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Shams al-Maʿārif

Shams al Maarif ancienne édition : ce que veut dire « ancienne » et comment juger une édition imprimée

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 9 min de lecture
Shams al Maarif ancienne édition Couverture de l'article

Une « ancienne édition » du Shams al-Maarif ne remonte pas au Moyen Âge. Selon Wikipédia, la première impression de l’ère moderne date de 1985 à Beyrouth, et selon le chercheur Noah Gardiner, les éditions imprimées se comptent par dizaines depuis le tournant du XXe siècle, surtout au Caire et à Beyrouth.

Quand on cherche une ancienne édition, on espère souvent un exemplaire plus fidèle, plus complet ou plus « authentique » que les autres. Les sources que j’ai lues disent presque l’inverse : l’ancienneté d’une édition imprimée ne garantit ni l’exactitude ni l’étendue du texte, et un même titre recouvre des contenus différents. Je te montre ce qu’elles permettent d’affirmer, et ce qu’elles laissent ouvert.

Je m’appuie sur deux sources : la page de Wikipédia consacrée au livre, lue en anglais, et un article universitaire de Noah Gardiner, publié en 2012 dans le Journal of Arabic and Islamic Studies. Je signale chaque fois ce que ni l’une ni l’autre ne dit.

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Que veut dire « ancienne édition » pour ce livre ?

Cela peut désigner trois choses différentes, et les mélanger est la source de beaucoup d’erreurs. Voici comment je les range :

  1. Un manuscrit. Une copie à la main, dont les plus anciennes citées par Gardiner sont médiévales ;
  2. Une édition imprimée ancienne. Au sens des sources, elle date du XXe siècle, puisque Gardiner situe les premières éditions autour du tournant de ce siècle ;
  3. Une réimpression plus récente. Un tirage des années 2000, présenté comme ancien parce qu’il ressemble à un vieux livre.

Les sources ne décrivent pas de lithographie, de tirage ancien ou de rareté particulière. Elles ne disent rien non plus de leur valeur marchande. Si on te présente une édition comme rare ou exceptionnelle, ce n’est donc pas une information que ces deux sources permettent de vérifier.

Quelles éditions imprimées les sources citent-elles ?

La page de Wikipédia en donne une liste précise, que je recopie avec ses limites. Elle ne prétend pas être complète.

ÉditionCe que dit la pageCe qu’elle ne dit pas
1978, KarachiÉdition en ourdou, par Iqbal al-Din Ahmad, chez Darul IshaatLe contenu exact
1979, IstanbulÉdition en turc, par Selahattin AlpayL’éditeur
1985, BeyrouthPremière impression de l’ère moderneL’éditeur, la langue, le tirage
2005, BeyrouthShams al-Maarif al-Sughra, chez Al Nour LibraryLe détail du texte
2006, BeyrouthShams al-Maarif al-Kubra, chez Al Nour LibraryLe détail du texte

La page mentionne aussi une traduction ourdoue à Lahore, sans date. Elle cite par ailleurs, dans la page d’Ahmad al-Būnī, une édition du Caire en 1928. Les deux pages ne donnent donc pas le même point de départ, et je ne tranche pas entre 1928 et 1985. Pour ces repères mis dans l’ordre, Shams al Maarif histoire : d’al-Būnī aux éditions imprimées, repères et incertitudes les place avec leurs contradictions.

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Combien d’éditions imprimées existent-elles ?

Beaucoup, selon Gardiner. Il cite le spécialiste Constant Hamès, qui compte des dizaines d’éditions imprimées depuis environ le tournant du XXe siècle, venant surtout du Caire et de Beyrouth. Il en tire une conséquence : la réputation moderne d’al-Būnī repose, dit-il, largement sur des éditions imprimées d’un seul ouvrage.

