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Shams al-Maʿārif

Qu’est-ce que Shams al maarif ? Le livre expliqué simplement

Par Secret mystiquePublié le Mis à jour le 11 min de lecture
Qu’est-ce que Shams al maarif : couverture de l’article

Le Shams al Maarif est un livre arabe d’ésotérisme attribué à Aḥmad al-Būnī, un soufi mort vers 1225. Son titre signifie à peu près « Le Soleil des connaissances ». Il traite des lettres arabes, des noms divins, des carrés numériques et des talismans. C’est l’un des livres ésotériques les plus célèbres du monde musulman.

Tu as sûrement déjà entendu parler du Shams al Maarif, parfois avec admiration, parfois avec crainte. Certains le présentent comme un trésor de sagesse cachée. D’autres le décrivent comme un livre dangereux qu’il vaudrait mieux ne jamais ouvrir. Entre les deux, il est difficile de savoir ce qu’est vraiment cet ouvrage.

Le problème, c’est que la plupart des contenus en ligne parlent du livre sans le présenter. On parle de ses pouvoirs supposés, de ses rituels, de ses dangers, mais rarement de son histoire, de son auteur ou de ce qu’il contient réellement.

Dans cet article, je reprends les bases. Je t’explique ce qu’est le Shams al Maarif, qui l’a écrit, ce que l’on trouve dedans, et pourquoi il fascine et inquiète autant depuis des siècles. C’est le point de départ idéal si tu découvres ce livre.

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Qu’est-ce que Shams al maarif, exactement ?

Le Shams al Maarif est un traité arabe sur les sciences occultes et la spiritualité, rédigé au Moyen Âge dans le monde musulman. Il est surtout connu pour sa science des lettres, ses carrés numériques et ses talismans. On le range parmi les grimoires, mais il se présente aussi comme un guide spirituel.

Commençons par le titre. Son nom complet est Shams al-Maʿārif wa-Laṭāʾif al-ʿAwārif. Selon Wikipédia, on le traduit en anglais par « The Book of the Sun of Gnosis », c’est-à-dire « Le Livre du Soleil de la connaissance ». Le mot shams signifie « soleil », et maʿārif désigne les connaissances, au sens de savoirs profonds.

Voici les repères essentiels à retenir :

  • Langue : arabe classique.
  • Auteur traditionnel : Aḥmad al-Būnī, soufi originaire du Maghreb, mort vers 1225 selon Wikipédia.
  • Époque : fin du XIIe ou début du XIIIe siècle pour le noyau attribué à al-Būnī.
  • Sujets : science des lettres, noms divins, carrés numériques, talismans, astres.
  • Versions : une grande version, al-Kubrā, et une petite, al-Ṣughrā.
  • Première impression moderne : Beyrouth, en 1985, selon Wikipédia.

La science des lettres, appelée ʿilm al-ḥurūf en arabe, part de l’idée que chaque lettre de l’alphabet arabe a une valeur numérique et une signification spirituelle. Le Shams al Maarif est l’un des textes les plus connus de cette tradition.

Un point mérite d’être précisé. Selon Wikipédia, avant l’imprimerie, trois volumes de longueurs différentes circulaient sous ce titre. Ce que l’on appelle aujourd’hui « le Shams al Maarif » est donc en réalité une petite famille de textes, et non un livre unique au contenu fixe.

C’est aussi pour cela que les descriptions du livre varient autant en ligne. Deux personnes peuvent parler du « Shams al Maarif » sans avoir lu la même version. La plus diffusée aujourd’hui est la grande version, al-Kubrā. Je t’explique ses particularités dans l’article Shams al-Maarif al-Kubra : qu’est-ce que la grande version du livre ?.

Qui a écrit le Shams al Maarif ?

Le Shams al Maarif est traditionnellement attribué à Aḥmad al-Būnī, un soufi né à Būna, l’actuelle Annaba en Algérie, et mort vers 1225. Mais les chercheurs pensent aujourd’hui qu’une grande partie du texte a été écrite ou compilée après lui.

Commençons par ce que l’on sait de l’homme. Selon Wikipédia, son nom complet est Aḥmad ibn ʿAlī ibn Yūsuf al-Būnī. Il est né à Būna, sur la côte de l’actuelle Algérie, et aurait vécu en Égypte, où il aurait étudié auprès de plusieurs maîtres soufis. Wikipédia précise aussi que l’on sait très peu de choses sur sa vie.

Al-Būnī est surtout connu pour ses écrits sur la science des lettres et les noms divins. Selon Wikipédia, il a aussi montré, vers 1200, comment construire certains carrés magiques, même s’il n’en a peut-être pas inventé la méthode. Il était contemporain d’Ibn ʿArabī, l’un des plus grands penseurs du soufisme.

