La gématrie consiste à attribuer une valeur numérique à un nom, un mot ou une phrase, en lisant ses lettres comme des nombres. Selon Wikipédia, un même mot peut donner plusieurs valeurs selon le chiffrement utilisé, et la technique existe en grec, en hébreu et dans des systèmes dérivés comme l’abjad arabe.
Quand on lit sur les livres de lettres, ce mot revient sans cesse, souvent présenté comme un secret. La page que j’ai lue est plus sobre : elle décrit une famille de méthodes de calcul, donne des dates, des exemples et même des critiques anciennes. Cela permet de séparer le calcul, qui est un outil, de l’interprétation qu’on lui prête.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à la gématrie, lue en anglais. Elle cite al-Būnī une seule fois, à propos de la Basmala, et ne mentionne pas le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien de plus, et je te montre plus bas ce qu’elle dit exactement.
Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.
Qu’est-ce que la gématrie ?
Un procédé qui lit les lettres d’un mot comme des nombres et les additionne. La page précise que la valeur peut aussi venir d’un chiffrement alphanumérique, c’est-à-dire d’une table qui associe chaque lettre à un nombre. Le même mot donne donc plusieurs totaux selon la table choisie.
La page présente trois grandes familles :
- L’isopséphie grecque. Elle repose sur le système milésien, du nom de Milet, au VIe siècle avant notre ère, et la page la relie au pythagorisme d’après Aristote ;
- La gématrie hébraïque. Elle utilise les lettres de l’alphabet hébreu comme chiffres ;
- Les systèmes dérivés. La page cite l’abjad arabe et une gématrie en anglais.
Ce que la page ne dit pas est aussi utile. Elle ne fournit pas de table complète de l’abjad arabe, ni les ordres oriental et maghrébin. Pour ce point précis, Abjad : la numération par les lettres arabes, ses ordres et ses limites reprend une autre page et montre ce que l’on peut dire des valeurs.
Dans la page, l’astrologie kabbalistique donne un exemple de méthode pratique : on additionne les valeurs du nom de la personne et de celui de sa mère, puis on divise par 7 et par 12. Je le cite comme exemple de procédé de calcul, sans en tirer aucune conséquence.
Retiens la logique de base : une lettre vaut un nombre, un mot vaut une somme. Tout le reste, y compris l’idée qu’une somme révèle un sens caché, est une interprétation ajoutée au calcul.
D’où vient-elle et depuis quand ?
Du Proche-Orient ancien, selon la page. Le plus ancien usage documenté qu’elle cite est une inscription assyrienne du VIIIe siècle avant notre ère, commandée par Sargon II, qui relie la longueur d’un mur à la valeur numérique de son nom. Elle écrit « Assyrian inscription » et n’emploie pas le mot akkadien.
Voici les repères qu’elle donne :
| Repère | Ce que dit la page | Ma réserve |
|---|---|---|
| VIIIe siècle av. J.-C. | Inscription assyrienne de Sargon II, mur et valeur du nom | Plus ancien usage documenté cité |
| VIe siècle av. J.-C. | Système milésien, lié au pythagorisme selon Aristote | Lien rapporté, pas démontré ici |
| Vers 78 av. J.-C. | Apparition des lettres hébraïques comme chiffres | Date donnée telle quelle |
| XVIIe siècle | Premier usage du mot en anglais | Concerne le mot, pas la pratique |
Pour le nom lui-même, la page propose deux hypothèses. Une première le fait venir du grec geometria. Une seconde le rattache à l’ordre de l’alphabet grec, sous la forme « gamma tria ». Elle les présente comme des explications possibles, pas comme un fait établi, et je fais de même.
Cette ancienneté a une conséquence simple. Quand un livre de lettres arabe utilise des valeurs numériques, il s’inscrit dans une pratique qui existait déjà depuis des siècles dans d’autres langues. Le calcul n’appartient donc à aucune tradition en particulier.
Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.
Quelles méthodes existent en hébreu ?
Beaucoup, et la page en donne une longue liste. Elle précise que certains noms sont ambigus : mispar gadol désigne parfois deux méthodes différentes, et mispar meshulash désigne à la fois deux procédés. Je ne tranche pas, je rapporte.
Voici les principales, dans l’ordre où je les comprends :
- Mispar hechrachi. La valeur absolue : les lettres valent 1 à 9, puis 10 à 90, puis 100 à 400 ;
- Mispar gadol. Les formes finales des lettres reçoivent 500 à 900 ;
- Mispar siduri. La valeur ordinale, de 1 à 22, selon la place dans l’alphabet ;
- Mispar katan. La valeur réduite, où l’on retire les zéros ;
- Mispar katan mispari. Le total ramené jusqu’à un seul chiffre ;
- Otiyot be-milui. On épelle le nom de chaque lettre et on additionne ses valeurs.
La page en cite d’autres, comme la valeur au carré, le cumul progressif, l’ajout du nombre de lettres ou du nombre de mots. Elle mentionne aussi des transformations d’alphabet, dont l’Atbash, et des méthodes kabbalistiques plus avancées, récursives ou multiplicatives.
Cette abondance a une conséquence pratique : deux personnes qui calculent le même mot peuvent obtenir deux totaux et avoir chacune raison, chacune selon sa méthode. Un total isolé, sans le nom de la méthode, ne veut donc presque rien dire.
Un détail suffit à voir le problème : pour le mot chai, la page donne un calcul dont le résultat est 971 ou 976 selon qu’on inclut ou non une lettre, sans commentaire. Quand la méthode change le total, il faut toujours demander laquelle a été utilisée.
Quels exemples la page cite-t-elle ?
