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Shams al-Maʿārif

Shams al Maarif haram ou halal : ce que disent les savants, sans trancher

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 11 min de lecture
Shams al Maarif haram ou halal Couverture de l'article

Il n’existe pas de réponse unique, et je ne rendrai pas de verdict. D’après les pages que j’ai lues, des savants nommés interdisent le livre, d’autres distinguent selon l’usage, et certains ordres soufis lui reconnaissent une valeur. Chaque avis est attribué ici à son auteur, avec sa source.

« Haram ou halal ? » est une question de droit religieux, et je ne suis pas savant. Je ne rends donc aucune fatwa. Je te montre ce que les sources rapportent, qui le dit, et surtout ce qu’elles ne disent pas, pour que tu puisses poser ta question à une personne compétente de ta tradition.

La question est aussi plus large qu’elle en a l’air. Lire un livre, le posséder, le vendre et mettre en pratique ce qu’il contient ne sont pas la même chose, et les avis cités plus bas ne portent pas tous sur le même point. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Que veut dire « haram ou halal » quand on parle d’un livre ?

Cela peut viser quatre choses différentes, et les sources ne les traitent pas à égalité. Avant de chercher un avis, il faut donc savoir à quelle question il répond.

Voici les quatre questions que l’on mélange souvent :

  1. Lire le livre. Le consulter pour comprendre son contenu et son histoire ;
  2. Le posséder. Le garder chez soi, sous forme imprimée ou numérique ;
  3. Le diffuser ou le vendre. Une question à part, que les sources lues n’abordent pas ;
  4. Mettre en pratique ce qu’il décrit. C’est sur ce point que portent la plupart des avis rapportés.

Les pages que j’ai lues parlent surtout de la magie et des talismans en général, et seulement en partie de ce livre. Quand un avis vise la pratique, il ne dit pas forcément quelque chose de la simple lecture.

Que disent les pages du livre sur les interdictions et les critiques ?

Elles rapportent des critiques anciennes, une interdiction moderne et une reconnaissance de la part de certains ordres. D’après la page de Wikipédia sur le Shams al-Maarif, Ibn Taymiyya a critiqué le livre et qualifié al-Būnī d’égaré.

La même page ajoute plusieurs éléments :

  • Une interdiction en Arabie saoudite. Le gouvernement saoudien l’a interdit après l’édition de Beyrouth de 1985 ;
  • Une fatwa. Ibn Jibrin, savant saoudien, a émis une fatwa interdisant certains livres, dont celui-ci, sans que la page la date ;
  • Une valeur reconnue par certains. Des ordres soufis, comme la Naqshbandi-Haqqani, y voient une valeur spirituelle potentielle, à condition que le lecteur le comprenne ;
  • Une longue réputation. Le livre est décrit comme supprimé et interdit pendant une grande partie de l’histoire islamique.

Cette page ne donne pas les arguments détaillés de ces avis. Pour le contexte historique, Ibn Taymiyya : le juriste de Damas, ses procès et sa place dans le débat sur le soufisme présente ce juriste d’après une autre page.

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Comment l’islam distingue-t-il la magie permise de la magie interdite ?

D’après la page de Wikipédia sur l’islam et la magie, les sources distinguent une magie considérée comme licite d’une magie illicite, le sihr. La première renvoie aux miracles et à l’appel à Dieu, aux anges, aux prophètes ou aux saints. La seconde est décrite comme faisant appel aux démons et aux mauvais djinns.

La page apporte d’autres précisions :

  • Le Coran. Selon elle, il n’interdit pas explicitement la magie et ne fixe pas de peine. Le verset 2:102 présente le sihr comme enseigné par Hārūt et Mārūt et par les démons, comme une tentation et une épreuve ;
  • Les sourates de protection. Al-Falaq, al-Fātiḥa et an-Nās sont utilisées pour se protéger, toujours selon la page ;
  • Des hadiths. L’un rapporte que le Prophète fut atteint par un sortilège puis guéri, un autre admet un recours à des pratiques de guérison à condition qu’il n’y ait pas de shirk ;
  • Le mot clé. La page parle de shirk, l’association à Dieu, et non de kufr.

