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Shams al-Maʿārif

Shams al Maarif vrai ou faux : ce que l’on peut vérifier et ce qui reste discuté

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Shams al Maarif vrai ou faux Couverture de l'article

La question « vrai ou faux » recouvre en réalité plusieurs questions. Selon Wikipédia, le livre existe bel et bien, mais son attribution à Ahmad al-Būnī est contestée, et le texte actuel est une compilation. Quant à savoir si les pratiques qu’on lui prête produisent un effet, aucune source lue ne le démontre.

Quand on tape « vrai ou faux » à côté du nom de ce livre, on attend souvent un verdict net. Je ne peux pas t’en donner un, et je préfère te le dire d’emblée plutôt que de te vendre une certitude. Ce que je peux faire, c’est séparer les questions : le livre existe-t-il, est-il vraiment d’al-Būnī, que dit-on de sa valeur, et que ne sait-on pas.

Je m’appuie sur deux pages de Wikipédia, lues en anglais, celle du Shams al-Maarif et celle d’Ahmad al-Būnī. Elles ne disent pas tout et elles ne s’accordent pas toujours, et je signale chaque fois où se trouvent les limites.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Que veut dire « vrai ou faux » pour ce livre ?

Cela peut vouloir dire quatre choses différentes, et les mélanger est la source de la plupart des confusions. Voici comment je les sépare :

  1. Le livre existe-t-il ? Oui, il circule en éditions imprimées et il est cité par les deux pages ;
  2. Est-il vraiment d’al-Būnī ? C’est discuté, les pages parlent d’une attribution traditionnelle ;
  3. Ce qu’il raconte est-il exact ? Les pages ne peuvent pas répondre à cela, et je ne le peux pas non plus ;
  4. Les pratiques décrites fonctionnent-elles ? Aucune des pages lues ne le démontre.

Je te propose de garder cette grille en tête pour toute la suite, parce qu’une phrase qui répond « oui » à la première question est souvent présentée comme si elle répondait aux trois autres.

Le livre existe-t-il vraiment, et sous quelle forme ?

Oui, et sous une forme plus compliquée qu’un seul volume, selon la page du livre. Avant l’imprimerie, trois volumes indépendants de longueurs différentes circulaient. Dans sa forme imprimée, l’ouvrage comprend deux volumes, la Kubra, la plus longue, et la Sughra, la plus courte.

Voici ce que la page apporte sur ce point :

PointCe que dit la pageCe qu’elle ne dit pas
Volumes anciensTrois volumes indépendantsComment ils correspondent à la Kubra et à la Sughra
Forme impriméeDeux volumes, Kubra et SughraLa date de la compilation
ChapitresJusqu’à 40, non numérotésUn plan unique reconnu

Cela veut dire que deux personnes qui parlent du « Shams al-Maarif » ne parlent pas forcément du même texte. Pour savoir ce que contient une version et comment la reconnaître, Shams al Maarif version intégrale : intégrale, abrégée ou en extraits, comment faire la différence détaille les questions à poser avant de lire.

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Le livre est-il vraiment d’Ahmad al-Būnī ?

C’est la question la plus débattue, et la réponse honnête est « pas tel quel, selon la page ». Elle présente le livre comme traditionnellement attribué à al-Būnī, avec une attribution contestée, et elle précise que le texte est considéré comme possiblement pseudépigraphe, c’est-à-dire écrit sous un nom qui n’est pas celui de son vrai auteur.

La page de l’auteur va dans le même sens, mais plus brièvement :

  • Un doute signalé. Elle écrit que l’attribution du texte a été questionnée, sans développer ;
  • Une réserve de vocabulaire. Elle emploie « réputé » pour dire qu’il l’aurait écrit ;
  • Peu de certitudes sur l’homme. Elle précise que l’on sait très peu de choses sur lui ;
  • Pas de date de naissance. Seule sa mort, en 1225, est indiquée.

