Aller au contenu
SecretMystiquee
Shams al-Maʿārif

Shams al Maarif et le Coran : quel rapport, et que disent les savants ?

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Shams al Maarif et le Coran Couverture de l'article

Selon un article du Middle East Eye, al-Būnī, à qui le livre est attribué, s’appuie sur les lettres isolées qui ouvrent 29 des 114 sourates du Coran. La page de Wikipédia sur le livre ne mentionne pourtant pas le Coran. Les savants cités par l’article ne sont pas d’accord sur la valeur de ces écrits.

Quand on rapproche ces deux noms, le livre et le texte sacré, on touche à un sujet religieux, et il vaut mieux avancer lentement. Je ne suis pas savant et je ne vais pas te dire ce qui est permis ou non. Je te présente ce que les sources que j’ai lues rapportent, en attribuant chaque avis à celui qui le porte, et je te montre ce qu’elles ne disent pas.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée au Shams al-Maarif et sur un article du Middle East Eye, publié en janvier 2023, qui s’intéresse à la crainte que ce livre suscite au Moyen-Orient. Aucune de ces deux sources ne donne de consigne religieuse, et je n’en donne pas non plus.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Que dit la page du livre sur le Coran ?

Rien, d’après ma lecture. Le mot « Coran » n’apparaît dans le texte de la page que dans le titre d’un ouvrage cité en référence, sans rapport avec le sujet. Elle ne cite ni sourate, ni verset, ni noms de Dieu.

Voici ce que la page dit en revanche :

  • Un grimoire. Elle présente le livre comme un grimoire de magie arabe, attribué à Ahmad al-Būnī ;
  • Une combinaison de lettres et de nombres. Elle est censée produire un effet magique, selon la page ;
  • Une attribution discutée. La page indique que le texte pourrait être pseudépigraphe ;
  • Une réputation. Elle parle d’un livre supprimé et interdit pendant une grande partie de l’histoire islamique.

Cela ne veut pas dire que le livre ne touche pas au Coran. Cela veut dire que cette page, seule, ne permet pas d’en parler, et qu’il faut d’autres sources.

Que dit le Middle East Eye du rapport entre al-Būnī et le Coran ?

L’article rapporte une démarche précise, sans la juger. D’après lui, al-Būnī attribue une valeur numérique aux vingt-huit lettres arabes du Coran, et s’appuie sur les lettres isolées qui ouvrent 29 sourates sur 114, comme Al-Baqara et Maryam.

Voici comment je classe ce que l’article rapporte :

  1. Une tradition soufie plus large. Le Coran aurait un sens apparent et un sens caché, ce qui explique l’effort des soufis pour le comprendre ;
  2. Un centre de méditation. Le Coran et les 99 noms de Dieu y tiennent une place centrale, selon l’article ;
  3. Une démarche attribuée à al-Būnī. Donner une valeur numérique aux lettres et s’appuyer sur celles qui ouvrent des sourates ;
  4. Une idée jugée courante. L’article dit que certaines idées d’al-Būnī sont conformes au soufisme courant.

L’article ne cite aucun verset précis sur la magie ou les jinns, et il ne détaille pas la méthode numérique. Je ne peux donc pas t’en dire plus, et je ne te donne aucune méthode.

Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.

Que sont les lettres isolées du Coran ?

Ce sont des lettres placées au début de 29 sourates sur 114, comme l’article du Middle East Eye le rappelle à propos d’al-Būnī. Leur sens est discuté, et je ne tranche pas.

Pour le détail de ces lettres et des interprétations proposées, Lettres isolées du Coran : que sont les muqatta’at et que disent les sources ? présente le sujet avec ses réserves.

Voici ce que je retiens, avec prudence :

  • Un point commun. Al-Būnī, d’après l’article, utilise ces lettres ;
  • Un désaccord possible. D’autres lecteurs peuvent y voir autre chose que ce qu’y cherche le livre ;
  • Une limite. Les sources ne disent pas si l’usage qu’en fait le livre est accepté par les savants ;
  • Un renvoi. Pour le sens religieux de ces lettres, une personne compétente de ta tradition est mieux placée que moi.

Que disent les savants cités par l’article ?

Les avis sont opposés, et l’article les attribue à des noms précis. Voici comment je les range, en gardant chaque nom attaché à son avis :

QuiCe que l’article rapporteCe qu’il ne précise pas
Ibn Khaldun et Ibn Taymiyya (XIVe siècle)Ils auraient déclaré al-Būnī et Ibn Arabi hérétiques et qualifié leurs écrits de sihr, la magie interdite, en s’appuyant sur un hadithLe raisonnement détaillé, au-delà du hadith cité
Noah Gardiner (universitaire)Quelques savants anciens ont critiqué ces écrits comme sorcellerie, mais ils ont été largement lus jusqu’au XIXe siècleSon propre jugement moral
L’article lui-mêmeAl-Būnī et ses contemporains ne se voyaient pas comme des magiciens, mais comme des détenteurs de savoirs secretsUne position religieuse officielle

Je ne tranche pas entre ces avis, parce que je n’ai ni la formation ni la légitimité pour le faire. Ce qui compte pour toi, c’est de voir qu’il n’y a pas un avis unique, et que chaque position vient de quelqu’un que l’on peut nommer.

Cette précision a son importance. Un avis cité sans nom ni date est une rumeur, alors qu’un avis attribué à une personne précise peut être vérifié dans sa source. Quand tu lis une vidéo ou un fil de discussion qui affirme « les savants disent », demande lesquels, et dans quel texte.

Pour le juriste du XIVe siècle, Ibn Taymiyya : le juriste de Damas, ses procès et sa place dans le débat sur le soufisme présente sa place dans le débat sur le soufisme, d’après une autre page.

