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Shams al-Maʿārif

Qu’est-ce que le dhikr ? Sens, formes et formules courantes

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
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Le dhikr est une forme de culte islamique qui consiste à répéter des formules ou des prières pour se souvenir de Dieu. Le mot signifie « rappel, souvenir, mention ». Il joue un rôle central dans le soufisme, mais il n’est pas réservé aux soufis : la plupart des musulmans le pratiquent sous une forme ou une autre.

Le mot revient dans presque tous les textes sur le soufisme, les noms divins et le Shams al-Maarif. On le traduit souvent par « invocation » ou « récitation », ce qui est exact mais incomplet. Le dhikr désigne d’abord un état : se souvenir de Dieu. Les formules, le chapelet et les cérémonies sont des moyens d’y entrer.

Dans cet article, je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée au dhikr et sur Noah Gardiner. Je ne suis pas un guide religieux : je rapporte ce que les sources disent, je cite les versets et les hadiths qu’elles mentionnent, et je signale ce qu’elles ne disent pas.

L’enjeu est de distinguer deux choses que l’on confond souvent. D’un côté, le dhikr est une pratique de dévotion ouverte à tous. De l’autre, certains textes de tradition y associent des procédés plus élaborés, que je ne détaille pas ici.

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Que veut dire le mot dhikr et que dit le Coran ?

Dhikr signifie « rappel, souvenir, mention ». Celui qui le pratique est appelé dhākir. Selon Wikipédia, le Coran emploie la racine dh-k-r plus de quarante fois pour désigner le Coran lui-même, ce qui montre que le mot dépasse le simple fait de réciter une formule.

La page cite plusieurs versets qui servent de base à la pratique :

VersetIdée rapportée
33:41« Ô vous qui croyez ! Invoquez Allah souvent »
13:28Les cœurs trouvent le repos dans le souvenir d’Allah
20:14La prière est établie pour Son souvenir
3:190-191Ceux qui se souviennent d’Allah debout, assis et couchés
18:24Rappel de dire « si Dieu le veut »
7:172Le pacte primordial, invoqué pour expliquer la « connaissance innée » de Dieu

Elle mentionne aussi plusieurs hadiths. Par exemple, Abū al-Dardāʾ rapporte, selon al-Tirmidhī (3337), que le meilleur des actes est le souvenir d’Allah. Un autre, d’Abū Hurayra (Bulūgh al-Marām 1540), dit que les gens qui se rassemblent pour évoquer Allah sont entourés par les anges et couverts de miséricorde.

Le dhikr est donc ancré dans le Coran et dans des hadiths cités par la page. Ce n’est pas une invention tardive du soufisme : celui-ci en a fait un élément central de sa voie.

Cette distinction est importante. Le dhikr est largement admis dans l’islam, y compris sous la forme individuelle du chapelet. Ce qui varie, ce sont les manières de le pratiquer : à voix basse ou haute, seul ou en groupe, avec ou sans mouvements.

Pour situer ce courant qui en a fait une pratique centrale, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres explique son histoire, ses ordres et ses mots clés. Et pour comprendre la relation entre un guide et ses disciples dans ce cadre, Qu’est-ce qu’un maître soufi ? Rôle, voie et disciples détaille le rôle du maître.

Quelles sont les formules de dhikr les plus courantes ?

Sept formules reviennent partout. Wikipédia les présente avec leur sens et les versets où elles apparaissent. Les connaître aide à comprendre ce que l’on entend dans une prière, un chapelet ou une cérémonie.

NomFormuleSens
TakbīrAllāhu akbarDieu est plus grand
TasbīḥSubḥāna LlāhGloire à Dieu
TaḥmīdAl-ḥamdu li-llāhLouange à Dieu
TahlīlLā ilāha illā LlāhIl n’y a de divinité que Dieu
ḤawqalaLā ḥawla wa-lā quwwata illā bi-llāhToute force et puissance viennent de Dieu seul
BasmalaBismi Llāhi r-raḥmāni r-raḥīmAu nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
IstighfārAstaghfiru LlāhJe demande pardon à Dieu

Quelques précisions utiles :

  • Les références coraniques. La page cite par exemple 9:72, 29:45 et 40:10 pour le takbīr, 37:38 et 47:19 pour le tahlīl, 1:1 pour la basmala, et 12:98 et 19:47 pour l’istighfār ;
  • D’autres formules courantes. Elle mentionne aussi Inshāʾ Allāh, Māshāʾ Allāh et la formule « Innā lillāhi… » (2:156) ;
  • Une variante chiite. Dans la tradition chiite, la profession de foi est souvent complétée par une mention d’ʿAlī, ce qui montre que les formules peuvent varier selon les courants.

Les noms divins occupent aussi une place importante dans le dhikr. Leur répétition fait partie du rituel soufi, comme je l’ai rapporté dans l’article sur ce courant. Pour comprendre d’où vient la liste des « beaux noms », 99 noms d’Allah : origine, hadith et débats des savants présente les listes et leurs variantes.

Pour les croyants, ces formules servent à garder Dieu présent à l’esprit dans la vie quotidienne. Elles ne sont pas présentées par les sources lues comme des procédés produisant un effet garanti.

Cela montre l’esprit du dhikr : une habitude de dévotion simple, accessible à tous, et pas une technique. C’est utile à retenir quand on rencontre, dans d’autres textes, des usages plus élaborés de ces mêmes mots.

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Comment pratique-t-on le dhikr, seul ou en groupe ?

De plusieurs façons, selon les personnes et les ordres. La page de Wikipédia distingue plusieurs formes, qui vont du silence complet à la cérémonie collective.

