Averroès, de son nom arabe Ibn Rushd, est né en 1126 à Cordoue et mort en 1198 à Marrakech. Selon Wikipédia, il fut à la fois juge, médecin de cour et philosophe, et ses commentaires d’Aristote ont fait de lui « le Commentateur » dans le monde latin.
Quand on lit sur les livres de tradition, on croise vite des noms de savants médiévaux, et on se demande lesquels ont un rapport avec eux. Averroès est un bon test, parce que sa réputation de rationaliste est solide. La page que j’ai lue ne parle ni d’astrologie, ni de magie, ni de lettres. Elle décrit un juriste et un philosophe qui défend la raison.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Averroès, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je te dis où la source s’arrête.
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Qui était Averroès ?
Un homme de loi devenu philosophe et médecin. Selon la page, il est né le 14 avril 1126 à Cordoue, en Al-Andalus, dans une famille de juges et de juristes. Son grand-père, Abu al-Walid Muhammad, était cadi de Cordoue et imam de la Grande Mosquée, et son père fut aussi grand cadi jusqu’à l’arrivée des Almohades en 1146.
Voici les repères de sa vie, tels que la page les donne :
| Date | Événement |
|---|---|
| 1126 | Naissance à Cordoue |
| 1153 | Séjour à Marrakech pour des observations astronomiques |
| 1169 | Présenté au calife Abu Yaqub Yusuf par Ibn Tufayl, nommé cadi de Séville |
| 1171 | Cadi de Cordoue |
| 1182 | Médecin de la cour, puis grand cadi de Cordoue |
| 1195 | Disgrâce et exil à Lucena |
| 1198 | Mort à Marrakech, le 11 décembre |
Sa formation couvrait le hadith, le droit malikite, la médecine et la théologie. Il a étudié la kalam ashʿarite, qu’il critiquera plus tard, et il s’est intéressé aux « sciences des anciens ». Le surnom al-Hafid, « le Petit-Fils », le distingue de son grand-père.
Les dates viennent d’une seule page encyclopédique et je ne les ai pas recoupées. Pour un autre savant dont les repères restent discutés, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre le même problème de source.
Pourquoi est-il tombé en disgrâce en 1195 ?
On ne le sait pas avec certitude, et la page présente plusieurs explications. Elle dit que le calife Abu Yusuf Yaqub l’a d’abord maintenu en faveur après 1184, puis qu’un tribunal de Cordoue a condamné ses enseignements, ordonné la destruction de ses livres et décidé son exil à Lucena. Il serait ensuite revenu à la cour de Marrakech.
Voici les explications rapportées :
- Une insulte au calife. C’est la version des sources anciennes, selon la page ;
- Un motif politique. La page cite l’idée d’une pression des juristes malikites et d’une rivalité avec les Fatimides, selon Fakhry ;
- Une critique du despotisme. Selon al-Jabri, cité par la page, il l’aurait exprimée dans son commentaire de la République de Platon.
Je ne tranche pas entre ces lectures. Elles montrent surtout qu’un savant célèbre peut avoir une fin de vie très disputée, et que les historiens reconstruisent les motifs après coup.
Quelles sont ses grandes œuvres ?
Une production très vaste. Selon la page, qui cite Renan, il aurait écrit au moins 67 œuvres originales, dont 28 en philosophie, 20 en médecine, 8 en droit, 5 en théologie et 4 en grammaire. À cela s’ajoutent ses commentaires d’Aristote et un commentaire de la République.
Voici les familles d’œuvres qu’elle présente :
- Les commentaires d’Aristote. Courts, moyens et longs. Seule la Politique n’a pas été commentée, faute d’accès au texte ;
- Fasl al-Maqal (1178). Sur l’accord entre islam et philosophie ;
- Al-Kashf ʿan Manahij al-Adilla (1179). Une critique de plusieurs courants théologiques et des preuves de l’existence de Dieu ;
- Tahafut at-Tahafut (1180). Sa réponse à al-Ghazali ;
- Al-Kulliyat fi al-Tibb (vers 1162). Un traité de médecine, connu en latin sous le nom de Colliget ;
- Bidayat al-Mujtahid. Sa seule œuvre juridique conservée, sur les divergences entre écoles sunnites.
