Al-Razi, connu en Europe sous le nom de Rhazès, est un médecin, philosophe et alchimiste né à Ray, près de l’actuelle Téhéran, et mort entre 925 et 935 selon les sources. D’après Wikipédia, il a distingué cliniquement la variole de la rougeole et écrit une œuvre médicale immense, dont le Hawi et le Mansuri.
Son nom revient dès qu’on parle d’alchimie arabe, ce qui peut faire croire qu’il appartient au monde des talismans et des lettres. La page que j’ai lue décrit surtout un clinicien, un expérimentateur et un esprit critique, dont les écrits chimiques sont rédigés dans un langage largement non mystique. Elle ne mentionne ni talismans, ni magie des lettres.
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Muhammad ibn Zakariya al-Razi, lue en anglais. Elle ne cite ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Je n’invente donc aucun lien, et je le redis là où la question se pose.
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Qui était Al-Razi ?
C’était un médecin d’hôpital devenu une référence. Selon la page, il est né à Ray, ce qui lui a donné son nom, et sa vie est située entre 864 ou 865 et 925 ou 935, car les sources divergent et certaines ne donnent que 925. La page ne tranche pas.
Voici les repères qu’elle donne :
| Point | Ce que dit la page |
|---|---|
| Naissance | À Ray, près de l’actuelle Téhéran, vers 864 ou 865 |
| Jeunesse | Part à Bagdad, où il étudie et exerce à l’hôpital local |
| Retour | Invité à Ray par le gouverneur Mansur ibn Ishaq, il dirige un hôpital |
| Bagdad | Dirige un nouvel hôpital et reçoit la commande d’un plus grand sous al-Muktafi |
| Fin de vie | Devient aveugle ; la page donne des explications concurrentes |
| Mort | À Ray, entre 925 et 935 selon les sources |
La page rapporte aussi une anecdote : il aurait choisi l’emplacement du grand hôpital de Bagdad en suspendant de la viande fraîche en divers endroits et en construisant là où elle pourrissait le plus lentement. Elle le décrit comme un médecin qui soignait les pauvres gratuitement, auteur d’un traité pour ceux qui n’ont pas de médecin à leur portée.
Sur sa cécité, elle donne deux explications concurrentes : un coup reçu de Mansur ibn Ishaq, ou une alimentation à base de fèves. Elle raconte aussi qu’il aurait refusé un oculiste incapable de nommer les couches de l’œil.
Les dates de naissance et de mort ne sont pas établies, et les anecdotes comme celle de la viande ou de la cécité viennent de récits rapportés. Je les donne comme des récits, pas comme des faits prouvés. Pour une figure voisine de la même époque, Thabit ibn Qurra : mathématicien de Harran et traducteur à Bagdad montre un autre savant de Bagdad.
Quels sont ses livres principaux ?
La page en cite plusieurs, dont voici les plus connus :
- Al-Hawi (Le Livre complet de médecine). Un ouvrage en 23 volumes, que la page décrit comme une compilation posthume de ses carnets, traduite en latin en 1279 par Faraj ben Salim ;
- Al-Mansuri (Kitab al-Mansuri). Dédié au gouverneur samanide de Ray, traduit en latin vers 1180 par Gérard de Crémone ;
- La Variole et la rougeole (al-Judari wa l-hasba). L’un des plus anciens textes conservés qui distinguent les deux maladies ;
- Doutes sur Galien. Un livre qui conteste des vues de Galien sur la langue, la cosmologie, la médecine et les fièvres, à partir de sa propre expérience clinique ;
- Un manuel médical domestique. Peut-être le premier livre de remèdes pour le grand public écrit par un médecin persan, avec 36 chapitres de remèdes à base d’ingrédients courants ;
- Deux livres d’alchimie. Al-Asrar (Les Secrets) et Sirr al-Asrar (Le Secret des secrets), dont il est question plus bas.
La page ajoute qu’il s’est intéressé aux maladies des enfants, ce qui lui vaut d’être appelé père de la pédiatrie, et qu’il est vu comme pionnier de l’obstétrique et de l’ophtalmologie. Elle signale qu’avec Thabit ibn Qurra, il fut l’un des premiers à distinguer cliniquement la variole de la rougeole.
