Pour juger une traduction française du Shams al-Maarif, vérifie cinq choses : que le texte soit complet ou clairement présenté comme un extrait, qu’on sache quelle édition arabe a été traduite, que les termes techniques soient expliqués, que les ajouts soient signalés et que le traducteur annonce ses choix. Sans cela, difficile de savoir ce que tu lis.
Quand on cherche le Shams al-Maarif en français, on tombe vite sur des PDF anonymes, des extraits sans source et des pages qui promettent « le vrai texte ». Il est difficile de savoir ce qui est traduit, ce qui est résumé, et ce qui a été ajouté en route. Pourtant, c’est la question la plus utile : une traduction approximative peut changer le sens d’une phrase entière.
Dans cet article, je ne te dis pas qu’une version est bonne ou mauvaise sans preuve. Je te donne des repères vérifiables : ce que disent les sources sur les traductions existantes, ce que montre l’étude de Noah Gardiner sur l’état du texte arabe, et une grille simple pour évaluer n’importe quelle version avant de lui faire confiance.
Les secrets de ce sujet sont dans Le Grand Livre des Secrets Mystiques : découvre-le ici.
Quelles traductions du Shams al-Maarif existent aujourd’hui ?
Selon Wikipédia, les traductions recensées sont surtout partielles, et aucune des sources que j’ai lues ne signale une traduction française complète publiée par un éditeur universitaire. Voici ce que la page rapporte :
| Langue | Traducteur | Année | Portée |
|---|---|---|---|
| Anglais | Amina Inloes | 2022 | Partielle : une sélection de passages (Revelore Press) |
| Anglais | Johann Voldemont | 2023 | Centrée sur les talismans et les carrés magiques (publication indépendante) |
| Ourdou | Iqbal al-Din Ahmad | 1978 | Non précisée (Darul Ishaat, Karachi) |
| Turc | Selahattin Alpay | 1979 | Non précisée (Istanbul) |
| Espagnol | Jaime Coullaut Cordero | Non indiquée | Partielle, avec une première édition comparative |
Quelques remarques utiles pour ne pas se tromper :
- Le mot « traduction » ne dit rien de la portée. Le livre d’Amina Inloes est présenté par son éditeur comme une sélection qui prend une approche générale d’un texte beaucoup plus vaste ;
- Les langues les plus travaillées sont l’anglais, l’ourdou, le turc et l’espagnol. Pour le français, je n’ai trouvé dans les sources consultées ni référence universitaire, ni édition critique ;
- Une absence de source n’est pas une preuve d’absence. Il peut exister des traductions françaises que je n’ai pas vues. Je dis seulement ce que mes sources contiennent ;
- Les traductions circulent aussi hors des circuits d’édition. Beaucoup de textes en ligne n’ont ni nom de traducteur, ni année, ni édition de référence.
Wikipédia indique aussi que la première impression moderne date de Beyrouth en 1985, et que les versions Sughra et Kubra ont été publiées par Al Nour Library, à Beyrouth, en 2005 et 2006. Ce sont des éditions arabes : les traductions partent de là, ou d’autres sources.
Pour se repérer dans les traductions anglaises, The Sun of Knowledge : que veut dire ce titre et de quel livre parle-t-on ? détaille les deux ouvrages. Et si tu veux d’abord savoir quel texte existe en arabe, Shams al Maarif PDF : ce qu’il faut savoir avant de télécharger un fichier fait le point sur les fichiers qui circulent.
Ce premier tour d’horizon montre déjà un fait : la plupart des traductions sont des sélections. C’est normal, vu la taille du texte. Mais cela veut dire que, pour savoir ce que tu lis, il faut une grille. C’est l’objet de la suite.
Pourquoi le texte arabe lui-même pose-t-il problème ?
Parce qu’il n’existe pas un seul « Shams al-Maarif » stable, mais plusieurs états du texte. Noah Gardiner, dans son étude de 2012, a examiné plus de 200 manuscrits contenant près de 300 œuvres attribuées à al-Būnī. Ce qu’il constate est précieux pour qui veut traduire ou juger une traduction.