Voici ce que cela implique, avec ce que l’article ne dit pas :

  • Une grande variété. Des dizaines d’éditions ne forment pas un texte unique ;
  • Une dépendance à l’imprimé. Gardiner affirme que les chercheurs modernes se sont appuyés presque exclusivement sur les éditions imprimées ;
  • Un risque de malentendu. Selon lui, cela a conduit à mal comprendre ses enseignements ;
  • Des silences. L’article ne nomme aucun éditeur précis, ne donne aucune date d’édition précise et ne détaille pas les différences entre imprimés.

Je ne peux donc pas te dire quelle édition est la meilleure, et personne ne peut le faire sérieusement à partir de ces seules sources.

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Pourquoi les éditions imprimées ont-elles fait la réputation du livre ?

Parce qu’elles l’ont rendu accessible, d’après Gardiner. Il écrit que la notoriété moderne d’al-Būnī repose largement sur les éditions imprimées d’un seul ouvrage, et il cite l’exemple d’une étude de Pierre Lory, tirée d’éditions imprimées de la Kubra.

Voici ce que j’en retiens, en restant dans ce que l’article dit :

  • Un livre connu par l’imprimé. La diffusion moderne passe par ces éditions, pas par les copies médiévales ;
  • Un portrait d’al-Būnī construit sur un texte tardif. Cela peut déformer l’image de l’auteur, selon le chercheur ;
  • Une leçon de méthode. Quand on juge un livre, il faut savoir quelle édition on a sous les yeux ;
  • Une limite. L’article ne compare pas les imprimés entre eux, et je ne le fais pas non plus.

Je suis maître marabout et je propose aussi ce livre sur ce site : les secrets dont je parle s’y trouvent. Elle fait partie de l’histoire de la réputation du livre, plus que de l’histoire de son écriture.

Que disent les sources des manuscrits plus anciens ?

Ils sont bien plus anciens que n’importe quelle édition, et ils racontent une autre histoire. Gardiner cite comme le plus ancien le manuscrit BnF arabe 2647, que le catalogueur Slane date de la fin du XIIIe siècle de notre ère, au plus tard du XIVe. Il précise que tous les exemplaires datés du Shams sont du XVe siècle ou postérieurs, et que le texte médiéval stable fait environ 120 folios.

Voici ce qu’il en tire :

  1. Un texte médiéval cohérent. Il existe sous une forme sans qualificatif de taille, selon l’article ;
  2. Des titres ajoutés plus tard. Un manuscrit copié au Caire en 1508 porte le titre « al-Kubrā », qui semble avoir été ajouté après coup ;
  3. Des titres trompeurs. Un manuscrit étiqueté « al-Ṣughrā », daté de 1380, contient en réalité un autre texte d’al-Būnī, les Laṭāʾif al-ishārāt ;
  4. Un autre cas. Le manuscrit Ayasofya 2799, daté de 1457, est donné comme un second exemple de titre qui ne correspond pas.

L’article ne dit pas que ces copies sont accessibles ni qu’elles sont comparables aux imprimés actuels. Il fournit seulement un repère : le texte médiéval est plus court et plus stable que la grande version imprimée.

La « grande version » imprimée est-elle ancienne ?

Pas au sens où on l’entend. Gardiner écrit que la Kubra imprimée apparaît sous sa forme la plus connue au XVIIe siècle, en intégrant un autre texte avec un cadre narratif qui met en scène al-Būnī. Il juge que l’idée de trois rédactions, courte, moyenne et longue, est « une sorte de rumeur qui se réalise d’elle-même », reprise depuis un essai de 1930.

Voici ce que cela change pour qui cherche une « ancienne édition » :

  • Une compilation tardive. Selon l’article, la forme imprimée connue date du XVIIe siècle, pas de l’époque d’al-Būnī ;
  • Une première mention des trois versions. Elle vient d’al-Manāwī, vers 1602, sans contenu précis ;
  • Un titre qui nomme plus qu’il ne décrit. « Kubra » et « Sughra » ne désignent pas deux versions stables ;
  • Une réserve de ma part. Je rapporte un avis de chercheur, et non un fait que j’aurais vérifié moi-même.

