Rumi, de son nom complet Jalal ad-Din Muhammad Rumi, est un poète mystique persan né en 1207 et mort en 1273 à Konya. Selon Wikipédia, il est l’auteur du Masnavi et d’un grand recueil de poèmes dédiés à son maître et ami Shams de Tabriz, et il est à l’origine spirituelle de l’ordre mevlevi.
Si tu cherches des informations sur le Shams al-Maarif, tu tombes vite sur ce nom, à cause du mot « Shams ». C’est une confusion fréquente et facile à comprendre. Pourtant, dans la vie de Rumi, Shams est une personne, un derviche errant, et non un livre. Rien dans la page que j’ai lue ne relie Rumi à ce titre.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Rumi, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les talismans, ni la magie. Je te dis donc ce que la source contient, et où elle s’arrête.
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Qui était Rumi ?
Un prédicateur et juriste devenu poète mystique. Selon la page, il est né le 30 septembre 1207 à Wakhsh, dans l’Empire du Khwarazm, dans l’actuel Tadjikistan, de parents persans. Son père, Baha ud-Din Walad, était prédicateur et juriste.
Voici les repères de sa vie, tels que la page les donne :
| Date | Événement |
|---|---|
| 1207 | Naissance à Wakhsh |
| 1225 | Mariage à Karaman avec Gowhar Khatun |
| 1228 | Installation de la famille à Konya, le 1er mai |
| 1244 | Rencontre avec Shams de Tabriz, le 15 novembre |
| 1248 | Disparition de Shams, dans la nuit du 5 décembre |
| 1273 | Mort à Konya, le 17 décembre |
L’invasion mongole a poussé la famille vers l’ouest. Elle est passée par Nishapur, puis par Bagdad, La Mecque et Damas, avant l’Anatolie. À Konya, Rumi a succédé à son père à la tête d’une madrasa vers l’âge de vingt-cinq ans.
Les dates viennent d’une seule page encyclopédique et je ne les ai pas recoupées. La page signale aussi que la généalogie rattachant sa famille à Abu Bakr est jugée non historique par plusieurs chercheurs.
Qui était Shams de Tabriz ?
Un derviche errant, maître et ami de Rumi. Selon la page, leur rencontre du 15 novembre 1244 a transformé la vie de Rumi, qui est passé d’enseignant et juriste à un mystique qui délaisse ses fonctions. Le grand recueil poétique de Rumi porte son nom, Diwan-e Shams-e Tabrizi.
Voici ce que la page ajoute :
- Une disparition. Dans la nuit du 5 décembre 1248, Shams serait sorti par une porte arrière et aurait disparu ;
- Plusieurs hypothèses. Meurtre par un fils de Rumi, exécution pour blasphème, ou simple départ ;
- Une source fragile. La page signale que la source de la version du meurtre est peu fiable ;
- Un deuil créateur. Rumi est parti chercher Shams à Damas, puis il a composé un très grand nombre de poèmes en son honneur.
Je rapporte ces hypothèses sans en choisir une. L’histoire de ce couple spirituel est surtout connue par des récits de disciples, et ces récits sont souvent devenus des légendes.
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Que sait-on vraiment de son parcours avant Konya ?
Moins qu’on ne le croit, car une partie de ce qui circule est de la tradition de disciples. Selon la page, la famille a quitté la région sous la pression de l’invasion mongole. Elle a traversé Nishapur, Bagdad, La Mecque et Damas, puis elle est arrivée en Anatolie, notamment à Karaman, où Rumi s’est marié en 1225.
La page signale plusieurs points à manier avec prudence :
- La rencontre avec Attar. À Nishapur, la tradition raconte une rencontre avec le poète Attar. La page la présente comme un récit hagiographique, que tous les spécialistes n’acceptent pas ;
- La généalogie. Le lien de sa famille avec Abu Bakr, et une ascendance khwarazmienne, sont jugés non historiques par plusieurs chercheurs ;
- Le vocabulaire de la sainteté. Les récits de disciples ont tendance à embellir les étapes d’une vie, ce qui rend les détails difficiles à vérifier.
À Konya, la famille s’est installée le 1er mai 1228, à l’invitation du souverain local Ala ud-Din Key-Qobad, selon la page. Rumi avait alors une vingtaine d’années. Il y a vécu jusqu’à sa mort, d’abord comme enseignant et juriste, puis comme mystique.
Je ne tranche pas entre le récit pieux et la reconstruction des historiens. Pour un autre cas où la légende recouvre les faits, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende montre le même problème de source, avec un autre personnage.
Quelles sont ses œuvres majeures ?
Cinq grands ensembles, selon la page. Voici ce qu’elle présente :
- Le Masnavi. L’œuvre majeure, en six livres et environ 27 000 vers selon les manuscrits. Rumi l’aurait dictée à son disciple Husam Chalabi pendant une douzaine d’années ;
- Le Diwan-e Shams. Un recueil de ghazals et de quatrains, écrits sous l’effet de la perte de Shams, avec aussi des passages en arabe, en turc et en grec ;
- Fihi ma fihi. Soixante-et-onze entretiens, compilés à partir des notes de disciples. Rumi ne l’a donc pas rédigé lui-même ;
- Les sept sermons. Des textes en persan qui commentent le Coran et les hadiths ;
- Les lettres. Des lettres en persan à des disciples, à sa famille et à des dignitaires, d’un style plus soigné que celui des sermons.