Plusieurs, avec leurs valeurs. Le plus connu est chai, le mot hébreu pour « vivant », qui vaut 18, d’où la valeur porte-bonheur attribuée au nombre 18. Voici ceux que je retiens :
| Exemple | Valeur | Remarque de la page |
|---|---|---|
| Chai (vivant) | 18 | Origine du caractère porte-bonheur du 18 |
| Yayin (vin) et sod (secret) | 70 | Citation du Talmud, Sanhédrin 38a |
| Serviteurs d’Abraham | 318 | Genèse 14:14, rattaché à Eléazar |
| Poissons de Jean 21:11 | 153 | Lien avec 4Q252 selon une théorie |
| Neron Kaisar | 666 | Selon certains historiens |
| Basmala, selon l’abjad | 786 | Valeur qui compte dans la religiosité populaire |
Plusieurs de ces liens sont des hypothèses, et la page les présente comme telles. C’est le cas pour 153 et 4Q252, et pour 666 et Néron. Je les cite pour montrer le type de raisonnement, pas pour te les donner comme prouvés.
Le passage sur des chiffrements cachés dans des textes juifs est marqué comme non sourcé sur la page, et la page est signalée comme demandant des compléments. Un tableau d’exemples ne prouve donc pas qu’un nombre porte un sens : il montre qu’on peut trouver un nombre.
Quels sont ses usages religieux selon la page ?
Ils sont nombreux dans la tradition juive, et plus rares ailleurs. La page range la gématrie parmi les 32 règles herméneutiques talmudiques, à la 29e place, pour l’interprétation aggadique de la Torah. Elle ajoute qu’elle est très présente dans la littérature rabbinique, la Kabbale et le hassidisme.
Voici ce que la page relève dans chaque tradition :
- Judaïsme. Un lien fait par les hassidim entre Amalek et le doute, sefek, qui ont la même valeur ;
- Islam. La Basmala vaut 786 selon l’abjad et prend de l’importance dans la religiosité populaire ;
- Christianisme. Des usages existent chez Barnabé, dans les Oracles sibyllins et dans l’Apocalypse, mais la page dit que cette pratique n’a pas dominé.
Pour l’islam, la page rapporte une recommandation de réciter la Basmala 786 fois, consignée chez al-Būnī. Je la mentionne parce qu’elle est dans la source, et c’est la seule mention d’al-Būnī que j’y ai trouvée. Je ne la présente pas comme un conseil à suivre, et la page ne donne pas de détail sur l’auteur.
Pour situer le monde des lettres sans entrer dans la pratique, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose le cadre, et Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur l’auteur.
Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.
Quelles critiques ont été faites de la gématrie ?
Elles sont anciennes. La page cite Proclus, au Ve siècle, qui rapporte l’avis de Jamblique : il rejette l’interprétation du mot psychè par Théodore d’Asiné pour trois raisons.
- Des sens opposés. Des lettres de même valeur peuvent avoir des sens contraires ;
- Des formes qui changent. Les lettres n’ont pas toujours la même forme ;
- Des opérations multipliables. On peut presque tout obtenir en changeant d’opération.
La page ajoute que des Pères de l’Église, dont Irénée, ont critiqué l’usage gnostique, notamment celui de Marcus. La Réforme luthérienne a rejeté la numérologie, et Michael Stifel, qui avait prédit la fin du monde, en a fait les frais. Sa prédiction est datée du 19 octobre 1533 par la page, d’après des sources secondaires.
Le troisième argument est le plus fort. Une technique ouverte à de multiples combinaisons peut produire presque n’importe quel nombre, ce qui veut dire qu’un résultat ne démontre rien tout seul. Je n’ai pas besoin d’aller plus loin que la source pour le dire.
Quel lien avec l’abjad et le Shams al-Maarif ?
La page relie l’abjad à la gématrie, mais ne mentionne pas le Shams al-Maarif. Elle présente l’abjad comme un système dérivé, cite l’ordre abjadi pour la Basmala et place la gématrie arabe dans la religion populaire et la magie populaire du Proche-Orient.
Ce que je peux affirmer, c’est ceci. L’abjad et la gématrie hébraïque sont des systèmes de lettres-nombres proches, et la page en fait un exemple de technique partagée. Ce qu’un livre précis en fait relève d’une autre question, que la page n’aborde pas.
Pour lire ce livre sans entrer dans les pratiques, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Comment lire un calcul de lettres sans lui prêter un pouvoir ?
En vérifiant la méthode avant la conclusion. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Demande la table. Hébraïque, arabe, grecque ou autre : la valeur change ;
- Demande la méthode. Valeur absolue, réduite, ordinale : le total diffère ;
- Refais le calcul. Une lettre de trop ou de moins change tout ;
- Sépare le calcul de l’interprétation. Additionner est un fait de langue, y lire un message est un choix ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
En résumé
La gématrie donne une valeur numérique aux lettres d’un mot. Selon la page, son plus ancien usage documenté remonte à une inscription assyrienne du VIIIe siècle avant notre ère, elle existe en grec, en hébreu et en arabe, elle a de nombreuses méthodes et elle a été critiquée dès l’Antiquité.
La page cite al-Būnī une fois, à propos de la Basmala, et ne mentionne pas le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Gematria » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la gématrie ?
Selon Wikipédia, l’attribution d’une valeur numérique à un nom, un mot ou une phrase, en lisant ses lettres comme des nombres.
Quel est son plus ancien usage connu ?
Une inscription assyrienne du VIIIe siècle avant notre ère, commandée par Sargon II, selon la page.
Pourquoi un même mot a-t-il plusieurs valeurs ?
Parce que la page décrit de nombreuses méthodes de calcul, et que chacune donne un total différent.
La gématrie est-elle liée au Shams al-Maarif ?
La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


