Maslama al-Majriti est un astronome et mathématicien d’al-Andalus, né vers 950 et mort à Cordoue en 1007. Une tradition lui attribue le Picatrix et un traité d’alchimie, mais selon Wikipédia, la croyance actuelle est qu’ils ont été écrits plus tard par quelqu’un d’autre.
Son nom apparaît dans presque toutes les présentations du Picatrix, souvent comme une évidence. Or ce n’en est pas une. Pour toi qui lis sur ces sujets, la bonne question est donc : qu’est-ce qui est établi sur l’homme, et qu’est-ce qui relève d’une attribution tardive ?
Je m’appuie sur la page de Wikipédia consacrée à Maslama al-Majriti, lue en anglais, et je l’attribue à chaque fois. La page ne mentionne ni al-Būnī ni le Shams al-Maarif : je n’invente donc aucun lien avec eux, et je le dis là où la question se pose.
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Qui était Maslama al-Majriti ?
C’était un savant d’al-Andalus, actif sous le règne d’al-Hakam II. Selon la page, il est né vers 950, avec Madrid indiquée dans la fiche, et il est mort en 1007 à Cordoue, alors capitale du califat omeyyade d’Espagne. Les sources latines l’appellent Methilem. La page le décrit comme astronome, alchimiste, mathématicien, économiste et érudit.
Voici les repères que la page donne, sans que j’y ajoute rien :
| Point | Ce que dit la page |
|---|---|
| Naissance | Vers 950, Madrid d’après la fiche |
| Mort | 1007, à Cordoue |
| Époque | Règne d’al-Hakam II, califat de Cordoue |
| Nom latin | Methilem |
| Domaines | Astronomie, mathématiques, alchimie, économie |
| Élèves cités | Ibn al-Saffar, Abu al-Salt, at-Turtushi |
Elle cite aussi le jugement de Saïd al-Andalusi, selon qui il était le meilleur mathématicien et astronome de son temps en al-Andalus. C’est un éloge d’un auteur médiéval, rapporté par la page. Il dit que ses contemporains le tenaient en haute estime, pas que le classement est objectivement exact.
Les dates sont données comme « vers 950 » pour la naissance, et 1007 pour la mort. Une naissance « vers » veut dire que personne ne connaît l’année précise. Je ne la transforme pas en date exacte.
Pour situer le monde savant où il évolue, Ibn Khaldoun : sa vie, sa Muqaddima et son regard sur la science des lettres donne un autre point de vue sur la transmission du savoir dans le monde arabe, plusieurs siècles plus tard.
Qu’a-t-il fait en astronomie et en mathématiques ?
Il a retravaillé des textes et des tables astronomiques existants. Selon la page, il a pris part à la traduction du Planisphère de Ptolémée et amélioré des traductions de l’Almageste. Il aurait aussi introduit et amélioré les tables astronomiques d’al-Khwarizmi.
La page énumère plusieurs apports :
- Des tables de conversion. Il a produit des tables pour passer des dates persanes aux années de l’hégire, ce qui a aidé les historiens ;
- Le relevé de terrain. Il aurait introduit l’arpentage et la triangulation, en travaillant avec son collègue Ibn al-Saffar ;
- L’économie. Il a écrit un livre sur la fiscalité et l’économie d’al-Andalus ;
- Une édition d’un grand recueil. Il a revu et modifié des parties de l’Encyclopédie des Frères de la Pureté quand elle est arrivée en al-Andalus ;
- Une école. Il aurait fondé une école d’astronomie et de mathématiques, d’où sont venus ses élèves.
Je note que la page présente ces éléments comme des faits sans détailler les preuves. Je ne peux donc pas dire quelle part vient de sources contemporaines et quelle part vient de traditions plus tardives. Je les rapporte comme des attributions, sans plus.
Pour le recueil qu’il aurait édité, Ikhwan al-Safa : les Frères de la Pureté et leurs épîtres explique ce que contient cet ensemble de textes et ce qu’on en sait.
