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Shams al-Maʿārif

Suhrawardi : la philosophie de l’illumination, la lumière des lumières et sa mort à Alep

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Suhrawardi Couverture de l'article

Suhrawardi est un philosophe persan né en 1154 et mort à Alep vers 1191, fondateur de l’école de l’illumination, l’ishraq. Selon Wikipédia, il décrit toute existence comme des degrés de lumière et d’obscurité, et il porte le surnom de Shaykh al-Maqtul, « le maître tué », à cause de son exécution.

Son nom attire des lecteurs qui cherchent des mondes invisibles, des anges et des symboles, ce qui peut donner l’idée d’un lien avec les livres de tradition. La page que j’ai lue décrit un philosophe qui écrit en langage symbolique, inspiré de l’ancien Iran, de Platon et d’Hermès. Elle ne mentionne ni talismans, ni magie, ni mystique des lettres ou des nombres.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Shahab al-Din Suhrawardi, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je le redis là où la question se pose.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Qui était Suhrawardi ?

Un jeune penseur mort avant quarante ans. Selon la page, il est né en 1154 à Suhraward, un village entre Zanjan et Bijar Garrus, dans le nord-ouest de l’Iran. Il a étudié la sagesse et le droit à Maragha auprès de Majd al-Din Jili, qui fut aussi le maître de Fakhr al-Din al-Razi. Il a ensuite passé plusieurs années en Irak et en Syrie.

Voici les repères qu’elle donne :

PointCe que dit la page
1154Naissance à Suhraward
FormationSagesse et droit à Maragha, sous Majd al-Din Jili
VoyagesPlusieurs années en Irak et en Syrie, où sa pensée se forme
1186Achève la Philosophie de l’illumination (Hikmat al-Ishraq), à 32 ans
MortEntre 1191 et 1208 selon les versions, à Alep dans le récit le plus courant
SurnomsShaykh al-Ishraq, « maître de l’illumination », et Shaykh al-Maqtul

Mulla Sadra l’a appelé le « ravivificateur des traces des sages pahlavis », c’est-à-dire iraniens anciens. La page note aussi qu’il a écrit plus de cinquante œuvres, en persan et en arabe.

Les repères viennent d’une seule page encyclopédique. La date de sa mort est donnée avec une large fourchette, de 1191 à 1208, et je n’ai pas recoupé ces dates avec d’autres sources. Pour un autre penseur lié à Avicenne par la critique, Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie donne le contexte de l’école qu’il discute.

Que veut dire la philosophie de l’illumination ?

Que tout ce qui existe est lumière, à des degrés divers. Selon la page, la création émane de la Lumière suprême, la Lumière des lumières (Nur al-Anwar), dans un ordre descendant d’intensité décroissante. Des lumières inférieures forment un réseau « horizontal », comparable aux formes de Platon, qui gouverne la réalité terrestre.

Voici les idées que la page présente :

  1. Existence et lumière. Tout est degrés de lumière et d’obscurité, et les corps se classent selon la lumière qu’ils reçoivent ou non ;
  2. L’âme. Chaque âme préexiste dans le monde angélique ; une partie reste au ciel et l’autre descend dans le corps ;
  3. La tristesse de l’âme. Divisée, l’âme est triste et cherche à retrouver sa partie céleste ;
  4. Le bonheur. Il vient du détachement du corporel et du mondain, et les gnostiques et les saints montent au-delà du monde angélique vers la Lumière suprême ;
  5. Le monde imaginal. Il développe l’idée d’un monde intermédiaire indépendant, le monde imaginal (ʿalam-i mithal), qui influencera Mulla Sadra.

La page ajoute que son angélologie est élaborée sur des modèles zoroastriens. Il s’agit d’une construction philosophique et symbolique, que la page décrit comme telle.

Ces points touchent à la théologie. Je les rapporte comme les positions d’un penseur médiéval, sans en juger la valeur. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Ces idées sont celles de Suhrawardi, telles que la page les décrit. Elles ne résument pas ce que pensent toutes les écoles de l’islam.

