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Shams al-Maʿārif

Qarmates : l’État d’al-Ahsa, le pillage de La Mecque en 930 et la Pierre noire

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Qarmates Couverture de l'article

Les Qarmates étaient, selon Wikipédia, un mouvement militant ismaélien qui fonda en 899 un État religieux centré sur al-Ahsa, dans l’est de l’Arabie. Ils sont surtout connus pour le pillage de La Mecque en 930 et pour le vol de la Pierre noire, restituée en 952 contre rançon.

Ces faits sont brutaux, et on les raconte souvent de façon plus large que les sources ne le permettent. La page que j’ai lue donne des dates, des chiffres et des noms, mais elle signale aussi ses propres incohérences et ses sources uniques. Je rapporte donc les événements en gardant ces réserves, sans ajouter de détails que la page ne contient pas.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée aux Qarmates, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif, et elle n’évoque pas la magie comme caractéristique du mouvement. Je n’invente donc aucun lien avec les livres de lettres.

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Qui sont les Qarmates ?

Un mouvement ismaélien, de la branche septimanienne du chiisme, dirigé par une dynastie arabisée d’origine persane qui revendiquait une ascendance alide, selon la page. Ils rejetèrent l’imamat du calife fatimide al-Mahdi Billah et se révoltèrent à la fois contre les Fatimides et contre les Abbassides.

Voici ce que la page retient pour les situer :

  • Un État. Fondé en 899, avec al-Ahsa comme centre, en Arabie orientale ;
  • Un bastion. Bahreïn, qui comprenait une grande partie de l’Arabie orientale et des îles ;
  • Une doctrine. La page la décrit comme syncrétique ;
  • Deux adversaires. Les califes abbassides et les califes fatimides.

Pour le cadre religieux, Ismaélisme : origine, doctrine du sens caché, Fatimides et branches actuelles explique la famille doctrinale dont ce mouvement est issu. Les Qarmates sont une branche qui s’en est détachée, et non un synonyme de l’ismaélisme.

Je précise ce point parce que le nom est souvent employé pour désigner tout ce qui est ismaélien. La page ne le fait pas, et elle montre au contraire un mouvement opposé à la dynastie fatimide.

Comment le mouvement est-il né ?

Autour d’un prédicateur et d’un chef militaire, selon la page. Hamdan Qarmat se serait converti vers 874 en Khuzistan et aurait préparé le sud de l’Irak à l’arrivée du Mahdi. Le nom « Qarmate » pourrait venir de son surnom, mais l’étymologie reste incertaine, avec des hypothèses araméenne ou arabe.

Le chef militaire est Abu Sa’id al-Jannabi, d’origine persane, venu de Jannabah, sur la côte du Fars. Il s’empare de Hajar, la capitale de Bahreïn, et d’al-Hasa en 899, et fait de ce territoire sa base.

Voici la chaîne des événements, telle que je la comprends :

  1. Vers 874. Hamdan Qarmat se convertit et prépare l’arrivée du Mahdi ;
  2. 899. Un schisme à Salamiyah divise le mouvement : une partie reconnaît Abdallah al-Mahdi ;
  3. 909. Abdallah al-Mahdi fonde le califat fatimide ;
  4. 899 aussi. Abu Sa’id prend Hajar et al-Hasa, et fonde l’État qarmate.

La page dit que Hajar et al-Hasa furent prises en 899, sans préciser laquelle était la capitale effective à ce moment. Elle présente par ailleurs le schisme de 899 comme le moment où les Qarmates rejettent la reconnaissance du nouveau mahdi.

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Quelles sont les dates clés ?

