Abu Ma’shar al-Balkhi, que les Latins appelaient Albumasar, est un astrologue de l’époque abbasside, né à Balkh en 787 et mort à Wasit en 886 selon Wikipédia. Ses manuels d’astrologie ont été traduits en latin au XIIe siècle et ont circulé en Europe pendant des siècles.
Son nom revient souvent quand on parle des sciences occultes arabes, et on le croise parfois dans les mêmes pages qu’al-Būnī. Pourtant, les deux hommes ne vivent pas à la même époque, et je n’ai trouvé aucune source qui les relie directement.
Je te propose donc un portrait prudent, fondé sur la page de Wikipédia consacrée à Abu Ma’shar. Je donne les dates et les titres de livres tels que la source les rapporte, je signale les endroits où elle se contredit, et je laisse de côté ce qu’elle présente comme non vérifié. Je ne te dis pas que l’astrologie prédit l’avenir : je décris ce qu’un homme a écrit, et comment ses écrits ont voyagé.
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Qui était Abu Ma’shar al-Balkhi, et où a-t-il vécu ?
Un savant venu de l’Est iranien jusqu’à Bagdad. Selon Wikipédia, Abū Maʿshar Jaʿfar ibn Muḥammad ibn ʿUmar al-Balkhī naît le 10 août 787 (171 de l’hégire) à Balkh, dans le Khorassan, aujourd’hui en Afghanistan. Il meurt à Wasit, en Irak, le 9 mars 886 (272 de l’hégire).
Voici les repères que la page donne :
| Repère | Ce que dit la page |
|---|---|
| Naissance | 10 août 787, à Balkh (Khorassan) |
| Arrivée à Bagdad | Probablement dans les premières années du califat d’al-Maʾmūn (813-833) |
| Résidence | Selon al-Nadim (Al-Fihrist, Xe siècle), côté ouest de Bagdad, près de la porte du Khorassan |
| Formation | Savant du hadith ; la tradition biographique dit qu’il se tourne vers l’astrologie à 47 ans, vers 832-833 |
| Mort | 9 mars 886, à Wasit ; âgé de 98 ans en années grégoriennes, plus de 100 ans en années de l’hégire |
La page le décrit comme l’un des premiers astrologues musulmans d’origine persane, et comme le plus grand astrologue de la cour abbasside. Elle précise qu’il n’est pas un grand novateur, mais que ses manuels pratiques ont marqué l’histoire intellectuelle du monde musulman, de l’Europe occidentale et de Byzance. Elle cite Aristote et Ptolémée parmi ses influences.
La page donne pour sa mort « 9 mars 866 » dans le texte et « 9 mars 886 » dans l’encadré. Comme 272 de l’hégire correspond à 886, je retiens 886. Cette précision illustre pourquoi il vaut mieux recouper les dates.
Pour comprendre le milieu intellectuel où il écrit, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? situe une autre discipline savante du monde arabe, distincte de l’astrologie.
Quels livres a-t-il écrits ?
Plusieurs manuels, dont certains sont conservés et d’autres perdus. La page cite, entre autres, les titres suivants :
| Œuvre | Ce que dit la page |
|---|---|
| Kitāb al-madkhal al-kabīr (« Grande introduction à l’astrologie ») | Écrite vers 848 ; traduite en latin par Jean de Séville en 1133 sous le titre Introductorium in Astronomiam |
| De magnis coniunctionibus | Version abrégée et librement traduite par Herman de Carinthie en 1140 |
| Kitāb mukhtaṣar al-madkhal | Abrégé de la grande introduction, traduit en latin par Adélard de Bath |
| Kitāb al-milal wa-ʾl-duwal (« Livre des religions et des dynasties ») | Probablement son œuvre la plus importante, selon la page |
| Kitāb taḥāwīl sinī al-ʿālam (« Fleurs d’Abu Ma’shar ») | Manuel qui utilise des horoscopes pour examiner les mois et les jours de l’année ; traduit au XIIe siècle |
| Kitāb mawālīd al-rijāl wa-ʾl-nisāʾ | « Naissances des hommes et des femmes », largement diffusé dans le monde musulman |
Trois remarques s’imposent :
- Les dates de traduction ne sont pas toutes cohérentes. La page donne 1133 pour la version de Jean de Séville et 1140 pour celle de Herman de Carinthie, et une autre référence donne aussi 1140 pour le « Maius Introductorium ». Je les rapporte telles quelles ;
- Ses œuvres d’astronomie ne sont pas conservées. Elles ne survivent que par des résumés dans les écrits d’astronomes plus tardifs et dans ses propres textes d’astrologie ;
- Un titre de la page est seulement conservé en résumé. Le « Livre des milliers » (Kitāb al-ulūf) n’existe que dans des résumés d’al-Sijzī.
Je n’ai lu aucun de ces livres. Tout ce que je rapporte vient du résumé de Wikipédia, qui ne cite pas de passages. Je ne peux donc rien t’affirmer sur leur contenu détaillé.
La page indique aussi que les manuscrits circulaient. Des extraits de son livre sur les naissances ont été recopiés dans le Kitab al-Bulhan, compilé vers 1390. Cet exemple montre qu’un texte pouvait vivre sous d’autres titres bien après la mort de son auteur.
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Pourquoi ses livres ont-ils compté en Europe ?
Parce que des traducteurs les ont portés en latin. Selon la page, la Grande introduction a été imprimée à Augsbourg par Erhard Ratdolt en 1488-1489, puis à Venise en 1506 et en 1515. Un livre arabe du IXe siècle trouve ainsi des lecteurs à l’âge de l’imprimerie.