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Quelles sont ses sources d’inspiration ?

Il en a plusieurs, que la page classe en quatre groupes. Voici ce qu’elle dit :

  • L’Iran ancien. Des symboles et concepts zoroastriens, comme le Khvarenah, Surush ou Bahman (Vohuman) comme Lumière suprême ;
  • Les Grecs et Hermès. Platon et Hermès comme sources de la sagesse ancienne qu’il voulait faire revivre ;
  • Le soufisme. Des voyages mystiques étaient, pour lui, un préalable à la compréhension de sa philosophie ;
  • Avicenne. Il s’appuie sur lui et le critique.

La page précise qu’il commence comme défenseur de la philosophie péripatéticienne, puis qu’il est influencé par Platon, Hermès (Thot), Pythagore, des figures persanes et une expérience mystique. Il propose une critique platonicienne de l’école d’Avicenne sur la logique, la physique, la théorie de la connaissance, la psychologie et la métaphysique. Il veut faire revivre la « sagesse perdue d’Orient et d’Occident ».

La mention d’Hermès demande une précaution. La page cite Hermès comme une source philosophique, dans une liste d’influences, sans parler de textes de magie. Pour comprendre ce nom dans la tradition, Hermès Trismégiste : identité, Hermetica et lien avec Idris présente le personnage et ses textes, sans rattacher Suhrawardi à une pratique.

Je n’ai lu aucune de ses œuvres. Mes descriptions reprennent la page, et seul un spécialiste de l’ishraq peut dire comment ces influences se combinent dans ses textes.

Que contiennent ses récits symboliques ?

Des histoires visionnaires, au langage souvent iranien. Selon la page, les Alwah-i Imadi proposent une lecture ésotérique du Shahnameh de Ferdowsi, où des figures comme Fereydun, Zahak, Kay Khusraw et Jamshid représentent des manifestations de la lumière divine. D’autres textes, comme le Partaw Nama et la Hikmat al-Ishraq, utilisent beaucoup de symboles zoroastriens.

La page cite encore plusieurs titres :

  1. Hayakil al-Nur. Les « Temples de la lumière » ;
  2. Risalat al-Tayr, Safir-i Simurgh et Awaz-i Par-i Jebrail. Trois titres de récits ;
  3. Aql-i Surkh, Bustan al-Qulub et Kitab al-Talwihat. Trois autres titres, sans description.

La page ne donne le contenu de la plupart de ces œuvres que par leurs titres. Je ne peux donc pas en dire plus.

Un détail à noter : la page n’évoque ni alchimie, ni magie, ni talismans, ni mystique des lettres ou des nombres. Ses seules références à des matières proches de l’occulte sont les accusations de bâtinisme lors de son procès et un symbolisme général hermétique et zoroastrien. Pour mesurer ce que recouvre le mot « alchimie » dans l’histoire, Alchimie arabe : origines, grandes figures et limites des sources rassemble ce que dit une autre page.

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Comment est-il mort ?

La page ne tranche pas, et elle donne plusieurs récits. Voici ce qu’elle rapporte :

  • Le récit le plus courant. Une exécution à Alep, entre 1191 et 1208, pour des enseignements bâtinis et pour sa philosophie, ordonnée par al-Malik al-Zahir, fils de Saladin ;
  • Des traditions concurrentes. Mort de faim, par suffocation, ou jeté du mur d’une forteresse puis brûlé ;
  • Une fourchette large. Les années varient de 1191 à 1208 ;
  • Un surnom. Shaykh al-Maqtul, « le maître tué », renvoie à son exécution pour hérésie.

La page ne résout pas la question. Je ne la résous pas non plus, et je rapporte ces versions sans choisir. Le terme bâtini renvoie à des courants que d’autres théologiens ont condamnés, comme le montre Al-Ghazali : l’Ihya, la crise spirituelle et les livres qu’on lui attribue à tort, qui rapporte sa condamnation des batiniyya.

