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Shams al-Maʿārif

Ibn Tufayl : Hayy ibn Yaqzan, le vizir andalou et Averroès

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Ibn Tufayl Couverture de l'article

Ibn Tufayl, né vers 1105 à Guadix et mort en 1185 au Maroc, est un médecin, vizir et philosophe d’Al-Andalus. Selon Wikipédia, il est l’auteur de Hayy ibn Yaqzan, souvent présenté comme le premier roman philosophique, et c’est lui qui a recommandé Averroès au calife almohade.

Quand on explore les savants d’Al-Andalus, on rencontre deux familles de livres. Il y a les ouvrages de philosophie, de médecine et d’astronomie, et il y a les livres de tradition et de lettres. Ibn Tufayl appartient clairement à la première. La page que j’ai lue ne dit rien de la magie, des talismans ou des lettres.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Ibn Tufayl, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je te dis où la source s’arrête.

Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.

Qui était Ibn Tufayl ?

Un lettré andalou devenu haut fonctionnaire, vizir et médecin du calife. Selon la page, il est né à Guadix, près de Grenade, dans une famille issue de la tribu arabe des Qays. Il a été instruit par le savant Ibn Bajja, que le monde latin appelle Avempace.

Voici les repères de sa carrière, tels que la page les donne :

DateÉvénement
Vers 1105Naissance à Guadix
1154Secrétaire de plusieurs dirigeants, dont les gouverneurs de Ceuta et de Tanger
Date non préciséeService chez les Almohades, vizir et médecin du futur calife Abu Yaqub Yusuf
1169Recommande Ibn Rushd au calife
1182Retraite, remplacé par Ibn Rushd
1185Mort au Maroc

Il a servi comme secrétaire du gouverneur almohade de Grenade, puis du gouverneur de Ceuta et de Tanger, Abu Said Uthman. Il est ensuite entré au service d’Abu Yaqub Yusuf, alors prince et futur deuxième calife almohade. La page précise qu’il est devenu son vizir et son médecin.

Ce parcours dit quelque chose du milieu où il vit. Un secrétaire de gouverneur devient vizir, puis médecin personnel du souverain, ce qui suppose à la fois une culture administrative, des connaissances médicales et la confiance du pouvoir. La page n’en dit pas davantage sur sa vie quotidienne, et je ne devine pas ce qu’elle ne précise pas.

Les dates viennent d’une seule page encyclopédique et je ne les ai pas recoupées. La page donne une naissance « vers 1105 », donc approximative. Pour un autre savant dont la date de mort reste débattue, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre le même problème de source.

Quel est le rôle d’Ibn Tufayl auprès d’Averroès ?

Celui d’un protecteur et d’un entremetteur. Selon la page, en 1169, Ibn Tufayl a recommandé Ibn Rushd au calife. Elle cite le récit d’Ibn Rushd lui-même, qui raconte qu’Ibn Tufayl l’a encouragé à résumer et à clarifier les commentaires d’Aristote. Ibn Tufayl se disait trop âgé et trop occupé pour le faire.

Voici ce que cela montre :

  1. Une transmission. Ibn Tufayl n’a pas écrit de commentaire d’Aristote, mais il a poussé quelqu’un d’autre à le faire ;
  2. Une succession. Ibn Rushd lui a succédé comme médecin de la cour en 1182, après sa retraite ;
  3. Un réseau de savants. Dans cette cour, un vizir-médecin connaissait un juriste et le plaçait auprès du calife.

Pour le savant qu’il a recommandé, Averroès : le Commentateur, sa réponse à al-Ghazali et la question du Shams al-Maarif reprend sa vie et ses œuvres, d’après la même famille de sources.

De quoi parle Hayy ibn Yaqzan ?

D’un enfant seul sur une île, qui découvre la vérité par la raison. Selon la page, Hayy est élevé par une gazelle sur une île déserte. Sans contact avec des humains, il observe, déduit et atteint ce que le récit présente comme la vérité ultime.

Voici l’intrigue, telle que la page la résume :

  1. L’enfant de l’île. Hayy grandit seul, élevé par une gazelle ;
  2. La découverte par la raison. Il arrive à des conclusions sur le monde et sur Dieu sans aucun enseignement humain ;
  3. La rencontre. Un naufragé, Absal, arrive sur l’île, et Hayy découvre avec lui la civilisation et la religion.

Le titre signifie « Vivant, fils de l’Éveillé » selon la page. En latin, l’œuvre est connue sous le nom de Philosophus Autodidactus. La page la décrit comme un roman philosophique et allégorique, inspiré de l’avicennisme et du soufisme.

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Quelles idées défend le roman ?

Surtout un rapport entre raison, religion et vie commune. Selon la page, le roman soutient que les images et les biens matériels sont nécessaires au commun des gens pour mener une vie décente. Pour ceux dont la raison les reconnaît comme des distractions, ils doivent être abandonnés.

La page ajoute trois précisions :

  • Des emprunts à Avicenne. Les noms des personnages (Hayy, Salaman, Absal) et le titre viennent des récits d’Ibn Sina, en hommage à sa philosophie ;
  • Une réponse à al-Ghazali. Le roman est présenté comme une réponse à L’Incohérence des philosophes d’al-Ghazali ;
  • Une réplique ultérieure. Au XIIIe siècle, Ibn al-Nafis y répond à son tour avec Theologus Autodidactus.