La page du livre présente aussi un point qui complique l’image : les œuvres d’al-Būnī dont l’authenticité n’est pas contestée ne traitent pas de magie, d’après elle, à l’exception d’un texte qui mentionne brièvement les propriétés ésotériques des lettres arabes. Je ne tire pas de conclusion de cette phrase, et je te la donne comme telle.

Pour la personne elle-même, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce que l’on sait de lui, d’après d’autres sources.

Que reproche Jean-Charles Coulon à l’attribution ?

Selon la page du livre, il soutient que le texte ne peut pas être authentique à cause d’anachronismes incompatibles avec les œuvres authentiques d’al-Būnī. Il parle d’un « corpus Būnien », un ensemble d’auteurs qui travaillaient dans la tradition d’al-Būnī, dont certains textes auraient été faussement attribués à celui-ci.

Je dois être précis sur ce que je sais et ce que je ne sais pas :

  • Ce que la page rapporte. Sa position et le mot « anachronismes » ;
  • Ce qu’elle ne détaille pas. Quels sont ces anachronismes ;
  • Ce que l’autre page ajoute. Seulement un article de 2022 de Coulon, publié chez Brill, sur les amulettes et les talismans dans les premières œuvres du corpus, sans résumé de son argument ;
  • Ce que je n’ai pas fait. Lire son travail.

Je ne peux donc pas t’expliquer en quoi consistent ses arguments, et je préfère ne pas inventer des exemples d’anachronismes qui sonneraient bien. Si le sujet t’intéresse, la référence est donnée par la page, et c’est là qu’il faut aller voir.

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Le texte actuel est-il l’œuvre d’un seul auteur ?

Non, selon la page du livre. Elle décrit la Kubra comme une compilation de plusieurs auteurs, qui inclut des textes authentiques d’al-Būnī, un autre ouvrage portant un titre proche, et des textes d’al-Bisṭāmī.

Voici ce que la page dit d’al-Bisṭāmī :

  1. Qui il est. Un savant ottoman du XVe siècle ;
  2. Ce qu’il a fait. Il a commenté les œuvres d’al-Būnī, surtout les instructions pour fabriquer amulettes et talismans ;
  3. Son effet. Sa réputation a renforcé celle d’al-Būnī comme auteur ésotérique ;
  4. Ce qui manque. La page ne dit pas quelle part du texte actuel lui revient.

Cela montre qu’un livre peut être « vrai » au sens où il existe et « discuté » au sens où l’on ne sait pas qui en a écrit chaque partie. Ce sont deux choses différentes, et les confondre revient à croire que l’on a tranché alors qu’on n’a répondu qu’à une moitié de la question.

Pourquoi parle-t-on d’un autre Shams al-Maarif à Damas ?

Parce qu’un manuscrit portant le même titre est conservé à la Bibliothèque nationale de Damas, selon la page du livre. Il est cosmologique et non magique, et elle suggère qu’il pourrait être authentiquement d’al-Būnī.

Ce détail est utile pour une raison simple :

  • Même titre. Il s’appelle aussi Shams al-Maarif ;
  • Autre sujet. La cosmologie, pas la magie ;
  • Une hypothèse. La page le formule au conditionnel ;
  • Une conséquence. Un titre ne suffit pas à identifier un texte.

La page ne dit pas si ce manuscrit a été examiné en détail, et je ne le dis pas non plus. Je retiens seulement qu’il existe au moins deux textes qui portent ce nom, ce qui rend la question « vrai ou faux » encore plus délicate : de quel texte parle-t-on exactement ?

Pour les débats sur la date de l’auteur, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre pourquoi les repères restent fragiles.

Que disent les critiques du livre, et que valent-elles ?