Je note un fait : l’accusation de bâtinisme est une accusation, portée lors d’un procès dans un contexte politique. La page ne donne pas les détails de ce procès, et je ne peux pas en dire plus. Pour un autre mystique mort après un procès et des accusations, Al-Hallaj : « Je suis la Vérité », le procès de 922 et les accusations de sorcellerie montre un cas où la politique a pesé selon la page.

Cet article présente un philosophe et ses idées. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Quel héritage a-t-il laissé ?

Une école qui a marqué la pensée iranienne. Selon la page, des penseurs comme Athir al-Din al-Abhari, al-ʿAllama al-Hilli, Ibn Abi Jumhur al-Ahsaʾi, Jalal al-Din Davani et Mulla Sadra ont été influencés par lui. Parmi ses disciples, elle cite Shahrazuri et Qutb al-Din al-Shirazi, deux commentateurs de la Hikmat al-Ishraq.

Elle attribue aussi à Suhrawardi l’idée de la « nécessité décisive », qui aurait influencé ses successeurs iraniens, jusqu’à un renouveau illuminationniste zoroastrien au XVIIe siècle avec Azar Kayvan.

Les chercheurs ne sont pas d’accord sur la nature de son école. Voici les lectures que la page cite :

  1. Ziai. Il insiste sur la logique et la critique des définitions ;
  2. Hairi et Ashtiyani. Ils le placent dans la pensée péripatéticienne néo-avicennienne ;
  3. Razavi. Il critique les deux précédents pour avoir ignoré la mystique ;
  4. Corbin et Nasr. Ils le lisent comme un théosophe ;
  5. Maftouni. Il y voit une philosophie comme manière de vivre.

Je rapporte ces lectures sans choisir. Elles montrent qu’un même penseur peut être lu très différemment selon l’angle.

Suhrawardi a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?

Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Le seul « Shams » qu’elle nomme est Shams al-Din al-Shahrazuri, un commentateur de la Hikmat al-Ishraq, qui n’a aucun rapport avec le titre du livre de ce site.

Voici ce qu’on peut dire sans inventer :

  • Un homonyme à ne pas confondre. Shams al-Din al-Shahrazuri est un commentateur, pas l’auteur du Shams al-Maarif ;
  • Un silence sur ces sujets. Rien dans la page ne le relie aux talismans ou à la science des lettres ;
  • Une époque proche mais incertaine. Il meurt vers la fin du XIIe siècle. Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
  • Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à Suhrawardi.

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Comment lire un auteur symbolique sans y voir un manuel ?

En distinguant le symbole de la pratique. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Repère le genre. Des récits visionnaires et une philosophie de la lumière ne sont pas un recueil de procédés ;
  2. Note les homonymes. Un « Shams » dans une page n’est pas forcément celui du livre que tu cherches ;
  3. Garde les listes d’influences à leur place. Citer Hermès comme source de sagesse ne dit rien d’une pratique ;
  4. Relève les incertitudes. La mort de Suhrawardi est racontée de plusieurs façons ;
  5. Évite les raccourcis. Un mot comme « lumière » ou « angélologie » ne prouve pas un lien avec la science des lettres.

Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Suhrawardi est un philosophe persan né en 1154, fondateur de l’ishraq, la philosophie de l’illumination, qui décrit toute existence comme des degrés de lumière à partir de la Lumière des lumières. Il est mort exécuté à Alep dans le récit le plus courant, entre 1191 et 1208, mais la page donne d’autres versions.

La page lue ne mentionne ni talismans, ni alchimie, ni mystique des lettres, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Shahab al-Din Suhrawardi » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui était Suhrawardi ?

Un philosophe persan né en 1154 et mort vers 1191, fondateur de l’école de l’illumination, selon Wikipédia.

Qu’est-ce que la philosophie de l’illumination ?

Selon la page, c’est une pensée où toute existence est un degré de lumière, à partir de la Lumière des lumières.

Comment Suhrawardi est-il mort ?

La page donne plusieurs récits : l’exécution à Alep est le plus courant, mais d’autres parlent de mort de faim ou de suffocation. Elle ne tranche pas.

Suhrawardi est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.