Si tu débutes avec le Shams al-Maarif, ne commence pas par les carrés ni par les formules. Lis d’abord ce qu’est le livre, qui l’a écrit et quelle version tu tiens. Le texte est long, composite et technique, et il ne se lit pas comme un roman. Le résultat vient de Dieu.
Beaucoup de personnes arrivent sur ce livre par une vidéo, un extrait ou une rumeur. Elles ouvrent un fichier, tombent sur des tableaux de lettres, des noms en arabe et des chiffres, puis abandonnent ou, pire, tirent des conclusions trop vite.
Ce n’est pas un défaut de ta part. Le livre suppose un bagage que presque personne n’a au départ : un peu d’histoire du soufisme, quelques notions sur les lettres arabes, et surtout une idée claire de ce que vaut chaque édition.
Dans cet article, je te propose un parcours simple de lecture, un petit glossaire et une liste d’erreurs fréquentes. Je m’appuie sur Wikipédia, sur Middle East Eye et sur l’étude de Noah Gardiner. Je ne donne ni formule ni mode d’emploi.
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Pourquoi le Shams al-Maarif est-il difficile pour un débutant ?
Le livre est difficile pour quatre raisons : sa taille, sa construction, son vocabulaire et le flou qui entoure ses versions. Selon Wikipédia, il existe en deux volumes, la Kubrā et la Ṣughrā, et ses chapitres, non numérotés, vont jusqu’à quarante.
Voici ce qui déroute le plus souvent :
- Une construction inhabituelle. Selon Wikipédia, les premiers chapitres portent sur les carrés magiques, avant d’autres sujets. Le lecteur qui attend une introduction progressive ne la trouve pas ;
- Un texte composite. Selon Gardiner, la grande version est en grande partie un produit du début du XVIIe siècle. Selon Middle East Eye, c’est « un patchwork » de morceaux d’al-Būnī et d’autres auteurs ;
- Un vocabulaire spécialisé. Noms divins, lettres, valeurs numériques, termes soufis : tout est dense, et rarement expliqué ;
- Des éditions différentes. Wikipédia cite des éditions de Beyrouth (1985), de Karachi (1978) et d’Istanbul (1979), qui ne se recoupent pas forcément ;
- Un livre pensé pour des initiés. Selon Gardiner, il était destiné à l’origine à une communauté fermée de soufis savants, pas à un public général.
Selon Wikipédia, des traductions partielles en anglais existent (Inloes, 2022, et Voldemont, 2023). Les sources lues ne signalent pas de traduction française complète publiée par un éditeur universitaire.
Ce dernier point mérite une nuance. Je n’ai pas lu tous les catalogues, donc je ne dis pas qu’aucune traduction française n’existe. Je dis seulement que les sources que j’ai consultées n’en citent pas de référence. Pour choisir, lis Le livre Shams al Maarif en français : quelle version choisir ?.
Il faut aussi accepter qu’une partie du texte reste obscure, même après plusieurs lectures. Ce n’est pas un échec. Les spécialistes eux-mêmes discutent de la composition du livre, de ses manuscrits et de ses attributions, et ils n’arrivent pas toujours aux mêmes conclusions. Un débutant n’a donc pas à tout résoudre : il lui suffit de savoir ce qui est établi, ce qui est discuté et ce qui est raconté.
Une bonne nouvelle quand même : la difficulté se contourne. Il suffit de ne pas tout lire d’un coup, et de lire dans le bon ordre. C’est l’objet de la partie suivante.
Par où commencer la lecture du Shams al-Maarif ?
Commence par l’histoire du livre, puis par son contenu général, puis seulement par le texte. Cet ordre te donne un cadre avant d’affronter les tableaux, ce qui évite la plupart des contresens.
Voici le parcours que je propose, en cinq étapes :
- Comprends ce qu’est le livre. Lis Qu’est-ce que Shams al maarif ? Le livre expliqué simplement pour les repères de base ;
- Découvre l’auteur et son époque. Selon la plupart des sources, al-Būnī est mort vers 1225. Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende rassemble ce qui est établi ;
- Repère les deux versions. Distingue la grande et la petite : Shams al-Maarif al-Kubra : qu’est-ce que la grande version du livre ? explique pourquoi elle est surtout tardive ;
- Survole le contenu. Que contient le Shams al-Maarif ? Le contenu du livre expliqué décrit les grandes parties sans mode d’emploi ;
- Passe au texte avec une édition qui cite sa source. Lis un chapitre à la fois, avec les notes, plutôt que de sauter d’un tableau à l’autre.
Ce n’est pas une règle religieuse ni une méthode officielle. C’est un ordre de travail, comme on en conseille pour n’importe quel texte ancien : le contexte avant le détail.
Un conseil pratique : lis sans chercher à appliquer quoi que ce soit. Pour un premier contact, ton objectif est de comprendre ce que le livre dit, pas d’en tirer un effet. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.
Pour t’organiser, tu peux t’imposer un rythme léger : une séance de lecture par semaine, un seul thème par séance, et dix lignes de notes à la fin. Par exemple, une séance sur l’histoire du livre, une sur l’auteur, une sur les carrés. Ce découpage évite la surcharge, et il te permet de repérer ce que tu comprends vraiment et ce que tu répètes sans l’avoir compris.
Pense aussi à la langue. Si tu lis en arabe, Shams al Maarif en arabe : éditions, difficultés et choix d’une version t’aidera à comprendre pourquoi les éditions diffèrent. Si tu préfères le français, vérifie que la traduction indique clairement sur quelle édition elle repose.
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Quel vocabulaire faut-il connaître avant de lire ?