Un point de méthode : elle dit qu’il a comparé l’évolution de patients atteints de méningite, saignés ou non, pour voir si la saignée servait à quelque chose. C’est un exemple d’esprit expérimental que la page met en avant, sans en détailler les résultats.
Cet article présente un savant et ses idées. Les remèdes et pratiques médicales médiévales évoqués ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé, et il ne donne aucune méthode.
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Que pensait-il de l’alchimie ?
La page donne deux choses qui semblent se contredire, et elle ne les réconcilie pas. D’un côté, selon Ibn al-Nadim, il croyait à la transmutation des métaux vils en argent et en or. De l’autre, une anecdote dit qu’il aurait publiquement douté qu’elle soit possible, et la page cite une phrase où il dit en douter beaucoup.
Voici ce qu’elle dit de ses écrits chimiques :
- Une classification. Elle les décrit comme la première classification systématique des substances, des réactions et des appareils ;
- Un langage peu mystique. Ils sont rédigés dans un style largement non mystique ;
- Le Secret des secrets. Il traite des opérations chimiques, classe les minéraux, liste les appareils d’alchimie et décrit des techniques de dorure et d’argenture ;
- Un résultat d’expérience. Ses essais suggéraient des qualités comme le « gras » et le « sulfureux », qui ne rentraient pas dans le modèle traditionnel des quatre éléments.
Je ne donne aucune manipulation chimique. L’article les cite comme des éléments d’histoire des sciences, rien de plus. Pour comparer, Jabir ibn Hayyan : qui est l’alchimiste arabe derrière le nom Geber ? pose les questions d’attribution d’un autre corpus d’alchimie, et Alchimie arabe : origines, grandes figures et limites des sources donne le tableau général.
Je n’ai lu aucun de ces livres. Je rapporte ce que dit la page, y compris le désaccord entre Ibn al-Nadim et l’anecdote du doute. Je ne peux pas dire laquelle des deux versions est la plus fiable.
Que dit-on de sa philosophie et de sa religion ?
Que son héritage est surtout connu par des adversaires. Selon la page, la plupart de ses œuvres philosophiques sont perdues, et ses idées survivent surtout dans des rapports hostiles. Sa métaphysique repose sur cinq principes éternels : Dieu, l’âme, la matière, le temps et le lieu. Il soutenait une forme d’atomisme et rejetait l’imitation sans examen des autorités (le taqlid), y compris celle de Galien.
Sur la religion, la page décrit un débat entre chercheurs :
- La version courante. De nombreuses sources le montrent rejetant la prophétie et la religion révélée, au profit de la raison donnée par Dieu à tous ;
- La thèse de Sarah Stroumsa. Il aurait rejeté toute religion révélée ;
- La thèse contraire. Peter Adamson et Marwan Rashed soutiennent qu’il ne l’a pas fait, en citant des écrits de Fakhr al-Din al-Razi ;
- Le problème de la source. Une grande partie du matériel antireligieux vient d’un livre d’Abu Hatim al-Razi, un missionnaire ismaélien hostile à lui, et les chercheurs ne sont pas d’accord sur son exactitude ;
- Une autre lecture. Abdul Latif al-ʿAbd soutient que les ismaéliens l’ont déformé.
Il faut aussi noter que la bibliographie d’al-Biruni cite des titres comme « Sur les prophéties » et « Sur les ruses des faux prophètes », ainsi que d’autres qui défendent la prophétie. La page indique que la plupart de ses écrits religieux ne survivent qu’en fragments.
Ces points touchent à des questions religieuses sensibles. Je les rapporte comme un débat d’historiens, sans prendre parti et sans juger la valeur religieuse de ces positions. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Les accusations d’incroyance viennent en partie d’un adversaire théologique, selon la page. Elles ne reflètent pas un consensus, et un récit hostile n’est pas une preuve de ce que pensait vraiment l’intéressé.
Pour un autre savant qui a été critiqué par des contemporains, Al-Biruni : l’Inde, la mesure de la Terre et sa critique de l’astrologie donne le point de vue d’un critique d’al-Razi.
