La Kabbale est, selon Wikipédia, une méthode ésotérique et une école de pensée de la mystique juive. Ses adeptes y cherchent le sens intérieur de la Bible hébraïque. La page place sa naissance aux XIIe et XIIIe siècles, en Occitanie, et date le Zohar de la fin du XIIIe siècle.
Le mot circule partout, dans les livres de lettres comme dans les produits de bien-être, avec des sens très différents. Je préfère donc repartir d’une source qui distingue ce que la tradition affirme, ce que les historiens discutent et ce que d’autres milieux en ont fait. Ce texte est un guide de lecture, pas une initiation, et je n’y décris aucune pratique.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à la Kabbale, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je précise plus bas ce qu’elle dit de l’islam, c’est-à-dire presque rien.
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Qu’est-ce que la Kabbale ?
Une école de la mystique juive, dont le nom hébreu qabbala signifie « réception » ou « tradition », selon la page. Ses adeptes, les mekubbalim, y voient le sens intérieur de la Bible hébraïque et de la littérature rabbinique, ainsi qu’une explication des pratiques religieuses juives.
La page précise que le terme a aussi été repris par l’ésotérisme occidental, sous les formes de la kabbale chrétienne et de la Qabalah hermétique. C’est une première mise en garde : le même mot désigne deux réalités différentes, l’une interne au judaïsme, l’autre extérieure.
Voici ce que je retiens comme définition de travail :
- Une tradition de lecture. Elle cherche un sens intérieur dans les textes, au-delà du sens littéral ;
- Une tradition de transmission. Le mot « réception » renvoie à ce qui est reçu d’un maître ;
- Une tradition plurielle. La page décrit plusieurs courants et des débats internes ;
- Un mot réutilisé. Des milieux non juifs l’ont repris, avec d’autres sens.
Cette définition vient de la page, et je ne la complète pas. Pour le calcul sur les lettres qui y est associé, Gématrie : origine, méthodes, exemples et critiques d’un calcul sur les lettres détaille les méthodes citées par une autre page.
D’où vient-elle et quelles sont les grandes dates ?
D’abord d’antécédents plus anciens, puis du Languedoc, selon la page. Elle cite les littératures Hekhalot et Merkavah, du IIe siècle au haut Moyen Âge, puis le Sefer Yetzirah, daté « entre 200 et 600 ». Le rôle d’antécédent de ce dernier est marqué comme non sourcé sur la page.
Voici les repères qu’elle donne :
| Période | Ce que dit la page | Ma réserve |
|---|---|---|
| IIe siècle au haut Moyen Âge | Littératures Hekhalot et Merkavah | Antécédents |
| Entre 200 et 600 | Sefer Yetzirah | Rôle d’antécédent marqué comme non sourcé |
| XIIe et XIIIe siècles | Naissance en Occitanie, chez les « sages de Provence », avec le Bahir | Datation d’un mouvement, pas d’un jour |
| Fin du XIIIe siècle | Zohar, attribué à Moïse de León | Attribution avec réserve |
| XVIe siècle | Safed, Palestine ottomane, Isaac Louria | Présenté comme le père de la Kabbale moderne |
| XVIIIe siècle | Le hassidisme popularise la kabbale lurianique | Aucune |
| XXe siècle | Gershom Scholem fonde l’étude académique | Aucune |
La page ajoute que la Kabbale s’est diffusée vers la Rhénanie, dans l’école de Judah ben Samuel de Ratisbonne, puis en Espagne. Elle cite aussi le Pardes Rimonim de Moïse Cordovero à Safed.
Le point à retenir est la distinction entre l’histoire et la tradition. La page signale elle-même que l’idée d’une kabbale ouverte à plus d’un million de personnes vers le Xe siècle avant notre ère est une thèse de la kabbale traditionnelle, pas un fait établi. Je ne la reprends donc pas comme un fait.
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Quelles sont les notions clés ?
Les deux plus connues sont l’Ein Sof et les sefirot. L’Ein Sof, « l’Infini », désigne selon la page Dieu en essence, transcendant et inconnaissable, et le texte précise que ce n’est pas un nom divin. Les sefirot sont dix émanations ou attributs divins par lesquels Dieu agit dans la création.
La page les lit aussi de façon éthique, avec des exemples comme hessed, gevourah et tiféret. Voici les autres notions qu’elle cite :
- Les quatre mondes. Une description par niveaux de la création ;
- Les partzufim. Les « visages » divins, centraux chez Louria ;
- Le tsimtsoum. La contraction divine ;
- La chevirah. La brisure des vases ;
- Le tikkoun olam. La réparation du monde ;
- Les qlipot et la Sitra Achra. Les coques du mal et « l’autre côté ».
Elle mentionne aussi le guilgoul, c’est-à-dire la réincarnation, et la tripartition de l’âme en nefesh, ruach et neshamah. Côté lecture, le PaRDeS désigne quatre niveaux d’interprétation, dont le sod, le sens ésotérique, et la gématrie en fait partie.
Plusieurs passages doctrinaux de la page portent des mentions de clarification ou de meilleure source. Je les donne comme un résumé de la page, pas comme un exposé d’autorité. Pour comprendre le goût des lettres et des sens cachés dans un autre contexte, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? montre un parallèle d’esprit, sans lien historique établi par la page.
Quels sont les trois courants décrits par la page ?
La page en distingue trois. Le premier est le courant théosophique ou théorique, celui du Zohar et de Louria, qu’elle présente comme la branche dominante. Le deuxième est le courant méditatif-extatique, avec Abraham Abulafia et Isaac ben Samuel d’Acre, qui visent l’union mystique avec Dieu.
