Les 99 noms d’Allah sont des noms et épithètes de Dieu que la tradition musulmane retient, à partir d’un hadith rapporté par Abū Hurayra. Le chiffre de 99 est traditionnel, mais il n’y a pas d’accord universel : plusieurs savants jugent le nombre de noms de Dieu infini, et les listes varient.
Les « beaux noms » d’Allah sont partout : dans la prière, dans les invocations, dans le dhikr, dans les calligraphies, parfois dans les chapelets. On les connaît souvent par cœur, sans toujours savoir d’où vient le nombre 99, ni quelle liste on récite exactement.
Cette question touche aussi le Shams al-Maarif. Selon Middle East Eye, le livre traite des propriétés des 99 noms divins, en suggérant que leur récitation répétée serait liée à une connaissance ou à une protection. Pour comprendre ce passage, il faut d’abord comprendre le sujet lui-même, dans sa dimension religieuse.
Dans cet article, je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée aux noms de Dieu en islam et sur Middle East Eye. Je ne suis pas un savant : je rapporte ce que ces sources disent, et je signale ce qu’elles ne disent pas.
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D’où vient le nombre de 99 noms d’Allah ?
Il vient d’un hadith attribué à Abū Hurayra, un compagnon du Prophète, que Wikipédia situe dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī (volume 8, livre 75, hadith 419, et volume 9, livre 93, hadith 489). Ce hadith est la base de l’idée de « 99 noms ». La page ne mentionne pas le Ṣaḥīḥ de Muslim pour ce hadith précis, donc je ne l’affirme pas.
Le Coran, lui, parle des « plus beaux noms » (al-asmāʾ al-ḥusnā), sans donner de liste chiffrée. Les versets cités par la page sont les suivants :
- 17:110. C’est le passage de référence : on peut invoquer Dieu sous le nom d’Allah ou d’al-Raḥmān ;
- 7:180. Il rappelle que les plus beaux noms appartiennent à Dieu ;
- 20:8. Il reprend la même idée ;
- 59:22-24. Il contient une série d’épithètes divines, que la page décrit comme une suite de noms.
Selon Wikipédia, la tradition retient 99 noms, mais il n’existe pas d’accord universel. Ibn Ḥazm est le seul cité comme fixant une limite à 99, tandis qu’Ibn Taymiyya, Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī et Ibn Qayyim al-Jawziyya estiment que le nombre de noms de Dieu est infini.
Ce point est souvent mal compris. Les savants cités par la page ne lisent donc pas tous le hadith de la même façon, et je ne tranche pas entre eux : je ne suis pas qualifié pour le faire.
Reste une question pratique : quelle liste suivre ? C’est l’objet de la section suivante.
Pour les bases du livre qui mentionne ces noms, Qu’est-ce que Shams al maarif ? Le livre expliqué simplement reste un bon point de départ. Et pour une vue sur ses grandes parties, Que contient le Shams al-Maarif ? Le contenu du livre expliqué place les noms divins parmi cinq grands thèmes.
Pourquoi les listes des 99 noms ne sont-elles pas identiques ?
Parce que la liste n’est pas donnée dans le Coran, et que plusieurs savants ont proposé la leur. La page de Wikipédia recense plusieurs sources de listes, dont voici les principales.
| Source | Ce que dit la page |
|---|---|
| Al-Tirmidhī (IXe siècle) | La liste la plus connue, transmise par al-Walīd ibn Muslim. Al-Tirmidhī lui-même la qualifie de gharīb, c’est-à-dire inhabituelle |
| Ibn Mājah | Cité parmi les hadiths aux listes variantes |
| Al-Bukhārī, Muslim, al-Ḥakīm al-Tirmidhī, Ibn ʿAsākir | Cités parmi les sources de listes qui diffèrent |
| Jaʿfar al-Ṣādiq, Sufyān ibn ʿUyayna, Ibn Ḥazm, al-Qurṭubī, Ibn Ḥajar | Ont chacun proposé une liste personnelle |
Trois conséquences pratiques :
- Il n’existe pas une liste unique. Selon le recueil ou le savant, certains noms apparaissent ou disparaissent ;
- La liste d’al-Tirmidhī est la plus répandue. C’est celle que l’on retrouve le plus souvent sur les affiches et les chapelets, mais elle est jugée gharīb par son propre transmetteur ;
- Des noms sont discutés. La page indique que certains savants, dont ʿAbd al-Muḥsin al-ʿAbbād et Ibn ʿUthaymīn, estiment que plusieurs noms de la liste d’al-Tirmidhī manquent de preuves textuelles. Elle en énumère une vingtaine.
Autrement dit, quand on dit « les 99 noms », on désigne souvent une liste de référence parmi d’autres, sans que ce soit la seule possible. Cette précision n’enlève rien à la valeur spirituelle des noms. Elle évite seulement de croire qu’une affiche ou un livre donne « la » liste officielle.
Je n’ai pas pu vérifier nom par nom chaque liste dans les recueils d’origine. Ce que je rapporte vient de la page de Wikipédia. Pour une étude précise, il faut se tourner vers des travaux spécialisés ou vers une personne qualifiée.
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Comment les noms d’Allah sont-ils utilisés dans la dévotion ?
Ils sont invoqués dans la prière, dans les supplications (duʿāʾ) et dans le dhikr, selon la page de Wikipédia. Ils sont aussi souvent mémorisés. C’est la pratique la plus répandue et la plus simple : appeler Dieu par ses noms, en lien avec le sens de chacun.