La page note que le Masnavi est souvent appelé « le Coran en persan ». C’est une formule de réception, qui exprime le respect que lui portent ses lecteurs. Elle ne fait pas du livre un texte révélé.
Pour situer ce poète dans son monde spirituel, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne les repères généraux, avec ses limites.
Qui sont les mevlevis et que fait la sema ?
L’ordre mevlevi, dit des derviches tourneurs, est né après la mort de Rumi. Selon la page, ses disciples et son fils Sultan Walad l’ont fondé, et la direction de l’ordre est restée dans la famille de Rumi à Konya.
La sema est sa cérémonie. La page la décrit comme une cérémonie de musique et de danse tournoyante, qui représente une ascension spirituelle. Rumi accordait une grande importance à la musique, notamment au ney, la flûte de roseau, qui était son instrument favori.
Voici les repères de la page sur l’histoire récente :
- 1925. La République de Turquie interdit les ordres soufis et ferme les tekkes ;
- 1927. Le mausolée rouvre comme musée ;
- Années 1950. Les derviches sont autorisés à se produire une fois par an à Konya, pour la commémoration du 17 décembre ;
- 2005. L’UNESCO inscrit la cérémonie mevlevi de Turquie sur sa liste du patrimoine immatériel ;
- 2007. Le 800e anniversaire de sa naissance est célébré, et l’UNESCO le désigne « Année internationale de Rumi ».
Je rapporte la sema comme une pratique d’un ordre vivant, avec ses propres explications. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
La sema et la lecture du Masnavi sont des pratiques et des textes de la tradition mevlevie. La page les décrit de l’extérieur. Elles ne disent rien sur d’autres traditions, et le résultat vient de Dieu.
Qu’a-t-on retenu de lui après sa mort ?
Une réception très large. Selon la page, ses funérailles ont réuni des chrétiens et des juifs de Konya, et son tombeau, le « Tombeau vert », est devenu le musée Mevlana. La page le présente comme un poète très lu, notamment aux États-Unis, traduit dans de nombreuses langues.
Voici l’influence qu’elle lui attribue :
- La littérature. Persane, ottomane, ourdou et bengali ;
- La musique. La musique classique iranienne et afghane ;
- La culture contemporaine. Le roman de Elif Shafak, The Forty Rules of Love, en 2010, et une série turque de 2023.
Je ne reprends pas ici les citations qui circulent sur internet sous son nom. Beaucoup de ces phrases sont des traductions très libres, et la page ne permet pas de vérifier lesquelles viennent vraiment de lui.
Pour une autre figure du soufisme de la même époque, Ibn Arabi : vie, œuvres et réception du Cheikh al-Akbar présente un contemporain et ses livres.
Rumi et le Shams al-Maarif : où est la confusion ?
Dans un seul mot. Le Shams de Rumi est Shams-i Tabrizi, une personne. Le Shams al-Maarif est le titre d’un livre attribué à al-Būnī, que ce site traite par ailleurs. La page sur Rumi ne parle ni de l’un ni de l’autre livre.
Voici ce que la source permet de dire :
| Question | Ce que dit la page |
|---|---|
| Shams désigne ? | Shams-i Tabrizi, le maître et ami de Rumi |
| Al-Būnī cité ? | Non |
| Shams al-Maarif cité ? | Non |
| Magie ou talismans ? | Aucune mention |
| Lettres ? | Seulement ses lettres personnelles, les Maktubat |
Le mot « lettres » peut aussi tromper. Ici, il s’agit de lettres de correspondance, pas de la science des lettres. Pour cette notion, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions, et la page sur Rumi ne la mentionne pas.
Pour la question de la date et de la vie d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée.
Cet article présente un poète et son œuvre. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
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Comment éviter les fausses pistes autour d’un nom ?
En vérifiant ce que le mot désigne avant de relier deux sujets. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Cherche le sens du mot. Ici, Shams est un prénom, « soleil » en arabe, porté par une personne ;
- Compare les titres. Un recueil de poèmes n’est pas un manuel, même s’ils partagent un mot ;
- Note ce qui manque. La page ne cite ni al-Būnī, ni talismans, ni magie ;
- Méfie-toi des citations. Les phrases attribuées à Rumi sur internet sont souvent des paraphrases, et je ne peux pas les vérifier ;
- Respecte les croyants. Les mevlevis sont une tradition vivante, avec ses propres explications.
Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Rumi est un poète mystique persan né en 1207 à Wakhsh et mort en 1273 à Konya. Selon la page, il est l’auteur du Masnavi et du Diwan-e Shams, il a rencontré Shams de Tabriz en 1244 et l’ordre mevlevi s’est formé après sa mort.
Le Shams de Rumi est une personne, pas le livre Shams al-Maarif, et la page lue ne mentionne ni al-Būnī, ni talismans, ni magie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Rumi » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui était Rumi ?
Un poète mystique persan, né en 1207 à Wakhsh et mort en 1273 à Konya, auteur du Masnavi, selon Wikipédia.
Qui est Shams dans la vie de Rumi ?
Shams de Tabriz, un derviche errant devenu son maître et ami après leur rencontre de 1244, selon la page.
Rumi est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne les relie. Seul le mot « Shams » est commun, et il désigne deux choses différentes.
Que sont les derviches tourneurs ?
Les membres de l’ordre mevlevi, fondé après la mort de Rumi. Leur cérémonie, la sema, associe musique et danse tournoyante, selon la page.