Je rapporte ces thèses comme celles d’une œuvre littéraire et philosophique, sans en juger la valeur religieuse. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Pour le penseur dont il emprunte les noms, Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie donne les repères. Pour le texte auquel il répond, Al-Ghazali : l’Ihya, la crise spirituelle et les livres qu’on lui attribue à tort présente l’auteur et ses œuvres.

Ces idées sont celles du roman, telles que la page les décrit. D’autres savants de son époque les ont critiquées ou nuancées, et elles ne résument pas ce que pensent tous les courants de l’islam.

Comment l’œuvre a-t-elle été reçue en Europe ?

Très largement, selon la page. Elle écrit que l’œuvre a influencé la littérature arabe et européenne, et qu’elle a été un best-seller en Europe occidentale aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Voici les repères qu’elle donne :

DateFait
1671Traduction latine par Edward Pococke le Jeune
1708Première traduction anglaise, par Simon Ockley
1690Essai de John Locke, que le roman aurait inspiré pour l’idée de tabula rasa

Elle ajoute que ces traductions auraient pu inspirer Daniel Defoe pour Robinson Crusoé. Elle cite aussi Leibniz, Voltaire, Huygens, Wallis et les Quakers parmi les lecteurs et les auteurs touchés. Ces liens d’inspiration sont rapportés au conditionnel, et je les rapporte de la même façon.

Je ne reprends pas ici les détails de ces influences, car je n’ai lu aucune autre source qui les confirme ou les nuance. Une influence supposée n’est pas une influence démontrée.

Qu’a-t-il écrit en médecine et en astronomie ?

Peu de choses, mais la page en signale deux. Elle cite un long poème en mètre rajaz sur la médecine, consacré au diagnostic des maladies et à leurs traitements. Elle indique qu’il aurait été retrouvé récemment à Rabat.

Pour l’astronomie, voici ce qu’elle présente :

  1. Un rôle dans la remise en cause de Ptolémée. Ibn Tufayl est décrit comme un acteur majeur de ce que la page appelle la « révolte andalouse » contre le système ptolémaïque ;
  2. Un disciple, Nur al-Din al-Bitruji. Ce dernier l’aurait amené à adopter le système aristotélicien ;
  3. Des suites. Plusieurs astronomes ultérieurs se sont appuyés sur ses travaux.

Ce sont des positions historiques, rapportées sans conseil pratique. Pour une question de santé, adresse-toi à un professionnel de santé. Sur le débat voisin autour de l’astrologie dans le même monde savant, Astrologie en islam : origines, savants et débat sur sa légitimité pose les repères, et la page sur Ibn Tufayl n’en parle pas.

Découvre les secrets des marabouts et des érudits africains, expliqués dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Ibn Tufayl et le Shams al-Maarif : y a-t-il un lien ?

Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les lettres, ni la magie, ni les talismans.

Voici ce qu’on peut dire sans inventer :

  • Un philosophe et un médecin. La page présente un homme de cour, un vizir et un romancier philosophique ;
  • Une influence soufie, sans pratique décrite. Elle dit que le roman s’inspire du soufisme, mais ne décrit aucune pratique ni aucun texte de lettres ;
  • Une époque antérieure ou proche. Pour situer al-Būnī dans le temps, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende donne les repères et les débats ;
  • Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’Ibn Tufayl a lu ou cité al-Būnī.

Pour les définitions de la science des lettres, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? les pose sans rattacher ce penseur.

Cet article présente un savant et son œuvre. Il ne donne aucune méthode ni pratique. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Je n’ai lu ni Hayy ibn Yaqzan ni aucun texte d’Ibn Tufayl. Tout ce qui précède vient d’une seule page encyclopédique, que je n’ai pas recoupée avec une autre source.

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Comment lire un roman philosophique médiéval sans lui prêter ce qu’il ne dit pas ?

En séparant l’intrigue, les thèses et les légendes. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Repère le genre. Un roman allégorique n’est pas un traité, et ses images ne sont pas des instructions ;
  2. Lis le titre avec soin. Hayy ibn Yaqzan reprend des noms d’Avicenne, ce qui oriente la lecture ;
  3. Note ce qui manque. Aucune mention de lettres, de magie ou de talismans dans la page ;
  4. Distingue influence et preuve. Les liens avec Locke ou Defoe sont des hypothèses rapportées ;
  5. Respecte la tradition. Ibn Tufayl était un musulman andalou, et la page le décrit ainsi.

Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Ibn Tufayl est un médecin, vizir et philosophe andalou, né vers 1105 à Guadix et mort en 1185. Selon la page, il a écrit Hayy ibn Yaqzan, il a recommandé Ibn Rushd au calife en 1169 et il a pesé sur la critique du système ptolémaïque.

La page lue ne mentionne ni talismans, ni magie, ni système de lettres, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Ibn Tufail » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui était Ibn Tufayl ?

Un médecin, vizir et philosophe d’Al-Andalus, né vers 1105 à Guadix et mort en 1185, selon Wikipédia.

De quoi parle Hayy ibn Yaqzan ?

D’un enfant élevé par une gazelle sur une île déserte, qui découvre la vérité par la raison, puis rencontre la civilisation et la religion, selon la page.

Quel est le lien entre Ibn Tufayl et Averroès ?

Selon la page, Ibn Tufayl a recommandé Ibn Rushd au calife en 1169, et Ibn Rushd lui a succédé comme médecin de la cour en 1182.

Ibn Tufayl est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.