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Shams al-Maʿārif

Zaouïa : confrérie, école, sanctuaire et refuge dans le monde soufi du Maghreb

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 10 min de lecture
Zaouïa Couverture de l'article

La zaouïa est, selon Wikipédia, un bâtiment et une institution liés aux soufis dans le monde islamique. Elle peut servir de lieu de prière, d’école, de monastère ou de mausolée, et au Maghreb elle désigne souvent le lieu où vécut et fut enterré le fondateur d’une confrérie ou un saint local.

C’est le dernier sujet de cette série, et il a un rôle de point d’arrivée. Quand on parle de savoirs cachés, de maîtres et de livres, on oublie souvent le lieu concret où tout cela se passait : une salle, une bibliothèque, une tombe, un grenier à grains. La zaouïa est ce lieu, et elle permet de remettre les pieds sur terre.

Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à la zawiya, lue en anglais. Elle ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la science des lettres, ni la magie. Je n’invente donc aucun lien, et je signale ce que la page affirme sans source.

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Qu’est-ce qu’une zaouïa ?

Un lieu et une institution liés au soufisme, selon la page. Le mot arabe zawiya signifie littéralement un coin ou un recoin, et la page indique qu’il a d’abord désigné les cellules de moines chrétiens, puis un petit oratoire ou une salle de prière.

À la fin du Moyen Âge, il aurait pris le sens d’une structure abritant une confrérie soufie, surtout en Afrique du Nord. Voici les sens que la page relève :

  • Un bâtiment. Lieu de culte, école, monastère ou mausolée ;
  • Une confrérie. Le mot peut désigner la tariqa elle-même et ses membres ;
  • Un équivalent. Dans certaines régions, le terme est interchangeable avec khanqah ;
  • Un petit espace de prière. C’est le sens qu’il garde dans l’Orient moderne.

Cette pluralité de sens est un piège pour le lecteur. Quand un texte parle de « la zaouïa de tel saint », il peut parler d’un édifice, d’une famille qui le dirige ou d’un groupe de disciples, et il faut chaque fois se demander lequel.

Pour le cadre général, Qu’est-ce que le soufisme ? Définition, origines et grands ordres présente le courant auquel ces lieux se rattachent, d’après une autre page.

Depuis quand existent les zaouïas ?

Avant les confréries formelles en Afrique du Nord, selon la page, qui rattache l’institution aux tombeaux à coupole devenus sanctuaires et aux anciens ribats de la frontière islamique. Les dates qu’elle donne varient selon les régions, et je les range ainsi :

RégionCe que dit la pageMa réserve
Ifriqiya (Tunisie)Premiers bâtiments au XIVe siècle, sous les HafsidesDate de la page
KairouanZaouïas « censées être » les plus anciennes, dont Sidi Sahib et Sidi Abid al-GharianiFormulation prudente
MarocPremières zaouïas formelles sous les Mérinides, au XIVe siècleDate de la page
AlgérieComplexe de Sidi Boumediene, fondé autour d’une tombe plus anciennePas de date précise
ÉgypteNi zaouïas ni khanqahs avant les Ayyoubides, à la fin du XIIe siècleAffirmation tranchée
Afrique subsaharienneApparition plus tardive, aux XVIIIe et XIXe sièclesSelon la page

La page note que certains bâtiments ont deux dates, parce qu’on a reconstruit l’édifice après la fondation. Sidi Sahib à Kairouan est ainsi fondée au XIVe siècle, mais le bâtiment actuel date du XVIIe siècle. Ce n’est pas une contradiction, c’est une histoire en couches.

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À quoi servait une zaouïa ?

À plusieurs choses à la fois, selon la page. Elle cite l’hébergement, l’enseignement, la prière, la charité et l’arbitrage, dans des proportions qui varient entre ville et campagne.

Voici comment je classe ces fonctions :

  1. L’hébergement. Dans les zaouïas rurales, il existe des logements pour les pèlerins ;
  2. L’enseignement. La page les présente comme une source majeure d’éducation avant la colonisation ;
  3. La prière et le rite. Le dhikr et la hadra dans les zaouïas urbaines, la prière dans les plus petites ;
  4. La charité. Bibliothèque, mosquée, ateliers et greniers au service de la communauté, financés par des waqf ;
  5. L’arbitrage. Le règlement de conflits entre tribus ou avec le pouvoir central.

Un mot sur le waqf, que la page appelle aussi habous. Il s’agit d’une dotation inaliénable prévue par le droit islamique, ce qui explique que ces lieux aient pu durer. Je ne détaille pas son fonctionnement, car la page ne le fait pas non plus.

Je ne retiens pas une comparaison de la page sur l’alphabétisation algérienne en 1830 face à celle de la France, car je n’ai pas pu la contrôler. Un chiffre aussi frappant demande une source claire, et je préfère l’écarter.

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Qu’apprenait-on dans une zaouïa ?

Le programme commence par la mémorisation de l’alphabet arabe et de sourates courtes, selon la page. Il peut ensuite inclure le droit, la théologie, la grammaire arabe, les mathématiques, surtout pour les successions, et parfois l’astronomie.

Je distingue ici ce qui est établi de ce qui l’est moins :

  • Le socle. L’alphabet et les sourates courtes, point de départ de tous les élèves ;
  • Les sciences religieuses. Droit et théologie, selon le lieu ;
  • Le calcul pratique. Des mathématiques liées aux héritages ;
  • L’astronomie. Mentionnée « parfois », avec une mention « citation needed » dans la page.

Ce dernier point mérite d’être lu avec prudence. Une page qui signale elle-même qu’une affirmation manque de source ne permet pas de dire que l’astronomie était enseignée partout. Je la garde comme une possibilité.