Voici les points qui comptent :
- Le texte médiéval est relativement stable. Gardiner le décrit comme un ensemble d’environ 120 folios, le plus ancien manuscrit consulté (BnF arabe 2647) étant daté par Slane de la fin du XIIIe siècle ;
- Les trois versions ne sont pas attestées au Moyen Âge. Les formes Ṣughrā, Wusṭā et Kubrā n’apparaissent pas dans les manuscrits médiévaux ;
- Le titre « al-Kubrā » est ajouté plus tard. Gardiner cite le manuscrit BnF arabe 2649, copié au Caire en 913 de l’hégire (1508) ;
- Le texte contient des interpolations. On y trouve par exemple une citation datée de 670 de l’hégire (1271-1272), donc des ajouts postérieurs à l’origine ;
- La forme connue du Kubrā est tardive. Gardiner l’attribue au XVIIe siècle et y voit un plagiat de chaînes de transmission empruntées à ʿAbd al-Raḥmān al-Bisṭāmī ;
- Les éditions imprimées ont faussé la compréhension. Selon lui, la dépendance aux imprimés a largement brouillé l’histoire de l’œuvre.
Que faut-il en retenir pour une traduction ? Qu’un traducteur sérieux devrait dire quelle édition arabe il utilise. Une traduction du « Shams al-Maarif » sans cette précision ne permet pas de savoir si elle repose sur le noyau médiéval ou sur une grande édition imprimée plus tardive, enrichie au fil des siècles.
Pour comprendre la différence entre ces formes, Shams al-Maarif al-Kubra : qu’est-ce que la grande version du livre ? explique ce que recouvre ce nom. Et pour une vue d’ensemble de ce qu’on trouve dans le livre, Que contient le Shams al-Maarif ? Le contenu du livre expliqué décrit les grandes parties.
Je n’ai pas pu comparer moi-même les éditions arabes ligne à ligne. Ce que je rapporte ici vient de l’étude de Gardiner et de Wikipédia. Je n’ai donc pas de quoi classer les éditions de la meilleure à la moins fiable.
Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.
Quels critères permettent de juger une traduction ?
Dix questions simples suffisent à faire le tri. Aucune ne demande de lire l’arabe, et aucune ne garantit à elle seule la qualité, mais ensemble elles écartent beaucoup de versions douteuses.
Voici la grille :
| Critère | Ce que tu cherches | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| Portée | « Traduction complète » ou « extraits » clairement indiqués | Aucune précision, ou « version intégrale » sans preuve |
| Source arabe | Édition de référence nommée (lieu, année, éditeur) | « D’après le texte original » sans plus |
| Traducteur | Un nom, une démarche, une présentation | Anonyme, ou nom introuvable |
| Termes techniques | Glossaire ou notes sur les mots arabes | Mots arabes laissés sans explication |
| Noms divins | Translittération cohérente et expliquée | Orthographe qui change d’une page à l’autre |
| Tableaux et carrés | Reproduits fidèlement ou décrits | Figures supprimées ou refaites sans le dire |
| Ajouts | Commentaires séparés du texte traduit | Notes personnelles mêlées au texte |
| Cohérence | Un style stable du début à la fin | Passages très différents, comme copiés d’ailleurs |
| Mises en garde | Les avertissements du texte sont conservés | Passages sensibles supprimés ou adoucis |
| Honnêteté | Aucune promesse de résultat | « Garantie » d’effets, de richesse, d’amour ou de protection |
Un mot sur chaque point important :
- La portée. C’est le critère numéro un. Une sélection honnête vaut mieux qu’une prétendue intégrale impossible à vérifier ;
- La source arabe. Sans elle, personne ne peut contrôler la traduction. C’est l’équivalent d’une bibliographie dans un livre d’histoire ;
- Le traitement des figures. Le livre contient des carrés, des tableaux de lettres, des schémas. Une traduction qui les omet ou les refait mal perd une partie du contenu. Qu’est-ce qu’un carré magique ? Définition, exemples et histoire explique pourquoi ces figures comptent ;
- Les promesses. Le critère le plus simple. Ce sont des pratiques de croyance que les marabouts utilisent, et le résultat vient de Dieu. Si une traduction l’affirme dans sa présentation, méfie-toi du reste.
Cette grille t’aide à juger la forme d’une traduction, pas la valeur religieuse ou spirituelle de ce qu’elle contient. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Enfin, un test à faire toi-même : prends un passage court que tu comprends déjà, par exemple une définition qu’on trouve dans plusieurs sources fiables, et compare. Si la traduction s’éloigne beaucoup de ce que disent les chercheurs sur le même point, c’est un signe d’alerte. Pour avoir des références solides, Qu’est-ce que Shams al maarif ? Le livre expliqué simplement donne les bases établies.
Comment éviter les traductions douteuses en ligne ?