Quels savants nommés donnent quel avis ?

Les avis rapportés par la page vont de la tolérance à la condamnation, et je les garde attachés à leurs auteurs. Le tableau ci-dessous reprend ce que la page de Wikipédia sur l’islam et la magie attribue à chacun.

QuiAvis rapporté par la pageCe qu’elle ne précise pas
Ibn Ḥanbal (780-855)S’est abstenu de condamner ceux qui usaient de magie pour soignerSes arguments détaillés
Ṭabāsī (mort en 1089)Seule la magie conforme à la charia est permiseLes critères exacts
Ibn al-Nadīm (932-995)Admet la magie « blanche » et condamne la magie noireLa limite entre les deux
Ibn KhaldūnDistingue les prodiges des saints (karāmāt) du sihrSon avis sur un livre précis
Al-Jaṣṣāṣ (hanafite)Si la magie était réelle, ses praticiens seraient riches et puissantsSa position sur les talismans
Les mu’tazilitesLa magie ne serait qu’une création d’imagesLeurs textes sources
ʿAbduh, Riḍā, Asad, QuṭbRejettent la magie et lisent les références de façon métaphoriqueLeurs avis sur un livre précis
Ibn ʿAbd al-WahhābLe sorcier est l’un des rares cas où la mort est une sanction prévueLes conditions d’application
Al-AlbānīQui croit que la sorcellerie agit par elle-même n’entrera pas au paradisSon jugement sur la lecture

La page n’attribue aucun de ces avis spécifiquement au Shams al-Maarif ni à al-Būnī. Je ne peux donc pas dire que l’un de ces savants a jugé ce livre. Ce que je peux dire, c’est que les avis sur la magie en général divergent fortement, et qu’ils viennent de courants différents.

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Que disent les sources sur les talismans, les versets et les noms de Dieu ?

Elles sont partagées, et la plupart des avis portent sur ce que le talisman invoque. D’après la page de Wikipédia sur l’islam et la magie, la plupart des savants permettent les talismans qui invoquent Dieu et interdisent ceux qui invoquent les djinns ou les démons.

Voici ce que les pages lues ajoutent :

  • La ruqya. La récitation de versets est admise. Bilal Philips, cité par la page, permet de réciter les sourates de protection mais interdit de les écrire pour les porter en amulette ;
  • Les noms de Dieu. La page indique que des noms de Dieu dans un talisman sont permis, sauf s’ils sont liés à des pratiques illicites ;
  • Les amulettes. D’après la page de Wikipédia sur le taʿwīdh, la question est débattue dans l’islam sunnite. Des savants salafis et wahhabites y voient du shirk, tandis que la majorité des savants des quatre écoles distingue les amulettes portant des versets, permises, de celles portant des invocations absentes de la tradition islamique ;
  • La science des lettres. La page sur l’islam et la magie la décrit comme utilisée pour la divination, sans dire ce que les savants en jugent.

Pour un panorama plus large, Talisman en islam : ce que disent les sources sur les amulettes rassemble ce que dit la page sur le sujet. Ces sources décrivent des positions. Elles ne disent pas ce que contient précisément le livre, et je ne le détaille pas ici.

Et les djinns, où se situe la limite ?

Les avis varient aussi, et c’est souvent le point qui fait basculer un jugement. D’après la page sur l’islam et la magie, Remke Kruk indique que l’exorcisme par la menace est admis, alors que demander aux djinns de l’aide pour guérir est jugé shirk par certains conservateurs.

La page cite aussi un sondage du Pew Research Center, mené en 2011 et 2012 : une majorité des personnes interrogées croit aux djinns, mais moins de 20 % jugent acceptable de leur faire des offrandes.

Pour les sources de base sur ces êtres, Djinn en islam : qui sont-ils et que disent les sources ? en présente un résumé prudent. Je n’écris ici aucune consigne de contact avec eux, et je te déconseille de te fier à qui t’en propose un mode d’emploi.

Lire sans pratiquer change-t-il la question ?