Pour un savant dont l’œuvre est bien mieux documentée, Ibn al-Haytham : le Livre de l’optique, la camera obscura et la légende du Nil montre ce que peut donner l’étude des sciences à une autre époque, d’après une autre page.

Quel rôle ont-elles joué dans la société et la politique ?

Un rôle important au Maghreb, selon la page. Les zaouïas rurales arbitraient les conflits, accordaient l’asile et pouvaient exercer une influence politique et commerciale, et leur nombre et leur poids augmentent sous les dynasties saadienne et alaouite.

Voici les exemples qu’elle donne pour le Maroc du XVIIe siècle, pendant ce qu’elle appelle la crise maraboutique :

  1. La zaouïa des Dila. Elle contrôle une grande partie du Maroc central ;
  2. La zaouïa d’Iligh. Elle domine le Sous ;
  3. La zaouïa de Tamegroute. Elle gouverne le sud-est en quasi-indépendance.

Elle donne aussi des chiffres d’adhésion : 5 à 10 % de la population marocaine membre d’une zaouïa en 1939, et en Algérie 355 zaouïas pour 167 019 membres en 1880. Je rapporte ces nombres tels quels, car la page ne précise pas ici sa méthode de comptage. Un chiffre aussi précis donne une impression de certitude qu’il faut relativiser.

Pendant la colonisation, certaines zaouïas ont collaboré avec les autorités et d’autres ont résisté, d’après la page. Je ne cite aucun nom, puisque la page n’en développe pas.

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Quel lien avec les confréries ?

La zaouïa est liée à une tariqa, souvent à travers un cheikh, selon la page. Au Maghreb, elle sert de lieu de réunion pour les membres locaux ou de centre familial dirigé par les descendants du fondateur.

La page cite plusieurs confréries et lieux :

  • La Sanusiyya. En Libye et au Sahara oriental ;
  • La Tijaniyya. Avec le tombeau d’Ahmad al-Tijani à Fès ;
  • La Qadiriyya, la Tijaniyya et la Muridiyya. Diffusées en Afrique de l’Ouest par des zaouïas installées sur les routes sahariennes ;
  • Les Sept Saints. Les zaouïas de Marrakech sont citées parmi ses exemples.

Pour une voie précise, Chadhiliyya : al-Shadhili, al-Mursi, Ibn Ata Allah et la voie shadhilite présente un ordre soufi précis, d’après d’autres pages. La page de la zaouïa, elle, ne cite pas cet ordre dans ce que j’ai lu.

Pour l’ancêtre commun de nombreuses chaînes, Hasan al-Basri : l’ascète de Bassora, ses chaînes initiatiques et ce qu’on lui attribue montre comment un nom ancien nourrit des traditions bien plus tardives.

Comment ces lieux ont-ils décliné ?

Sous l’effet de la colonisation, selon la page. Le pouvoir colonial a confisqué les biens waqf ou marginalisé ce système au XIXe et au début du XXe siècle, ce qui a affaibli les zaouïas.

Elle ajoute qu’au XXe siècle leur influence a aussi été réduite par les mouvements salafiste et wahhabite. Voici comment je range ces causes :

  1. La confiscation des dotations. Sans waqf, plus de revenu stable ;
  2. La marginalisation. Le système est mis de côté, selon la page ;
  3. La critique religieuse. Des courants hostiles au culte des saints ;
  4. La survie. La page dit que certaines écoles restent actives au Sahel, avec une mention « citation needed ».

Je ne prends pas parti dans ces débats. La page ne développe pas de critique interne, et il me manque donc la voix des zaouïas elles-mêmes. C’est une limite de cette lecture, que je signale.

Y a-t-il un lien avec le Shams al-Maarif ?

Aucune source que j’ai lue ne les relie. La page de la zaouïa ne mentionne ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif, ni la science des lettres, ni la magie.

Ce que je peux dire, c’est que les zaouïas étaient des lieux où des livres se lisaient, se copiaient et s’enseignaient, selon la page qui parle de bibliothèques et d’écoles. Savoir si ce livre précis y circulait ne peut pas se déduire d’elle, et je ne prétends pas le savoir. C’est une remarque personnelle, pas une information de la page.

Pour replacer l’auteur du livre, Qui est Al-Buni ? Un maître soufi derrière la légende fait le point sur ce qu’on sait. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Comment lire un texte qui parle d’une zaouïa ?

En demandant de quel lieu et de quelle époque on parle. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :

  1. Précise le sens du mot. Édifice, confrérie ou famille de cheikhs ;
  2. Date le bâtiment. Fondation et reconstruction ne sont pas la même chose ;
  3. Regarde les chiffres. Les effectifs précis viennent d’une source à identifier ;
  4. Note ce qui manque. La page ne dit rien d’al-Būnī ni de lettres ;
  5. Ne promets rien. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu.

Pour appliquer le même esprit au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.

En résumé

La zaouïa est un lieu et une institution du monde soufi, surtout au Maghreb : prière, enseignement, hébergement, charité et arbitrage s’y mêlaient, autour d’un saint et d’une confrérie. Les premiers bâtiments formels datent du XIVe siècle selon la page, et le déclin vient de la colonisation puis de courants critiques.

La page lue ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article « Zawiya (institution) » sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une zaouïa ?

Selon Wikipédia, un bâtiment et une institution soufis qui servent de lieu de prière, d’école, de monastère ou de mausolée.

Que signifie le mot zaouïa ?

Littéralement un coin ou un recoin, d’après la page, d’abord pour désigner des cellules de moines chrétiens puis un petit oratoire.

Les zaouïas existent-elles encore ?

La page parle de déclin, mais elle indique que certaines écoles restent actives au Sahel, avec une mention « citation needed ».

Une zaouïa est-elle liée au Shams al-Maarif ?

La page ne le mentionne pas. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.