Avec quelques réflexes. Le web est plein de fichiers qui prétendent donner le texte, et la prudence est de mise, d’autant que le livre est entouré de rumeurs. Middle East Eye rapporte, dans son article du 26 janvier 2023, que le livre est craint dans une grande partie du Moyen-Orient, ce qui nourrit un marché de contenus sensationnels.
Voici les situations à éviter ou à examiner de près :
- Le fichier sans origine. Un PDF sans nom de traducteur, sans date, sans édition citée ;
- Le texte « miraculeux ». Toute page qui présente une formule comme infaillible ou immédiate ;
- La page qui vend des résultats. Celle qui propose des « services » à la place du livre est un autre sujet, et un risque de déception ;
- Le copier-coller d’un site à l’autre. Si les mêmes phrases apparaissent partout, c’est qu’une seule source a été recopiée, sans vérification ;
- Le texte tronqué. Certaines versions coupent les introductions et les avertissements, qui font pourtant partie de l’œuvre.
Et voici les bons réflexes :
- Croise toujours deux sources. Compare ce que tu lis avec une présentation académique, comme l’article de Gardiner ou la page de Wikipédia ;
- Garde l’esprit critique. Ce qu’un texte affirme sur des effets n’est pas ce qui est établi ;
- Cherche la mention de l’édition. Elle doit apparaître, au moins dans une introduction.
Pour prolonger la réflexion sur la lecture elle-même, Lire Shams al-Maarif sans pratiquer : est-ce possible et comment faire ? donne une méthode de lecture. Et pour les inquiétudes que suscite le livre, Shams al-Maarif danger : le livre est-il vraiment dangereux ? rassemble les arguments pour et contre.
Pour ma part, j’ai traduit le livre intégralement en français et je l’ai mis dans un pack. Je te recommande de juger ce pack, comme toute autre traduction, avec la grille ci-dessus : portée, source, termes, ajouts, honnêteté. Tu es libre de comparer, et c’est même ce que je te conseille.
Obtiens Le Grand Livre des Secrets Mystiques et pratique ces secrets toi-même.
En résumé
Selon Wikipédia, les traductions connues du Shams al-Maarif sont surtout partielles : une sélection en anglais (Inloes, 2022), un ouvrage sur les talismans (Voldemont, 2023), et des versions en ourdou, en turc et en espagnol. Je n’ai trouvé aucune édition française universitaire dans mes sources.
Le texte arabe lui-même n’est pas stable : selon Gardiner, les trois versions ne sont pas attestées au Moyen Âge et les éditions imprimées mêlent des couches tardives. Pour juger une traduction, regarde sa portée, sa source arabe, ses notes, ses figures et son honnêteté. Ce sont des pratiques de tradition, et le résultat vient de Dieu.
Je suis maître marabout, avec plusieurs années d’expérience. J’ai pratiqué ces secrets pour moi-même et pour d’autres personnes, et je les ai transmis à des gens qui en ont été satisfaits. Mais le résultat vient de Dieu : tu peux ne pas en obtenir, comme moi ou comme d’autres.
Sources : article Shams al-Ma’arif sur Wikipédia (en anglais) ; Noah Gardiner, « Forbidden Knowledge? », Journal of Arabic and Islamic Studies, 2012 ; Middle East Eye, 26 janvier 2023, « Shams al-Maarif : pourquoi ce livre mystique est-il craint au Moyen-Orient ? ».
Questions fréquentes
Existe-t-il une traduction française officielle du Shams al-Maarif ?
Dans les sources que j’ai lues, aucune traduction française complète publiée par un éditeur universitaire n’est signalée. Cela ne prouve pas qu’il n’en existe aucune : je dis seulement ce que mes sources contiennent.
Une traduction complète est-elle forcément meilleure qu’une sélection ?
Non. Une sélection clairement présentée peut être plus honnête qu’une version qui se dit intégrale sans le prouver. Ce qui compte, c’est la transparence sur la portée et sur l’édition arabe utilisée.
Quelle édition arabe faut-il privilégier ?
Gardiner indique que les versions Ṣughrā, Wusṭā et Kubrā ne sont pas attestées dans les manuscrits médiévaux et que le texte médiéval est plus court et plus stable. Je ne classe pas les éditions : demande surtout laquelle a servi de base.
Peut-on se fier à un PDF gratuit en ligne ?
Seulement avec prudence. Cherche le nom du traducteur, la date et l’édition de référence, et compare avec une source académique. Un fichier anonyme qui promet des résultats est un mauvais signe.