Une dizaine de mots suffisent pour ne pas te perdre. Les voici, avec une définition courte, à vérifier ensuite dans les éditions et dans les études.
| Terme | Sens en bref |
|---|---|
| Kubrā / Ṣughrā | La « grande » et la « petite » version du livre |
| ʿIlm al-ḥurūf | Science des lettres : valeurs numériques et sens attribués aux lettres arabes |
| Abjad | Système qui donne une valeur numérique à chaque lettre |
| Carré magique | Grille de nombres dont les lignes et les colonnes donnent la même somme |
| Talisman | Objet ou tracé auquel la tradition attribue un rôle protecteur ou autre |
| Sihr | Magie ou sorcellerie, terme employé par les critiques religieux |
| Djinn | Être invisible mentionné dans la tradition islamique |
| Pseudépigraphe | Texte attribué à un auteur qui ne l’a probablement pas écrit |
| Soufisme | Courant spirituel de l’islam, cadre de l’œuvre d’al-Būnī |
Quelques précisions sur ces termes :
- Les carrés. Pour la partie mathématique, Qu’est-ce qu’un carré magique ? Définition, exemples et histoire pose les bases ;
- Les lettres. Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? explique le calcul abjad avec des exemples vérifiables ;
- Les talismans. Shams al Ma’arif talisman : ce que le livre dit des talismans, sans promesse reste prudent sur le sujet ;
- Le mot « pseudépigraphe ». Selon le résumé de Wikipédia, un spécialiste, Coulon, considère le livre comme pseudépigraphique. C’est une position à connaître, pas un verdict que je tranche.
Ces mots reviennent partout. Si tu les maîtrises, les premières pages du livre et la plupart des articles en ligne deviennent bien plus lisibles. Note-les dans un coin, et reviens-y chaque fois qu’un terme te bloque.
Pseudépigraphe : œuvre placée sous le nom d’un auteur célèbre, alors qu’elle est probablement d’un autre ou de plusieurs autres. Le mot ne dit rien de la qualité du texte.
Quelles erreurs de débutant éviter avec le Shams al-Maarif ?
Les erreurs les plus fréquentes sont de confondre les versions, de croire les récits en ligne et de lire pour obtenir un résultat. Les éviter te fait gagner du temps et t’épargne des déceptions.
Voici la liste que je donnerais à quelqu’un qui commence :
- Croire qu’il existe un seul « vrai » texte. La question de l’original est complexe. Shams al Maarif original : existe-t-il vraiment une version d’origine ? détaille pourquoi ;
- Télécharger le premier fichier venu. Un fichier sans source peut être incomplet ou modifié. Shams al Maarif PDF : ce qu’il faut savoir avant de télécharger un fichier donne des repères de prudence ;
- Prendre les témoignages pour des preuves. Les histoires en ligne ne sont pas vérifiées, comme le montre Shams al Maarif témoignage : peut-on se fier aux récits trouvés en ligne ? ;
- Copier des formules trouvées sur un forum. Une formule sortie de son contexte ne dit rien de son sens, ni de sa source ;
- Lire par peur ou par défi. Ni l’un ni l’autre n’aide. Middle East Eye décrit une réputation chargée de légendes, qui ne repose sur aucune démonstration ;
- Oublier le cadre religieux. Pour beaucoup de croyants, les noms divins et les lettres du Coran sont sacrés. Si c’est ton cas, demande conseil à une personne de confiance.
Les affirmations du type « ce livre change la vie » ou « ce livre rend malade » n’ont aucune base dans les sources lues. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Un dernier point pratique concerne l’achat. Si tu décides d’acquérir une version, vérifie qu’elle indique sa source, son éditeur et son mode de traduction. Shams al Maarif acheter : comment choisir une version complète et fiable ? détaille ces critères.
Tiens enfin un petit carnet de sources. Pour chaque affirmation qui te marque, note d’où elle vient : édition, étude, page web ou conversation. Au bout de quelques semaines, tu verras vite quelles sources se recoupent et lesquelles se contredisent. C’est la meilleure protection contre les légendes, et elle ne coûte rien.
Avance à ton rythme. Un livre de ce genre se découvre sur plusieurs semaines, pas en une soirée. Prends des notes, compare avec des études, et garde en tête ce que tu sais d’avance : le texte est composite, tardif en partie, et chargé de réputation.
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En résumé
Pour débuter avec le Shams al-Maarif, commence par l’histoire du livre, son auteur et ses versions, puis par son contenu général, et seulement ensuite par le texte. Le livre est composite, en deux volumes, et sa grande version est surtout tardive selon Gardiner.
Apprends une dizaine de termes clés : Kubrā et Ṣughrā, science des lettres, abjad, carré magique, talisman, sihr, djinn et pseudépigraphe. Évite les fichiers sans source, les témoignages non vérifiés et les formules copiées sur des forums.
Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Lis pour comprendre, pas pour obtenir.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article Shams al-Ma’arif sur Wikipédia (en anglais) ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? » ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012.
Questions fréquentes
Peut-on lire le Shams al-Maarif sans connaître l’arabe ?
Oui, avec une traduction qui cite son édition d’origine. Vérifie qu’elle est complète et qu’elle explique ses choix. Les traductions partielles existent, mais elles ne couvrent pas tout le livre.
Quelle version choisir quand on débute ?
Une version qui indique clairement sa source, son éditeur et sa méthode. Aucune source lue ne désigne une version « parfaite », et la grande version est surtout tardive selon Gardiner.
Faut-il lire le livre en entier ?
Non, pas forcément. Beaucoup de lecteurs avancent par chapitres, en s’aidant des études. Le plus important est de comprendre le cadre avant de passer aux détails.
Le livre est-il dangereux pour un débutant ?
Aucune source lue ne démontre un danger lié à la lecture. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. La question relève aussi de ton propre cadre religieux.