La page en donne une dizaine. Voici les principales, avec mes réserves :

DateCe que dit la pageMa réserve
899Fondation de l’État qarmateHajar et al-Hasa prises la même année
906Embuscade contre une caravane de pèlerins, 20 000 victimesChiffre appuyé sur une seule source secondaire
927Tentative de prise de BagdadAucune
930Pillage de La Mecque sous Abu Tahir al-JannabiVoir la section suivante
931Al-Isfahani proclamé Mahdi, exécuté après environ 80 joursDate donnée de deux façons dans la page
952Pierre noire rendue contre rançon des AbbassidesAucune
976Défaite face aux AbbassidesDébut du déclin
1067Prise d’Hofuf par les Uyunides et les SeldjoukidesL’infobox donne 1077

Sur l’embuscade de 906, la page cite le chiffre de 20 000 victimes à partir d’un seul auteur, al-Jubūrī, en 2004, une source secondaire. Je le rapporte comme un chiffre cité, pas comme un fait établi.

Sur la date de fin, la page est contradictoire : le texte et une source donnent 1067, l’infobox donne 1077. Je garde donc 1067, en notant l’écart. Les dates de règne d’Abu Tahir (923 ou 914 selon l’endroit) et d’Abu Sa’id (894 ou 899) varient aussi.

Que s’est-il passé à La Mecque en 930 ?

Un pillage, selon la page. Sous Abu Tahir al-Jannabi, les Qarmates attaquent La Mecque en 930, profanent le puits de Zamzam et volent la Pierre noire, qu’ils emportent à Qatif. La page précise que Médine est aussi pillée.

La Pierre noire est restituée en 952, contre une rançon versée par les Abbassides. Voici ce que je retiens de l’épisode :

  • Le vol. Il vise un objet central du pèlerinage ;
  • Le lieu de dépôt. La page cite Qatif, Ain al-Kuayba ;
  • La restitution. Elle intervient 22 ans plus tard, contre rançon ;
  • Le contexte. Les Qarmates considèrent le pèlerinage comme une innovation illicite, la bid’ah, d’où les raids sur les routes du hajj.

Je ne détaille pas les violences de l’attaque, car la page ne le fait pas non plus. Elle cite aussi un « siècle de terreur » à Kufa, attribué à un chercheur non nommé, et je ne reprends pas cette formule.

Ces événements ont souvent été utilisés pour juger tout un courant. Je préfère m’en tenir à ce que dit la page : un mouvement armé précis, à une date précise, avec des sources parfois uniques. Les conclusions générales sur « les ismaéliens » ne se tirent pas d’un tel épisode.

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Quelles relations avec les Abbassides et les Fatimides ?

Une opposition constante, mêlée de tributs, selon la page. Les Qarmates combattent les Abbassides tout en percevant des tributs du calife. Ils sont aussi rivaux des Fatimides, qu’ils ne reconnaissent pas, et perçoivent des tributs de l’imam ismaélien du Caire.

La page ajoute que les Zanj, en affaiblissant Bagdad, profitent aux Qarmates. Elle note enfin qu’al-Isfahani, proclamé Mahdi en 931, est exécuté après environ 80 jours, ce qui affaiblit durablement le mouvement.

Pour comprendre l’adversaire fatimide, Fatimides : le califat ismaélien, Le Caire, al-Azhar et la chute de 1171 présente la dynastie du Caire d’après une autre page. Les deux pages ne couvrent pas les mêmes aspects, et je ne les mélange pas.

Un point de méthode est utile ici. Quand une page dit « tributs » à la fois des Abbassides et des Fatimides, elle décrit un rapport de force, pas une alliance. Je n’en tire donc aucune conclusion sur la proximité doctrinale.

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Comment la page décrit-elle la société et la doctrine ?

Avec des chiffres d’époque et des lectures modernes opposées. Côté doctrine, elle cite sept imams prédestinés, et fait de Muhammad ibn Isma’il le prophète-messager, l’imam al-Qa’im et le Mahdi caché, en état d’occultation.

Côté société, elle indique de grands domaines agricoles, à Hasa, à Qatif et dans les îles, exploités par une main-d’œuvre servile. Selon Nasir Khusraw, qui visite la région en 1051, ils emploient environ 30 000 esclaves éthiopiens, un chiffre ancien que la page rapporte avec prudence.

