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Shams al-Maʿārif

Avicenne : médecin, philosophe et critique de l’astrologie et de l’alchimie

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 11 min de lecture
Avicenne Couverture de l'article

Avicenne, de son nom arabe Ibn Sina, est un médecin et philosophe né vers 980 près de Boukhara et mort le 22 juin 1037 à Hamadan. Selon Wikipédia, il est l’un des grands penseurs de l’âge d’or de l’islam, auteur du Canon de la médecine et du Livre de la guérison.

Son nom revient souvent quand on parle de sciences anciennes, d’astres et de transmutation des métaux, et on lui prête parfois des textes qu’il n’a pas écrits. La page que j’ai lue décrit un philosophe aristotélicien, un médecin, un scientifique et un critique de l’astrologie. Elle ne dit rien des talismans ni de la science des lettres.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Avicenna, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les amulettes, ni la mystique des lettres. Je n’invente donc aucun lien, et je le redis là où la question se pose.

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Qui était Avicenne ?

C’était un savant polyvalent, médecin de cour et conseiller de princes. Selon la page, il est né vers 980 à Afshana, en Transoxiane, près de la capitale samanide Boukhara, dans une famille persane. Son père, Abd Allah, était un fonctionnaire samanide originaire de Balkh.

Voici les repères que la page donne :

PointCe que dit la page
NaissanceVers 980, à Afshana, près de Boukhara
Mort22 juin 1037, à Hamadan, où il est enterré
FormationCoran appris par cœur vers dix ans, puis arithmétique, droit et sciences grecques
Premier posteMédecin du souverain samanide Nuh II, vers 17 ans
École juridiqueHanafite sunnite, malgré des liens ismaéliens dans sa famille
Cause de la mortUne colique dont il souffrait depuis longtemps

La page raconte ensuite une vie itinérante. Après la chute des Samanides, il passe par la cour du Khwarazm à Gurganj, puis travaille à Ray pour les Bouyides, et sert Shams al-Dawla, qui le force à devenir vizir. Il est emprisonné environ quatre mois à la forteresse de Fardajan, après des soupçons de correspondance avec Ala al-Dawla. Sa période la plus stable est à Ispahan, auprès de ce même Ala al-Dawla, qu’il conseille et accompagne en campagne.

Les repères ci-dessus viennent d’une seule page encyclopédique. Les dates de naissance sont données comme approximatives, et je n’ai pas recoupé les détails de sa vie avec d’autres sources.

Pour le cadre d’une autre vie de savant à Bagdad, Al-Kindi : le philosophe des Arabes, des lettres chiffrées et de l’astrologie offre un point de comparaison, avec les mêmes réserves sur les sources.

Quels sont ses livres les plus connus ?

Le Canon de la médecine et le Livre de la guérison. Le premier est une encyclopédie médicale en cinq livres, qui a servi de manuel de référence dans le monde islamique et en Europe jusqu’au XVIIIe siècle, selon la page. Le second est une encyclopédie philosophique et scientifique couvrant la logique, les sciences naturelles, les mathématiques et la métaphysique.

Un détail souvent mal compris : malgré son titre, le Livre de la guérison ne traite pas de médecine. Il a été commencé en 1014 et terminé vers 1020, d’après la page.

Voici ce qu’elle dit de l’ensemble de son œuvre :

  1. Un chiffre d’ensemble. Environ 450 œuvres lui sont attribuées, et environ 240 seulement survivent, dont environ 150 de philosophie et 40 de médecine ;
  2. Des titres connus. Le Livre du salut (al-Najat), Les Remarques et admonitions (al-Isharat) et, en persan, le Danishnama ;
  3. Des vers. Près de la moitié de ses écrits sont en vers, en arabe et en persan ;
  4. Des attributions disputées. La page précise que plusieurs ouvrages portent son nom à tort, notamment en alchimie.

Ce dernier point mérite de s’y arrêter. Un nom célèbre attire les textes. La page dit que plusieurs traités d’alchimie qui lui sont attribués sont considérés comme des faux ou comme douteux. Pour un autre cas de nom prestigieux associé à des livres incertains, Ibn Wahshiyya : l’Agriculture nabatéenne et un auteur plein de questions pose la même question.