La page cite aussi des auteurs européens qu’il aurait influencés :
- Albert le Grand. Il aurait développé sa propre théorie des marées à partir d’un mélange de lumière et de l’idée de « vertu lunaire » d’Abu Ma’shar ;
- Roger Bacon et Pierre d’Ailly. Ils ont commenté son Livre des religions et des dynasties ;
- Pic de la Mirandole. Il est mentionné parmi les auteurs qui l’ont commenté ;
- Richard Lemay (1962). Selon la page, il soutient que les écrits d’Abu Ma’shar sont très probablement la source originale la plus importante pour la redécouverte d’Aristote par les savants européens avant le milieu du XIIe siècle.
Cette dernière affirmation est celle d’un historien, rapportée par la page. Je ne la reprends donc pas comme un fait établi, et je la présente avec son auteur.
La page signale aussi qu’il a enregistré deux marées hautes par jour en lien avec la position de la Lune. Elle précise qu’il rejette l’opinion grecque selon laquelle la lumière de la Lune cause les marées, et qu’il propose une « vertu » astrologique de la Lune qui attirerait la mer. Cette idée n’est pas une explication scientifique actuelle. Elle montre comment on mêlait observation et astrologie à l’époque.
Pour une autre figure dont les livres ont circulé en latin sous un nom européanisé, Jabir ibn Hayyan : qui est l’alchimiste arabe derrière le nom Geber ? pose la même question de l’attribution.
Quel rapport avec al-Būnī, la science des lettres et le Shams al-Maarif ?
Aucun lien direct que je puisse documenter. La page sur Abu Ma’shar ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Je ne peux donc pas t’affirmer qu’il ait influencé ce livre ou l’ait connu.
Voici ce que l’on peut dire sans inventer :
- Il s’agit d’une autre époque. Abu Ma’shar meurt en 886, alors qu’al-Būnī est un auteur de plusieurs siècles plus tardif. Sa date de mort exacte est elle-même discutée, et je renvoie à l’article qui la traite ;
- Ce sont deux traditions différentes. L’astrologie étudie les positions des astres. La science des lettres travaille sur les lettres et les noms. Elles peuvent se côtoyer dans une bibliothèque, mais elles ne se confondent pas ;
- Le voisinage est un fait de catalogue. Les deux hommes figurent dans les histoires des sciences occultes, et cela suffit à expliquer que leurs noms se croisent sans qu’il y ait dépendance.
Pour les repères sur la date de mort d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? explique les incertitudes. Pour la figure d’al-Būnī elle-même, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende rassemble les repères.
Cet article décrit un auteur historique, il ne donne aucune méthode de prédiction. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Il existe, cela dit, une façon utile de lire les deux sujets ensemble : se demander à chaque fois quel genre de texte on a devant soi. Un manuel d’horoscopes, un traité de lettres et un recueil de talismans n’ont ni le même but ni le même public. Pour la comparaison avec un autre grand livre de magie arabe, Shams al-Maarif ou Picatrix : lequel lire et pourquoi ? donne une grille de lecture.
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Comment lire un astrologue ancien sans se tromper ?
En lisant d’abord un historien, puis le texte. La page elle-même rappelle que cet auteur n’est pas un grand novateur, mais un auteur de manuels. Cette précision protège d’une erreur courante : faire d’un nom célèbre le père de toute une discipline.
Voici quelques réflexes simples :
- Sépare l’histoire et la pratique. Savoir qu’un homme a écrit un manuel au IXe siècle ne dit rien de la valeur de ce manuel pour aujourd’hui ;
- Vérifie les titres. Un même livre existe sous plusieurs noms (arabe, latin, abrégé). Une liste d’œuvres demande de la prudence ;
- Repère les anecdotes non vérifiées. La page signale que l’histoire d’un séjour de dix ans à Bénarès, rapportée par Amir Khusrav, est marquée « échec de vérification ». Je ne la reprends pas ;
- Distingue savants et vendeurs. Un discours qui promet un effet précis ou qui vend un objet au nom d’un grand astrologue mérite plus de prudence qu’une étude universitaire ;
- Garde la distance critique. Comprendre ce qu’un homme croyait n’oblige pas à le croire.
Il y a aussi un point de méthode sur les querelles. La page mentionne une dispute amère avec al-Kindī (vers 796-873), qui aurait convaincu Abu Ma’shar de la nécessité d’étudier les « mathématiques » pour comprendre les arguments des philosophes. Elle mentionne aussi qu’il aurait été fouetté sous le calife al-Mustaʿīn après une prédiction exacte, et cite ses propres mots : « J’ai touché la cible et j’ai été sévèrement puni. » Ces épisodes montrent que la vie d’un astrologue n’était pas sans risque. Ils sont rapportés par la page, que je ne peux pas recouper ici.
Pour une méthode de lecture appliquée au livre arabe de ton sujet, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une approche pas à pas.
En résumé
Abu Ma’shar al-Balkhi (787-886), né à Balkh et mort à Wasit, est un astrologue de Bagdad dont les manuels ont été traduits en latin au XIIe siècle et imprimés à partir de 1488. Sa Grande introduction est son livre le plus connu. Ses œuvres d’astronomie, elles, ne sont pas conservées.
Aucune source lue ne le relie à al-Būnī ni au Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article Abu Ma’shar al-Balkhi sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Quand Abu Ma’shar est-il né et mort ?
Il est né le 10 août 787 à Balkh et mort le 9 mars 886 à Wasit, selon Wikipédia.
Qui est Albumasar ?
C’est le nom latin d’Abu Ma’shar, d’après Wikipédia, qui donne aussi les formes Albusar, Albuxar et Albumazar.
Quel est son livre le plus connu ?
La Grande introduction à l’astrologie, écrite vers 848 et traduite en latin en 1133, selon Wikipédia.
Abu Ma’shar est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne l’indique. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.