Elles existent et elles sont anciennes, mais la page n’en donne pas le texte, ce qui limite ce que je peux dire. Voici ce qu’elle rapporte :

QuiCe que la page rapporteCe qu’elle ne précise pas
Ibn TaymiyyaA critiqué le livre et al-Būnī, qu’il aurait qualifié d’égaréLa date et le texte exact
Gouvernement saoudienA interdit le livre après l’édition de 1985Les détails de l’interdiction
Ibn JibrinA émis une fatwa interdisant certains livres, dont celui-ciLa date et la liste des livres
Certains ordres soufisReconnaissent une valeur spirituelle sous condition de compréhensionLesquels précisément, hors la Naqshbandi-Haqqani

Selon ces sources, les avis vont donc de l’interdiction à une reconnaissance prudente. Je ne tranche pas entre eux, et je n’ai pas à le faire : il s’agit de questions religieuses sur lesquelles, si elles te concernent, c’est à une personne compétente de ta tradition de te répondre.

Pour le juriste cité, Ibn Taymiyya : le juriste de Damas, ses procès et sa place dans le débat sur le soufisme présente sa place dans le débat, d’après une autre page.

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Les pratiques décrites sont-elles efficaces ?

Aucune des pages lues ne le démontre, et il serait faux de te dire le contraire. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je précise ce que cela veut dire concrètement :

  • Pas de preuve dans les pages. Elles décrivent le livre, son histoire et sa réception, pas ses effets ;
  • Pas de promesse de ma part. Je ne t’invite pas à essayer quoi que ce soit ;
  • Pas de conseil pratique. Je ne donne pas de formules ni de mode d’emploi ;
  • Un renvoi. Si une question de santé, de famille ou de foi te pèse, parle à un professionnel ou à une personne compétente.

Pour lire le livre sans te lancer dans des pratiques, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

Comment faire la part du vrai et du faux dans ce que tu lis en ligne ?

En posant quelques questions simples avant de croire une phrase. Voici celles que je te propose :

  1. De quelle version parle-t-on ? Une version intégrale, abrégée ou en extraits ;
  2. Qui affirme ? Un chercheur cité, un site anonyme ou une vidéo ;
  3. Où est la source ? Une phrase sans référence n’est pas une preuve, la page elle-même marque ce qu’elle ne sourçe pas ;
  4. Est-ce une date ou une légende ? Les pages donnent des repères qui hésitent entre le XIIe et le XIIIe siècle ;
  5. Promet-on un résultat ? Si oui, c’est un signal d’alerte, car aucun résultat n’est garanti.

Je n’ai pas non plus vérifié ce que d’autres sites racontent, et je ne cite ici que ce que ces deux pages disent. C’est limité, mais c’est honnête.

Pour retrouver le contexte plus général du texte, Quelle est l’origine de Shams al-Ma’arif ? Auteur, époque et histoire du texte complète ces repères.

En résumé

Le livre existe bien, en éditions imprimées de deux volumes, mais son attribution à Ahmad al-Būnī est contestée, notamment par Jean-Charles Coulon, et la forme actuelle est une compilation de plusieurs auteurs. Les critiques et les interdictions sont rapportées par la page, sans détail de dates, et la valeur des pratiques n’est démontrée par aucune des sources lues.

Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Savoir ce qui est établi et ce qui ne l’est pas te permet de lire sans te laisser guider par une formule.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), article « Ahmad al-Buni » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Le Shams al-Maarif est-il un vrai livre ?

Oui, il existe en éditions imprimées. En revanche, son attribution à Ahmad al-Būnī est discutée, et le texte actuel est une compilation de plusieurs auteurs.

Le livre est-il authentiquement d’al-Būnī ?

Selon la page du livre, ce n’est pas établi : Jean-Charles Coulon y voit des anachronismes, et le texte est considéré comme possiblement pseudépigraphe.

Les pratiques du livre fonctionnent-elles ?

Aucune source lue ne le démontre. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Le livre est-il interdit ?

Selon la page, le gouvernement saoudien l’a interdit après l’édition de 1985, et une fatwa d’Ibn Jibrin vise certains livres dont celui-ci.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.