Je n’ai lu aucun écrit de Maslama. Tout ce que je rapporte vient du résumé de Wikipédia. Je ne peux donc pas juger l’apport scientifique réel de chaque travail, ni distinguer ce qui est de lui de ce qui est de ses élèves.
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Pourquoi lui attribue-t-on le Picatrix ?
Parce que la tradition l’a placé en tête de deux grands ouvrages d’ésotérisme et d’alchimie. Selon la page, deux œuvres influentes lui sont attribuées : le Rutbat al-hakim, un traité d’alchimie, et le Picatrix, centré sur l’astrologie et la magie talismanique, avec un peu de matière sur la prophétie. Le Picatrix reconnaîtrait le Rutbat comme son texte fondateur.
La page décrit ainsi ces deux ouvrages :
- Rutbat al-hakim (« le rang du sage »), daté avec un point d’interrogation de 1009 : il contient des formules alchimiques et des instructions pour purifier les métaux précieux ;
- Picatrix : un ouvrage d’ésotérisme avancé, surtout astrologie et magie talismanique ;
- Une traduction latine. Les deux auraient été traduits en latin en 1252, sous Alphonse X de Castille, dans une version que la page juge un peu édulcorée par le dogme chrétien ;
- Un texte arabe plus tardif. L’arabe original daterait probablement du milieu du XIe siècle.
Cette dernière donnée est le cœur du problème. Si le texte arabe date du milieu du XIe siècle, il est postérieur à la mort de Maslama en 1007. C’est le raisonnement que la page présente, sans le pousser plus loin : l’œuvre est soit sortie longtemps après sa mort, soit écrite par quelqu’un d’autre qui s’est appuyé sur sa réputation.
La page ajoute que cette seconde lecture est la croyance générale actuelle. Elle mentionne aussi une étude de Maribel Fierro (Studia Islamica, 1996) qui propose d’attribuer ces textes à un autre homme, Maslama ibn Qasim al-Qurtubi, mort en 964 ou 353 de l’hégire. Je rapporte cette piste, sans la trancher.
Ce que cela change pour toi tient en peu de mots. Quand une présentation écrit « le Picatrix, de Maslama al-Majriti » sans nuance, elle choisit une hypothèse parmi plusieurs et ne le dit pas. Quand elle écrit « attribué à Maslama », elle reste plus proche de ce que la page rapporte. La nuance paraît petite, mais elle sépare une affirmation d’une attribution, et c’est exactement la différence que ce site essaie de garder.
Pour le détail du livre lui-même, Picatrix : origine, auteur débattu et contenu du livre explique ce qu’on sait de l’ouvrage et pourquoi son auteur reste discuté.
Le Rutbat al-hakim a-t-il vraiment prouvé la conservation de la masse ?
La page affirme que ce serait le premier texte à la noter, mais cette affirmation demande de la prudence. Elle décrit une expérience avec de l’oxyde de mercure(II) : du mercure chauffé quarante jours dans un appareil scellé se transforme en poudre rouge, dont le poids total reste le même.
Voici comment je lis cette phrase, étape par étape :
- Le texte est incertain. Le Rutbat est daté avec un point d’interrogation, et son attribution à Maslama est contestée par la page elle-même ;
- L’expérience est rapportée, pas reproduite ici. Je ne l’ai pas refaite et je ne vois pas le texte arabe ;
- La formule est large. « Le premier à noter la conservation de la masse » est une affirmation d’histoire des sciences que les spécialistes discutent. La page la donne, sans la discuter ;
- La conclusion est modeste. Je retiens que le texte décrit une pesée avant et après, rien de plus.
Je ne te propose donc pas de reproduire cette expérience. Chauffer du mercure est dangereux, et ce n’est pas un sujet de loisir. Je rapporte seulement ce que dit la source.