La question de l’auteur est pourtant plus compliquée qu’il n’y paraît. Voici ce que disent les principales recherches :

QuestionCe qu’en disent les chercheurs
Al-Būnī a-t-il écrit tout le livre ?Selon Wikipédia, son statut d’auteur est contesté.
Que dit Jean-Charles Coulon ?Il relève des anachronismes qui excluent, selon lui, al-Būnī comme auteur du texte tel qu’on le connaît.
Qu’est-ce que le « corpus bunianum » ?Un ensemble d’écrits d’auteurs qui se rattachent à la tradition d’al-Būnī.
Et la grande version, al-Kubrā ?Selon le chercheur Noah Gardiner, c’est en grande partie une compilation du XVIIe siècle.
Existe-t-il un texte plus authentique ?Wikipédia signale un manuscrit de Damas, centré sur la cosmologie, proposé comme authentique.

Les historiens ne sont pas tous d’accord sur ce qu’al-Būnī a réellement écrit. Ce tableau résume l’état de la recherche tel que le présentent les sources citées, et il pourra évoluer.

Ce débat n’enlève rien à l’importance du livre. Il montre simplement que le Shams al Maarif est une œuvre collective dans les faits, enrichie au fil des siècles par des copistes et des commentateurs. Selon Wikipédia, au XVe siècle, le savant ottoman ʿAbd al-Raḥmān al-Bisṭāmī a par exemple beaucoup commenté les écrits d’al-Būnī.

Pour un lecteur d’aujourd’hui, cela a une conséquence concrète. Quand on lit « al-Būnī dit que… », il faut garder en tête que le passage ne vient pas forcément de lui. C’est une raison de plus de privilégier une traduction qui précise de quelle version elle part.

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Que contient le Shams al Maarif ?

Le Shams al Maarif contient surtout des chapitres sur les lettres arabes et leurs valeurs, sur les noms de Dieu, sur les carrés numériques et sur la fabrication de talismans. On y trouve aussi des considérations sur les astres et sur le monde invisible.

Selon Wikipédia, la table des matières de l’édition imprimée compte une quarantaine de chapitres, appelés faṣl. Les premiers chapitres portent sur les carrés magiques et les combinaisons de lettres et de nombres. Le livre affirme que ces combinaisons permettent d’entrer en relation avec les esprits.

Voici les grands thèmes que l’on retrouve dans le livre :

ThèmeDe quoi il s’agit
Science des lettresLa valeur numérique et spirituelle de chaque lettre arabe.
Noms divinsLa méditation et l’usage des noms de Dieu, comme al-Raḥmān ou al-Wadūd.
Carrés numériquesDes grilles de chiffres ou de lettres, appelées wafq.
TalismansDes instructions pour tracer des figures et des inscriptions.
AstresLe lien entre les jours, les planètes et certaines pratiques.
Monde invisibleDes passages sur les anges, les djinns et les esprits.

Selon la tradition liée au livre, ces pratiques auraient des effets spirituels ou matériels. C’est une croyance ésotérique et religieuse. Le résultat vient de Dieu.

Il faut aussi comprendre le ton du livre. Ce n’est pas un manuel technique froid. Le texte mêle des invocations, des réflexions sur la puissance divine et des conseils de pureté intérieure. Pour son auteur, ces savoirs s’inscrivent dans une démarche religieuse et ne se séparent pas de la piété.

Certains passages sont devenus très célèbres. Selon Wikipédia, un rituel appelé la Birhatiya, parfois nommé « l’Ancien Serment » ou « le Soufre rouge », a été très souvent reproduit. Ce sont ces passages, sortis de leur contexte, qui nourrissent la réputation sulfureuse du livre.

Les noms divins tiennent une place centrale dans l’ensemble. Je t’explique pourquoi les lettres et les noms sont au cœur du texte dans l’article Secret mystique du livre Shams al Maarif en français.

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Pourquoi le Shams al Maarif est-il si célèbre et si controversé ?

Le Shams al Maarif est célèbre parce qu’il est le texte le plus connu de la science des lettres arabe. Il est controversé parce que beaucoup de savants musulmans voient dans ses pratiques une forme de magie interdite, et parce qu’il aurait été interdit dans certains pays.

Sa célébrité tient d’abord à son influence. Selon Wikipédia, les écrits d’al-Būnī restent une référence pour certains guérisseurs musulmans yoruba au Nigeria. Le livre a aussi été traduit en partie dans plusieurs langues : en ourdou et en turc dès les années 1970, puis en anglais, avec deux traductions partielles publiées en 2022 et en 2023.