Voici les principales :

  1. Le dhikr silencieux. De nombreux soufis le jugent comme la meilleure forme. Il se pratique en silence, sans bouger le corps. Bahāʾ al-Dīn Naqshband, fondateur de la Naqshbandiyya, en est un grand défenseur ;
  2. Le dhikr à voix haute. Il se fait avec la langue et le corps, seul ou en groupe ;
  3. Le dhikr collectif. Selon les ordres, il peut inclure récitation, chant, musique, danse, encens, méditation et transe ;
  4. La ḥaḍra. C’est une cérémonie de groupe, surtout pratiquée dans les pays arabes, qui peut durer des heures ;
  5. Le samāʿ. Le mot signifie « audition ». Il se compose surtout de poésie spirituelle et de récitation coranique.

Chaque ordre soufi adopte en général un dhikr spécifique, avec sa posture, sa respiration et ses mouvements. La page cite la Naqshbandiyya, qui pratique le dhikr silencieux, et la Kubrawiyya, à laquelle est attribué le « dhikr des quatre temps » (chahār ḍarb) de ʿAlī Hamadānī. Elle ajoute que l’initiation d’un postulant comprend une répétition de dhikr.

Un détail sur le chapelet, appelé misbaḥa ou tasbīḥ : ses grains servent à compter les répétitions. Ils sont généralement au nombre de 33, 99 ou 100, selon la page. Elle précise que tous les courants musulmans admettent le chapelet individuel.

La page décrit aussi le tasbīḥ de Fāṭima. Dans la tradition sunnite, il comprend 33 Subḥāna Llāh, 33 al-ḥamdu li-llāh et 34 Allāhu akbar. Dans la tradition chiite, l’ordre diffère : 34 Allāhu akbar, 33 al-ḥamdu li-llāh, 33 Subḥāna Llāh, puis une fois Lā ilāha illā Llāh.

La page ne détaille pas la critique du dhikr collectif par certains courants. Je ne peux donc pas résumer ce débat à partir de cette source. Pour l’opposition de certains courants au soufisme, l’article sur le soufisme rapporte ce que j’ai lu.

Enfin, une mise en garde simple. Si tu veux commencer à pratiquer le dhikr, le plus sûr est de demander conseil à une personne qualifiée de ta tradition. Les formules ci-dessus sont courantes et accessibles, mais la manière de les intégrer à une pratique relève de chaque croyant.

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Quel rapport entre le dhikr et le Shams al-Maarif ?

Le rapport est indirect, et il faut le dire avec précision. Les sources que j’ai lues sur le dhikr ne mentionnent pas le Shams al-Maarif. C’est le cadre soufi qui relie les deux : al-Būnī est présenté comme un maître soufi, et les noms divins, la prière et le jeûne font partie de son univers.

Voici ce que l’on peut établir :

  • Un milieu commun. Selon Gardiner, la séparation entre contenus « occultes » et contenus « soufis » est artificielle dans les écrits attribués à al-Būnī : jeûne, prière, noms divins et figures s’y imbriquent ;
  • Des noms divins en commun. Selon Middle East Eye, le Shams al-Maarif traite des propriétés des 99 noms et de l’effet attribué à leur récitation répétée. Cette description rappelle le dhikr, mais le livre y ajoute un cadre propre ;
  • Une différence de nature. Le dhikr, tel que la page de Wikipédia le décrit, est un acte de dévotion. Les procédés de lettres ou de talismans relèvent d’une autre tradition, que des savants ont critiquée.

Pour comprendre ce que cette tradition des lettres recouvre, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? en présente le cadre. Et pour ce que le livre contient, Que contient le Shams al-Maarif ? Le contenu du livre expliqué décrit les grandes parties.

Il ne faut donc pas conclure qu’un dhikr ordinaire est « le Shams al-Maarif ». Ce sont deux réalités différentes. L’une est une dévotion répandue dans tout le monde musulman ; l’autre est un livre de tradition, dont les savants ont débattu.

Un dernier point de prudence : certains textes ou certaines vidéos présentent des formules de dhikr comme des moyens d’obtenir un résultat précis. Les sources que j’ai lues n’établissent rien de tel. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une méthode pour lire ces textes avec recul.

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En résumé

Le dhikr est un acte de dévotion qui consiste à se souvenir de Dieu, en répétant des formules comme Subḥāna Llāh, al-ḥamdu li-llāh ou Allāhu akbar. Il s’appuie sur des versets comme 33:41 et 13:28, et sur des hadiths cités par Wikipédia.

Il se pratique en silence ou à voix haute, seul ou en groupe, avec ou sans chapelet, et chaque ordre soufi a ses manières. Le Shams al-Maarif en est distinct : c’est un livre de tradition, qui traite aussi des noms divins. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article Dhikr sur Wikipédia (en anglais) ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012 ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? ».

Questions fréquentes

Le dhikr est-il réservé aux soufis ?

Non. Selon Wikipédia, il est central dans le soufisme, mais le chapelet individuel est admis par tous les courants musulmans, et les formules comme Subḥāna Llāh sont d’usage courant.

Quelle est la différence entre dhikr et prière ?

Le dhikr consiste à se souvenir de Dieu par des formules. La prière rituelle est un acte distinct, mais le verset 20:14 cité par la page présente la prière comme établie pour le souvenir de Dieu.

Combien de grains a un chapelet ?

Généralement 33, 99 ou 100, selon la page de Wikipédia. Le tasbīḥ de Fāṭima compte 33 + 33 + 34 répétitions chez les sunnites.

Le dhikr garantit-il un résultat précis ?

Les sources que j’ai lues décrivent une dévotion, pas un procédé. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.