Découvre les secrets des marabouts et des érudits africains, expliqués dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Que dit la page du livre sur les critiques et les interdictions ?

Elle les mentionne sans citer le Coran. D’après la page, Ibn Taymiyya a critiqué le livre et qualifié al-Būnī d’égaré, et le gouvernement saoudien l’a interdit après l’édition de 1985. Un savant saoudien, Ibn Jibrin, a émis une fatwa interdisant certains livres, dont celui-ci.

La page ajoute une nuance que l’on oublie souvent :

  • Une valeur spirituelle reconnue par certains. Des ordres soufis, comme la Naqshbandi-Haqqani, y ont parfois reconnu une valeur spirituelle potentielle ;
  • Une condition. Cette reconnaissance vaut, selon la page, à condition que le lecteur le comprenne ;
  • Un silence. La page ne dit pas sur quels versets ou quels textes ces avis s’appuient ;
  • Une absence de date. Elle ne date pas la fatwa d’Ibn Jibrin.

Les avis vont donc de l’interdiction à une reconnaissance prudente. Pour l’ensemble des débats sur la valeur du livre, Shams al Maarif vrai ou faux : ce que l’on peut vérifier et ce qui reste discuté détaille l’attribution, la compilation et les critiques.

Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.

Le livre est-il un livre religieux ou un livre de magie ?

Les sources ne s’accordent pas sur le mot, et c’est la vraie difficulté. La page de Wikipédia parle d’un grimoire de magie arabe et d’un manuel de spiritualité ésotérique. L’article du Middle East Eye rapporte que, pour Noah Gardiner, le livre était destiné à un cercle fermé de soufis initiés.

Voici ce que cela signifie pour la question du Coran :

  1. Deux vocabulaires. Grimoire pour la page, savoir secret pour l’article ;
  2. Un public. Un cercle d’initiés, d’après l’article, pas un lectorat général ;
  3. Une interdiction de montrer. L’article dit que le livre lui-même interdit de le montrer à des personnes extérieures au groupe ;
  4. Un débat de fond. Le mot « sihr » et la manière de qualifier ces pratiques divisent les savants cités.

Je n’ai pas à te dire quel mot est le bon. Je te dis seulement que le même livre est décrit de deux façons, et que la différence n’est pas un détail.

Les pratiques du livre produisent-elles un effet ?

Aucune des sources lues ne le démontre. L’article du Middle East Eye rapporte des affirmations attribuées à al-Būnī sur le pouvoir des noms divins, mais il les présente comme des affirmations, pas comme des faits vérifiés. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Voici ce que cela veut dire, concrètement :

  • Pas de preuve. Les sources rapportent des croyances et des débats, elles ne mesurent pas d’effet ;
  • Pas de consigne de ma part. Je ne donne ni formule, ni méthode, ni nombre de répétitions ;
  • Pas de promesse. Je ne t’invite pas à essayer, et je me méfie de qui t’en promet un résultat ;
  • Un renvoi. Si une difficulté de santé, de famille ou de foi te pèse, parle à un professionnel ou à une personne compétente de ta tradition.

Comment lire ce livre sans mélanger les sujets ?

En séparant ce que les sources disent du livre de ce qu’elles disent du Coran, puis en gardant chaque avis attaché à son auteur. Voici une méthode simple :

  1. Note la source. Wikipédia, un article de presse, un chercheur nommé ;
  2. Sépare les niveaux. Le Coran, la tradition soufie, le livre, les avis de savants ;
  3. Attribue chaque avis. « Selon Ibn Taymiyya », « d’après Gardiner », pas « on dit que » ;
  4. Repère les silences. Une page peut ne pas parler du Coran, comme celle du livre ;
  5. Ne promets rien. Une lecture ne garantit aucun résultat.

Pour lire sans te lancer dans des pratiques, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

Que retenir du rapport entre le livre et le Coran ?

Que le lien est attribué à al-Būnī par une source, absent de la page du livre, et jugé de façons opposées par les savants cités. Voici l’essentiel :

  • Un rapport rapporté. Valeur numérique des lettres du Coran et usage des lettres isolées, selon l’article ;
  • Une page muette. Wikipédia ne parle pas du Coran à propos du livre ;
  • Des avis opposés. Hérésie et sihr pour Ibn Khaldun et Ibn Taymiyya, lecture large jusqu’au XIXe siècle pour Gardiner ;
  • Une valeur reconnue par certains. Certains ordres soufis, à condition de comprendre le texte.

En résumé

Selon le Middle East Eye, al-Būnī attribue une valeur numérique aux lettres arabes du Coran et s’appuie sur les lettres isolées qui ouvrent 29 sourates, alors que la page de Wikipédia sur le livre ne mentionne pas le Coran. Les avis des savants cités vont de l’hérésie et de la magie interdite à une reconnaissance prudente par certains ordres soufis.

Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour toute question religieuse, une personne compétente de ta tradition est mieux placée que ce site.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais), Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? ».

Questions fréquentes

Le Shams al-Maarif contient-il des versets du Coran ?

Les sources lues ne le disent pas. La page de Wikipédia ne cite aucun verset, et l’article du Middle East Eye ne cite aucun verset précis.

Que disent les savants du Shams al-Maarif ?

Leurs avis diffèrent : Ibn Khaldun et Ibn Taymiyya, selon l’article, y voient de la magie interdite, tandis que certains ordres soufis reconnaissent une valeur spirituelle potentielle, selon Wikipédia.

Le livre est-il autorisé en islam ?

Je ne peux pas répondre à la place d’un savant. Les sources rapportent des interdictions, notamment en Arabie saoudite après 1985, et des avis nuancés.

Le livre garantit-il un résultat ?

Non. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.