Pour le débat sur l’attribution, Shams al Maarif vrai ou faux : ce que l’on peut vérifier et ce qui reste discuté détaille les positions citées par Wikipédia.

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Comment juger une ancienne édition qu’on te propose ?

En posant des questions précises, parce que « ancienne » n’est pas un critère de qualité. Voici celles que je te propose :

  1. De quand date-t-elle exactement ? Une date imprimée sur la page, pas une impression d’ancienneté ;
  2. Qui l’a éditée ? Un éditeur nommé, une ville, un lieu de parution ;
  3. Quel texte contient-elle ? Kubra, Sughra ou autre, et avec quelle structure ;
  4. D’où vient le texte ? Un manuscrit cité, ou une réimpression d’une autre édition ;
  5. Promet-on un effet ? Si oui, c’est un signal d’alerte, car aucun résultat n’est garanti.

Pour savoir ce que « complète » veut dire quand on parle d’une traduction ou d’une édition, Shams al Maarif traduction française complète : ce que veut dire « complète » et comment la lire détaille les vérifications à faire.

Une ancienne édition vaut-elle mieux qu’une traduction récente ?

Cela dépend de ce que tu cherches, et les sources ne tranchent pas. Une ancienne édition arabe te donne un texte dans sa langue, mais seulement si tu lis l’arabe. Une traduction te donne accès au contenu, mais son sérieux dépend de celui qui la fait.

Voici comment je compare, sans rien prétendre :

  • Lisibilité. L’arabe imprimé ancien est parfois difficile à lire, avec des fautes de composition possibles ;
  • Fidélité. Une édition ancienne n’est pas forcément plus fidèle qu’une récente ;
  • Traduction. Elle dépend du texte de départ choisi, comme pour n’importe quelle traduction, y compris la mienne ;
  • Contrôle. Dans tous les cas, demande quel texte est présenté et sur quelle base.

Pour une aide à la comparaison, Où acheter Shams al Maarif en français : comment choisir une version fiable sans te tromper donne des critères de comparaison.

Une ancienne édition donne-t-elle plus de pouvoir ?

Non, et aucune des sources lues ne le suggère. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et aucun résultat n’est garanti, quelle que soit l’édition.

Voici ce que je peux dire, sans rien promettre :

  • L’ancienneté n’est pas une preuve. Elle ne démontre ni l’authenticité ni l’efficacité ;
  • Pas de consigne de ma part. Je ne donne aucune formule ni aucune méthode ;
  • Pas de promesse. Je me méfie de qui te vante une édition « rare » en lui attribuant un effet ;
  • Un renvoi. Pour une question de foi, parle à une personne compétente de ta tradition, et pour la santé, à un professionnel.

En résumé

Une ancienne édition du Shams al-Maarif est, au plus loin, une impression du XXe siècle, avec des dizaines d’éditions venues surtout du Caire et de Beyrouth selon Gardiner. Les manuscrits sont bien plus anciens, mais leurs titres sont parfois trompeurs, et la grande version imprimée date, selon lui, du XVIIe siècle.

Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Demande toujours la date, l’éditeur, le texte et la source avant de juger une édition.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012.

Questions fréquentes

Existe-t-il une édition médiévale imprimée du Shams al-Maarif ?

Non. Selon les sources lues, les éditions imprimées datent du XXe siècle, avec des dizaines d’éditions depuis le tournant de ce siècle.

Quelle est la première édition moderne ?

Wikipédia cite une impression de 1985 à Beyrouth, alors que la page d’al-Būnī mentionne une édition du Caire en 1928.

Une ancienne édition est-elle plus fiable ?

Pas forcément. Les sources ne disent rien qui permette de le garantir, et les titres peuvent être trompeurs.

Le livre garantit-il un résultat ?

Non. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.