Ces textes relèvent de l’histoire de l’alchimie, de l’astrologie et de la magie talismanique. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu. Cet article ne donne aucune instruction. Pour une question religieuse, demande à une personne compétente de ta tradition.
Pour un autre nom de l’alchimie arabe, Jabir ibn Hayyan : qui est l’alchimiste arabe derrière le nom Geber ? montre un cas voisin d’attribution discutée.
Maslama a-t-il un lien avec al-Būnī et le Shams al-Maarif ?
Aucun lien que la source me permette de documenter. La page ne cite ni al-Būnī, ni le Shams al-Maarif. Voici ce qu’on peut dire sans inventer :
- Le rapprochement par le thème. Le Picatrix et le Shams al-Maarif sont tous deux des ouvrages de tradition qui touchent aux astres et aux talismans. Ce rapprochement est thématique ;
- Pas de filiation prouvée. Parler du même sujet ne prouve pas qu’un auteur ait lu l’autre. Je ne dis pas qu’al-Būnī connaissait le Picatrix ;
- Un auteur discuté. Si l’auteur du Picatrix reste débattu, on ne peut pas non plus s’appuyer sur lui pour dater une influence.
Pour comparer les deux livres sur pièces, Shams al-Maarif ou Picatrix : lequel lire et pourquoi ? pose les différences, sans les mélanger.
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Comment lire une attribution à un grand nom sans se tromper ?
En considérant qu’un grand nom peut servir de caution. Le cas de Maslama est typique : un savant respecté, mort en 1007, à qui on rattache des œuvres qui apparaissent plus tard. Voici cinq réflexes, qui sont les miens :
- Compare les dates. Si l’œuvre est plus récente que la mort de l’auteur supposé, l’attribution est fragile ;
- Cherche l’alternative. La page cite une autre hypothèse d’auteur. Une seule thèse présentée comme certaine cache souvent un débat ;
- Distingue l’homme et le livre. Ce qui est établi sur Maslama (astronomie, tables, école) ne s’applique pas automatiquement au Picatrix ;
- Méfie-toi des éloges. « Le meilleur de son temps » est un jugement médiéval, pas un fait mesuré ;
- Garde un doute honnête. Une page encyclopédique résume des travaux ; elle ne remplace pas les textes.
La page mentionne enfin une fille, Fátima de Madrid, également astronome, selon plusieurs sources modernes. Elle précise que la plus ancienne mention connue date d’une entrée d’encyclopédie des années 1920. Cette information est donc incertaine, et je ne la retiens pas comme un fait.
Pour appliquer ces réflexes au livre de ce site, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? propose une lecture pas à pas.
En résumé
Maslama al-Majriti était un astronome et mathématicien d’al-Andalus, né vers 950 et mort à Cordoue en 1007. On lui doit, selon la page, un travail sur des traductions de Ptolémée, des tables astronomiques, des tables de conversion de dates et un livre sur l’économie.
Le Picatrix et le Rutbat al-hakim lui sont attribués par la tradition, mais l’arabe original daterait du milieu du XIe siècle, ce qui rend l’attribution fragile, et une autre hypothèse existe. Aucune source lue ne le relie à al-Būnī. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article « Maslama al-Majriti » sur Wikipédia (en anglais).
Questions fréquentes
Qui était Maslama al-Majriti ?
Un astronome et mathématicien d’al-Andalus, né vers 950 et mort à Cordoue en 1007, selon Wikipédia.
Maslama al-Majriti a-t-il écrit le Picatrix ?
La tradition le lui attribue, mais la page indique que la croyance actuelle est qu’il a été écrit plus tard par quelqu’un d’autre. L’attribution reste discutée.
Le Picatrix est-il daté de son vivant ?
Selon la page, l’arabe original date probablement du milieu du XIe siècle, donc après sa mort en 1007.
Maslama est-il lié au Shams al-Maarif ?
Aucune source lue ne les relie. Ce sont des pratiques de tradition quand on leur attribue des usages, et le résultat vient de Dieu.