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Comment ses contemporains l’ont-ils jugé ?
De façon très partagée. La page cite plusieurs jugements :
- Al-Biruni. Il lui reproche une sympathie pour le manichéisme, ses écrits hermétiques, ses vues religieuses et son opposition aux mathématiques en physique ;
- Avicenne. Il aurait dit qu’il aurait dû rester dans la chirurgie et l’examen des urines et des selles, et qu’il avait dépassé les limites en métaphysique ;
- Nasir-i Khusraw. Il l’accuse d’avoir plagié Iranshahri ;
- George Sarton. Il le qualifie de « plus grand médecin de l’islam et du Moyen Âge ».
La mention des écrits hermétiques mérite une remarque. La page la rapporte comme un reproche d’al-Biruni, sans la développer. Je ne peux donc pas dire de quels textes il s’agit. Pour comprendre ce que recouvre ce nom, Hermès Trismégiste : identité, Hermetica et lien avec Idris présente le personnage et ses textes, sans les rattacher à al-Razi.
Côté postérité, la page dit que ses œuvres se sont diffusées dans l’Europe médiévale par des traductions syriaques, grecques et latines, et qu’un catalogue du XIVe siècle de l’abbaye de Peterborough le liste comme auteur partiel de dix livres médicaux. En Iran, des institutions portent son nom, et le 27 août est la Journée Razi.
Al-Razi a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?
Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni les talismans, ni l’usage de lettres comme magie. Elle parle bien d’alchimie, mais dans un langage qu’elle décrit comme largement non mystique.
Voici ce qu’on peut dire sans inventer :
- Un silence sur ces sujets. Rien dans la page ne le relie à la science des lettres ;
- Une alchimie décrite comme technique. C’est le portrait de la page, pas un jugement de ma part ;
- Une époque antérieure. Il meurt entre 925 et 935. Pour la date d’al-Būnī, Mort d’al-Buni : en quelle année, et que sait-on vraiment ? montre qu’elle reste discutée ;
- Pas de filiation prouvée. Aucune source lue ne dit qu’al-Būnī ou le Shams al-Maarif doivent quelque chose à al-Razi.
Pour savoir ce que recouvre la science des lettres, Science des lettres en islam : qu’est-ce que l’ʿilm al-ḥurūf ? pose les définitions, sans y rattacher ce médecin.
Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu. Cet article ne donne aucune méthode d’alchimie, de médecine ou de talisman.
Comment lire un savant dont l’image vient d’adversaires ?
En pesant d’abord qui parle. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Demande qui rapporte l’idée. Ici, une grande partie des positions religieuses vient d’un missionnaire hostile ;
- Note ce qui est perdu. La plupart de ses œuvres philosophiques ont disparu, ce qui laisse la place aux déformations ;
- Compare les jugements. Al-Biruni, Avicenne et Sarton ne disent pas la même chose ;
- Relève les contradictions. Croyait-il à la transmutation ou en doutait-il ? La page garde les deux versions ;
- Évite le portrait unique. Médecin, expérimentateur, chimiste et philosophe sont des facettes d’un même homme, pas des étiquettes.
Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Al-Razi est un médecin, philosophe et alchimiste né à Ray et mort entre 925 et 935. Il a distingué cliniquement la variole de la rougeole, écrit le Hawi et le Mansuri, rédigé des textes d’alchimie dans un langage peu mystique, et son image religieuse vient en grande partie d’adversaires, selon la page.
La page lue ne mentionne ni talismans, ni science des lettres, ni al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Muhammad ibn Zakariya al-Razi » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui était Al-Razi ?
Un médecin, philosophe et alchimiste né à Ray et mort entre 925 et 935, connu en Europe sous le nom de Rhazès, selon Wikipédia.
Qu’a écrit Al-Razi sur la variole ?
Selon la page, son traité sur la variole et la rougeole est l’un des plus anciens textes conservés qui distinguent les deux maladies.
Al-Razi croyait-il à l’alchimie ?
La page donne deux versions : selon Ibn al-Nadim, il croyait à la transmutation, et une anecdote dit qu’il en doutait beaucoup. Elle ne les concilie pas.
Al-Razi est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


