la page d’al-Būnī cite une édition de 1928.
Le livre a-t-il été interdit ?
Oui à plusieurs reprises, selon la page : l’Arabie saoudite l’a interdit après l’édition de 1985.
Le livre promet-il un résultat ?
Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.