Je n’ai lu ni le Canon ni le Livre de la guérison. Mes descriptions reprennent ce que dit la page, et je ne peux pas juger moi-même le contenu de ces livres.

Quelle est sa philosophie ?

Une philosophie aristotélicienne, très critique envers Aristote lui-même. Selon la page, il s’inscrit dans la tradition péripatéticienne, s’appuie sur al-Farabi et discute souvent les positions d’Aristote.

La page résume plusieurs idées centrales :

  • Essence et existence. Il distingue l’essence de l’existence et soutient que l’existence demande une cause efficiente qui existe elle-même ;
  • Le Nécessaire Existant. Il décrit un être nécessaire, unique, sans essence au-delà de son existence ;
  • La preuve du Véridique. Son argument pour l’existence de Dieu, que l’historien Peter Adamson juge parmi les plus influents de son genre au Moyen Âge, selon la page ;
  • L’homme volant. Une expérience de pensée qui veut montrer que l’âme se connaît elle-même, indépendamment des sens et du corps ;
  • L’intellect agent. Il donne à la nature son intelligibilité ;
  • La logique. Il défend le principe de non-contradiction, et sa logique a influencé des logiciens musulmans et européens.

La page le décrit comme un musulman pieux qui cherchait à concilier raison et théologie islamique. Ses vues ont été influentes dans les programmes des madrasas, mais elles ont aussi été critiquées par al-Ghazali, Ibn Taymiyya et Ibn Qayyim al-Jawziyya.

Ces points touchent à la théologie. Je les rapporte comme les positions d’un penseur médiéval, et je ne tranche pas leur valeur religieuse. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.

Ces positions sont celles d’Avicenne, telles que la page les décrit. Elles ne résument pas ce que pensent toutes les écoles de l’islam, et plusieurs penseurs postérieurs les ont critiquées.

Pour les courants spirituels du même monde, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres donne des repères, avec ses limites.

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Qu’a-t-il apporté à la médecine et aux sciences ?

Beaucoup de choses, que la page présente avec plusieurs réserves. Voici ses points principaux :

  • Médecine. Il propose que des organismes invisibles seraient à l’origine de maladies et recommande d’isoler les malades. Il décrit la tuberculose comme contagieuse, relie le pouls et les émotions, et écrit sur environ 760 médicaments ;
  • Mouvement. Il développe une théorie du mouvement des projectiles (l’inclination) que la page relie à la théorie ultérieure de l’impetus ;
  • Optique. Il soutient que la lumière a une vitesse finie, mais son explication de l’arc-en-ciel était fausse, selon la page ;
  • Géologie. Il traite de la formation des montagnes par les tremblements de terre et l’érosion de l’eau ;
  • Astronomie. Il rédige un résumé de l’Almageste de Ptolémée et soutient que les étoiles et les planètes émettent leur propre lumière. Il aurait observé un transit de Vénus, mais la page dit que cela est mis en doute ;
  • Parfums. On lui attribue d’avoir le premier obtenu l’essence de fleurs par distillation, et d’avoir utilisé l’essence de rose pour des troubles du cœur ;
  • Psychologie. Il employait des méthodes psychologiques avec ses patients, comme l’anecdote d’un prince persuadé d’être une vache.

La page signale elle-même plusieurs erreurs et incertitudes, comme la théorie de l’arc-en-ciel et l’observation de Vénus. Je les garde, parce qu’un portrait honnête d’un savant ne cache pas ses erreurs.

Sa postérité en Europe est décrite ainsi : le Canon a été utilisé dans les universités médiévales, et il a été classé avec Hippocrate et Galien comme « prince des médecins » du début du XIVe au milieu du XVIe siècle. Le Livre de la guérison a été traduit en partie en latin, et sa psychologie et sa métaphysique ont influencé Albert le Grand, Guillaume d’Auvergne et Thomas d’Aquin.

Cet article présente un savant et ses idées. Il ne donne aucun conseil médical ni aucune méthode. Les remèdes médiévaux ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

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Que pensait-il de l’alchimie et de l’astrologie ?