La page ajoute qu’il a écrit une critique d’Avicenne et une critique d’al-Farabi. Pour ces deux penseurs, Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie et Al-Farabi : le Second Maître, la cité vertueuse et sa défense d’une alchimie raisonnable donnent les repères.
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Que défend-il sur la philosophie et la religion ?
Qu’elles ne peuvent pas se contredire. Selon la page, il soutient que la philosophie, entendue comme raisonnement démonstratif, ne peut contredire la révélation, puisque « la vérité ne peut contredire la vérité ». Quand une contradiction semble apparaître, le texte doit être interprété de façon allégorique, par ceux qui sont « enracinés dans la science ».
Voici les idées centrales qu’elle présente :
- Un avis juridique. Il en tire un fatwa qui permet la philosophie, et même la juge obligatoire pour ceux qui en sont capables ;
- Trois modes de discours. Le rhétorique pour le peuple, le dialectique pour les théologiens, le démonstratif pour les philosophes ;
- Un Dieu un. Il défend l’unicité divine et sept attributs : science, vie, puissance, volonté, ouïe, vision et parole ;
- Des preuves téléologiques. Ses preuves reposent sur la providence et l’invention, plutôt que sur un argument cosmologique.
Ces points touchent à la théologie. Je les rapporte comme la position d’un savant, telle que la page la présente, sans en juger la valeur. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Ces idées sont celles d’Averroès, telles que la page les décrit. D’autres savants de son époque les ont critiquées, et elles ne résument pas ce que pensent tous les courants de l’islam.
Que répond-il à al-Ghazali dans le Tahafut at-Tahafut ?
Il défend les philosophes contre l’accusation d’incroyance. Selon la page, ce livre de 1180 répond à L’Incohérence des philosophes d’al-Ghazali. Averroès soutient que des divergences d’opinion ne justifient pas d’accuser quelqu’un de kufr, c’est-à-dire d’incroyance.
La page résume ainsi son propos :
- Sur l’éternité du monde. Il répond que la forme du monde a été créée dans le temps, mais que son existence est éternelle, et que cette thèse n’est pas forcément contraire au Coran ;
- Sur les théologiens. Il leur reproche de vouloir trancher par l’interprétation des textes des questions qui relèvent des philosophes ;
- Sur Avicenne. Il défend Aristote contre ce qu’il juge être des déviations d’Avicenne.
Pour le livre d’al-Ghazali et les ouvrages qu’on lui attribue à tort, Al-Ghazali : l’Ihya, la crise spirituelle et les livres qu’on lui attribue à tort reprend le débat de l’autre côté. Ce dialogue entre deux grands textes montre que la même tradition portait des positions opposées sur la raison.
Que dit-il de l’astronomie et de la médecine ?
Des choses précises, et plutôt critiques envers les modèles de son temps. Selon la page, il rejette les excentriques et les épicycles, et défend des mouvements circulaires uniformes autour de la Terre. Il reconnaît que l’astronomie de son époque est mathématique et ne donne pas d’explication physique, et il avoue ne pas avoir réussi sa réforme. Al-Bitruji en reprendra certains principes.
Voici ce que la page retient d’autre :
- Les taches solaires. Il en a observé et les a interprétées comme des passages de planètes ;
- La Terre sphérique. Il tire de l’étoile Canope un argument en ce sens ;
- La médecine. Il suit largement Galien et la théorie des humeurs, mais propose une théorie de l’AVC d’origine cérébrale ;
- La rétine. Il est peut-être le premier à l’identifier comme l’organe de la perception de la lumière, selon la page.
Ce sont des positions historiques, rapportées sans conseil pratique. Pour une question de santé, adresse-toi à un professionnel de santé. Sur la place de l’astrologie dans le même monde savant, Astrologie en islam : origines, savants et débat sur sa légitimité pose les débats, et la page sur Averroès n’en parle pas.