Sa réputation de livre dangereux vient de plusieurs sources :

  1. Les critiques religieuses. Selon Wikipédia, Ibn Taymiyya a vivement critiqué al-Būnī et ses pratiques.
  2. Les interdictions. Selon Wikipédia, le livre aurait été interdit en Arabie saoudite après son impression à Beyrouth en 1985, et le savant saoudien Ibn Jibrīn l’a visé dans une fatwa.
  3. Les rumeurs. La chercheuse Liana Saif a étudié les récits qui circulent sur le livre, comme l’idée que posséder un exemplaire mettrait ta vie en danger.
  4. Les escroqueries. Le nom du livre est souvent utilisé par de faux spécialistes pour vendre des talismans et des rituels.
  5. Le mystère. Un livre rare, ancien et difficile à lire attire naturellement les légendes.

Tout le monde n’a pas cette vision. Selon Wikipédia, certains ordres soufis, comme la Naqshbandiyya-Haqqaniyya, lui reconnaissent une valeur spirituelle pour les lecteurs qui en comprennent le sens. Le livre divise donc profondément, même parmi les croyants.

Il faut aussi distinguer la réputation du livre et son contenu réel. Beaucoup de gens qui le craignent ne l’ont jamais lu, et beaucoup de ceux qui le vantent n’en connaissent que quelques pages. Entre les deux, il y a un texte ancien, complexe, qui mérite d’être étudié avec méthode.

Si tu veux aller plus loin sur ce sujet, j’ai consacré un article complet à la question : Shams al Maarif danger : le livre est-il vraiment dangereux ?. Et si tu cherches à le lire en français, commence par Le livre Shams al Maarif en français : quelle version choisir ?.

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En résumé

Le Shams al Maarif est un livre arabe d’ésotérisme dont le titre complet, Shams al-Maʿārif wa-Laṭāʾif al-ʿAwārif, évoque le « soleil des connaissances ». Il est traditionnellement attribué à Aḥmad al-Būnī, un soufi né à Būna, l’actuelle Annaba en Algérie, et mort vers 1225. C’est le texte le plus connu de la science des lettres, qui donne à chaque lettre arabe une valeur numérique et spirituelle.

Son auteur reste discuté. Selon les chercheurs, une partie du texte a été écrite ou compilée après al-Būnī, au sein de ce que l’on appelle le corpus bunianum. La grande version, al-Kubrā, serait en grande partie une compilation du XVIIe siècle. Avant l’imprimerie, trois volumes de longueurs différentes circulaient sous ce titre.

Le livre contient une quarantaine de chapitres sur les lettres, les noms divins, les carrés numériques, les talismans, les astres et le monde invisible. Selon la tradition, ces pratiques auraient des effets spirituels, mais ce sont des croyances, et le résultat vient de Dieu.

Enfin, le Shams al Maarif est à la fois célèbre et controversé. Il a été critiqué par Ibn Taymiyya, il aurait été interdit en Arabie saoudite et il est entouré de rumeurs, mais certains soufis lui reconnaissent une valeur spirituelle. Pour le comprendre, le mieux reste de le lire avec méthode, dans une traduction qui précise sa source.

Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.

Ce que tu lis ici est un aperçu : les secrets complets sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques.

Sources : article Shams al-Ma’arif sur Wikipédia (en anglais) ; article Ahmad al-Buni sur Wikipédia (en anglais).

Questions fréquentes

Que veut dire Shams al Maarif ?

Shams al Maarif signifie à peu près « Le Soleil des connaissances ». Le mot shams veut dire « soleil » et maʿārif désigne les connaissances, au sens de savoirs profonds.

Qui est l’auteur du Shams al Maarif ?

Le livre est attribué à Aḥmad al-Būnī, un soufi mort vers 1225. Mais les chercheurs pensent qu’une partie du texte a été écrite ou compilée après lui.

Le Shams al Maarif est-il un livre religieux ?

Ce n’est pas un texte sacré. C’est un ouvrage ésotérique qui s’appuie sur des notions religieuses, comme les noms de Dieu, et qui a été critiqué par plusieurs savants musulmans.

Dans quelle langue est écrit le Shams al Maarif ?

Le texte original est en arabe classique. Il existe des traductions partielles en ourdou, en turc, en espagnol et en anglais, et des traductions en français.

Rédigé par Secret mystique

Je publie sous le pseudonyme Secret mystique. J'ai traduit le Shams al-Maʿārif en français, et ce travail de traduction est le point de départ de ce site. J'y raconte ce que disent les sources que j'ai lues, j'indique ce qu'elles ne disent pas, et je ne prétends pas détenir une autorité religieuse ou savante. Pour toute question de pratique, adresse-toi à une personne compétente de ta tradition.