Il était critique des deux, avec des nuances. Pour l’alchimie, la page dit qu’il contestait explicitement la transmutation des substances, et que sa classification des minéraux s’appuyait sur Aristote et sur Jabir. Plusieurs ouvrages d’alchimie qui portent son nom sont jugés faux ou douteux.

Pour l’astrologie, la page dit qu’il a écrit une attaque contre elle en citant le Coran, tout en croyant que les planètes influencent la Terre. Il sépare l’astronomie mathématique de l’astrologie.

Voici ce que cela donne en pratique :

  1. Un refus de la transmutation. Il rejoint sur ce point ce que la page d’Al-Kindi dit aussi, d’après ma lecture précédente ;
  2. Une critique de l’astrologie. Elle s’appuie sur des arguments religieux, mais ne nie pas toute influence des astres ;
  3. Une distinction de méthode. Calculer le mouvement des astres n’est pas prédire les événements ;
  4. Un silence sur les talismans. La page ne dit rien de ses éventuelles vues sur ces objets.

Pour l’autre versant du sujet, Alchimie arabe : origines, grandes figures et limites des sources rassemble ce que dit une autre page, et Astrologie en islam : origines, savants et débat sur sa légitimité présente le débat sur la légitimité de cette discipline.

Je ne tire pas de leçon pratique de ces positions. Elles montrent seulement qu’un grand savant de l’époque pouvait douter de l’alchimie et critiquer l’astrologie, ce qui rappelle qu’il n’y avait pas un seul avis dans le monde savant médiéval.

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Avicenne a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?

Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne parle ni de talismans, ni de science des lettres, ni de numérologie, ni d’al-Būnī. Elle ne dit rien non plus de ses éventuelles pratiques occultes au-delà des passages sur l’alchimie et l’astrologie.

Voici ce qu’on peut dire sans inventer :

  • Un monde savant voisin. Avicenne meurt en 1037. Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
  • Des sujets proches mais distincts. Médecine, astres et philosophie apparaissent chez lui, mais pas la mystique des lettres ;
  • Une famille aux liens ismaéliens. La page le mentionne, mais ne dit pas qu’il en tirait des idées sur les lettres ;
  • Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à Avicenne.

Pour comprendre la place de la science des lettres dans la tradition, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions sans prétendre relier ce savant au sujet.

Comment lire un grand savant sans lui prêter d’autres textes ?

En séparant ce qui est attesté de ce qui circule sous son nom. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Repère les attributions douteuses. La page signale des ouvrages d’alchimie faussement attribués à Avicenne ;
  2. Compare avec ce que la page ne dit pas. Ici : aucun talisman, aucune science des lettres ;
  3. Relève les erreurs reconnues. L’arc-en-ciel et le transit de Vénus montrent qu’un savant peut se tromper ;
  4. Ne confonds pas médecine et pratique. Un remède médiéval décrit n’est pas un conseil de santé ;
  5. Évite les raccourcis. « Prince des médecins » est un titre de la tradition latine, pas une mesure.

Pour appliquer ces réflexes à ton propre cas, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

Avicenne est un médecin et philosophe né vers 980 près de Boukhara et mort en 1037 à Hamadan. Il est l’auteur du Canon de la médecine et du Livre de la guérison, il conteste la transmutation des substances et il critique l’astrologie, selon la page lue.

Cette page ne mentionne ni talismans, ni science des lettres, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Avicenna » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qui était Avicenne ?

Un médecin et philosophe né vers 980 près de Boukhara et mort en 1037 à Hamadan, auteur du Canon de la médecine et du Livre de la guérison, selon Wikipédia.

Avicenne croyait-il à l’alchimie ?

Selon la page, il contestait explicitement la transmutation des substances, et plusieurs ouvrages d’alchimie à son nom sont jugés faux ou douteux.

Que pensait Avicenne de l’astrologie ?

La page dit qu’il a écrit une attaque contre elle en citant le Coran, tout en croyant que les planètes influencent la Terre.

Avicenne est-il lié au Shams al-Maarif ?

Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.