Voici ce que l’on peut dire de cet usage :
- L’invocation par un nom adapté. Le verset 7:180, cité par la page, est lu comme une invitation à invoquer Dieu par ses plus beaux noms. On choisit alors le nom qui correspond à la demande, par exemple un nom de miséricorde pour une demande de pardon ;
- Le dhikr. La répétition de noms divins fait partie du rituel soufi, selon la page de Wikipédia sur le soufisme que j’ai lue pour l’article sur ce courant. C’est une pratique de dévotion ;
- La mémorisation. Beaucoup de croyants apprennent la liste, pour la réciter ou la méditer ;
- Le « plus grand nom ». La page évoque la notion d’ism al-aʿẓam, le plus grand nom : une tradition soufie y voit un nom mystique « par lequel, si on l’invoque, Dieu répond ». Elle signale aussi que le Jawshan Kabir contient plus de mille noms.
Pour les croyants, invoquer Dieu par ses noms est un acte de dévotion avant tout. Les sources que j’ai lues ne présentent pas cette pratique comme un procédé magique, et la page de Wikipédia ne mentionne ni amulettes, ni talismans, ni science des lettres à propos de ces noms.
Cette dernière remarque est importante. Elle montre que deux choses doivent rester distinguées : l’usage dévotionnel des noms, que l’islam reconnaît largement, et l’usage que certains textes en font dans des procédés de lettres ou de talismans. Pour comprendre cette seconde famille de pratiques, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? présente le cadre, et Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres situe le dhikr dans son contexte.
Enfin, une remarque de prudence : choisir un nom pour sa signification et le méditer est une chose ; lui attribuer un effet certain en est une autre. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Que dit le Shams al-Maarif des 99 noms divins ?
Selon Middle East Eye, le livre traite des propriétés des 99 noms divins, en expliquant que leur récitation répétée serait liée à une connaissance ou à une protection. C’est la description de l’article, que je rapporte sans la reprendre à mon compte.
Voici ce qu’il faut garder en tête avant d’aller plus loin :
- Une description de seconde main. Je n’ai pas relu moi-même chaque passage du livre sur ce thème. Je m’appuie sur un article de presse spécialisé ;
- Un texte aux couches multiples. Selon Gardiner, le Shams médiéval associe les lettres de l’alphabet à des entités cosmologiques, parle des noms de djinns, des anges et de tableaux appelés awfāq. Les noms divins y côtoient donc d’autres thèmes ;
- Un milieu savant. Gardiner juge artificielle la séparation entre contenus « occultes » et « soufis » : jeûne, prière, noms divins et figures s’imbriquent dans ces écrits ;
- Une critique ancienne. Des savants comme Ibn Taymiyya et Ibn Khaldūn ont reproché à ce type de livres de glisser vers la magie. Pour le détail, Sihr en islam : magie, miracle et débats des savants rapporte leurs avis.
Il ne faut donc pas confondre trois choses. La liste des 99 noms est un héritage religieux commun à tous les musulmans. La manière dont le Shams al-Maarif en parle est une lecture particulière, propre à un livre et à une tradition. Et l’idée d’un effet assuré n’est, elle, établie par aucune des sources que j’ai lues.
Pour qui veut lire ces passages avec recul, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une méthode. Et pour la question des amulettes qui portent parfois des noms divins, Talisman en islam : ce que disent les sources sur les amulettes en fait le tour.
Quelques conseils simples pour aborder le sujet sans te tromper :
- Commence par le sens. Chaque nom a une signification. La comprendre vaut mieux que réciter sans savoir ;
- Distingue la dévotion et le procédé. Invoquer Dieu est une chose, appliquer une méthode de calcul en est une autre ;
- Demande conseil. Pour tout ce qui touche à la pratique religieuse, une personne qualifiée de ta tradition est la bonne interlocutrice ;
- Méfie-toi des promesses. Une page qui affirme qu’un nom apporte telle ou telle chose de façon certaine sort de ce que disent les sources.
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En résumé
Les 99 noms d’Allah reposent sur un hadith d’Abū Hurayra, cité dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī selon Wikipédia. Le Coran parle des « plus beaux noms » sans donner de liste chiffrée. Le nombre de 99 est traditionnel, mais plusieurs savants jugent que les noms de Dieu sont infinis, et les listes varient d’une source à l’autre.
Dans la dévotion, ces noms sont invoqués, mémorisés et répétés dans le dhikr. Selon Middle East Eye, le Shams al-Maarif en traite aussi, avec une lecture propre à ce livre. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article Names of God in Islam sur Wikipédia (en anglais) ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? » ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012.
Questions fréquentes
Pourquoi 99 noms et pas 100 ?
Le nombre vient d’un hadith attribué à Abū Hurayra, cité dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī selon Wikipédia. Plusieurs savants précisent que le hadith ne limite pas forcément les noms de Dieu à 99, qu’ils jugent infinis.
Existe-t-il une liste officielle des 99 noms ?
Non. La liste la plus répandue est celle d’al-Tirmidhī, mais lui-même la qualifie de gharīb, et d’autres savants ont proposé des listes différentes.
Le Shams al-Maarif parle-t-il des 99 noms ?
Selon Middle East Eye, oui : il traite de leurs propriétés et suggère un lien entre leur récitation répétée et une connaissance ou une protection. Le résultat vient de Dieu.
Réciter les 99 noms apporte-t-il quelque chose de précis ?
Les sources que j’ai lues décrivent surtout un usage de dévotion : prière, supplication, dhikr. Elles ne présentent pas d’effet garanti. Pour un avis religieux, consulte une personne qualifiée.