Les avis rapportés visent le plus souvent la pratique, et non la lecture, mais les sources lues ne règlent pas ce point. La page sur l’islam et la magie ne traite pas la lecture d’un livre, et celle du livre ne la juge pas non plus.

Ce que l’on peut dire sans trancher :

  • Une lecture n’est pas une pratique. Comprendre l’histoire d’un texte n’est pas faire ce qu’il décrit ;
  • Un avis sur la pratique n’est pas un avis sur la lecture. Il faut vérifier ce que l’auteur de l’avis visait ;
  • Les avis sur la lecture manquent dans mes sources. Je ne peux donc pas en citer ;
  • Une personne compétente peut répondre. Un imam ou un érudit de ta tradition juridique connaît ton cas mieux que moi.

Pour une lecture qui ne passe pas par la pratique, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une démarche étape par étape.

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Que dit le Middle East Eye de ce débat ?

Il rapporte que le débat est ancien et que les positions ont varié. D’après cet article de janvier 2023, Ibn Khaldun et Ibn Taymiyya auraient qualifié al-Būnī et Ibn Arabi d’hérétiques, et leurs écrits de sihr, en s’appuyant sur un hadith.

L’article ajoute une nuance importante. Selon Noah Gardiner, cité par lui, quelques savants anciens ont critiqué ces écrits comme sorcellerie, mais ils ont été largement lus jusqu’au XIXe siècle. L’article précise aussi qu’al-Būnī et ses contemporains ne se voyaient pas comme des magiciens, mais comme des détenteurs de savoirs secrets.

L’article ne détaille pas le raisonnement des savants cités. Pour le rapport avec le texte sacré, Shams al Maarif et le Coran : quel rapport, et que disent les savants ? reprend ces avis avec leurs réserves.

Comment obtenir un avis qui compte vraiment ?

En posant une question précise à une personne compétente de ta tradition, et en lui donnant le contexte. Un avis sur « le livre » n’a pas de sens s’il ne dit pas de quelle partie on parle ni de quel usage.

Voici une méthode simple :

  1. Précise ce que tu veux faire. Lire pour comprendre, posséder, ou pratiquer ;
  2. Choisis la bonne personne. Un imam ou un spécialiste de ton école juridique, pas une vidéo anonyme ;
  3. Demande les sources. Un avis sérieux cite le texte ou l’auteur sur lequel il s’appuie ;
  4. Compare, sans te précipiter. Les savants cités plus haut ne sont pas d’accord entre eux ;
  5. Ne promets rien à personne. Aucun résultat n’est garanti, et je me méfie de qui t’en promet un.

Pour situer le texte avant de poser ta question, Shams al Maarif vrai ou faux : ce que l’on peut vérifier et ce qui reste discuté rassemble ce que l’on peut vérifier de son attribution et de sa compilation.

En résumé

Les pages que j’ai lues rapportent des avis nommés qui vont de la condamnation, comme Ibn Taymiyya ou Ibn Jibrin pour le livre, à la tolérance sous condition, comme Ibn Ḥanbal ou Ṭabāsī pour la magie en général. Aucune ne tranche la question de la simple lecture, et je ne la tranche pas non plus.

Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Pour savoir ce qui t’est permis, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Islam and magic » sur Wikipédia (en anglais), article « Shams al-Ma’arif » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Le Shams al-Maarif est-il haram ?

Je ne peux pas répondre à la place d’un savant. Les sources rapportent des critiques d’Ibn Taymiyya, une interdiction en Arabie saoudite après 1985 et une fatwa d’Ibn Jibrin, mais aussi une valeur reconnue par certains ordres soufis.

Est-il permis de lire le livre sans le pratiquer ?

Les pages lues ne traitent pas ce point. Les avis qu’elles rapportent portent surtout sur la pratique de la magie, pas sur la lecture, et une personne compétente de ta tradition est la mieux placée pour répondre.

Que dit le Coran de la magie ?

D’après la page de Wikipédia sur l’islam et la magie, il ne l’interdit pas explicitement et ne fixe pas de peine. Le verset 2:102 présente le sihr comme une tentation et une épreuve.

Le livre garantit-il un résultat ?

Non. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.