Comment a-t-il été reçu après sa mort ?
Très différemment selon les mondes. Selon la page, ses commentaires ont été traduits au XIIIe siècle, notamment par Michel Scot, et ils ont fait revivre Aristote en Occident. Un courant averroïste s’est développé à Paris et à Padoue, avec Siger de Brabant et Boèce de Dacie.
Voici les repères qu’elle donne :
- Les condamnations. Étienne Tempier a condamné 15 thèses en 1270 et 219 thèses en 1277 ;
- Thomas d’Aquin. Il a critiqué sa théorie de l’intellect unique et son éternisme ;
- Le monde juif. Il a été très lu, notamment par Maïmonide, Samuel ibn Tibbon et Moïse ibn Tibbon ;
- Le monde islamique. Son influence y est restée faible jusqu’à l’époque moderne, avant de redevenir une référence à la Nahda, au XIXe siècle ;
- La culture. Dante le place dans les Limbes, Raphaël le représente dans L’École d’Athènes, et Borges lui a consacré la nouvelle La Quête d’Averroès.
La page signale aussi une particularité : l’enterrement de sa dépouille à Cordoue se serait fait en présence d’Ibn Arabi. Pour ce soufi, Ibn Arabi : vie, œuvres et réception du Cheikh al-Akbar présente sa vie et ses livres.
Averroès et le Shams al-Maarif : y a-t-il un lien ?
Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les talismans, ni la magie, ni l’astrologie. Elle ne traite pas non plus d’une correspondance ou d’épîtres.
Voici ce qu’on peut dire sans inventer :
- Un rationaliste, selon la page. Elle présente un philosophe qui défend la démonstration et critique des modèles astronomiques ;
- Aucune pratique décrite. Rien dans la page ne parle de talismans, de lettres ou de noms divins ;
- Une époque proche, sans preuve de contact. Pour situer al-Būnī dans le temps, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende donne les repères et les débats ;
- Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’Averroès a lu ou cité al-Būnī.
Pour les définitions de la science des lettres, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? les pose sans rattacher ce penseur.
Cet article présente un savant et son œuvre. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Je n’ai lu aucun texte d’Averroès. Tout ce qui précède vient d’une seule page encyclopédique, que je n’ai pas recoupée avec une autre source.
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Comment lire un philosophe médiéval sans lui prêter ce qu’il n’a pas écrit ?
En séparant ce qu’il dit de ce qu’on lui attribue. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Repère les œuvres. Ici, le droit, la médecine, les commentaires d’Aristote et la polémique avec al-Ghazali ;
- Note ce qui manque. Aucune mention de talismans, de magie ou de lettres dans la page ;
- Distingue le savant de sa légende. La disgrâce de 1195 a plusieurs explications, et aucune n’est certaine ;
- Lis les dates avec prudence. Une page unique reste une seule source ;
- Respecte la tradition. Averroès a été un juge musulman, et la page le décrit ainsi, sans le tirer vers des sujets qui ne sont pas les siens.
Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Averroès, ou Ibn Rushd, est un juge, médecin et philosophe né à Cordoue en 1126 et mort à Marrakech en 1198. Selon la page, il a commenté Aristote, défendu l’accord entre philosophie et révélation, répondu à al-Ghazali dans le Tahafut at-Tahafut et connu une disgrâce en 1195.
La page lue ne mentionne ni talismans, ni astrologie, ni système de lettres, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Averroes » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui était Averroès ?
Un juge, médecin et philosophe d’Al-Andalus, né à Cordoue en 1126 et mort à Marrakech en 1198, connu comme le Commentateur d’Aristote, selon Wikipédia.
Qu’est-ce que le Tahafut at-Tahafut ?
C’est la réponse d’Averroès, en 1180, à L’Incohérence des philosophes d’al-Ghazali. Il y défend les philosophes contre l’accusation d’incroyance, selon la page.
Averroès a-t-il écrit sur l’astrologie ou la magie ?
La page lue n’en parle pas. Elle évoque seulement l’astronomie, avec une critique des épicycles et des excentriques.
Averroès est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