Le troisième est le courant pratique, dit magique. La page y range les talismans et la magie, souvent restés manuscrits, et les juge marginaux, voire interdits. Les passages sur la pratique magique et sur l’interdiction de Louria sont marqués comme non sourcés sur la page.
Voici comment je classe ces courants :
- Théosophique. Il explique la structure du divin et de la création ;
- Méditatif-extatique. Il vise l’expérience de l’union ;
- Pratique. Il concerne les talismans et la magie, présentés comme marginaux.
La page décrit aussi des usages ordinaires. Les commandements accompagnés d’intentions mystiques, les kavanot, ont une valeur théurgique. Le hassidisme rend la pratique accessible à tous, la sincérité d’un simple fidèle pouvant remplacer les capacités ésotériques. Elle cite enfin les yihudim sur les tombes de sages.
Je ne détaille aucune pratique. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Quelles critiques et quels débats la page rapporte-t-elle ?
Plusieurs, et de nature différente. Voici ceux qu’elle cite :
- Maïmonide. Il rejette les textes Hekhalot, notamment le Shi’ur Qomah ;
- Meïr ben Siméon de Narbonne. Vers 1230, il juge les premiers kabbalistes proches de l’hérésie et conteste l’attribution du Bahir ;
- Yaakov Emden. Au XVIIIe siècle, il critique le Zohar, qu’il juge non écrit par Shimon bar Yochai ;
- Le Gaon de Vilna. Il condamne la philosophie médiévale mais soutient la Kabbale.
Pour la figure de Maïmonide, Maïmonide : le Guide des égarés, le médecin de Saladin et sa critique de l’astrologie donne le contexte, sans parler de la Kabbale. Je ne cherche donc pas à lui faire dire ce que cette page ne dit pas.
La page décrit aussi des débats internes : le statut des sefirot, essentialiste ou instrumental, la place de la philosophie et le rôle de la pratique face à l’étude. Elle résume enfin l’historiographie. Les spécialistes de la Wissenschaft des Judentums rejettent la Kabbale, Scholem la réhabilite, Idel et Wolfson proposent une lecture phénoménologique et Drob la relit à la lumière de la déconstruction.
Un dernier point : la page cite une thèse de Halperin, selon laquelle le déclin de la Kabbale en Europe occidentale serait lié à une dissonance cognitive face aux contacts avec les non-juifs. Elle la donne comme thèse, et je la rapporte de même.
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Que devient la Kabbale en dehors du judaïsme ?
Elle est devenue autre chose, selon la page. Dès la Renaissance, des hébraïsants chrétiens et des occultistes hermétiques ont traduit et lu les textes comme une sagesse universelle, parfois héritée du gnosticisme, en les mêlant à d’autres traditions.
La page ajoute que ces usages extérieurs ont donné à la Kabbale des connotations occultes, étrangères au judaïsme. Elle note aussi que beaucoup de publications New Age se réclament de la Kabbale sans refléter la kabbale juive.
Pour situer cet héritage hermétique, Hermès Trismégiste : identité, Hermetica et lien avec Idris présente une autre source de la tradition occulte occidentale. Je ne prétends pas que les deux se superposent, seulement qu’elles appartiennent à un même paysage d’idées.
Ce que cela change pour toi est concret. Quand un livre ou un site se réclame de la Kabbale, demande-toi de laquelle il parle : de la tradition juive, de la lecture chrétienne de la Renaissance ou d’une version moderne qui n’en garde que le nom.
Y a-t-il un lien entre la Kabbale et le Shams al-Maarif ?
Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni le soufisme. Sur l’islam, elle ne le cite que pour un éloge de l’islam par Elijah Benamozegh et pour une référence aux hadiths. Elle n’évoque aucune influence islamique sur les origines de la Kabbale.
Elle mentionne l’Âge d’or d’al-Andalus uniquement comme cadre chronologique. Ce point a une portée précise : la page ne permet pas de dire que la Kabbale doit quelque chose aux livres de lettres arabes, ni l’inverse.
Il existe pourtant des ressemblances de surface, comme le goût pour les lettres, les nombres et les sens cachés. C’est mon observation, et la page ne la confirme pas. Une ressemblance d’atmosphère ne prouve aucun rapport historique.
Pour replacer l’auteur du livre, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Comment lire un texte qui se réclame de la Kabbale ?
En vérifiant d’où il parle. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Demande quelle Kabbale. Juive, chrétienne, hermétique ou New Age : ce n’est pas la même chose ;
- Cherche la date. Le Zohar, c’est la fin du XIIIe siècle, pas l’Antiquité ;
- Distingue tradition et histoire. Un récit d’origine lointaine est souvent une thèse de la tradition ;
- Note ce qui manque. La page ne dit rien d’al-Būnī ni du Shams al-Maarif ;
- Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
La Kabbale est une école de la mystique juive, née selon la page aux XIIe et XIIIe siècles en Occitanie, avec le Zohar à la fin du XIIIe siècle et la renaissance de Safed au XVIe. Elle compte trois courants, des débats internes et des critiques anciennes, et elle a été reprise hors du judaïsme sous d’autres formes.
La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Kabbalah » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Que veut dire Kabbale ?
Selon Wikipédia, le mot hébreu qabbala signifie « réception » ou « tradition ».
Quand est née la Kabbale ?
Selon la page, aux XIIe et XIIIe siècles en Occitanie, avec le Bahir, puis le Zohar à la fin du XIIIe siècle.
Qu’est-ce que les sefirot ?
Dix émanations ou attributs divins par lesquels Dieu agit dans la création, selon la page.
La Kabbale est-elle liée au Shams al-Maarif ?
La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