Voici les autres éléments qu’elle cite :

  • Des prêts sans intérêt et une exemption fiscale ;
  • Une monnaie de plomb, la pièce « tawila », vers 920 ;
  • Des interdits alimentaires, vers 908, avec Abu Hatim al-Zutti, d’où le surnom de « marchands de légumes » ;
  • Une incertitude. On ignore si ces interdits étaient encore suivis en 928.

La page signale aussi des lectures modernes opposées. Certains auteurs parlent de société proto-socialiste, Perry Anderson d’une « république égalitaire esclavagiste », Azmi Bishara critique ces lectures comme anachroniques, et Marshall Hodgson insiste sur la base paysanne et juvénile du mouvement. Je ne choisis pas entre elles.

Comment le mouvement s’est-il éteint ?

Par érosion, selon la page. Les tributs cessent progressivement et l’État se réduit à un pouvoir local, réfugié à Hofuf. Les Uyunides, aidés des Seldjoukides, obtiennent la reddition en 1067, après un siège de sept ans. Une partie des communautés aurait été absorbée par la propagande fatimide ou dispersée.

La page ajoute que des Qarmates auraient migré vers Multan, au Pakistan, où Mahmud de Ghazni mit fin à leur pouvoir en 1005 en imposant le sunnisme au souverain local. Elle signale aussi une division en 1058, quand Bahreïn se détache sous Abu al-Bahlul al-Awwam, d’après Larsen.

Plusieurs notes de bas de page sont vides ou mal formatées, et des affirmations sur la société « utopique » n’ont pas de source explicite. Plus un récit est spectaculaire, plus il demande de sources solides. Ici, la page signale elle-même certaines faiblesses, ce qui aide le lecteur à doser sa confiance.

Y a-t-il un lien avec le Shams al-Maarif ?

Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page sur les Qarmates ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif, et elle ne présente pas la magie comme un trait du mouvement.

Pourquoi alors le sujet apparaît-il dans les recherches voisines ? C’est mon hypothèse, et la page ne la confirme pas : l’ismaélisme est lié aux idées de sens caché et de savoir réservé, et le nom des Qarmates est souvent associé à des légendes de secrets. Cette atmosphère ne prouve aucun rapport historique.

Pour replacer l’auteur du livre, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Comment lire un récit sur un mouvement controversé ?

En vérifiant les dates, les chiffres et les sources. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Cherche les chiffres uniques. 20 000 victimes ou 30 000 esclaves viennent d’une seule source chacun ;
  2. Compare les dates. 1067 ou 1077 : un écart se signale ;
  3. Distingue le mouvement de la famille. Les Qarmates ne sont pas « les ismaéliens » ;
  4. Note ce qui manque. La page ne parle ni d’al-Būnī ni de magie ;
  5. Ne généralise pas. Un épisode violent ne décrit pas toute une tradition.

Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Les Qarmates sont un mouvement ismaélien qui fonda un État à al-Ahsa en 899. Selon la page, ils pillèrent La Mecque en 930, emportèrent la Pierre noire et la rendirent en 952 contre rançon, avant un déclin qui s’achève vers 1067.

La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Elle se contredit sur plusieurs dates et s’appuie parfois sur une source unique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Qarmatians » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui sont les Qarmates ?

Selon Wikipédia, un mouvement ismaélien qui fonda en 899 un État centré sur al-Ahsa, en Arabie orientale.

Qu’ont-ils fait à La Mecque ?

Selon la page, ils pillèrent la ville en 930 et emportèrent la Pierre noire, rendue en 952 contre rançon.

Pourquoi les dates de la page se contredisent-elles ?

Parce que le texte et l’infobox donnent parfois deux années différentes, comme 1067 et 1077 pour la fin du mouvement.

Les Qarmates sont-ils liés au Shams al-Maarif ?

La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.